‹ Manuel de la métallurgie du ferChapitre 81 sur 104 · DU BOIS ET DU CHARBON DE BOIS · texte numérisé non relu

DU BOIS ET DU CHARBON DE BOIS

478. Les différentes espèces de bois employées dans les travaux métallurgiques sont^ le pin ^ le sapin rouge (1 epicia), le sapin blanc ^ le mélèze^ le chêne ^ le hêtre ^ le charme^ Faune ij le bouleau^ le tilleul, le peuplier, le saule, Torme et le •châtaignier. Cps différentes essences sont divisées ordinairement en deux classes : en conifères et en hois feuillus. On les divise encore selon leur degré d^inflammabilité et celui de leurs charbons, en bois tendres et en bois durs. Les conifères, tels que le pin, Tépicia , le sapin , le mélèze , appartiennent aux bois tendres , ainsi que le tilleul , le saule et le peuplier.

479. Le pin Çpinus silvestris^ est de tous les bois tendres le plus dur, et donne aussi les charbons les plus compactes. Il croît dans le sable mouvant, et ne prospère pas plus dans un sol gras et humide, que sur les montagnes arides couvertes d'une trop mince couche de terre végétale.

Le pin est plus grand et plus résineux que tous les autres conifères ^ il peut acquérir un mètre de diamètre et 2a à îi5 mètreà d'hélé vation. Une forte racine pivotante le protège contre le vent. Ses ennemis principaux sont la chenille de pin et le dermeste typographe. Il ne parvient à son plus grand développement qu^après i4o ans^ mais on peut le mettre en coupe au bout de 80 à 100 années.

Képicia ou sapin rouge (^pinus picea^ ^ qui n''a quW &ible pivot, est très-sujet à être déraciné par le vent^ les insectes qui attaquent le pin , causent encore plus de dommage à Tépicia dont le bois se gâte plus promptement.

Ce nest qu^après un siècle et demi, que cet arbre parvient au terme de sa croissance^ on le coupe tous les 70 ou 80 ans , mais le meilleur aménagement est entre 100 et i5o ans. Dans les bons terrains , on peut réduire quelquefois à 60 ans la durée dWe révolution. Quoiqu il ne se plaise point dans les sables arides et qu^il préfère les terres grasses, il n^est point rare dans les pays de montagnes.

Le sapin blanc {pinus abies) habite également les plaines et les montagnes, pourvu que le sol ne soit ni trop gras ni trop humide. D pousse avec beaucoup de rapidité , atteint le terme de sa croissance de 80 à 100 ans. On peut Faménager à 60 ans. Plus dur que Tépicia , son bois est moins disposé à tomber en pourriture. La durée de la vie de cet arbre est de 4 siècles.

Le mélèze {larix)^ qui perd son feuillage acicidaire pen* dant Tautomne , croit avec une extrême rapidité ^ on peut le couper au bout de 5o ans. Il exige une assez bonne terre, qui ne soit ni sablonneuse ni grasse, ni humide, ni froide: il ne fait que languir dans les contrées septentrionales. Le terme de sa croissance est marqué à 80 ou 90 ans , et celui de sa vie à trois siècles.

Le chêne {(juercus robur) demande 200 à 260 ans pour parvenir à toute sa grosseur^ mais il croit si rapidement dans les premières années , qu^au bout de 5o à 60 ans , on peut le couper déjà pour le mettre en charbon. Son bois, cpii est très-fort et très-dense, donne les charbons les plus durs et les plus pesans. Cet arbre peut atteindre un âge de 600 ans ^ il lui faut un terrain assez bon », un peu humide et légèrement montueux.

^ Le hêtre et le charme (Jagus et carpinus ) se plaisent

clans les terrains secsij il leur suffit de 120 à i4o ans pour parvenir au terme de leur accroissement. On les aménage à 120 ans:; leur bois est dur et leur charbon excellent.

Les deux espèces d^orme (ulmus sativa y ulmus campes^ frw) demandent jine terre grasse et humide. Elles donnent, au bout de 80 ans^ les meilleurs bois de charronnage, et au bout de 20 ou 3o ans^ de très -bons bois à charbon. Il serait à désirer qu''on parvînt à propager la culture de cet arbre précieux, dont le bois et le charbon. sont d'aune excellente qualité.

L^aune (betula alnus) ^le croit que dans les terres humides , au bord de Feau ^ coupé , il repousse avec beaucoup de vigueur^ on peut Faménager à 18 ou 20 ans^ son charbon est d^une assez bonne qualité.

Le bouleau (betula alba) peut, au bout de 4o ans, atteindre 4o à 60 pieds d^élévation. On ne Temploie pas comme bois de construction^ son charbon est très-bon. On peut Faménager à 20 ans :) il demande un sol léger , un peu humide et exposé au soleil ^ c^est pour cette raison que cet arbre ne prospère pas au milieu des forêts.

Le tilleul , le peuplier et le saule (tïlia y populus et sa^ lix) donnent de mauvais bois de construction et de mauvais charbon. On évite de les employer *. Le châtaignier ne croit que dans la partie méridionale de TEurope '^ il fournit un bon charbon , qui , dans Fltalie , est d^un fréquent usage.

480. L^ensemencement, la plantation, la culture , Taménagement des bois sont du ressort de la partie forestière. Ce n^est qu"*à Taide d'une connaissance précise de Tétendue des terrains, de la nature du sol et de la croissance des ai>-

* Je connais plusieurs usines où les charbons de ces bois tendres sont trés-^recherchés pour Taffinage , parce cpiHls rendent ordinairement le fer plus doux ^ mais ils ne donnent pas asses de chaleur pour être bràli^ dans les hauts fourneaux. Le T*

bres^ qu^on doit déterminer la quantité de bois qne^ par coupes annuelles^ on peut extraire d^une forêt ^ sans lui porter aucun préjudice. Le genre d'^exploitation dépend des localités : c^est aux forestiers à décider ^ diaprés la nature du sol et les essences des bois ^ si elle doit avoir lieu par coupes réglées ^ par jardinage ou par éclairci. L^intérét des usines est^ sous ce rapport^ entièrement subordonné à celui des forêts *. Les arbres sur le retour ^ soit par Tage soit par d^autres circonstances ^ sont de peu d^utilité pour Tune et Fautre administration. Il faut donc que le bois ne soit pas conservé trop long-temps sur pied ni abattu trop jeune ^ parce que^ dans ce dernier cas ^ il nVurait pas assez de densité et donnerait de mauvais charbon.

481. Si le degré de chaleur développé par le bois, était proportionnel à la quantité de carbone qu^il contient, et si celle - ci Tétait ensuite à la pesanteur spécifique du bois , chose assez vraisemblable , on en conclurait , conformément à Texpérience , qu^à volume égal , le bois le plus dur et le plus difficilement inflammable, produirait le plus dVifet. Mais on ne connaît pas encore l6 rapport entre les effets de diverses espèces de bois pris à poids égaux : il est très -difficile d'en déterminer la pesanteur spécifique et le poids absolu , avec une certaine précision , à cause de la quantité variable d'eau quils peuvent contenir.

Rumford a fait des expériences sur la pesanteur spécifique de quelques essences de bois. Après les avoir desséchées, à une températeur de 245** de Fahrenheit^ c'est-àdire, 33° au-dessus de Tébullition de Teau, et. après avoir continué la dessication , jusqu'à ce qu'il ne pût plus apercevoir aucune diminution de poids, il les a fait bouillir une heure dans l'eau pour en chasser Tair qu'ils conte-

* n faut se rappeler qae les usines et les forets dont il est ici (jucs-r lion appartiennent au gouyemement. Le T.

liaient. Purgés ainsi dVau et d*air^ ces bois lui ont donné les résultats suivans :

POIDS

ESSENCES

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