‹ Manuel de la métallurgie du fer (volume 2)Chapitre 75 sur 83 · DE L’A G 1ER · texte numérisé non relu

DE L’A G 1ER

poser à un courant d’air. On prétend que les orientaux së servent de ce moyen pour durcir les lames de sabre, qu’ils sont dispensés alors de les recuire et qu’ils peuvent leur conserver toute la dureté de la trempe.

Des objets fins et délicats peuvent se tremper entre les mâchoires d’un étau.

Tous les acides durcissent l’acier plus que ne le fait l’eau froide. C’est pour cette raison qu’on trempe les burins dans l’acide nitrique, mais il faut les laver tout de suite dans l’eau pui’e.

Quelquefois on trempe les lames de sabre dans le fraisil humecté d’eau , afin de mieux éviter les gerçures, suites de l’aigreur du métal.

Si la température du milieu réfrigérant est trèsbasse , on ne sera pas obligé de chauffer l’acier aussi fortement , il n’en deviendra que plus fin et plus tenace ; on doit donc , en procédant avec les ménagement convenables , préférer toujours le milieu le plus froid et dont l’action est la plus énergique. Ce serait commettre une faute grave que de n’avoir aucun égard à la température et aux propriétés de la substance réfrigérante.

Les corps gras , tels que l’huile , le suif, la cire et le savon, trempent moins fortement que l’eau. On les emploie avec beaucoup de succès, pour obvier aux gerçures qui se forment presque toujours sür les tranchans délicats , parce qu’il est presqu’impossible de donner au dos et au taillant le même degré de chaleur.

Il est en général très- difficile de tfemper les instrumens dont le tranchant est très- fin : ils exigent les plus grands ménagemens et ne comportent pas l’emploi des milieux froids , conducteurs du calorique, et préférables par conséquent pour les autres objets.

1 1 36- On ne connaît pas la cause du phénomène de la trempe : il est probable que cette propriété de l’acier tient à un arrangement particulier de ses molécules. On prétend que l’acier ne se durcit point, si la trempe a lieu dans le vide ou si l’on empêche l’accès de l’air atmosphérique 5 mais les expériences qu’on a faites sur ce sujet ne sont pas assez positives pour qu’elles démontrent l’influence de l’oxigène dans cette opération *.

1137. Les affineurs prétendent que les x'oses qui paraissent quelquefois dans la cassure de l’acier, en prouvent la bonté. Çes roses sont des taches d’une couleur jaune ou rougeâtre sur le bord et bleu foncé vers le centre de la barre, dont le refroidissejnent a été plus lent. Elles se forment lorsqu’on trempe de grosses barres d’acier et qu’on les retire de l’eau avant qu’elles soient refroidies. L’eau entre alors, dans les crevasses ou criques et fait, naître probablement ces couleurs par sa décomposition : on ne les trouve que dans les aciers durs et aigres qui se gercent pendant la trempe. Elles ne peuvent donc être prises pour un

* Les expériences de M. Karsten, rapportées dans le mémoire joint au premier volume , expliquent la trempe d’une manière trèssatisfaisante. Il paraît résulter de l’ensemble de ces expériences, que le carbone se trouve combiné avec toute la masse du fer dans l’acier trempé, comme il l’est dans la fonte blanche; tandis que dans l’acier refroidi lentement , il est interposé entre les molécules du fer à l’état de polycarhure. Il paraît donc que la combinaison est générale dans l’acier chauffé au roiige rose ou au blanc , et que par un lent refrodissement , le carbone se sépare de la masse du métal dont il absorbe une petite dose, lorsqu’il se trouve en liberté. Si au contraire la masse est saisie par un refroidissement subit, elle conserve tout son carbone à l’état de combinaison générale et ressemble àlors à la fonte blanche , quant à sa constitution ét h sa dureté. Le T. ni in luô'j üJL .J/min'vrî 1

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signe d e ta bonté de l’acîer, puisque le plus mauvais peut se gercer; mais elles prouvent du moins qu’il n’est pas ferreux et qu’il est susceptible d’acquérir une grandè dureté.

Le but des affineurs. n’est pas de donner à l’acier une trempe convenable à sa nature; ils le chauffent toujours tà un degré très-élevé, pour qu’il s’aigrisse, se gerce et se casse avec plus de facilité.

ri38. L’acier qu’on veut tremper ne doit pas être exposé à une chaleur lentement progressive; on doit le chauffer avec rapidité au milieu de charbons incandeseens, sains et de bonne qualité, et en donnant pourtant un vent faible, afin que le métal ne puisse s’oxider ni se couvrir d’une couche ferreuse. Les parties épaisses doivent être soumises à une plus haute température que les parties minces. On doit éviter le plus possible, que les chaudes ne soient trop intenses.

Malgré toutes les précautions, il est très-difficile de saisir le degré de chaleur qui puisse donner à l’acier le plus de résistance, de dureté et d’élasticité. Il arrive très-souvent qu’il n’acquiert l’une de ces qualités qu’aux dépens de l’autre. S’il n’est pas assez dur, on peut y remédier en le trempant une seconde fois ; dans le cas contraire, on lui enlève une partie de sa dureté au moyen du recuit. A mesure que ce recuit est plus fort, la dureté diminue, et la ténacité augmente; quant à l’élasticité, qui dépend à la fois de la dureté et de la ténacité , elle s’augmente d’abord avec l’intensité du recuit et diminue ensuite avec la dureté. Il s’ensuit que les objets qui doivent être très-durs, ne peuvent subir qu’un faible recuit; souvent ou le supprime entièrement. Le contraire a lieu pour les objets qui doi -

pièce soit éminemment dure et tenace, on la fabrique avec un excellent acier fondu ou raffiné , et l’on cherche le degré de trempe et le degré de recuit par tâtonnement.

Pour donner le recuit, on chauffe les pièces jusqu’à ce qu’elles soient parvenues à l’une des couleurs qui précèdent la chaleur lumineuse (85 ). On qualifie par conséquent les recuits, jaune de paille, jaune d’or, rouge cuivreux, pourpre , violet et bleu foncé. Tous les instrumens qui doivent avoir plus de ténacité que de dureté, reçoivent le recuit bleu foncé, tandis que les outils qui doivent être très -durs ne se recuisent qu’au jaune de paille. On est obligé de polir les objets, ou d’en décaper la surface avant de les recuire *.

1139. On obtient l’acier dit damassé en soudant ensemble des lames de fer et d’acier 5 cette espèce d’étoffe s’emploie pour la fabrication des sabres et des

doit être chauffé

* Il est reconnu que l’acier qu’on veut tremper à un degré déterminé; mais M. Gill vient d’annoncer que, si l’on chauffe ce métal au - dessous du degré qui convient à la trempe, et qu’on le plonge dans l’eau, on le rend plus mou qu’il ne le serait, s’il avait été refroidi lentement. Ce métallurgiste croit avoir observé aussi que l’acier chauffé au degré voulu , plongé ensuite dans le bain d’un alliage de plomb et d’étain, dont la température serait portée jusqu’au rouge , se durcit très-bien , sans avoir besoin d’être recuit; que ce genre de trempe ne le voile pas, qu’il n’occasionne point de criques et qu’il empêche l’oxidation. L’alliage est celui dont on fait usage pour la soudure ordinaire. Annales of Philosophy, tome 12, page 58. Le T.

vent offrir une grande résistance. Lorsqu’il faut qu’une

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anu'ifD Jtf niii’uivïoJ .somtfeiaàx sh/icra suis irifia Jnsy

canons de fusil. Le dessin qui résulte du mélange

des deux corps est regardé comme un objet d’ornement; mais ce qui est plus essentiel, c’est qu’on augmente de cette façon la résistance de l’acier, sans en affaiblir la dureté et l’élasticité.

Les lames qu’on veut souder ensemble doivent être extrêmement minces et d’une excellente qualité. Les proportions du fer et de l’acier dépendent, soit de leur nature , soit de l’usage auquel on veut employer l’étoffe. Les aciers damassés dont on exige une grande ténacité , doivent contenir plus de fer que n’en renferment ceux qu’on désire rendre plutôt très- durs et très- élastiques.

Les paquets qu’on veut souder doivent être enduits d’argile , afin qu’ils soient préservés du contact de l’air atmosphérique , il faut les élever rapidement au degré de température du blanc soudant. Les trousses soudées sont tordues et fendues dans le sens de leur longueur, pliées en deux et soudées de nouveau, etc.,' etc., suivant le degré de finesse qu’on veut donner au dessin, qui, au reste, ne peut ressortir qu’au moyen des acides (191).

On ne doit pas confondre cet acier damassé avec les faux damas ( igi ) *.

* Les mélanges de fer et d’acier dont il s’agit ici ne sont pas de vrais damas, parce qu’ils cessent d’être damassés lorsqu’ils sont mis en liquéfaction et qu’il n’en est pas ainsi des damas de l’Orient. Le dessin que la fusion fait disparaître dans les uns et qu’elle change seulement de forme dans les autres, ne peut donc être dù à la même cause ; dans le premier cas , il est le résultat d’un mélange de métaux, dans le deuxième, il est l’effet de la cristallisation. (Voyez les expériences de MM. Stodart et Feraday j Annales de Chimie, tome 6, année 1821, page 267, etc.).

Les lames orientales dont le tranchant est si renomme', sont le

L’art de confectionner les ouvrages damassés est très-ancien; il est probable qu’on l’a pratiqué d’abord dans la ville de Damas.

plus souvent très-fragiles. Cette seule observation suffirait pour prouver, si les expériences précitées ne le faisaient de la manière la plus évidente, que le métal dont elles sont confectionnées n’est pas un mélange de fer et d’acier , comme on l’a cru pendant longtemps, parce que ces espèces d’étoffes sont ordinairement trèsrésistantes. Ee T .

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