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DE LA COULEUR DU FEIU

43. JLiA surface du fer est exposée à de promptes altérations ^ occasionnées par Tinfluence de Pair humide. Pour juger de sa couleur^ il faut le nettoyer ou mieux encore examiner Taspect de sa cassure lorsqu'elle est récente^ car la couleur du fer frotté ou poli^ varie selon la manière dont Fopération a été faite:; pour en avoir une idée juste ^ c'^est donc la cassure que nous consulterons.

Le fer brut est toujours couvert d'une enveloppe grise noirâtre. On s'est sçrvi de cette circonstance pour adopter une couleur faussement appelée gris de fer / elle ne correspond qu'à la couleur altérée de ce métal ^ dont la sui^ face peut devenir aussi ^ dans certaines circonstances ^ jaune rougeatre ou passer au rouge brunâtre.

44- La véritable couleur du fer est le gris daîr avec Tédat métallique ^ mais elle est soumise à beaucoup de variations^ sous le rapport de son brillant et de «on intensité. Lorsque le fer est à la fois blanc et brillant^ ou terne et foncé en couleur^ c'est un indice de sa maurvaise qualité. Le contraire a lieu lorsqu'il est blanc et terne ^ ou brillant et foncé en couleur. Une couleur claiteet légèrement bleuâtre avec un éclat très^vif , sont les signes auxquels on reconnaît le fer brûlé ^ si dans ce cas ^ elle tire sur le blanc ^ c'est un fer cassant à froid ^ le fer-

rouverin se reconnaît au contraire à sa couleur foncée presque dépourvue d^éclat ^ lorsqu*'elle se rembrunit davantage et qu^le devient encore plus terne , elle est Tindice d^uii fer mou et cassant ou d^un fer mal affiné.

45. Kacier a une couleur blanche grisâtre ^ ' approchant quelquefois du blanc et jamais du bleu. Il jouit de Téclat métallique comme le fer , mais son brillant n^'est pas aussi vif*". La couleur seule ne suffirait pas pour les distinguer Tun de Tautre ^ i\ faut y joindre encore la texture.

46. Les variations de couleurs ^ si sensibles dans le fer en barres , le sont encore bien plus dans la fonte, qui renferme une plus grande quantité de substances étrangères. Parmi ces substances, c^est le carbone qui lui donne ses propriétés caractéristiques. Depuis long-temps on a divisé le fer cru en deux classes principales : la fonte blanche et la grise, qui diffèrent entre elles non-«eulement par les couleurs , mais aussi par toutes leurs propriétés physiques et chimiques. L^une et Fautre peuvent être obtenues de tous les minerais de fer, bien que certains minerais ne soient presque traités que pour faute blanche et dVutres pour fonte grise»

47. La couleur de la fonte grise , passe du noir au grisclair , et de manière que Ton reconnaît souvent plusieurs nuances dans un seul morceau. A mesure qu'acné devient plus foncée, Téclàt métallique augmente. Quelquefois l'a couleur de cette espèce tire plutôt sur le bleu que sur le gris. En général , elle ne suffit point seule pour faire connaître la qualité du métal ^ toutefois la fonte grise qui a une couleur claire et un éclat métallique faible est en général de mauvaise qualité.

* n ne faut pas oublier qu^il n^est question ici que de Taspect de la cassnre et non pas dû brillant qu^on peut donner à Pacier au moyen du poli. Lé T.

PROPRIÉTÉS Dû FER. 3j

48« Dans son état de perfection ^ la fonte blanche a une couleur arçentîne^ joînte à un fort éclat métallique. Employée fréquemment en Allemagne pour la fabrication de Tacier^ elle s^appelle aussi floss-d^acier (fonte pour acier )^ ou hien ßoss'lamelleiix ^ dénomination qu^le conservé tant qu^^elle est blanche -argentine, et lors même qu^^elle a cessé d^être lamelleuse. Mais lorsque sa" couleur prend une nuance grise-bleuatre, que sa cassure parait striée ou esquiUeuses , et qu''elle présente quelques taches grises , Ic;^ fer cru passe à la deuxième espèce de fonte blanche appelée ßoss'a'Jleur. Cette variété se rencontre le plus souvent avec la fonte grise.

Dans une troisième espèce de fonte blanche , on reconnaît encore un fort éclat 5 mais sa couleur tire sur le gris , et sa texture est indéterminée. On compare souvent sa cassure avec celle dVn fromage rompu. Cette variété se rencontre très- fréquemment. Cest la fonte blanche par sur^charge de minerais. '

Si la couleur blanche devient encore moins claire et passe au bleuâtre , que sa cassure soit crochue et présente une foule de vides ou de soufflures , le métal* prend le nom de floss-cavemeux , ou floss-tendre.

Ces fontes blanches, mais sur-tout les trois premières espèces , se rapprochent Tune de Tautre , au point qu'ail est souvent difficile de les distinguer. La couleur blanche ne donne aucun renseignement sur la qualité du métal , bien qu''elle indique qu on ne peut remployer à certains usages, par exemple , pour la fabrication des objets moulés.

49* H arrive très-fréquemment que la fonte blanche et la grise, se montrent toutes les deux sur la cassure. Quelquefois elles sont bien distinctes Tune de Pautre ^ et dans ce cas la fonte grise forme une couche plus ou moins épaisse , régnant dans toute la longueur de la gueuse , qui alors est ordinairement un floss-lamelleux. On appelle ce genre de fer cru , fonte rubanée.

Le plus souvent la fonte grise ne parait que sous la fonne de petites taches dans le fer cru qui peut être un floss-^K fleur ou bien un floss-lamelleux. La fonte blanche est quelquefois si prépondérante dans la masse ^ qu^eUe lui conmuinique toutes ses propriétés ^ quelquefois aussi c^est la fonte grise qui domine. Alors là fonte blanche se dessine par petites étoiles sur un fond gris , et le métal reçoit les propriétés de la fonte grise. Au reste ^ il n^'existe aucune propoi^ tion déterminée dans ces mélanges qui tous portent le nom de fonte mêlée ou bien de fonte truitéen Si la couleur grise y domine^ la fonte est dite faiblement mâiée;} si c est la fonte blanche ^ on Tappelle fortement mêlée. Ces dénominations ne servent dVilleurs qu^à indiquer Taspect :extérieur de la fonte ^ et n^'ont aucun rapport avec son d^é de {»ureté.

50. Dans beaucoup d^objets fabriqués^ il est nécessaire de faire ressortir la couleur véritable du fer. Pour le àéffr ger de son enveloppe grise noi^tre, on le lime^ on le passe sur la meule ^ on le décape. On augmente Téclat de la sur- &ce ainsi préparée ^ en Técurant avec du sable ^ des scories ^ etc. Si on veut lui donner un brillant parfait^ on la frotte avec des corps durs ^ tels que Tagathe ^ la sanguine ^ Tacier et ensuite avec des poudres naturelles ou confeotionnées^ la première opération s^'appelle le poli brut} 1^ deuxième ^ le poUjftn,

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