‹ Manuel de la navigation à la côte occidentale d'Afrique (volume 2)Chapitre 14 sur 136 · BRISANTS DE LA BAYADÈRE. 5S · texte numérisé non relu

BRISANTS DE LA BAYADÈRE. 5S

eu fond sera le plus souvent du sable blanc fin mélangé de coquilles brisées, de vase ou de gravier, le sable dominant toujours. Hais une remarque à faire, e'est que parmi les fonds que nous venons d'indiquer, on rencontre parfois du sable verdàtre. Cette (^servation est unique dans tout rarcbipel des Bissagos. La simde variera de 18 à 33 mètres. Les brisants de la Bayadèresont distants de 5 milles des bri- Bn»anisdeiaBii}a

dère

sants du S. £. dont ils restent au N. ei^» 30' O.

De ce point, l'aceore extérieure desBissagos court à peu près sur une ligne qui serait le N. 0, si elle ne formait une courbe peu prononcée, dont la convexité est tournée vers TO., pour rejoindre an N; les brisants de l'O., dont nous avons parlé en décrivant le Rio-Géba. La partie située à TE. de la ligne qui joindrait les brisants du S. E. à ceux de TO. n'est pas explorée suffisamment et parait jusqu'ici n'être pas navigable, bien qu'il y existe, sans doute, des canaux par lesquels l'intérieur des Bissagos serait accessible à de petits navires. Mais des pâtés de roches, des hauts-fonds, des brisants rendraient toujours ces passages fort dangereux, outre la difflculté d'en reconnaître l'entrée. La partie extérieure de cette ligne est suffisamment connue pour qu'on puisse la prolonger en général dans toute son étendue du N. au S., par des fonds de 18 mètres sans danger.

Les deux canaux que nous vei^ns décrire précédemment, et qui se coupent presque à angle droit près de l'ile Arcas, sont les deux seuls fréquentés d'ordinaire et sont les limites de l'E. et du N. de l'archipel des Bissagos, bien qu'ils n'aient pas en réalité le continent pour une de leurs rives. L'archipel des Bissagos se compose donc seulement des îles en grand nombre situées au S. 0. de l'angle formé par eux.

Cet archipel, examiné dans son ensemble, pourrait être considéré comme un vaste plateau de sable et de vase charriés par les cours d'eau voisins, repoussés et amassés par les mouvements des marées, et trouvant une assise solide sur les roches de nature volcanique et ferrugineuse, qui les fixent et les maintiennent. Les îles couvertes aujourd'hui d'une vigoureuse végétation et quelques bancs seraient les points culminants de ce plateau, laissant entre eux des canaux ou des fosses plus ou moins

dd LES BISSÂGO&.

profondes, parfois impraticables, qoi donnent issue au trop plein des fleuves voisins et subissent l'effet alternatif de la marée. DçniiTe remarque ]] va sans dire que la navigation dans ces canaux exigera remploi constant de la sonde, le mouillage, dans le cas de marée contraire, sauf avec une brise favorable, demandera beau-s coup de prudence, à cause des bancs et des courants ; mais de plus, je pense que des b&timents de grandeur moyenne ne devront jamais y naviguer de nuit.

Une remarque à faire est encore celle^i, c'est que, dans les deux canaux, les eaux sont fréquemment colorées, surtout dans rhivernage ; et, déplus, les banc^ et leurs approches sont presque toujours signalés par une coloration en jaune, plus vive que partout ailleurs, et surtout à la basse mer. Il existe aussi près d'eux des remous assez faciles à remarquer.

Après la sortie du canal Oriental, il sera prudent de courir quelque temps au S. O. pour se mettre en position, suivant la route qu'on devra tenir, de doubler facilement dans le S., à l'O*, les brisants du S. £.; à l'E., les Alcatras et le plateau du ConBict-Reef, si on doit attaquer la côte dans cette partie.

En cas qu'on soit menacé d'une tornade dans les canaux de l'archipel des Bissagos, il ne faut pas hésiter à mouiller aussitôt et avant qu'elle tombe à bord.

Les indications que nous avons données pour la navigation des deux canaux serviraient en sens inverse, si on entrait dans l'archipel par le canal Oriental et qu'on en sortit par le canal de Jeba.

Nous reviendrons, en parlant des Iles de Los, sur les routes à l'extérieur des Bissagos, en partant du cap Roxo. (iio(;randf Nous allous parler maintenant de la navigation du Rio-

Grande, que nous avons rejeté ici, pour ne pas interrompre la description du canal Oriental.

L'embouchure du Rio-Grande, sur le canal Oriental, est formée au N. par l'ile Bulama et les bancs qui la contournent, au S. par Ftle Mantère et les bancs qui la prolongent.

L'embouchure du fleuve est profonde dans une étendue de 1 mille Va ^ ^ milles. Les fonds y sont irréguliers, mais pas au-dessous de 13 mètres, dans le canal. Leur nature dominante est de la vase; leur diminution assez graduelle permeC,danH

Courants en focedc.

Bulnmo..

jRIO-GftANDE, 57

quelques parlies, de pressentir l'approche des bancs sur les deux rives, bancs doni quelques points assèchent.

On ne doit donner dans le Rio-Gi*ande qu'avec le commencement du flot.

Le courant du canal Oriental, qui porte au N. 0. avec le flot, au S. £. avec le jusant, dévie de cette direction, à lembongnre du Rio-Graade, pour suivre la direction des rives du fleuve. Ainsi, le flot porte N. E., le jusant S. 0.; il sera donc prudent, avec le premier, de donner du tour aux bancs S. de Biilama, avec le second, à ceux qui sont à FO. de Hantère et de File Bosessame, plus au M.

Pour donner dans le Rio-Grande, si Ion vient du N., on se '^J^i^^^R'^r^ portera d'abord sur la ligne qui joint la pointe Tomboli avec la ^ pointe Ouest de Bulama, et Ton fera route sur cette ligne, jusqu'à ce qu'on relève la pointe Nalou à l'Est. On gouvernera alors vers cette pointe, la laissant de 22° par bâbord, jusqu'à ce qu'on ramène au N. la pointe Est de Bulama , nommée Beggars, située au N. de la pointe S. E. Benison, à la distance de 1 mille Ve*

Si l'on vient du S., dès qu'on ramènera au N. la pointe Beggars, la route sera le N. jusqu'à ce qu'on relève au N. 71° E. la pointe Nalou. Dès lors, on mettra le cap au N. 40° E. pour faire le chenal.

La route d'entrée sera donc le N. 40° £., le cap à peu près sur la pointe S. 0. de l'ile des Biaflares , où se bifiu*que le Rio^Grande, l'espace de 7 milles Va* Dans cette route, les fonds varieront depuis 49 jusqu'à 15 mètres; on a presque toujours les vents favorables pour donner dans le Rio-Grande.

Après avoir fait 7 miUes V«> on se trouvera près d'un petit banc de sable nommé Mao, qui brise à basse mer. Il reste, dans sa partie de l'O. , sur le méridien de la pointe de Bulama, nommée Hankey, à 1 mille V4 ^^ distance. Il y a passage entre ce banc, qui a 1 mille d'étendue de l'E. à l'O., et l'accore des bancs de Bulama; on y trouve de 15 à 16 mètres, mais le passage est étroit et dangereux. Toute la côte S. E. de Bulama est garnie d'un banc, nommé banc Beggars, qui n'orTre que fort peu de fonds, et dont beaucoup de points brisent on assèchent à basse mer; il s'étend à 2 milles dans le S. Ë. de la pointe Benison et à 2 milles V^ dans TE. de la pointe Beggars.

Port BcoTcr.

Hio-Bololé.

Pointe (Ic-s Grands- Arbres.

lU' BisfQgua.

A son accorc les fonds sautent brusquement de 22 et lô mètres à 1°" 6 et 3°* 2 ; il forme le côté du canal à gauche en entrant dans le Rio-Bololé.

En face de ce banc, que Ton évitera en se maintenant dans le S. de Talignement tracé par la poiute des Biaf&res et la pointe de la même rive du Hio^Bololé, la plus voisine dans TE., la terre forme une pointe assez obtuse» nommée pointe des Biaffares, où l'on voit le fleuve se partager en deux branches. L'une, courant au N., conserve le nom de Rio-Grande, et donne accès dans une anse de l'Ile Bulama, située à sa côte Est, que l'on appelle assez improprement port Beaver.

La branche nommée Rio-Grande a été explorée dans une étendue de 8 à 10 milles, et jusque-là le fond est considérable, et pas moindre que 9°* 7. Sa navigation n'offre aucun danger ; il suffit, pour chenaler, de se tenir, après avoir doublé dans TE. le banc de Mao» dans le milieu de la rivière. Elle se bifiirque encore vis-à-vis la pointe N. E. de Bulama. I>e cours principal se dirige au N. E., le second au N. 0. L'on assure qu'il communique avec le Rîo-Géba, un peu au N. de l'île Arcas, et qu'il permet le passage des caboteurs.

Le Rio-Bololé est la seconde branche du Rio-Grande. Sa direction principale est l'E. N. E. Quand on sera au S. du petit banc de Mao signalé précédemment à la rouie du N. 40» E., ou sur le méridien de la pointe Hankey de Bulama, la relevant au N. , on mettra le cap à l'E. 24<' N., si on veut donner dans le Rio- Bololé. Les fonds à cette route seront fort grands, et pas audessous do fO mètres; on fera à cette route 8 milles, en se main-* tenant au milieu du canal, et alors on gouvernera au N. 4\^ E.; 6 milles à cette dernière route conduiront près de la pointe nommée desurands-Arbres, dans rile Bissagua, où l'on peut mouiller, relevant au N. la pointe de ce nom, par 16 mètres, fond de vase.

A ce mouillage, on voit, se dirigeant vers le N., un marigot considérable ; mais le véritable Rio-Bolobé court à l'E., en décrivant quelques sinuosités, l'espace de 20 milles environ jusci ti'aux factoreries.

Quelques voyageurs prétendent que le Rio-Bololé est navigable dans un cours de lâO lieues ; nous doutons que cette assertion soit vraie ; mais il est certain que ce fleuve est un

nolalé.

RIO-BOLOLÉ. 59

(les plus considérables de cette partie de la côte d'Afrique, et que sou cours supérieur, près de sa source, u'est qu'à quelques joiuTiées de marche du cours supérieur du fleuve de Gambie.

Le fond très-inégal du chenal offre une profondeur partout Fa. .orme, du n oau-dessus de 16 mètres, jusqu'auprès de la factorerie française qui existait sur la rive gauche, près du village de Bololé, à 16 milles environ de la pointe des Grands- Arbres. Là, on trouve de tO mètres à 3" 2 d'eau, et, un peu au delà de la laclorerie française, le Hio-Bololé devient un grand cours d'eau, assez profond et assez étroit, sauf dans la saison des pluies. Au même point, il existait autrefois des factoreries anglaises et portugaises détruites en 1846.

J'ai remonté jusqu'à ce point ; il suffit, pour éviter tout dan- Nu*ip«i>on «iju. u ger, de se maintenir au miheu du fleuve, ne fréquentant pas les pointes dans les détours, la plupart d'entre elles étant prolongées par des roches assez accores. II n'existe à nui connaissance aucun banc dangereux, depuis la pointe des Grands- Arbres jusqu'à la factorerie, au-dessous de laquelle on trouve 0" 6, fond de vase molle. On remonte avec la brise favorable d'ordinaire, bien qu'elle mollisse vers le soir, jusqu'à dix heures du lendemain matin ; vers le jour, on a quelquefois une légère brise de TE., peu durable.

Mais la descente est plus difficile. Le louvoyage est presque impossible, depuis la factorerie jusqu'à la pointe des Grands- Arbras; il est préférable de se laisser dériver à la marée, gouvernant avec les avirons de galère ou des canots. On pourra profiter quelquefois de la fraîcheur de l'E. ou du N. E. qui règne le matin.

De la pointe des Grands-Arbres, le louvoyage, bien que restreint, est possible; il ne faudra pas cependant s'approcher trop des rives qui sont, en quelques endroits, extrêmement accores, non plus que des pointes des Marigots.

Les berges du fleuve sont basses, garnies de palétuviers à leur pied et rendues inabordables en plusieurs points à mer basse, par des bancs de vase molle, assis sur des plateaux de roches ferrugineuses, dont on aperçoit çà et là les sommets. Un peu au delà de ces terrains d'alluvron , les rives du fleuve s'élèvent en petites roHmes dépouillées, dans beaucoup d'en-

GO LES BISSAG06.

droils, (le leur riche végétation, soit par les abatî^ conskie-n râbles de bois qui font le principal commerce du fleuve, soi( par le feu mis dans les hautes herbes , lorsqu'on prépaie les terres pour la culture.

Outre les bois de construction, on exporte encore du Rio* Bololé du riz , du miel , de la cire , du mil , des cuirs et des arachides.

De nombreux termites, névroji>tèi'es qui pul^lent dans ce sol , dévorent les semences qu'on lui confie et le sillon-? nent de sentiers souterrains innombrables. Ces insectes sont un véritable fléau. Leurs nids ofTrent p^fois, par leur forme conique et leur agglomération, Taspect d'un village de noirs^ Je n'ai rencontré aucun village sur les rives mêmes du fleuve, tous sont au bord des criques et à l'intérieur.

Près de la factorerie française est le village de bololé, et, à 1 mille Vs plus à l'intérieur, celui de Souléman, roi des peu-: plades voisines.

Le Rio-Bololé est la limite naturelle entre les populations Biaffares, qui s'étendent de la rive droite jusqu'au Rio-Géba, et celles des Nalous qui, de la rive gauche, s'étendent jusqu'au Rio-Nunez, et au delà, vers le Sud. Un sentier conduit du village de Bololé à celui de Roppas, situé sur la rive droite de ce dernier fleuve.

La navigation du Rio-Bololé, pendant la nuit, est fort difB*^ cile, surtout à cause du grand nombre de marigots qui se jettent dans le cours principal, et que l'on peut confondre avec lui.

Après cette exploration du Rio-Bololé, nous allons repren^ dre la description de la c6te.

Depuis la hauteur de la pointe Sud de l'île Mantère jusqu'à l'entrée du Rio-Gompony, dans une étendue de 47 milles environ, la côte est aujourd'hui entièrement inconnue. Ainsi que nous l'avons déjà dit, les caboteurs cependant la fréquentent journellement ; il existe donc entre les plateaux qui l'avoisinent des canaux par lesquels on peut atteindre l'archipel des Bissagos, ou en sortir ; mais je crois peu probable qu'ils puis^ sent être convenables pour de grands navires.

Les accores seules de ces plateaux sont connues, et nous en

ILE ALCATRÀS. \ii

)>arleroiis en donnant les atterrages du Rio-Nunez, l'un des fleuves les plus importants par son commerce et Tun des plus fréquentés de la côte Ouest d'Afrique. Nous reprendrons nos routes au moment des débouquements de Tarchipel des Bissagos.

Lorsque Ton vient de FO. chercher l'embouchure du Rio- Rio-Nuuez. Nufiez» il est prudent, dès qu'on aura atteint le méridien de 17® 46' de longitude 0., pour éviter les plateaux des Alcatras et du Conflict-Reef qui garnissent la partie Ouest du bassin où se jettent les rivières Compony, Kassagoua, Rio-'Nufiez et Cappatchez, de se maintenir entre le parallèle de lOo 0' et celui de 14)<^ 11' de latitude N. qui est celui du cap Yerga ; puis^ de faire route à TE. sur ce cap, jusqu'à ce qu'on en prenne con- Aiurroges naissance. Cette mesure est surtout nécessaire dans la saison d'hivernage, où régnent les vents de S. 0. et d*0. S. O. qui amènent beaucoup de pluie, une grosse mer, et rendent difficile la reconnaissance des terres basses. Les terres hautes sont alors , au contraire, faciles à distinguer.

Si l'on sort de l'archipel des Bissagos par le canal Oriental, il sera avantageux, dans la belle saison, devenir reconnaître les Alcatras, avant de descendre au S. et de se mettre en latitude du cap Yerga. Il sera inutile, dans ce cas, de se placer plus S. que ce cap ; on pourra même attaquer directement le Rio*Nufiez, en contournant cependant, à bonne distance, les bancs des Alcatras et du Conflict-Reef.

Les Alcatras forment un groupe situé dans le S. 64® E. de „^ Aicatra». nie Polon , à 26 milles de distance. On peut apercevoir l'île î:^^o77"4y^o'' principale à 10 ou 12 milles; elle est élevée de 12 mètres et sillonnée de nombreuses fissures.

Les îles sont au nombre de cinq ou six. Quelques-unes ne sont que des rochers dépouillés de toute végétation. Elles sont en général entourées de brisants et de hauts -fonds. Leur abord, même en canot, n*est pas toujours facile. Sur les principales, nommées île du Naufrage et Ile Alcatras, on trouve une grande ne du Naurrofn*. quantité d'oiseaux de mer qui y font leurs nids dans la saison, \^o^^o^\î'\ï''', et viennent chaque soir en troupes nombreuses y chercher un asile.

Le plateau qui entoure ces'iles a 7 railles du N. E. au S. O.

rées.

blanc.

G2 LES BfSSAGOS.

et à pou près 5 milles de TE. à l'Ouest. Il est accore, et Toit tombe brusquement de 16 et 13 mètres à 8 mètres et 2™ 4. On ne doit pas s'en approcher à moins de 1 mille Vs ^^^^ !*£•

^""''"*î;l^* ma Le courant de flot aux environs des Âlcatras porte au N. £. ou N. N. E., le jusant au S. O. ou S. S. 0., avec une viie&se de 2 milles au 'moins à l'heure. La mer y marne de 4 mètres à 4" 6. L'établissement de la marée est 9 heures 30 minutes environ.

Fond di> sAbic Aux approches du plateau des Alcatras et du Gonflict*Reef, et entre leurs méridiens extrêmes principalement, le fond dominant est du sable blanc fin et brillant. Ce fond est dur ; quel-' quefois, il se mélange de coquilles et de petits graviers. Le sable blanc pur annonce l'approche du plateau, et cette remarque peut quelquefois être utile. De plus, dans toute cette partie, et au S. de Tembouchure du Rio-Grande ou canal Oriental, on rencontre, sous la couche peu épaisse de sable qui la recouvre, une couche de roche volcanique blanchâtre, dans laquelle la lance de sonde n'entre qu'avec difficulté, et ne tient pas. Ce fait a lieu fréquemment.

conflirtKcer oa Lc Conflict^Rcef, nommé Bâche sur les anciennes cartes, est un vaste plateau de sable et de bancs de roches isolés. De la partie la plus Sud, située par IC" 22' de latitude N. et 17'' 24' 30" de longitude 0.» son accore Sud, qui présente plusieurs découpures vers le N., court à l'O. 6° N. l'espace de 11 milles Va- U se dirige ensuite vers le N. et remonte vers le plateau des Alcatras, dont il est séparé par un canal ou fosse, ayant au S. 13 milles de largeur, se rétrécissant graduellement vers le N. jusque sur le parallèle des Iles Alcatras, où il n'a plus que 4 milles de large. On trouve dans cette fosse de 30 à 13 mètres, et quelques fonds do O'^ô, mais qui sont isolés.

La pointe S. 0. du Conflict-Reef reste au S. 50° E. de la pointe Sud du plateau des Alcatras.

Ce plateau dangereux se compose de plusieurs groupes d'ilôts rocailleux de récifs et de brisants.

Une basse située par lOo 16' 26" N. et 17° 26' 26 " O. est sé- |)aréc du plateau du Conflict-Rcef par un canal assez profond où les fonds varient de 16 mètres à 8" t, canal qui est large du M. au S. de 5 milles, et dans lequel on peut passer. Sur ce

BAclie

RIO-.COMt>ONY. (53

petil plateau du S., de 1 mille Va d'étendue, le fond e8i de d*" 6 ù 6"> 5. Je ne l'ai jamais vu briser ; sa nature est sable et f2;i*avîer ; mais il s'y trouve une tête de roche sur laquelle on a 4»â. Il ne faut pas, en général, s'approcher du Conflict-Reel" par des fonds auniessous de 25 mètres, mais on doit naviguer dans les environs avec la plus grande prudence.

Dans les environs du ConOict-Reef, les fonds sont irès-iné- Rio^c^mpoby gaiix. Vers le N., il rejoint les plateaux et les bancs du Rio- Compony. Ce fleuve, dont l'entrée principale dirigée du S. au N. parait fort large, est obstruée par des bancs et des brisants ; son peu de largeur, les profondeurs très-variables qu'on y trouve , la rendent difficile et même dangereuse. Les deux autres rivières, situées à TE. et à l'O. de cette entrée, sont à peine praticables pour des caboteurs.

L'entrée du Rio<lompony est formée dans 1*0. par l'accore Elst du Conflict-Reef , puis par le grand plateau plus Nord, qui a reçu le nom de plateau de Compony, sur lequel plusieurs parties brisent»

lie côté Est de l'entrée est formé par une série de bancs qui courent N. £. et S. 0., et sont coupés çà et là par des canaux de profondeurs variables, se prolongeant d'une part jusqu'à la rive gauche du Rio-Gompony, de l'autre formant le côté Ouest du chenal d'entrée de la rivière Kassagoua dont ils rejoignent la rive droite.

Le plus au S. 0. de ces bancs est éloigné de 9 milles de l'accore du Conflict-Reef, et situé par latitude N. W 30' 20 " et par longitude 0. 17® 14' 39". Il faut donc, après avoir essayé de reconnaître les brisants ou rochers du Conflict-Reef, les prolonger à 3 milles au moins de distance dans TE. et les doubler dans le Nord. Dès qu'on aura dépassé leur parallèle qui est, à peu de chose près, celui du banc indiqué, on se trouvera à l'entrée du Rio-Compony, mais on ne distinguera aucune terre dans le Nord. II sera donc prudent, pour vérifier sa position, de mouiller par des fonds de 22 à 16 mètres, et d'attendre les vents favorables du large et la marée de flot, sans laquelle on fera bien de ne pas essayer d'entrer.

Du parallèle des rochers du Conflict-Reef, on fera route au N. jusqu'à ce qu'on relève ceux-ci au S. 0. q. 0. Alors,

64 LES BISSAGOS.

on courra au N. E. q. £., les gai*dant tant qu on les aura en vue à cette direction et se déflant du flot qui porte au N. et au N. N. E. à l'ouvert du Rio-Compony» avec une vitesse de 2 milles Vs à 3 miUes. II jette sur les bancs de la rive droite du fleuve, dont plusieurs parties assèchent et brisent, et qui s'étendent de cette rive à 9 milles Vs ^^^^ ^^ S.

Les sondes seront fort variables à cette route, mais pas moindres que 6 mètres à mer basse. Si on avait uu sondage moindre, on serait sur un banc ou à son accore.

Quand, au N. £. q. E., on aura fait 9 milles, on verra par bâbord les bancs qui forment la rive droite du Gompony, et qui marquent au moins jusqu'à mi-marée ; puis on verra, devant les terres boisées de la rivière, Kassagoua commencer à paraître, et parfois la pointe plus élevée et également boisée à l'entrée du Rio-Nuflez, nommée pointe Kembuto.

Dès qu'on verra les bancs de la rive droite du Gompony, on les rangera en les laissant à bâbord, par des fonds de 11 mètres, la route au N. environ.

La rive gauche du Rio-Gompony est aussi garnie par un large banc dont l'accore court à peu près N. et S. jusqu'à l'embouchure d'une rivière, qu'on verra à droite présentant dans les arbres une grande coupée d'environ 3 milles Va* Gette embouchure d'une rivière dont nous ignorons le nom offre alors quelque ressemblance avec le Rio-Nufiez, et plusieurs navigateurs ont failli s'y perdre par suite de cette erreur.

La pointe, rive droite de cette rivière, est en effet, comme la pointe Kembuto, prolongée par un vaste banc de sable qui assèche en partie; ce banc est séparé par un canal étroit d'un second banc qui se prolonge dans le S. par de petits fonds jusqu'à la distance de 6 milles, où il présente un plateau qui assèche à basse mer. Ge dernier obstrue ainsi le milieu du Rio-Gompony, et il faut le laisser sur tribord , pour donner dans le véritable chenal de cette rivière.

Voilà pourquoi il est important, avant de donner dans les fleuves de cette partie de la côte, de rectifier sa position par de bonnes observations.

Depuis la pointe Kembuto, cette rivière sans nom est la seconde au N. sur cette rive, et elle en est distante de 9 milles dans

RIYIËRE KÂSSAGOUA. G5

le N. 33^0., là première est celle de Kassagoua, dont nous parlerons ci-après.

On verra alors les terres de la rive droite du Compony, et sur cette rive, une coupée large de 2 milles, entrée d*une rivière nommée Tristao qui coule entre les îles de ce nom, Ibrmant la rive droite du Rio*Gompony.

En remontant, comme nous Tavons dit, au N., en longeant les bancs de la rive droite du Rio-Compony, les fonds diminueront successivement et tomberont à 11, 9 et 7 mètres; et, dès qu'on relèvera, au N. 46® 0., le milieu de l'embouchure de la rivière Tristao dont nous venons de parler, on gouvernera droit dessus, pour s'engager entre les bancs qui garnissent les deux rives > et ne laissent entre eux qu'un canal large de 1 mille ^ dans lequel on trouvera de 9 a 7 mètres, canal qui se coude à ce point. On fera Vs ii^U'^ environ à cette; route; et, si Ton est bien sûr d*étre entre les deux bancs, on reviendra gouverner au M., le cap à peu près sur la terre de la rive droite quon verra le plus à l'Est. Dès qu'on sera sur le parallèle de la pointe Nord d'embouchure de la rivière située à la rive gauche du Rio-Gompony, ou aura doublé le banc qui la prolonge et le canal deviendra plus large. On fera bien d'ailleurs, si les bancs ne sont pas suffisamment marqués, de les faire baliser par des canots pour ce difficile passage. On peut remonter assez loin le Rio-Gompony, nuiis cette rivière n'est nullement fréquentée, en raison des difficultés qu'offre son entrée. Quelques caboteurs seuls s'y rendent parfois.

La rive gauche du Rio-Compony, en descendant vers le S., se coupe pour donner passage à une seconde rivière nommée Kassagoua, dont le canal d'entrée, dirigé aussi du S. vers le N. et limité par des bancs, est obstrué par des hauts-fonds. Il est fort étroit, et les fonds y varient de 4™ 9 à 9™ 7. La pointe de la rive gauche de cette rivière, qui se bifurque peu loin de son embouchure, se nomme pointe Ka^nbuto. Elle est en même temps rextrémité de la rive droite du Rio-Nufiez *.

Lorsque Ton vient du S. chercher le Rio-Nuffez , on va na-

* Voir pour celle rivière le plan de rembonchorc da Rio-Nufiez, qai sera meilleur que tonte instruetion.

Rivière Kassagotui

de

LES BISSÂGOS.

Cap Verfa.

La» X 10»! r.

Long 0 16«'48'8C".

Var. N 0. 49" 48'.

Bancs (Ii> Verga.

Brifanls eu large ei ftlateau de Verga.

tureliement attaquer le cap Verga, dans TO. duquel il Faudra se tenir à 10 ou 12 milles pour éviter les plateaux et les dangers qui, dans toute cette partie, garnissent la côte.

Le cap Verga est une terre basse et noyée qu'on ne voie qu'à très-petite distance; mais, dans l'intérieur, on aperçoit une chaîne de montagnes assez élevées quon peut du large reconnaître à 20 ou 25 milles. La plus élevée et la plus reculée dans l'intérieur est la montagne du Nord. De celte montagne, la chaîne court à peu près au S. 20o 0. en s'abaissant graduellement à mesure qu'elle s'approche du cap, dont la de^nière hauteur est distante de 1 mille Va- Un peu à l'E. de cette dernière hauteur ; il en existe une atitk^e détachée qu'on n'aperçoit que lorsqu'on relève le cap de l'E. vers le N.

Ici nous allons encore abandonner la description de la côte pour entrer dans lé Rio-Nufie2 et en décrire le cours. Nous la reprendrons ensuite au cap Verga pour descendre vers le S.

Du cap Verga, la côte remonte au N. N. 0. l'espace de 15 milles. Là se trouve l'entrée d'une rivière nommée Gappatchez, signalée par une assez large coupure dans les terres.

Sur une étendue de 7 milles au N. en partant du cap Verga, la côte est garnie de brisants et de bancs dont le plus Nord s'écarte à 2 milles de la plage. La plupart brisent ou découvrent à basse mer. Il y a aussi quelques Cochers.

Au large du cap Verga par sa latitude et à 9 milles de distance, on rencontre l'extrémité d'un platean étroit, sur lequel on trouve des fonds variables de 2 mètres à 4"* 9. Il remonte vers le N., oii il se rejoint au grand plateau de Verga qui contourne toute la côte, offrant des fonds de 1™6 à 4" 9. Ce point de jonction est signalé par dés brisants qui, dans leur partie Nord, restent au N. 40° 0., dans leur partie Sud au N. 50o O. du cap Verga. Je leur ai donné le nom de brisants de Verga, et j'ai désigné, sous le nom de plateau de Verga, le vaste amas de vase et de sable qui s'étend au large de la côte, depuis le cap Verga jusqu'au Rîo-Cappatohez.

La bande étroite ou la chaussée dont nous venons de parler divise en deux la baie formée par la côte comprise entre l'ile Gonzalez et le cap Verga. Tout cet enfoncement est obstrué d'une part au N. pai* les bancs qui s* étendent au S. de File

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