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l’une et sur l’autre des deux feuilles extérieures ; c’est une précaution qu’il faut observer même dans les deux opérations préparatoires que nous avons déjà décrites. On doit d’ailleurs, à mesure que le travail approche de sa fin , redoubler de soin pour ne produire ni bosses ni cavités.
Les trousses ne peuvent s’étirer par une seule chaude : elles en reçoivent souvent trois ou quatre. On les examine après chaque martelage , pour séparer les feuilles collées ensemble, et pour placer à l’extérieur celles qui sont au centre et qui s’amincissent davantage, parce qu’elles conservent plus long - temps la chaleur. Si quelques feuilles d’un paquet sont restées trop épaisses, on les place dans un autre, pour les battre de nouveau.
Après avoir donné aux trousses les dimensions de la tôle qu’on veut obtenir, on les reporte dans le foyer de chaufferie, pour les parer sous un marteau qui agit avec lenteur et dont la panne , ainsi que la table de l’enclume, est très-largé et reçoit une position parfaitement horizontale. L’objet de cette opération est de faire disparaître les bosses ou coups de marteaii inévitables, si l’étirage est exécuté sur une enclume étroite. Mais en applanissant la surface des feuilles, on ne peut guères remédier aux fautes commises pendant le travail précédent ; on ne peut pas faire dis paraître les grandes inégalités ni les plis ni les autres défauts qui proviennent de la mal-adresse des ouvriers.
Lorsque le parage est terminé , on bat les feuilles avec un marteau de bois, pour les rendre encore plus lisses ; on les rogne ensuite avec les cisailles et on leur donne la grandeur prescrite.
Les feuilles ont des dimensions très-variables : en
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longueur ; on en compte depuis 5 jusqu’à 5o par 5o kil. : la tôle mince est d’un prix plus élevé que la tôle forte. Il est avantageux pour une usine de fabriquer des tôles de grandeurs différentes afin de tirer up meilleur parti des feuilles défectueuses.
Les feuilles qui ne peuvent être vendues comme rebut, sont jetées parmi les rognures que, d’après l’ancienne méthode, on affine pendant les huit derniers jours de chaque mois.
Les débris de fer qui résultent de cette manipulation , y compris les bouts des barres , les rognures et les feuilles manquées s’élèvent communément à 3o pour cent. Le déchet produit, par l’oxidation est de 8 à 10 pour cent. Dans les usines où l’on fait des marchés avec les maîtres marteleurs , chargés aussi d’affiner les rognures, on les oblige de fournir 4 quintaux de tôle pour 5 quintaux de fer, et l’on passe im,65 à im,85 cubes de charbon de bois par 100 kil. de tôle obtenue.
Il suffit de lire l’exposé de ce genre de travail pour en sentir l’imperfection. On ne peut contester néanmoins que des ouvriers intelligens et soigneux ne puissent y suppléer, en quelque façon , et donner une assez belle apparence à leur tôle. Pour cet effet ils doivent serrer les coups de marteau le plus possible l’un à côté de l’autre, laisser peu de distance entre deux coups successifs, et ne pas hâter l’étirage des semelles ou des troussçs en les présentant au marteau dans une direction diagonale. Mais ils ne parviendront jamais à donner à la tôle une épaisseur uniforme. Le forgcagc est d’ailleurs si lent qu’il faut multiplier les chaudes , ce qui augmente le déchet et la consommation de charbon.
ro55f La fabrication de la tôle laminée présente, sous tous les rapports , plus d’avantage que n’en offre
celle dont nous venons de parler. On emploie le plus souvent des cylindres particuliers pour ébaucher les lames. En chauffant les bidons ou les languettes avant qu’elles soient pliées , on doit leur donner un haut degré de chaleur, parce qu’on ne craint pas de les souder ensemble et qu’il faut d’ailleurs les étirer le plus possible par chaque chaude. Quelquefois on néglige cette précaution; quelquefois aussi on est forcé de la négliger, parce que le fer se refroidit dans le four à réverbère; on éviterait cet inconvénient, si l’on avait deux fours pour chaque laminoir, ce qui est indispensable , afin qu’on puisse entretenir les feuilles à la température voulue , sans être obligé d’ouvrir la chauffe pour y introduire du combustible.
Le chauffeur présente le fer au maître lamineur ; celui-ci le place entre les cylindres , un autre ouvrier le reçoit et le rend au maître qui le passe encore entre les cylindres, après avoir serré les vis convenablement : cette opération se répète trois ou quatre fois. Lorsque les planches ont reçu une longueur suffisante , le deuxième lamineur les plie , à moins qu’on ne veuille s’en dispenser , chose qui le plus souvent est assez bien vue et qui devient nécessaire, si les dimensions de la tôle doivent être très -grandes. Ordinairement on adjoint aux lamineurs un troisième ouvrier chargé de plier les planches, pour ne pas arrêter le travail.
On trempe les trousses dans l’eau d’arbue et on les achève au deuxième laminoir ; on ne doit jamais en charger une grande quantité dans le four a réverbère. Il vaut bien mieux activer deux de ces foyers à la fois.
On doit toujours frapper la trousse avec force contre une plaque, avant de la passer entre les cylindres, afin
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d’en détacher la couche d’oxide, dont une partie cependant s’imprime si fortement dans la tôle laminée qu’on ne peut l’enlever qu’avec beaucoup de peine. C’est pour cette raison que le fer doit rester peu de temps au four et que les bidons ou les languettes qui n’ont pas encore été doublées, doivent s’étirer presqu’à la chaleur blanche, afin qu’on ne soit pas obligé de trop multiplier les chaudes.
Lorsque les planches sont doublées, le pli doit toujours passer le premier entre les cylindres; on tâche d’ailleurs de n’étirer les feuilles que dans le sens de la longueur, parce qu’on leur donne en commençant la largeur voulue. Si l’on est dans l’usage de plier les languettes, on ne doit y procéder que le plus tard possible, afin de pouvoir donner des chaudes plus intenses sans craindre de souder les feuilles.
Si le travail est bien ordonné , on obtient 72 quintaux de tôle et 22 quintaux de rognures avec 100 quintaux de fer en barres ; le déchet provenant de l’oxidation est de 6 pour cent. On doit compter sur 0mct.cui^2g à omet- cub-,32 de houille par 100 kilog. de tôle obtenue. Cette consommation augmente encore lorsque le pont du four à réverbère est très- élevé.
io5fi. On divise la tôle, eu égard au nombre des feuilles qui composent un quintal, en quatre classes désignées par les qualifications ordinaire , moyenne , fine et rebut. La tôle de rebut est celle qui a des pailles, des bosses et toutes sortes de défauts, quelquefois meme des trous. Le fer noir se vend par paquet de 25 a 5o kilog. O11 appelle tôle de modèle, celle dont les dimensions ne sont pas adoptées dans le commerce.
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49o CINQUIEME SECTION.
Du fer blanc .
1057. La fabrication de la tôle destinée à l’étamage diffère très-peu de celle que nous venons de rapporter. Voici quel est l’ancien procédé suivi encore dans plusieurs usines :
On a deux marteaux, l’un pour platiner et l’autre pour ébaucher le fer. On s’en sert et on les emmanche alternativement. La panne du premier, qui est un peu voûtée, reçoit 16 à 18 centim. de largeur ; celle du second, bien plus voûtée que l’autre, a seulement 32 millim. de largeur sur 23 centim. de longueur. Le marteau à platiner, qui pèse 3oo à 35o kil. , a 94 cent, de volée ; le marteau ébaucheur ne pèse souvent que i5o kilog. et ne peut s’élever que de 68 à 78 centim. : pour diminuer la levée , on applique un morceau de bois contre le rabat. La table de l’enclume a 3 r centim. de longueur et autant de largeur, mais elle est légèrement voûtée ; sa flèche est de 6 millim. On enfonce dans le stock ou billot , une barre de fer qui dépasse la table de l’enclume; l’ouvrier appuie la trousse contre cette barre, afin d’empêcher qu’une des feuilles ne vienne à sortir et à dépasser les autres.
Le travail commence par l’affinage des rognures et des débris. On chauffe pendant la fusion, les lopins de la pièce précédente ; on les forge en barres de 22 millimètres d’équarrissage. Cette opération se pratique sous le marteau à platiner. Dès qu’elle est finie, on s’occupe à faire la loupe , on la cingle , on la coupe et l’on étire les lopins tout de suite en barres. Cela fait, on change de marteau , méthode détestable , presqu’ entièrement abandonnée. Dans la plupart des usines, on commence par ébaucher les languettes et l’on
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emploie de préférence du. fer plat ; mais , dans celles où l’on suit encore l’ancienne routine, on chauffe les bidons qui sont carrés, pour en élargir un peu l’une des extrémités et pour en couper un petit lopin qui , après avoir passé dans le feu, est étiré à l’un des bouts en une espèce de demi-languette qui a 8 centim. de largeur. Deux ouvriers se recliangent pendant le forgeage; un troisième reste auprès du foyer pour chauffer les barres et les petits lopins , jusqu’à ce qu’on ait préparé de cette façon 35o à 400 demi-languettes qui sont mises en œuvre plus tard. Comme cette operation produit beaucoup de laitiers, on fond une certaine quantité de rognures et l’on fait une loupe dont les lopins ne sont pourtant pas forgés tout de suite ; on les réserve pour la prochaine fusion.
Deux batteurs et leur chauffeur achèvent d’étirer les languettes dans la tournée suivante; ils en élargissent le deuxième bout , les plient sur une enclume de maréchal avec un marteau à main et les convertissent en doublons. Après avoir achevé tous les doublons , ils les réunissent deux à deux pour les placer dans le feu, à l’endroit du pli. Un des ouvriers en saisit une couple avec la tenaille du côté opposé , leur donne sous le marteau ébaucheur une largeur de r3 à 16 centim., et les reporte de nouveau dans le feu; le deuxième batteur étire ensuite l’autre moitié : c’est ce qu’on appelle égaliser les planches. Il faut qu’il y ait dans le feu un nombre suffisant de doublons , pour que le travail ne soit jamais arrêté. Le chauffeur doit visiter les planches égalisées, les tremper dans l’eau d’arbue et les rassembler en trousses dont chacune en contient cinquante. Quatre trousses forment une file et sont portées ensemble au feu. Pendant que le chauffage s’exécute, on change de marteau.
La file se chauffe sur des barres de fer placées en travers du feu : les trousses sont disposées de champ sur ces barres , dans le sens de leur longueur ; une barre verticale , établie vers le contrevent , sert à les rapprocher de la tuyère et à diminuer les intervalles laissés entr’ elles. On les couvre de charbon et l’on fait agir les soufflets jusqu a ce qu elles soient rouges. On les etire en trois ou quatre chaudes j avant de remettre une trousse au feu, on la défait toujours pour placer à l’extérieur les planches du milieu.
Lorsque les feuilles ont reçu la grandeur prescrite, on les rogne avec les cisailles et on les chauffe encore une fois ; mais ce sont toujours les feuilles achevées et rognées précédemment qu’on porte alors dans le foyer pour les parer à petits coups de marteau. Après avoir subi 1 opération du parage , elles sont coupées seulement d apres les dimensions que doit avoir le fer blanc.
Il existe des usines dans lesquelles on ne commence pas par la conversion du fer en demi- languettes : on le transforme en doublons par une seule opération ; ce procédé est plus économique que l’autre sous tous les rapports. Il faudrait aussi substituer aux feux de forge des foui's à réverbère chauffés au bois ou à la houille. Le travail est d’autant plus rapide que les bidons considérés comme matière première , sont plus larges. *
Si le maître ouvrier se trouve chargé de l’affinage des rognures et des autres débris, il doit fournir 73 à 75 quintaux de tôle pour 100 quintaux de fer en barres, de sorte qu’on lui passe un déchet de 25 à 27 pour cent. La consommation de charbon est de
4 à 3, 16 mètres cubes par 100 kilog. de tôle. On
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peut admettre en général, que 100 quintaux de fer en barres donnent tout au plus 46 quintaux de tôle fine et une égale quantité de débris; en sorte qu'il y a 8 pour cent de fer perdu par l’oxidation.
ro58. C’est aussi au laminoir qu’on fabrique la tôle fine avec le plus d’avantage; mais, pour diminuer les rognures, on doit employer du fer très-large, forgé avec exactitude. Moins on étend les feuilles ou planches , dans le sens de la largeur, moins elles se criquent et plus elles gagnent en longueur *. Une autre considération non moins essentielle , c’est de chauffer les barres très- rapidement et de les étirer le plus qu’il est possible en une même chaude avant de les doubler. On doit éviter durant le travail, d’ouvrir la chauffe pour y jeter du combustible frais. Un laminoir devrait avoir pour cette raison deux fours à réverbère. Les chaudes rouges brunes sont les plus mauvaises, parce qu’elles produisent une couche d’oxide trèsdure et très- difficile à enlever.
La tôle confectionnée au laminoir est rognée ou découpée seulement après son entier achèvement. Les cylindres doivent être le plus dur possible et parfaitement lisses ; la moindre inégalité de leur surface se fait connaître par des taches d’oxide imprimées sur les feuilles. Ces défauts, lors même qu’ils échapperaient à l’oeil , se manifesteraient pendant l’étamage.
* Le fer s etend tres-peu dans le sens de la largeur ( voyez la note du paragraphe 1062) ; si cependant on voulait encore en diminuer 1 élargissement et les criques qui eu sont la suite , on serait obligé de ne le soumettre qu’à une faible pression en le passant la première et la seconde fois entre les cylindres; mais il est probable que 1 avantage qui en résulterait, ne pourrait compenser les pertes de temps et de combustible. Le T.
Souvent on néglige à tort l’entretien et la confection des cylindres préparateurs J mais ils produisent alors sur les feuilles des inégalités que les derniers cylindres ne peuvent faire disparaître entièrement, quelle que soit la perfection de leur poli. La fabrication du fer noir exige sous ce rapport moins de précautions , parce que la plupart des défectuosités ne ressortent qu’après la mise au tain .
On obtient avec ioo quintaux de fer en barres au moins 5o quintaux de tôle mince et 47 de rognures, ce qui suppose un déchet de 3 pour cent produit par l’oxidation. La quantité de rognures pourrait être moins grande, si l’on mettait plus de soin et d’intelligence dans le chauffage et les dimensions données aux bidons. On brûle tout au plus i“èt. cub-^a de bois ou omAt cub-,264 de houille par 100 kilog. de tôle; mais cette consommation serait plus grande , si, pour mieux abriter les trousses , on élevait davantage le pont qui sépare la chauffe du foyer. Si , au contraire , par esprit d’économie , on voulait chauffer le fer en l’exposant au contact de la flamme , on augmenterait le déchet et l’on obtiendrait de la tôle défectueuse.
Après avoir découpé les feuilles , on les. recuit et quelquefois on les soumet encore à une certaine pression pour les redresser.