DU RAFFINAGE DE L’ACIER
1098. La plupart des aciers bruts ne peuvent être considérés comme articles de commerce, qu’après avoir passé aux raffineries. Nous avons donné au paragraphe 1069 une idée de la nature et de l’objet de cette manipulation , qui s’applique à l’un et à l’autre acier obtenu soit par l’affinage, soit par la cémentation.
Le raffinage rend l’acier plus homogène , plus tenace et plus élastique, mais il le rend aussi moins dur, sur- tout lorsque cette opération se répète un grand nombre de fois ; parce que le métal perd une certaine quantité de carbone qui se brûle par le contact de l’air atmosphérique. Plus donc l’acier brut est homogène, moins on le raffine et mieux il couserve sa dureté.
On raffine l’acier une , deux , trois ou même un plus grand nombre de fois. Mais, comme les chaudes multipliées peuvent lui devenir très - nuisibles, on ferait bien, pour en diminuer le nombre, d’amincir les barres le plus qu’il est possible. Une trousse composée par exemple de 6 barres, donne successivement de l’acier à 6 , à 1 2 , à 24 , à 48 , etc. , lames. Mais, si les barres étaient plus minces , une trousse des mêmes dimensions pourrait en renfermer huit , de sorte que les quantités de lames contenues dans des aciers raffinés 1, 2, 3, 4, etc., fois, iraient en croissant d’après la série 8, 16, 32, 6 4, etc. Il suit de là, qu’en étirant l’acier en lames minces , on peut épargner quelquefois une chaude.
1099. Les barres qu’on forge d’abord en lames de 63 cenlim. de longueur sur une largeur de 4 centim. sont plongées toutes rouges encore dans l’eau froide
DE L’ACIER
et rassemblées en trousses , de manière que les lames dures soient entremêlées de lames plus molles. L ouvrier qui exécute cette opération doit avoir une parfaite connaissance des aciers , pour distinguer avec certitude leurs différentes variétés par l’inspection de leur cassure. Les deux lames extérieures ont une longueur égale à celle de la trousse; les mises intéiieuies peuvent être composées des morceaux qu’on obtient en grande quantité , car il arrive souvent que les lames se brisent par la trempe. Chaque trousse, tenue dans une tenaille, est chauffée d’abord au rouge ; on la remplace ensuite par une autre, et l’on expose la première à une température plus élevée ou elle doit recevoir le degré de chaleur du blanc soudant. On les saupoudre alors avec de l’argile en poudre fine , pour leur donner une enveloppe de laitier , afin de prévenir l’oxidation du fer et la combustion du carbone. Apres avoir reçu une chaude suante , la trousse est forgée en une barre carrée de 4 centim. d’epaisseur. Pour la raffiner une seconde fois , on lui donne un coup de tranche au milieu, on la plie, on soude les deux parties ensemble et l’on étire la barre. Le 3e. et le 4e. raffinage se pratiquent de la même manière.
1 100. Les foyers de raffinerie sont des feux de forge pourvus de plusieurs tuyères disposées sur une ligne, afin que la trousse puisse recevoir une chaleur uniforme dans toute sa longueur. On couvre ces foyers avec une voûte pour empêcher les pertes de chaleur , ce qui leur donne l’apparence d’un four. Le combustible employé est le charbon de bois ou la houille. Le premier développe moins de chaleur que le deuxième; les portions de barres chauffées avec celui-là sont alors moins longues , ce qui fait augmenter le nom-
bre des chaudes. Si la houille est collante, on peut se dispenser de couvrir le feu par une voûte ; mais il faut avoir soin que le charbon de terre qui brûle avec flamme, ne soit pas en contact immédiat avec l’acier.
i ioi. L’adresse des raffineurs consiste à forger l'acier en lames tres-minces, à l’assortir suivant l’usage auquel il est destiné , à serrer les trousses afin que les intervalles laissés entre les lames soient les plus petits possible, a donner des chaudes très - suantes , à souder les barres également dans toute leur longueur , et a gouverner le feu de manière que le combustible frais ne soit pas en contact immédiat avec l’acier rouge blanc. Un ouvrier adroit et zélé peut souvent remédier aux défauts des aciers , il en modifie la dureté par l’assortiment des lames ; mais il ne peut pas en corriger l’aigreur, lorsqu’elle provient de la nature du fer cru.
On donne quelquefois à l’acier raffiné des dénominations particulières. Cependant dans la plupart des usines , on le désigne par le nom d’acier à i , 2 , 3 marques. On le paie à proportion du nombre des raffinages qu’il a subis.
Le déchet est très-grand : il s’élève pour chaque raffinage, à 10 et même à i5 pour cent. On brûle oroet* cub-, 1 98 à omèt- cub-,23r de charbon par 100 kilog. d’acier raffiné.