‹ Manuel de la métallurgie du ferChapitre 62 sur 104 · La fonte grise est attaquée très-faiblement par Fa · texte numérisé non relu

La fonte grise est attaquée très-faiblement par Fa

cide hydrochlorique et Tacide sulfurique étendus dWu. On obtient) après plusieuis mois^ un résidu qui contient le car^ boue dans trois états différens. Une partie se compose de feuilles ou d'^écaiUes douées d^un éclat métallique très-pro-*« nonce ^ non solukles dans les acides et les alcalis^ non attirables à Faimant et ne brûlant qu^à la chaleur rouge ^ sans laisser le moindre résidu. Ce corps est le graphite^ ou pln-> t6t le carbone pur. Une autre partie présente aussi un aspect graphiteux^ mais elle agit sur Faiguille aimantée^ et se comporte de la même manièr^que la substance graphiteuse qu'ion obtient de Facier non trempé dissous dans les acides. Enfin une autre partie a une couleur brune noirâtre^ n agit pas sur Taiguille aimantée^ colore en noir la lessive de po^ tasse ^ et brûle avant que le creuset ne soit rouge. Le gra-^ phite se trouve toujours dans le résidu : quant aux deux autres matières charbonneuses^ il y manque souvent Tune ou Fautre.

Uacide hydrochlorique concentré agît sur la fonte grise avec plus d^onergie que les acides étendus dVau^ sur -tout lorsque son action est renforcée par la chaleur. Une partie du graphite est enlevée mécaniquement par Fhydrogène^ et les autres composés de charbon disparaissent entièrement avec ce gaz ^ mais on obtient toujours un résidu de graphite«

Uacide sulfuriqtie fortement concentré laisse^ dans les mêmes circonstances^ outre le graphite^ du charbon noir facilement combustible et non attirable à Faimant (du charbon oxidé).

L''acide nitrique, s^il est doué d'aune pesanteur spécifique de i,^ , agit assez faiblement sur la fonte grise à la température ordinaire. Il se présente des phénomènes qui semblent s'^accorder tantôt avec ceux que produit Facier doux, tantôt avec ceux que manifeste Facier trempé. Le premier cas arrive , si la fonte est très-grise:j le deuxième , lorsque sa coueur est claire. L^action de Facide parait de temps à autre

suspendue^ et ce n^est qa^après quWe feuille de graphite s''est détachée ^ quVUe semble reprendre une grande énei^e. Le même effet a lieu à la chaleur de Tébullition ij et si dans tin instant quelconque la dissolution fait des progrès rapides ^ ils sont toujours dus à la séparation dVne feuille de •graphite dV\ec le métal. Cette substance forme donc un obstacle mécanique^ en ce quelle protège le fer contre rittfluence de Facide. La couleur de la liqueur prouve évi— dement qu''une partie du charbon a été dissoute. Le résidu se compose rarement de graphite pur: cVst presque toujours un mélange de ce corps et d^une plus ou moins grande quantité de charbon changé en poudre brune. L^eau régale donne les mêmes résultats.

220. Ainsi les substances charboneuses obtenues par la dissolution du fer sont de nature très-variable. Le carbone pur ou graphite ne se retire que de la fonte grise. La manière dont il se conduit pendant Topération montre évidemment qu il ne se trouve qu'^à Tétat de mélange dans le fer cru. La substance graphiteuse qu^on obtient de Facier non trempé ^ du fer ductile ^ de certaines espèces de fonte grise ^ et de la fonte blanche devenue grise et douce par le grillage ^ cette substance qui se décompose si facilement par les acides^ n'*est pas du carbone pur^ ni du charbon oxidé :; mais c'est un véritable composé de fer et de carbone dont les proportions sont difficiles à déterminer. Nous rappellerons en attendant polycarbure* On ne doit pas la confondre avec le charbon oxidé ^ le résidu noir brunâtre laissé par Facier trempé et la fonte blanche traités par Facide hydrochlorique ou sulfurique^ et qui se change en poudre rouge brunâtre par Faction de Facide nitrique.

Le polycarburé donne 82 à 94 p* Vo d^oxide par la combustion. Un sexto carbure , c^est-à-dire un composé dW atome de métal et de 6 atomes de carbone , ou de 60 partie« de fer et de J\o parties de carbone ^ laisserait après la calci-

174 PREMIÈRE SECTIOIf.

nation 86^5o d^oxide. Nous ne pouvons affirmer qtie ce soit la composition du* polycarbure^ puisqu'on n^a pu obtemr* ce corps dans son état de pureté.

L^analogie qui existe entre» Pacier trempé et la fonte blanche ^ ainsi quVntre la fonte devenue grise et douce par le grillage et Tacier non trempé (i5i, 180 et 181)^ se> trouve donc confirmée. La fonte grise* se conduit tantôtcomme Facier non trempé et tantôt comme un acier trempé« qui renfermerait du carbone à Fétat de mélange.

221. Certains acides attaquent le fer kTétat métallique avec plus d'^énergie que ses oxides^ d'^autres manifestent plus d^action sur ces derniers ;j d^autres enfin n^agissant immé-^ diatement ni sur le fer ni sur les oxides^ ne peuvent se combiner avec ceux<^i que par une double décomposition. Bergman les range ^ selon leur degré d^affinité pour le fep^ dans un ordre décroissant^ comme il suit:

Acide oxafique. Acide fluoriqae«

iV/. tartarique» id, citrique.

id* sulfurique.. tV/. fonnique«

idm hydro-cloriqaeK tV/» acétique,

«e/. nitrique. id^ boracique..

id* arsénique. /</• carbonique.,

id> plLosphorique..

Il est probable que les acides suivent le même ordre* pour tous les métaux ^ et qu'il n'y a déceptions, que dans le cas où ils. donnent des sels insolubles. Mais il faudrait chercher aussi de semblables tableaux pour les oxides qui se correspondent.

222. Le fer ne forme avec chaque acide que deux sels différens ^ qui se combinent quelquefois entre eux en plusieurs proportions. Le sel du protoxide n^est pas pour For— dinaire très-permanent ;j il se change avec une grande facilité en sel de protoxide et de peroxide. Mais celui-ci^ exigeant une plus grande quantité décide pour sa neutra-»

PROPRIÉTÉS Dt FER. ï'jB

lisation^ donne un précipite insoluble^ regardé long-tempâi comme un oxide particulier. Ce précipité ne constitue^ d'^après les expériences de M. Berzélius ^ qu^un sous^el de peroxide^ ou un sel avec excès de base et dont la composi««* lion est constante^ de manière que la dissolution contient toujours des sels.neutres ^ jusqu''à ce que toute la masse soit convertie en sel de protoxide et de peroxide.

Le protoxide de fer n^a point de sous-«eI, Ceux de Foxide sont tous insolubles ^ retiennent fortement leur acide ^ le cèdent à peine aux alcalis et se conduisent presque comme les oxides. Les sels du peroxide sont décomposés en quel— que sorte ^ non-seulement par le fer lui-même ^ mais aussi par certains métaux que celui-là précipite souvent de leurs dissolutions : le régule est alors oxidé aux dépens du pe-« roxide : il se forme ^ par le partage de Toxigène^ du pro-^ tpxide qui déplace une certaine quantité de peroxide à Tétat de sous^-sel. Plusieurs sels du protoxide de fer ont la propriété d'*absorber du gaz nitreux et dVttirer Toxigène de Tatmosphère. Les dissolutions aqueuses de ces sels ont été employées pour des usages eudiométriques* Tous les sels de protoxide donnent des précipités blancs ^ étant traités par Falcali prussien^ les précipités des sels de peroxide obtenu par ce corps sont au contraire bleus foncés.

Les sels de peroxide se décomposent^ étant traités par Feau et soumis à Fébullitionij il se forme un sel acide qui reste dissous et un sous-sel^ qui se précipite. Tous les sels de peroxide sont changés en sel de protoxide par Fhydrogène sulfiiré. Il se dépose alors du soufre coloré en blanc.

223. Le fer n^est jamais précipité à Fétat métallique. La forte attraction de ce corps pour Foxigène explique aussi son affinité pour les acides. Il parait que le zinc le surpasse encore sous ce rapport ^ cependant il ne peut agir sur les dissolutions du protoxide de fer: si elles contiennent

ua peu de peroxide^ il se formera un précipité de soqs^ sel provenant du partage de Toxigène. Le fer et le zînc s^nblent pouvoir se disputer le premier rang dans la série des aiEnités des métaux pour les acides : il est probable que la série des oxides est bien différente de celle-rci ^ qui est entièrement réglée sur le degré d^affînité des métabx pour Toxigène.

224* L^ difierens degrés d^oxidation du fer présentent de nombreux obstacles dans les analyses et deviennent une source dVrreurs. Avant tout ^ il faut le porter au maximum d^oxidation et le traiter ensuite par les alcalis caustiques ou par les carbonates alcalins. Ces derniers le précipitent aussi très4>ien ^ si la dissolution est suffisamiment étendue dWu. On calcule ensuite par le poids du peroxide obtenu^ cduî du fer métallique ou celui du protoxide.

226. L'acide carbonique n exerce d^action ni sur le fer ni sur ses oxides ^ à moins que ce gaz ne soit combiné avec Feau. Le protocarbonate de fer est soluble dans une grande quantité de ce liquide : la présence de Tacide carbonique libre le maintient long-temps en dissolution^ à la température ordinaire 5 sa permanence et sa solubilité sont augmentées aussi par les carbonates alcalins^ probable— ment à cause de la tendance qui s'*établit alors ver§ une formation de sel triple ou quadruple ^ ce qui empêche le protoxide de passer à Tétat de peroxide. Peu à peu il se dépose un précipité jaune brunâtre composé de sous-carbonate de protoxide et de peroxide : ce précipité parait d^abord à la surface du liquide^ sous forme d''une légère pellicule ^ qui ^ colorée de toutes les nuances de Tarc-ei^-» ciel^ s'^épaissit de plus en plus.

Le protocarbonate pur est entièrement blanc ^ mais il passe au jaune ^ quelque rapide qu^en soit la dessication. On ne peut donc Tobtenir ^ à un certain degré de pureté ^ par des moyens artificiels : la nature nous Tofire composé

PROPRIÉTÉS DÛ FER. î^^

tle 38^53 d'acide carbonique et de 6i\4*J ^^ protoxîde» On ne connaît point de combinaison du protocarbonate avec Teau.

Le carbonate de peroxîde ne ce présente ni danâ la nature ni dans les laboratoires:^ attendu que tous les précipités obtenus au moyen des carbonates alcalins^ sont souil-^ lés de protoxide et d^hydrate de fer.

Si les dissolutions de fer et de carbonate alcalin sont toutes deux trè»-concentrées , le précipité se redisSöut à Finstant^ la liqueur qui devient claire et d'une couleur brune jaunâtre^ est^ d'après M. Dobereiner^ susceptible de cristalliser. Ce sel liquide, connu depuis long*-temps^ s'appelle vulgairement Teinture de SthaU Au lieu de cristaux réguliers , on obtient aussi des formes végétales désignées *ous le JxoTQidî! arbres de mars (arborescentia ttiârtis). La liqueur ou le sel cristallisé est un composé quadruple d'oxide de fer, d'alcali, d'acide carbonique et de l'autre acide. Si la dissolution est convenablement étendue d'^âu ^ l'oxide se précipite à l'état de sous sel. Il est assez remai>quable que l'eau donne un moyen d'opérer cette décomposition.

226. L'acide sulfurique fortement concentré n'attaque pas le fer, à la température ordinaire^ lorsqu'il est faible^ ment concentré , son action sur le métal est proportionnée à la quantité d'eau contenue dans l'acide^ mais à 100°, le fer^ en s'oxidant , commence déjà à le décomposer en oxigène et en acide sulfureux. Monnet prétend que l'acide sulfurique concentre , étant chauffé avec le fer dans un vase distillatoire , peut donner du soufre sublimé« Les deux oxides de fer ne se combinent avec l'acide sidfurique, qu'à la chaleur de 100°, et le protoxide se dissout plus vite que l'autre. ^

A cette température, l'acide sulfurique étendu d'eau ^ agit sur le fer avec beaucoup d'énergie. Son action .sur le TOM. I. ^ a 3

4^8 , MEMIÈRE SECTION.

pjfdtoxkle est moins fotte^ et le peroxide ne pent se di$~ soudré que par suite d^une longue ä>ulIitioii^ qui porte Tacide à un plus fort degré de concentration.

Lte protosulfate et le persulfate de fer^ dégagés dVau^ sont parÊLitemeatl>lahcs. 'Lorsque ajoute à une dissolution de ces sels dans Peau ^ une certaine quantité diacide sulfurique ^ le protosulfate se ptécipe en grains et le persulfate^ en aiguilles. Uun et Feutre deviennent alors presqu^insdlubles dans Teau^ particulièrement le protosulfate qui ^ dans les circonstances ordinaires ^ possède ukie très— gtànde solul^ité. Cet effet singulier a iait regarder le per-^ sulfate blanc comme un sel particulier^ mais en Texaminant dé plus près^ on voit que c^est un persnl&te anhydre et jateutre *.

Le peu de «olubililé du protosulfate anhydre retarde PactiOB de Tacide sulfiittque sur le fer^ parce que le sel ^ui se ferme étant très-^vide d^eau^ Fenlève à Faeide^ ce qui le rend tellement concentré que la dissolution finît par s^arrêter. On est donc forcé d^ ajouter de Teau à plusieurs xeprises ^ ce qui augociente la masse et retarde ropération.

227, Le protosulfate neutre ou vitriol vert, dans son état de cristallisation, est composé de 25^4^ ^ protôxîde ^ de ^^01 d''acîde et de 4^^4^ dVau. La quantité de fer oonor* lenûe dans le protoxide s'^estime à 19^9^ et ddle du ^cmfre dans Tacide sulfurique, à 1 1,56^ il s^ensuit que le rapport du fer au soufre dans le protosulÊite, est le même que dans te sulfure magnétique, dont 1^ composition est 63 de fer et 3^ de soufre (186). C^est pour cette raison que les pyrites communes , après avoir iervi à la fîd)rication iax sonfine ^ sont employées à celle du vitricd.

* C'est une règle générale , qae les sels qui ont perdu leur eau combinée, ne peuyent se dissoudre qu''à la longue et a?ec beaucoup de peine» — Benélius , sur la théorie des proportions chimiques , page 81 et sui:vante». L« T.

PROPRIÉTÉS DXÎ FER. 179

iLoL cdideur du proto6ul&te de fer est le vert foncé bleuâtre : expose à Fair^ il se couvre bientôt d^une poussière tirant sur le }aune^ c^est un persulfate avec excès dé base. Ce changement s^opère encore avec plus de rapidité^ si le sel »e trouve en dissolution , et sur-tout si Ton y verse une certaine quantité diacide nitrique. Une trop forte dose diacide retarde la précipitation du sous-sel ^ sans toutefois s'^ojpposer aux progrès de Toxidation^ la liqueur contient alors du protosulfate et du persulfate neutres. Ce sel double cristallise en rhombes couleur d^émeraude: la couleur verte résulte de celle des deux sulfates dont il est composé. La présence du fer à Fétat métaUique s^oppose à la formation, de ce sel ^ elle augmente la quantité de protosulfate et donne lieu au précipité de sous^el d^oxide.

Le vitriol^ exposé à la chaleur^ subit la fusion aqueuse^ abandonne son eau de cristaUisation^ laisse d^ager du gaz acide sulfiireux^ et donne enfin pour résidu de Toxide Touge pur^ cW le rouge de colchotar. On voit diaprés cela^ v <{ue le vitriol à Tétat naturel ^ ne peut servir à la fabrication de rhuile de vitriol , qu'ion est obligé de le calciner d^abord^ pour le convertir en persulfate et pour empêcher ^e ce changement ne se fasse aux dépens de Facide.

aa8. Le persulfate à Fétat liquide est connu sous le nom d^eau mère vitriolique. Elle contient encore beaucoup de sel de protoxide qui se change peu à peu en sel de peroxide et donne lieu au précipité de sous -sel. Pour les raisons que nous avons données plus haut (222)^ on ajoute volontiers du fer métallique aux eaux mères ^ dans la fabrication du vitriol, afin d^augmenter la quantité de protoxide. A Fétat solide le persulfate est rouge jaunâtre , déliquescent, se dissout facilement dans Falcool, contient, étant par^ faitement sec, 6o,58 parties d'acide et Sg,^^ parties d'oxide. D se décompose au feu, laisse dégager alors de Facide sulfurique, de Foxigène et du gaz acide sulfiireux.

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Le sous-sulfate a une couleur jaune:j chauffé, il passe au rouge par le dégagement de Teau. Sous forme d'hydrate , il est composé de 21,7 d"'eau, de 62,4 d'oxide et de iS^g d'acide. Lorsqu'il a perdu son eau, il contient 79,61 d'oxide et 20,3g d'acide ^ ce dernier se dissipe, à une haute température , décomposé en oxîgène , et en gaz acide sulfureux* Ce sel est employé ordinairement à la préparation de cou-« leurs rouges ou brunes.

229. L* acide sulfureux attaque le fer en laissant dégager beaucoup de chaleur, sans qu'il y ait décomposition de Teau : c'est aux dépens de l'acide que se fait l'oxidation du métal, de sorte qu'on n'obtient pas un sulfite pur, mais un composé de sulßte et de soufre. Traité par l'acide sulfurique ou par l'acide hydrochlorique , ce sulfite sulfuré laisse précipiter du soufre et dégager de l'acide sulfureux avec effervescence^ exposé à l'air, il donne un précipité rougeàtre et des cristaux de protosulfite pur, qui dissous dans l'eau et soumis encore une fois à l'action de l'air , se changent, diaprés Fourcroy, en protosulfate. Le protoàulfite est insoluble dans l'alcool.

M. Vauquelin a iait usage de Tacide sulfureux pour déterminer la quantité de carbone contenue dans l'acier, parce que cet acide ne donne pas lieu à un dégagement d'hydrogène, ni par conséquent à une perte de la substance qui était l'objet de ses investigations. Mais ce procédé ne convient guère, parce que le précipité manque de permanence , que le carbone se trouve alors souillé d'oxide , enfia parce qu'il se précipite aussi du soufre qu'il est difficile de séparer du charbon.

280. Uacide nitinque ^ très-concentré, attaque le fer assez faiblement^ mais à une concentration moyenne, il agit avec une grande énei^e sur ce métal et laisse échapper des torrens de protoxide d'azote et de gaz nitreux. Il déve^ loppe d'autant plus de protoxide d'azote et d'autant moins

PROPRIÉTÉS DU FER. l8l

de gaz nitreux^ qu'oïl est plus étendu dVau, Si Ton empêche le dégagement du calorique ^ on peut même obtenir ^ diaprés Bucholz et Dayy^ une combinaison d''acide nitrique et de protoxide de fer: la dissolution colorée d^abord en bruu foncé olivâtre par le gaz nitreux^ blanchit à Tair^ parce que ce gaz se change en acide nitrique.

Lorsqu'*on emploie dans cette opération un certain degré de chaleur ou de Tacide nitrique concentré ^ on porte le fer au summum d''oxidation ^ et il se dépose une poussière jaunâtre ^ qui est un sous-nitrate de peroxide : la dissolution dont la couleur est brune ^ contient du pernitrate^ n''est point susceptible de cristalliser ^ laisse précipiter du sous-sel par Févaporation et devient quelquefois gélatineuse. Pour chasser Tacide entièrement^ il suffît d^élever la température ;; on obtient Toxide rouge pour résidu.

Le protoxide de fer digéré pendant plusieurs mois dans Facide nitrique concentré , donne d"'après Vauquelin ^ un pernitrate en petits cristaux incolores^ sous forme de prismes quadrangulaires. Ce sel a une saveur très-forte, il est déliquescent^ dissous dans Teau il donne à là liqueur une couleur rouge. /

Pour dissoudre le protoxide dans Facide nitrique, il faut le laisser long-temps en ébuUition, dans 3 a parties de cet acide. Le peroxide s^y dissout aussi avec beaucoup de peine ; il exige pour cet effet de la chaleur et un acide trèsconcentré.

M. Bucholz fait observer que la solubilité diminue avec la température et la concentration de Facide^ il fait remarquer en outre que Foxide calciné se dissout très -difficilement. Cet auteur propose par cette raison, de se servir de Facide nitrique étendu d"'eau pour séparer des oxides de fer les substances solubles dans cet acide.

Pour obtenir une dissolution de protonilrate dans Fétat de plus grande pureté , on précipite avec dû fer pur Fargent

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ou le plomb de leurs nitrates ^ et Ton sépare le métal de la liqueur par la filtration. La dissolution est d^un vert clair;; mais à Tair elle se change Êicilement en pernitrate et dépose alors du sous-nitrate hydraté de peroxide de fer. Il parait que hors du contact de Tair le nitrate d'argent ne serait pas décomposé.

23 1. U acide hjdroehlorique dissout le fer avec une grande activité^ en laissant dégager du gaz hydrogène. Il se combine facilement avec le protoxide^ ainsi qu^avec le peroxide^ lorsque cet acide se trouve en assez forte dose et que la chaleur est suffisamment élevée : les produits sont des sels neutres.

Le peroxide récemment précipité se dissout daps Tacide hydrochlorique avec la plus grande facilité^ mais s^il a été calciné^ la dissolution est très- lente ^ à la température ordinaire.

On obtient Fhydrochlorate de protoxide immédiate^ ment^ en faisant dissoudre le fer à la température ordinaire^ hors du contact de Fair: la liqueur est verte et claire^ crî&^ tallise^ après le refroidissement^ par le simple effet de Féva— poration spontanée et fournit des cristaux en tables ^ de couleur vert d^éméraude^ solubles dans leau et Falcool^ en contact avec Facide nitreux^ cette liqueur se colore en brun foncé et devient plus astringente:; chauffée^ elle dégage la majeure partie du gaz ^ ainsi qu^un peu dVmmoniaque ^ et donne un précipité rouge, qui est un sous -sel de peroxide.

Pour obtenir, selon Davy, Fhydrochlorate de protoxide de fér, sans mélange de perhydrochlorate , on dissout le protosulfure dans Facide hydrochlorique^ il en résulte un dégagement de gaz hydrogène sulfuré, qm empêche la liqueur d^absorber Foxigène de Fatmosphère. Entretenue en ébullition avec Facide nitrique, ou exposée à Fair, la dissolution s^oxide davantage, devient dans le premier cas du perhydrochlorate, et dans le deuxième de Fhydrochlo-

PRÔÎ^RIÉTÉS Dû FER. ï83

rate de protoxide et de peroxidè^ en laissant déposer dà sous -hydrochlorate de peroxîde de fer^ ce précipité présente une couleur brune.

Khydrochlorate de peroxîde de fer a une couleur brun foncé ^ il n'^est pas susceptible de cristalliser ;j il donne ^ étant évaporé jusqua siccité^ une matière déliquescente rouge bnmatre;^ soluble dans Falcool) te .pouvant absorber le f[az nitreux^ agissant sur les substances animales et végétales cosbime le chlore^ et se diangeant par Thydrogène sulfuré^ en hydrochlorate de protoxide de fer. Cette matière dëliquesM^ente rovge bmnàtre ^ étant étendue dans une grande quantité d^eau^ se décompose et donne un précipité de sous-sel qui est en partie soluble ^ à une chaleur modérée^ «lie dégage du chlore et laisse un sous-sel d'*oxide. Soumis à Faction d'aune plus forte chaleur^ elle se sublime en cristaux. Cest le perchloTure de fer dont la couleur et Féclat ressemblent à ceux à^ Facier.

Davy a montré qu''on obtient le perchlortire de fer^ en laissant brûler du fer rov^e dans le chlore. Il se forme alors des feuilles cristallines dW éclat presque métallique^ et bigarées comme le fer spéculaire de l^e d^Ëlbe. Ce corps Be volatilise à une chaleur très-modérée^ remplit le vase de cristaux en tables dW grand éclat ^ et dont la forme nV pas été déterminée. La présence de Feau reproduit à Finstant Fhdrochlorate. A la chaleur rouge le chlore n'^exerce point d^action sur le peroxîde ij mais il agît sur le protoxide à un plus faible degré de température , convertit une partie de ce dernier en peroxîde par ie déplacement de Foxî— gène^ et forme avec celle qui est réduite^ du chlorure qui se sublime.

Le protochlorure et le perchlorure se forment^ si Fon fait passer du chlore sur le fer chauffî au rouge ^ attendu que Fun et Fautre des deux composés se volatilisent. j Le protoxide de chlore a^t «ur le fer métallique ^ comme

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le chlore luî-même^ Foxîgène se dégage avec explosion^ et le. métal brûle dans le chlore^ en répandant une lumière éclatante.

aSâ. L'eau régale est le dissolvant ordinaire dont on Ëiit usage pour analyser les substances ferrugineuses ^ parce 'qti''elie ajgit aussi bien sur le fer que sur les oxides de ce métal : }1 se dégage de FJiiydrogène, du protoxide d^azote et du gaz Tiitreux. Après avoir chassé Facide nitrique par 1 evaporation .^ on obtient ttne liqueur qui contient le fer à letat ■d'hydrochlorate.

233. L- acide arseniquén^exerce qu^une action faible sur le fer métallique et ses oxides ^ cVst aux dépens de Facide et non en décomposant Teau^ que le métal s^oxide^ on obtient alors de Tarsenic blanc et même de Farsenic métallique, si la température est assez élevée.

Le meilleur moyen de se procurer les arseniates de fer, consiste à décomposer les sulfates de ce métal avec les ar^ seniates alcalins.

L^un et Fautrè arseniate se rencontrent dans la nature : le sel du protoxide est vert et de forme cubique, Fautre a une couleur brune.

Uarseniate et Farsenite de protoxide de fer, donnent des précipités blancs, insolubles dans Feau, mais se dis«solvant dans Famoniaque caustique ou dans les acides minéraux, dont ils sont précipités par les alcalis. L'^arseniate de protoxide se trouble à Fair , prend une couleur verte sale , se change en sous-sel d^oxide et en arseniate de protoiide et de peroxide. Cest du moins de cette manière qu''on explique le phénomène^ cependant il serait possible que le changement de couleur provînt de la variation du contenu d^eau.

A une faible chaleur rouge , Farseniate de protoxide et de peroxide abandonne une partie de son acide qui se dégage sous forme d'acide arsenieux, et il reste de Farseniate de peroxide avec excès de base.

PROPRIÉTÉS Dû FER. l85

La poudre blanche et insoluble qui constitue Tarseniate de peroxide^ renferme 17^68 parties d^eau^ quelle perd par la chaleur^ se changeant en une poudre rouge ^ c^est Faiv seniate anhydre composée de 3 1^16 parties de pero&ide et de 68^,84 diacide arsenique*

Karseniate de peroxîde précipité récemment^ se dissout très-vite dans les acides et dans Famoniaque caustique. On ne peut le décomposer en entier par des alcalis caustiques fixes. Il se forme toujours un sous- sel avec un grand excès de base^ ressemblant au peroxide pur^ et se composant^ diaprés M. Berzélius , de 1 3^4 parties d'eau ^ de 79^6 de peroxide et de 7 décide arsenique. Soluble dans les acides^ il ' ne peut être dissous dans Tamoniaque. Le sous-arseniate ordinaire de peroxide s'obtient par Farseniate d'oxidule^ mis en ébullition dans Facide nitrique et précipité par Famoniaque. Sa couleur est rouge jaunâtre^ la liqueur ne renferme plus une trace d'acide ai^nique^ si toutefois Famoniaque n'a pas été employé avec excès. Ce sous^sel^ soluble aussi dans les^acides ^ ne se dissout pas non plus dans Famoniaque caustique^ mais les alcalis caustiques fixes le changent en sous-sel ayec un plus grand excès de base*

Vu l'insolubilité ulu sous-«el^ on a proposé de se servir du peroxide de fer pour déterminer les quantités décide .arsenique eonteni^ dans \m liquide. On y ajouterait du peroxide dissous dans Feau r^ale ^ eu prc^ortion telle qu'il pourrait se former un sous-.arseniate^ et on neutraliserait ensuite la liqueur avec Famoniaque caustique^ en prenant les précautions voulues. La différence. entre le poids de Foxide employé et celui du précipité soumis préalablement à la calcination , do^QeI:ait la "dose d'acide d'arsenîque cherchée. Ni Farseniate neutre, ni Farseniate avec excès de base ne sont solubles dans Facide acétique.

234. 1/ acide phosphorique liquide attaque le fer avec énergie^ ses oxides s'y dissolvent à la chaleur de l'ébullition*

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Les phosphates de fer ^ qui ont beaucoup d^analogie avec les arseniates^ s''obtiennent avec les dissolutions de fer trai-* tées par des phosphates alcalins.

Le phosphate de protoxide se précipite en poudré blanche qui devient bleue étant exposée à Tair , et se change ensuite^ d'^après Topinion généralement admise , mais non prouvée par les expériences^ en sous^phosphate d^oxide et en phosphate de protoxide et de peroxide. La nature nous Toffre fréquemment en cet état ^ il serait possible que le passage du blanc au bleu ne fût occasionné que par un changement dans la proportion d'eau. Le phosphate de protoxide est insoluble dans ce liquide^ et soluble dans les acides^ d^où on peut le précipiter soit en étendant la liqueur, soit en la saturant avec des alcalis. Cest par cette propriété qu'ion peut reconnaître la présence du phosphore dans un minerai ou dans une dissolution diacide sulfurique. On étend alors la liqueur avec de Feau, on y ajoute un peu d^alcali et on la laisse en repos : il se forme peu à peu un précipité blanc qui prend plus tard une couleur bleue ^ mais on ne peut faire usage de ce procédé ni pour doser le phosphore ni pour en découvrir même de petites quantités.

Les alcalis changent le protophosphate en un sous -sel dé protoxide d''une couleur verte grisâtre.

Le phosphate de peroxide obtenu par les phosphates alcalins, se présente aussi sous forme de poudre blanche^ il est permanent à Fair , se colore en brun par la calcination ^ se dissout dans les acides minéraux, est insoluble dans Teau et dans Facide acétique. Les alcalis caustiques fixes le changent en un phosphate avec excès de base , semblable au peroxide, soluble dans les acides minéraux , mais insoluble dans Facide acétiqufe. Les alcalis le précipitent de toutes les dissolutions, sans quil reste dans la liqueur une trace dVcide phosphorique , lorsque les proportions entre cet acide et le proxide sont telles que le sous <- phosphate

puisse se former. Il ea arriverait ainsi ^ lors même que la dissolution contiendrait de la chaux ^ et qu^elle fut traitée par Famoniaque caustique. Mais si le fer était à Fétat de protoxide ^ il se précipiterait du phosphate de chaux. . 235. Lotion de V acide fluorique ou boracique sur le fer et ses oxides n^est pas encore connue d^une manière assez précise. Le protofluate est insoluble dans Teau^ mais le perfluate s'*y dissout très-facilement. L^un et Tautre borate sont insolubles dans Teau. On a fait peu de recherches sur les combinaisons des oxides de fer avec les acidps molyb-' dique^ stanique^ tungstique^ chromique^ tantalique^ etc.

L'acide sélénique attaque ce métal très-faiblement^ d'après M. Berzélius^ et le couvre d'une couche de sélénium.

236. On n'a pas non plus examiné les combinaisons du fer avec les acides malique^ subérique^ lactique^ mucique^ Jbrmique^ méllitique.

L'acide acétique attaque le fer avec énergie et dissout facilement le peroxide non calciné^ mais sa combinaison avec le protoxide ne peut se former qu'au moyen d'une longue ébullition. Le sel ne s'obtient même , d'après Davy, que par la dissolution du protosulfure de fer dans l'acide acétique. Il est avide d'oxîgène^ passe avec une grande facilité à un degré d'oxidation plus fort , et dépose alors du sous -acétate de fer hydraté. A l'aide d'une évaporation bien conduite^ on peut le faire cristalliser en petits prismes verts : la dissolution ordinaire est un sel double. Le peracétate se distingue par une belle couleur rouge. Si l'on fait évaporer la liqueur avec soin ^ on obtient quelquefois des cristaux bruns rougeàtres très-déliquescens^ mais le plus souvent une matière gélatineuse : l'un et l'autre sel abandonnent leur acide avant de , parvenir au degré de la chaleur rouge.

La fabrication du peracétate employé dans la teinture^ se feit immédiatement avec le fer et le vinaigre , ou par la

l88 PREMIÈRE SECTION.

décomposition de Facétate de plomb ^ a Faide du vitriol vert. Au lieu de vinaigre ordinaire ^ ou de bîerre aigre^ etc. ^ on peut se sjervir avec beaucoup d^avantage du vinaigre de bois ^ qui est un produit de la carbonisation.

23^. U acide citrique dissout plus promptement le fer que ses ' oxides. Le protocitrate est soluble dans Teau : il donne une liqueur brune et cristallise si Tévaporation est très-douce^ dans le cas opposé^ la dissolution^ diaprés Yauquelin^ noircit et se change en une substance solide^ assez tenace étant chaude ^ et cassante après le refroidissement. Le percitrate^ qui est très -soluble^ a une couleur brune.

L'acide oxalique attaque le fer et ses oxides : le prot>-« Oxalate est assez soluble^ non permanent à Fair^ et se change^ sur-tout à la chaleur de Fébullition^ en sel de pro-^ toxide et de peroxide et en sous -sel de peroxide. Ce dernier est entièrement insoluble ^ et le premier ne se dissout quWec une extrême difficulté.

L^affinité du peroxalate de fer pour les Oxalates alcalins, avec lesquels il forme des sels très-solubles , empêche de Fobtenîr par là décomposition des Oxalates alcalins à Faide des sulfates ou des hydrochlorates de fer ^ la précipitation est toujours incomplète , c''est pour celte raison que Facide oxalique ne peut servir de réactif pour séparer le fer des autres métaux^ du manganèse par exemple. On a trouvé en Bohême le peroxalate dans un lignite friable.

L'acide tartarique agit avec plus de force sur le fer que sur le peroxide , et ne dissout le protoxide qu'^après une longue ébullition. Obtenus par des échanges de bases, le prototartrate est sous la forme dVne poudre blanche trè*légèrement verdàtre, et le pertartrate en poudre brune jaunâtre. L'un se change en Fautre par une plus forte oxîdation de la base , ce qui donne naissance à un sous-sel.

Les alcalis précipitent le fer très -imparfaitement de sa

dissolution dans Facîde tartariqne. Si Tacide est en quantité suffisante pour la formation d^un sel double^ il n^ st point de précipitation ^ de sorte qu^on ne peut découvrir le fer que par les acides hydrosulfurique^ hydrocyanyque et gallique. Cette propriété du fer fournit un excellent moyen de le séparer des corps qui ^ dans des circonstances semblables ^ résistent aussi aux alcalis ^ et dont les dissolutions ne sont pas même altérées par les sulfures alcalins.

Exposée à Fair atmosphérique ^ la dissolution du pe]>« tartrate dépose^ diaprés Bucholz^ un soùs-sel qui est brun foncé ^ couleur de quinquina^ et la liqueur renferme un peracétate acidulé soluble à froid dans 1 f de son poids d^eau^et à chaud dans j-^. LfCS combinaisons du fer avec la tartre sont connues sous le nom de Tartarus martiatus ou Chalybeatus Globuli martiales^ Tinctura martis tarta^ rifata^ etc. ^ etc.

L'acide ^ sébacique ou benzoïque nV pas encore été combiné directement avec le fer ni avec ses oxides. Le protobenzoate obtenu par la décomposition des sels neutres est assez soluble^ sa couleur qui est le vert jaunâtre^ devient de plus en plus foncée. Le perbenzoate de fer a une couleur rouge paie ^ est presquHnsoluble dans Teau à la température ordinaire et se décompose par FébuUition en un sel acide soluble et en un sous-sel insoluble. Il sVn— suit que le précipité de perbenzoate ne doit pas être lavé dans Feau bouillante. Le sel du protoxide et celui du peroxide sont solubles dans tous les acides. Les dissolutions de fer que Fou veut décomposer par les benzoates alcalins doivent être portées au summun d^oxidation et saturées complètement.

Nous manquons également d'expériences sur la combinaison immédiate du fer avec Vacide succinique. Les pro* priétés des succinates ressemblent parfaitement à celles des benzoates ^ ils sont aussi décomposés par Feau bouillante.

igo PREMIÈRE SECTION.

La dissolution du protosuccinate de fer est jaune claire: exposée à Tair^ elle se colore davantage et donne alors un précipité rouge foncé composé en partie de sous -sel et de persuccinate neutre. Ce dernier^ lorsqu^il est pur, se présente sous la forme d^une matière boursoui&ée, brune rou-« geàtre, et se change par une lente calcination en oxide, plus facilement que le benzoate de fer.

238. A Tétat de vapeur, Fiode se combine, diaprés Davy, avec le fer métallique et forme alors un composé qui est soluble dans Talcbol, Téther et Teau. Il parait résulter des expériences de CoUin, que Fiode comme le chlore , réduit une partie du protoxide et se combine avec le fer, tandis que Tautre partie est convertie en peroxide.

Mis en contact avec un métal qui ne serait point susceptible de s^oxider à un degré plus élevé , Tiode se pai^ tagerait aussi en deux parties : Tune acidifiée aux dépens dWe portion de Toxide , se combinerait avec le reste et formerait un iodate ß tandis que Fautre partie de cette substance composerait avec le métal réduit , un iodure.

L'acide hydriodique y qu^on obtient en chauffant dans une cornue un mélange diode et de phosphore humecté d'^eau , se combine , diaprés M. Gaj'-Lussac , à Tétat gazeux, avec le fer métallique, abandonne Thydrogène et forme alors un iodure de fer ^ mais si Tacide est liquide , le métal s'^oxide aux dépens de Teau et le résultat de la combinaison est un hydriodate de fer. Les hydriodates ont l^eaucoup dVnalogie avec les hydrochlorates de fer.

239. L'hydrogène sulfuré ou le gaz ax:lde hydrosul'furique y ne précipite point de leurs dissolutions les sels de protoxide de fer^ mais il change les sels de peroxide en sels de protoxide, sans produire un précipité. Cet acide présente donc un assez bon moyen de séparer le fer de plusieurs métaux.

Au reste, on a déjà vu (i85 à 187), que Thydrogènc

sulfiiré réduit le fer oxidé et le change en sulfures de ditférens degrés de saturation.

Les hydrosulfures alcalins et terreux précipitent le fer de ses dissolutions ^ parce que les alcalis se combinent avec Facide. Le précipité noir qu'on obtient a été pris long-temps pour un hydrosulfate, c'est-a-dire, pour un composé d'hydrogène sulfuré et de protoxide de fer ^ mais il est hors de doute que c'est un sulfure d'un degi'é de saturation variable. Exposé à l'air, il jaunit , parce qu'il se décompose et qu'une partie de soufre est mise à nu.

24^* Les combinaisons immédiates du fer avec le cyanogène, ou.de l'acide hydrocyanique avec les oxides de fer sont à peine connues. 11 existait depuis long- temps dans les arts des composés de cyanogène avec le fer et d'autres corps, sans que l'on sût expliquer la nature de leurs compositions* Les cyanures que l'on connaissait d'abord, étaient ceux dans lesquel le fer est combiné avec le cyanogène en proportions telles que dans leur changement en hydro-cyanates , l'hydrogène de l'eau absorbée suffisait pour changer . le cyanogène en acide , et l'oxigène de cette eau pour convertir le fer en protoxide. M. Gmelin a trouvé une seconde série de cyanures composée de manière, que le fer passe à Tétat de peroxide par l'oxigène de l'eau, dont l'hydrogène change le cyanogène en acide hydrocyanique. Dans ces cyanures le fer retient une fois et demie autant de cyanogène que dans les autres. M. Berzélius a montré que dans la première série des cyanures doubles, le fer ne prend que la moitié de l'oxigène qu'absorbe l'autre base , ou bien que le fer n'est combiné qu'avec moitié autant de cyanogène que cette base. Les cyanures doubles cristallisés contiennent l'eau en proportion telle que son oxîgène suffit exactement pour saturer les bases , et son hydrogène pour changer le cyanogène en acide hydrocyanique ^.On peut donc regarder les

a^M^^M^^M^^^— ^M^M^B^^M^i^— ^w^aw^M^^i^^^M^— — MW^^B^^i^^^w^— ^M^— ^w— .i^^ I ■ M I ^m^itmm^mmmmm^ iii i — ^— — ^

* Ceci a lieu effectivement pour le cyanure de potassium. Mais les au-

iga PREMIÈRE SECTION.

cyanures doubles renfermant de Teau de cristallisation^ comme des hydro-cyanates doubles qui se changeraient en hydro -cyanures^ si le sel perdait ce liquide^ soit par une température élevée ^ soit par la décomposition spontanée.

Il existe, aussi des cyanures dont la base est si forte ^ que Feau ne peut les changer en sel à la température ordinaire. Des cyanures à base faible^ comme Tamoniaque^ la glucine et plusieurs oxides métalliques^ donnent des hydrocyanates qui ^ exposés à une température élevée ^ ne se changent plus en cyanures^ sans qu^une partie du cyanogène ne soit brûlée aux dépens de Toxigène des bases.

Les cyanures doubles des métaux qui ne se laissent pas réduire par le charbon à la chaleur rouge ^ comme le calcium et le potassium^ conservent le cyanogène pendant la calcinationet se changent^ par la dissolution dans Teau^ en hydrocyanates simples^ ou bien en cyanures simples^ mais le cyanure de fer qu ils contiennent se trouvant alors décomposé., laisse dégager son azote et se convertit en quadricarbure. Les cyanures doubles des métaux que la chaleur seule ne peut désoxider^ donnent de Tazote et se changent entièrement en quadricarbure.— Les métaux précieux cèdent le cyanogène pendant la calcination et restent mêlés à Tétat métallique avec le quadricarbure. Les hydrocyanates qui ne peuvent être changés en hydrocyanure donnent au commencement de Topera tion de Feau, de Thydrocyanate et du carbonate d'amoniaque. Le fer reste d^abord à Tétat de cyanure^ passe ensuite à Tétat de quadricarbure. LVutre

très cyanures solides examinëes par M. Berzélius ne contenaient pas tons Peau de cristallisation en proportions telles que le cyanogène pouvait ab* sorber Phydrogéne, et les bases Toxigéne de cette eau, dans leur conversion en hydrocianates. Le cyanure de baryte et de fer par ex. renferme à Fét^t de cristallisation deux fois autant d^eau et le cyanure double de chaux et de fer, quatre fois autant d^eau qu^il serait nécessaire pour qu^ils se oon-verüssent en hydrocyanates par la décomposition de ce liquide* Le T.

PROPRIÉTÉS DÛ FER. igS

métal retient une petite quantité de carbone ^ et une autre partie est brûlée aux dépens de Foxigène de Teau et de celui des oxides.

La décomposition d^un cyanure double ou dVn hydroçyaniate, effectuée par un acide plus fort, donne un sel acide composé d''un atome deprotoxide de fer et de 6 atomes diacide hydrocyanique, contenant par conséquent 3 foi5 autant diacide que le sel neutre. On a donné à ce corps le nom d'*acide ferro-hydrocyanique. M. Berzélius le regarde comme un cyanure double de fer et d'hydrogène.

24 ï« Parmi les cyanures doubles de la première série. lés plus connus et les plus importants sont le cyanure de potasse et celui de sodium^ Us contiennent^ comme tous les autres composés de cette série, i atome de cyanure de fer et 2 atomes de cyanure de Tautre base. A ces 3 atomes il faut ajouter encore 6 atomes d''eau, lorsque le sel est cristallisé. Le fçrro-cyanure dépotasse renferme donc i a,&5 parties de fer, 3^,1 1 de potassium, 3^,22 de cyanogène, et 12,82 d^eau: Thydrocyanate contiendrait i6,54 de protoxide de fer, 44'ß^ de potassium, et 38,^8 décide hydrocyanique. Anciennement on faisait usage de 6e corps, pour analyser les minerais de fer^ mais c''est un procédé très -incertain, parce quHl faut avoir égard au fçr contenu dans le réactif employé , parce que le précipité est composé dVne manière très -variable, diaprés le degré dWidation du fer dissous dans la liqueur, enfin, parce qu'ion ne peut déterminer avec exactitude la quantité dVau retenue par le précipité.

Les sels de protoxide traités par les hydrocyanates dou-» blés, donnent des précipités blancs qui deviennent bleus à Tair. Us contiennent encore de la potasse et ressemblent à un sous -sel. Ils diffèrent essentiellement du bleu de Prusse par leur solubilité dans Teau. Les précipités des seh de peroxide obtenus par Thydrocyanate double, constituent le véritable bleu de Prusse, composé d^hydrocyanate de

194 PREMIÈRE SECTIO».

peroxide et d'*hydrocyanate deprotoxîde, en proportions telles que le peroxide contient deux fois autant d''oxîgène que le protoxide. D''après mes expériences^ cent parties de bleu de Prusse ^ sécliées à la chaleur de Tebullition ^ renferment 24^7 de peroxide.

242. Dans la deuxième série de cyanures , le fer et Fautre base sont combinés avec des quantités égales de cyanogène 5 de sorte que le cyanure double dissous dans Feau^ peut être regardé comme un sel double, dont les deux bases contiennent la même dose d''oxîgène.

' Le cyanure de fer et de potasse de la deuxième série, forme des cristaux brillants, d''unc couleur rouge aurore, qui ne contiennent point d^ean, et qui par conséquent ne peuvent être considérés comme un hydrocyanatè. Il renferme 35,68 parties de potassium, 16,48 de fer et 47^84 de cyanogène. Chaufie hors du contact de Tair, il laisse dégager du cyanogène et de Tazote, et se change en cyanure double de la première série. Il exige 38 parties d^eau pour se dissoudre.

Si, dans une dissolution aqueuse du premier ferro-cyanure de potasse, on fait passer du chlore, jusqu^à ce que la liqueur traitée par un sel de peroxide très -pur ne donne plus de précipité bleu, on obtient un liquide brun verdà— tre, qui fikré et soumis à une très-lente évapora tion , dépose des cristaux rougfes jaunâtres, du bleu de Prusse et de Thydrochlorate de potasse. Si le chlore passait trop long-temps au travers du liquide, Fhydrocyanate de potasse et de peroxide de fer, qui constitue la dissolution aqueuse de ces cristaux , se trouverait décomposé.

En appelant Fun des composés de fer , de potasse et de cyanogène, cyanure jaune, on pourra qualifier Fautre de . cyanure rouge. Le premier donne par la dissolution dans Feau, un sel de protoxide et de potasse, le deuxième ua sel de peroxide et de potasse. Le cyanure jaune renferme a atomes de potassium., i atome de fer et 6 atomes de

PROPRIÉTÉS Öü FER. igS

cyanogène ;} ou bien 4 atomes de potassium ^ a atomes de fer et 1 2 atomes de cyanogène. Si le chlore n^enlève qu un atome de potassium^ il en restera 3^ plus 2 de fer et 12 de cyanogène^ dont la moitié est combinée avec les 3 atomes de potassium et Tautre moitié avec les 2 atomes de fer. Par la dissolution dans Teau , il donne de Fhydrocyànate de peroxide et de potasse, parce que 1 2 atomes de cyanogène se chfii^ent de 24 atomes d^hydrogène donnés par 12 atomes d eau, et que 6 atomes d^ôxigène se combinent avec les 3 atomes de potassium et les 6 autres atomes d^oxigène, av«c les 2 atomes de fer ^. Cest pour cette raison que le cyanure rouge, traité avec des sels de protoxide^ donne du

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* Nous avons du compter 1^ atomes d aprës Tanciemie méthode , parce qu^elle a été conserrée par Tauteur dans tout le cours de Touvrage , ce paragraphe excepté. On a vu effectivement (i57, 160) que la composition du prot3xide de fer est F« -^ aO , celle du peroxide Fe -^ 30. M. Ber^ séllus ayant réduit de moitié la pesanteur spécifique de Tatôme de fer et de Patôme de potassium , représente maintenant le protoxide par ¥e -j- 0 , le peroxide par aFe -|- 30 et la potasse par K -J- O. Si , par conséquent, dans Fancienne formule

on substitue pour F^ et K leurs nouvelles valeurs , qui ne sont que les moitiés des ancîenn&s, il faudra diminuer aussi de moitié les quantités de cyanogène. Le» deux premiers termes deviendront donc c/Fe -\- ^CfK^ mais la quautKé absolue de matière atoniistique qù^us représenteront ne sera plus que la moitié de celle qui est représentée par les deux premiers termes c/'^Fe -|- ac/'^K. Ainsi pour conserver le même rapport entre le . cyanure et son eau de cristallisation , il faudra diminuer aussi de moitié la quantité dVau. La formule sera par conséquent ,

En raisonnant d^'aprés ces données, comme nous Pavons fait dans le tcxter, on sera conduit à Texpression

(3o'+aF) + (3cr+9K),

représentant le cyanure rouge , qui dissous dans Teau , décompose .6 atô- • mes de ce dernier, et se chanjge en hydrocyanate de potasse et de peroxide de fer. Le T.

bleu de Prasse ^ comme le cyanure jaune ^ traité avec des sels de peroxide. Le cyanure rouge ne donne avec ces dei>niers sels qu'Hun liquide brun foncé.

Le cyanure jaune est un réactif très-puissant pour découvrir le peroxide de fer^ le cyanure rouge agit avec une même énergie sur le protoxide, dont il révèle la moii^dre partie contenue dans un liquide. Enfin ^ Fun comme Fautrfe cyanure de fer, se combine non-seulenient avec le cyaiiure de potasse, mais aussi avec un grand nombre dî!a\t^ très cyanures.

243« Les sels de protoxide de fer, mis en contact avec T acide galliquey ne donnent point de précipité , parce que le protogallate se dissout parfaitement bien dans Teau^ sans même y faire naître aucune couleur particulière^ mais ceux du peroxide sont noircis à Tinstant par cet acide, ou plutôt par le précipité de pergallate de fer, qui reste long» temps suspendu dans le liquide, vu son extrême ténuité* Les acides le dissolvent sans le décomposer, et lui enlèvent sa couleur, lorsqu'ils agissent avec une grande énergie^ mais cette couleur noire lui est restituée par les alcalis.

Le tannin y qui ne produit dans les dissolutions de. pro^ toxide aucun changement, précipite instantanément le peroxide et lui donne une couleur bleue foncée. Cette combinaison du tannin avec le fer est soluble dans Facide sulfurique, mais elle se dépose ensuite par Feffet de la saturation. Le tannin soutire probablement un peu d'oxigène à Foxide, puisqu''il change le persulfate de fer en protosulfate.

Les plantes astringentes composées en partie de tannin et diacide gallique , sont un puissant réactif pour déceler la présence du fer dans toutes les dissolutions. Si la quantité de métal contenue dans ces dernières est extrêmement faible, ce nW souvent quVu bout de plusieurs, heures qu^'on aperçoit le précipité violet*

^44* ^ous avons vu au ps^ragraphe 21 4^ qu^lne goutte diacide laisse sur Tacier une tache plus foncée que sur le fer^ elle sera d^autant plus claire que le fer sçra plus mou. Les acides^ comme les couleurs du recuit^ fournissent donc un moyen d^apprécier la dureté relative de ce^métal , et de s^assurer de Thomogénéité d^une barre. On veut quelquefois faire ressortir à la vue les endroits durs et les mous 5 dans ce cas , on préfère Temploi de IVcide nitrique , par les raisons que nous avons développées au paragraphe 21 4* Rinman propose^ lorsquil s''agit de produire les dessins d^un damas fabriqué avec des lames d'^acier et de fer^ une Uqueur composée de i j livre d^eau, d^une once diacide nitrique^ d^un. quart d'^once de vitriol de cuivre et d^une demi-once de sel amoniac. Ses propres expériences lui ont prouvé qu^il en résulte un sablé noir et blanc ^ d^une beauté parfaite.

LVrt de graver aux acides ne présente aucune difficulté^ si Fenduit de cire ou de vernis ^ aiusi que les dessins gravés dans ces substances molles^ sont bien exécutés. Les traits doivent avoir plus de profondeur pour être dorés. LVcide nitrique^ qui produit un dépôt considérable de sous-«el^ ne peut convenir aux graveurs, parce qu^il est difficile de faire sortir ce sel des raies fines où il reste incrusté : G''est pour cette raison que Rinman propose dVmployer une dissolution composée de 10 onces d''eau, de f d^once d^alun^ de I d^once de vitriol de cuivre, et de deux onces d^esprit de vitriol. Le cuivre déposé dans les traits du dessin, en est détaché facilement à Faide d''une brosse^ Fouvrage devient très -net et le fer conserve tout son éclat.

Dans la fabrication des faux damas , on a pour but de faîr^ les dessins en relief, afin d^îmiter les vrais damas dont les parties dures sont toujours attaquées avec moins d'^é— nergie que les autres (21 3)^ oh dessine alors sur le fer les figures qu'ion veut obtenir, avec un composé de blanc de

iqS première section.

céruse et dTiuîle de térébenthine; cette peinture résiste aux acides^ tandis que la paii;îe non peinte en est corrodée. La dissolution dont un fait usage dans ce cas^ est plus faible que la précédente. Rinman propose Temploi d^un liquide composé de 5 onces de vinaigre, de f d^once de sel amoniac et de | d^once de vitriol de cuivre^ ou bien aussi d^une livre de vinaigre, dWe ^ once de Vert de gris, dWe •j once de sel amoniac et de f d^qnce d^esprit de vitriol.

245. On emploie aussi les acides pour décaper, c^est-àdire pour nettoyer la surface du fer et la dégager de la coucbe de protoxide qui la couvre. On traitera cet objet en parlant de la fabrication du fer-blanc. Il résulterait de ce que nous avons exposé ci-dessus, que Tacide hydrochlorique remplirait ce but mieux que tous les autres, parce qu'ail exerce une plus forte action sur le protoxide ^ mais sa cherté en restreint Tusage.

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