‹ Manuel de la métallurgie du ferChapitre 8 sur 104 · SUR LA THEORIE ACTUELLE · texte numérisé non relu

SUR LA THEORIE ACTUELLE

Les théories des sciences physiques , quoique toujours conjecturales , sont généralement utiles etnéce»cessaires ; elles soulagent la mémoire , parce qu'elles rassemblent sous une même loi un grand nombre de faits isolés qui , d'anneau en anneau , se trouvent at-< tachés à la même chaîne , bien qu'ils paraissent au premier coup-d'œil très -disparates 5 elles viennent au secours du jugement , parce qu^'elles rapprochent les phénomènes qui ont entre eux de Panalogie , qu'elles facilitent les découvertes , qu'elles tracent , pour ainsi dire , la marche qu'on doit suivre dans les recherches ^ et , en un mot , parce qu'elles réduisent l'établissement de nouvelles vérités à l'art d'intercaler les termes intermédiaires d'une série. Peu importe alors qu'elles soient vraies <m fausses , pourvu qu'elles se trouvent en harmonie avec les connaissances acquises. La chimie fut tirée de son néant par le système de Stahl, que nous regardons à présent comme absurde , mars qui néanmoins conduisit ,aux plus belles découvertes. C'est sous l'empire de la loi du phlogistique , que l'on

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reconnut déjà les propriétés principales des sels , ainsi que les conditions de la dissolution des métaux dans les acides , et qu^on établit , pour la première fois, les principes qui devaient servir de base à la doctrine des proportions déterminées , dont Papplication , simplifiant les analyses , contribue si efficacement aux progrès étonnans de la chimie moderne. Cest encore sous l'empire de la même loi , qu^on trouva la composition de Peau , découverte qui porta le dernier coup à Tancien système. Mais les théories hypothétiques ne peuvent être utiles , qu^en s^accordant avec les faits principaux de la science ou de Fart dont elles doivent réunir les lumières en un seul faisceau« Voyons ju!k)u^à quel point la théorie sur les difierens états métalliques du fer , suivie jusqu^a présent , ainsi que celle de Talfinage de la fonte , qui en est une conséquencle immédiate^ peuvent satisfaire à cette condition.

Nous allons donc examiner les réstdtats des travaux' des Yandermonde , BerthoUet et Monge^ En pronoi^çant ces noms illustres ^ tout ancien ^ve de Fécole polytechnique éprouve un sentin>ent d'adibiration et de recoùnaissance , sentiment que je crois partagé d^ailleurs par toutes les personnes qui se livrent à Fétude des sciences ^ et qui saVent en apprécier le bienfait. Mais quel que smt le mérite de ces hommes célèbres , quels que soient leurs titres à notre admiration , nou& ne devons pas oublier que dans leurs recherches nombreuses et profondés , ils ont pu commettre des erreurs , et que vouloir les perpétuer , ce serait rendre à ces amis de la vérité ^ un culte injurieux et idolâtre.

Les anciens métallurgistes s^accordaieut tous à r&-

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garder Pacîer comme un produit intermédiaire entre le fer et le régule ^ quant aux deux espèces de fonte , leur opinion était très-variable.

Réaumur prétendait que le fer se trouvait combiné avec des soufres et des sels dans Pacier et dans la fonte , et que celle-ci contenait une plus grande quantité de ces substances que n'en renfermait celuilà. Il supposait en outre que le régule pouvait contenir accidentellement d'autres matières étrangères , et que la fonte blanche surpassait la grilse sous le rapport de la pureté.

Bergman pensait que le fer , Pacier et la fonte contenaient du flogistique et de la plombagine regardée comme un soufre , ou un composé d'air fixe et de flogistique ^ que le fer contenait moins de plombagine et plus de flogistique pur que Pacier ^ et que la même différence existait entre ce dernier et la fonte grise. Pour ce qui est de la blanche , il supposait qu^elle contenait moins du principe de la chaleur que la première.

Rinman regardait le fer comme un composé trèsvariable , dont une partie des élémens étaient caractéristiques , et dont les autres étaient accidentels. Par-^ mi ceux-là, il mettait au premier rang la terre de fer considérée dans toute sa pureté , et le flogistique dont il distinguait deux espèces différentes : un flogistique grossier ou matériel, composé de plusieurs substances susceptibles de changer le fer en acier , sans pouvoir pénétrer le verre ^ et le flogistique élémentaire qui traversait les substances vitrifiées , réduisait la chaux de fer et la rendait altirable à Paimant. « C'est donc ^ » dit-il , un 'fluide très-subtil qui est probablement élec-

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» trique et constitue la matière du fea. »^. V\m el Pautre pouvaient se rencontrer dans le fer en différentes proportions. Le fer doux contenait plus de flogistique élémentaire ; mais la fonte grise renfermait plus de plombagine ou de ce (logistique impur et grossier ; tandis que la blanche en contenait moins. Enfin Tacier ^ parmi tous les fers y contenait la plus grande quantité de pfalogistique ** ; de sorte que par k con* version de Li fonte en acier on en fer , le régule per*dait une certaine quantité de flogistiqu« grossier, et en acquérait une autre de flogistique élémentaire.

On voit du reste ^ à la lecture de ces anciens ouvrages , que leurs auteurs n^avaient que desidées vagues et confuses sur les différentes combinaisons de la dbaux de fer avec lé principe de la chaleur. Riruna«! qm hésite et varie dans son opinion , ajoute que la science n^est pas encore assez avancée pour qu^on puisse avoir sur la na^ture du fer , une opinion plus certaine et pin» positive.

Telles étaient , en peu de mots , les connaissances théoriques qu^on avait sur les divers étals métaUique» du fer , quand on découvrit la déeooaposition de Teav^^ dès-lors tout fut changé. On reconnut que le gaa inflammable qui se dégageait de la dissolvution du fer dans les acides, n^était point ce prétendu phlogia-

tiqme qui s^échappaât du fer , mais qu^it était du à la

* Le premier de ces flogistiques est le carbone \ le deuxième était le pblogistique que les anciens diimistes inventârent pour expliquer le phénomène de la combustion* Cest^ pour parler un langage algébrique ap> pliqué à la cbimie , Toxigéne précédé du signe — .

** Voyez la préface de Thistoire du fer par Rinmsm, ainsi que les paragraphes aa6, 2^7 , 2j8 et ayS,

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