V=J0„V'=VT
Si l’on connaissait par conséquent V, il serait facile » do
d'en déduire les vitesses qu’il faudrait donner à la machine pour étirer le fer \/ a en une seule fois à une dimension quelconque : soit par exemple le diamètre du premier fer égal à l^io, celui de l’autre — 1/9 et la vitesse V = 6; il s’ensuivrait que la vitesse V' qu’il faudrait donner au fer [/ 10 pour le
réduire aux dimensions v n serait V' — 6 — .
Mais la vitesse V doit varier selon la nature du fer ; cependant on peut admettre en général que si les carrés des diamètres sont entre eux dans le rapport de 14 à 10 , la vitesse doit être de iocent-,46 par seconde; elle doit augmenter à mesure que la différence des carrés diminue; si le rapport des carrés était, par exemple, comme 14 • 1 r, on aurait V = 10,4677 = 1 1,5 1 centimètres.
La vitesse dépend non- seulement du rapport-,
mais aussi des grandeurs absolues de a et de b , parce que si le fer a déjà passé plusieurs fois par la filière , sa texture a pris la disposition convenable pour qu’il puisse s’étendre avec plus de facilité dans la même direction. Les frottemens varient d’ailleurs avec la grosseur des fils; ils leur sont, a la vérité, propoi— tionnels , mais la chaleur qui en résulte agit moins efficacement sur une grosse masse que sur une petite ; pour peu qu’elle soit forte , elle donne un recuit suffisant au fil mince. On peut augmenter par conséquent les vitesses à mesure que les diamètres décroissent ; mais on n’a pas encore fait les observations nécessaires pour pouvoir indiquer a ce sujet une îegle positive.
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1043. Le fil d’un diamètre de deux lignes et audessus s’étire avec des tenailles 5 s il est plus faible , on emploie des bobines *. Dans l’un et dans l’autre cas, il faut que la direction du fil sortant corresponde toujours à l’axe du trou, afin que le frottement reste uniforme.
Les tenailles s’ouvrent en s’approchant de la filière , se ferment ensuite , saisissent et entraînent le fil dans leur mouvement rétrograde , s’ouvrent de nouveau, etc., etc. La longueur a laquelle il est etiie chaque fois dépend aussi de son épaisseur et de la qualité du fer. Cette longueur n’a souvent que 21 à 2,3 centimètres ; elle peut en avoir 94 à 104, si le fil est mince et qu’il soit néanmoins tiré avec des tenailles.
1044. Les formes et les noms des tenailles varient selon la grosseur des fils et les usages suivis dans chaque pays.
On graisse les trous de la filière avec du suif ou de l’huile pour diminuer le frottement.
Le fil tiré par les tenailles prend des marques plus, ou moins fortes qui nuisent à son apparence ; cet inconvénient est inévitable , puisque le gros fil étant tressusceptible de se rompre, ne peut s’étirer d’une autre manière. Mais le fil qui est plus fin s’enroule sur une bobine qui reçoit un mouvement continu , soit a bras d’homme , soit par une roue hydraulique , qui pourtant n’est employée que pour les échantillons les plus petits. U est évident que la vitesse de l’étirage varie avec la quantité de fil enveloppe autour de ces cy— lin dre s : cependant il n’en résulté aucun inconvénient,
* Les ateliers où l’on fabrique le gros fil s’appellent Tréjileries ; on y emploie des tenailles. Dans les tireries , au contraire , on fabrique du fil mince qui s’enroule autour d’un cylindre appelé bobine.
lorsque le fil est mince. Si le fer est très-tenace, ou peut se servir plutôt des cylindres : le fil en devient plus beau et l’ouvrage plus facile.
1045. On travaillerait souvent avec plus de bénéfice, si l’on diminuait l’épaisseur des fils moins rapidement, sur tout en étirant du fer dur ou de l’acier. La différence de diamètre d’un numéro à celui qui suit immédiatement ne devrait jamais dépasser oœUlim- 2 6; quelquefois cependant elle est de 0,78 à 30.
Voilà ce qui occasionne tant de ruptures, de déchet, de défauts ou de solutions de continuité dans le sens de la longueur. II ne faudrait pas craindre d’augmenter la main-d’œuvre et le nombre des recuits; la diminution du déchet et la qualité des produits en offriraient un ample dédommagement. Le fer médiocrement tenace ou disposé à s’aigrir, exige sous ce rapport les plus grandes précautions. On ne peut donc transférer les procédés d’un atelier, dans un autre établissement : on ne pourrait , par exemple , imiter ailleurs ceux qu’on suit dans la Marche où l’on étire le fer Osemund.
1046. Il faut que pendant le recuit donné à une forte chaleur rouge, on empêche l’oxidation le plus qu il est possible , parce que l’oxide élargit les trous de la filière; lorsqu’il se forme, on doit en débarrasser la surface du fer avec le plus grand soin. On le fait de différentes manières ; la plus simple , la plus ancienne et la plus imparfaite aussi , consiste à passer le fd à travers une planche. Mais il existe aujourd’hui un piocédé mieux entendu , et pratiqué sur-tout en Allemagne : on suspend le fil roulé en cercle, au bout d’un levier qu’on soulève et qu’on fait retomber sur un banc, en y dirigeant un jet d’eau, en sorte qu’il est
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battu dans ce liquide jusqu’à ce qu’il soit parfaitement nettoyé. On peut aussi l’enfermer avec du gravier dans un tonneau criblé d’ouvertures, arrosé d’eau et animé d’un mouvement de rotation. On décape souvent le gros fil dans l’acide acétique tiré de la farine de seigle, mais c’est une méthode longue et dispendieuse.
1047. On recuit le fil au charbon de bois, dans un four et quelquefois aussi sur l’aire d’un feu de forge, procédé vicieux et même inappliquable au fil dont le diamètre est très-faible, à cause de l’oxidation qui en est une suite nécessaire.
Les fours, semblables aux fours de boulangers, pourvus d’une porte et d’une issue pour la fumée, ne sont , le plus souvent , que de simples aires couvertes d’une voûte : leur forme est assez indifférente. On emploie pour combustible des fagots ou du charbon dont le fil placé sur des supports est entouré. Ce procédé, quoique préférable à l’autre , offre néanmoins peu de garantie contre l’action de l’air atmosphérique.
Le recuit peut s’exécuter aussi dans des fours circulaires de 94 à iz5 centimètres de diamètre, et de amèt-,5r à 3met-, 14 d’élévation; ils sont couverts par une voûte et munis d’une porte enfer, d’une grille et d’un cendrier. L’ouverture intérieure de la cheminée aboutit au milieu de la voûte; on modifie le tirage en fermant plus ou moins la porte du cendrier. On établit à une hauteur de 3i à 46 centim. au-dessus de la grille, des barres de fer sur lesquelles on met une plaque ronde percée d’un trou circulaire; cette plaque doit porter les différens rouleaux de fil dont l’ensemble forme un cylindre. L’intérieur de ce cylindre, ainsi que l’espace laissé entre lui et les parois du four , sont
remplis de bois sec, afin que le fil chauffe rapidement, soit exposé à une chaleur uniforme. Avant d’allumer, on ferme toutes les portes latérales et celle de la chauffe , et l’on détermine le courant d’air , en ouvrant celle du cendrier. Ces fours produisent une économie de charbon, mais ils ne peuvent empêcher l’oxidation ; il faudrait par conséquent tremper le fil dans une pâte d’argile mêlée de chaux, et le recuire après l’avoir séché à l’air.
1048. Si le fil se trouve déjà réduit à un petit diamètre, on est forcé de le recuire dans des vases hermétiquement fermés.
Ce serait même une amélioration essentielle que d’adopter cette méthode pour tous les fils , quelle que soit leur grosseur, parce qu’il est toujours très-difficile d’en nettoyer la surface. La fabrication du fil d’archal sera donc très-imparfaite, tant qu’on ne donnera pas tous les recuits dans des vaisseaux clos. Ces vases confectionnés en fonte sont creux et reçoivent la forme d’un cylindre à double enveloppe , afin que la chaleur puisse mieux les pénétrer. Il faut en avoir un assez grand nombre, pour qu’on ne soit jamais forcé d’interrompre le travail et qu’on puisse recuire sans discontinuation. On place le cylindre pourvu d’anses sur quelques barres de fer disposées au-dessus de la grille d’un fourneau circulaire. Il ne faut pas oublier de luter le couvercle soigneusement , afin que le fil soit d’une netteté parfaite après le refroidissement. Il serait possible aussi que des vases en terre pussent servir avec avantage.
1049. On ne peut indiquer au juste la consommation des matières premières, elle doit naturellement augmenter à mesure qu’on diminue l’épaisseur du
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fil d’arehal. Cependant le déchet ne doit pas excéder j 2 et demi pour cent, lors même qu’on fabrique les plus petits numéros du commerce , et si les dispositions du recuit sont bien ordonnées , il peut s élever seulement à 1 ou 2 pour cent. La quantité des bouts de fil dépend, comme nous l’avons dit ci*dessus, de la qualité du fer et de la manière de le passer par la filière : si la fabrication reçoit une mauvaise impulsion , le poids de ces débris peut égaler ou surpasser même celui du fil obtenu et absorber alors tous les bénéfices.