‹ Manuel de la navigation à la côte occidentale d'Afrique (volume 2)Chapitre 23 sur 136 · SAND-BAR · texte numérisé non relu

SAND-BAR

qui le forme s'éteod beaucoup plus au large, et les nombreux hauts-fonds qui s'y trouvent lui donnent l'aspect d'une ligne de brisants presque sans interruption.

Tout navire au-dessous de 4 mètres de tirant d'eau peut donner dans cette passe, avec les deux tiers du flot et même avec mi-flot, s'il n'y a pas trop de levée, sur la barre. La mer marne de 2*^ i dans les petites marées, de 3^ 7 dans celles des équinoxes. Elle est pleine à 7 heures 30 minutes dans les syzygies. Le flot porte N. N. E., en travers du chenal, ce à quoi on doit prendre garde ; le jusant porte au S. O. et au S. S. O., obliquement sur les bancs du S. de l'entrée. Sa vitesse est de 1 mille Vs à 2 milles Va à l'heure.

Comme à Hud-Bar, les deux côtés du canal sont formés par des bancs qui brisent presque toujours, et sur lesquels le fond varie de 1°" 6 à 0°^ 8. Une grande partie de ces bancs assèchent dans le S. O.de chacune des deux rives, et forment de grands plateaux séparés par des passes peu profondes. Celai du S. s'étend à 5 milles dans le S. S. O. de la pointe Moroora; celui du N., à 3 milles Va àe la pointe de l'Observation.

La partie du chenal de Sand-Bar la plus étroite et celle où Ton ne trouve à basse mer que 2" 6, se trouve à 4 milles de la pointe de l'Observation, dans le S. 36*> 0. Elle n'a que Vio de mille de largeur.

Pour donner dans cette passe, on viendra relever au N. 35» E. la pointe de l'Observation, et Ton suivra cette route en conservant soigneusement ce relèvement jusqu'à ce qu'on trouve des fonds de 6 mètres à basse mer. Là, on mouillera pour attendre la marée et l'on vériBera sa position.

A trois quarts du flot, on devra être en roule, gouvernant sur la pointe indiquée plus haut et au relèvement qui en a été donné. On entrera sur la barre par des fonds de 5» 2 à 6" 4, plus la hauteur de la marée, et l'on suivra le relèvement donné jusqu'à ce que la partie N. 0. du mont Mayondee, soit sur le point de se fermer par la pointe Moroora. Mais aussitôt alors, on modifiera la route en courant sur la partie N. O. du mont Mayondee, le tenant un peu en dedans de la pointe Moroora, çc qui fera traverser cette partie de la barre par des fonds de

LES BISSAGOS.

4 mètres à 4'° 5, plus la hauteur de la marée. Dès qne ta^ sonde à cette nouvelle route indiquera de 5» 5 à 7*^ 3, on gouvernera de nouveau vers la pointe de l'Observation, la tenant un peu ouverte sur bâbord, en veAlant pour les crêtes de sable qui se forment quelquefois dans le chenal, et dispa* raissent aussi rapidement ^

Quand, à cette route, les fonds augmenteront rapidement, qu'on sera sur le parallèle de la crique Moroora, située près de cette pointe, et qu'on ouvrira bien son embouchure, on aura doublé tous les dangers du côté du N., et Ton sera dans un canal large et profond ; on gouvernera alors pour entrer dans la rivière, tenant la pointe de l'Observation ouverte de 5° ou 6<> sur bâbord. Cette pointe est accore dans l'E., et près d'elle on trouve 8 mètres de fond. On peut mouiller, si on le veut, dans son voisinage.

rjiquc Tiiboorka. Eu dépassant la pointe de l'Observation, on verra sur la rive gauche, au delà de la pointe Moroora, la crique Taboorka ^, qui contourne la côte Est de l'ile Moroora et se jette au S* à la mer.

Au N. de la pointe de l'Observation, on voit également deux criques. Cette pointe est bordée jusqu'au N. E. par un petit banc de sable, sur lequel, au besoin, un navire peut s'échouer pour une marée. Il est formé à sa surface de sable fin et audessous d'un lit d'argile bleue dure, dans laquelle la carène du navire creusera promptement sa quille *,

De la pointe de l'Observation , la rive droite court environ au Nord. La rive gauche au delà de la crique Taboorka court dans le N. E. q. N., et forme une baie profonde où se jettent plusieurs marigots. La pointe Nord de cette baie se nomme Pointe ismir. Ismîr. Cctlc pointc cst fort large et arrondie, puis, au delà, le fleuve court jusqu'à Bengalong, résidence d'un des chefs du pays, et un actif foyer de traite, dans la direction du N. 40^ E. environ. Sur la rive droite et au M. de la pointe Ismir, on voit deux marigots, dont l'un, fort large et courant dans le N. N. O., rojoint, dit-on, la branche de Mud<-Bar.

* Sailing Directions for the H'estern coast of Africa.

* A la côle d'Afrique, on emploie le mot crique pour désigner un cours d*eau. ' Voir la note t ci-dessus.

BANC DE KONËBOMBE.

Pour remonter à Bengalong, on longera la rive droite à petite distance pour parer les bancs qui garnissent toute la baie de la rive gauche et prolongent la pointe Ismir dans un espace égal aux deux tiers du fleuve. Après avoir contourné cette pointe, coamie nous l'avons dit, en suivant la rive droite, dès qu'on sera à la hauteur d'un petit marigot, situé un peu plus N. qu'elle et du même côté, on gouvernera au N. 40o E. pour prendre la grande branche du Rio-Pongo jusqu'à Benga^* long. Il sera bon de se faire précéder par des embarcations pour éviter les bancs, dont quelques-uns assèchent à basse mer. Le fond en général est vase dans la rivière.

On croit, en tous cas, devoir prévenir les navigateurs que de fréquents changements peuvent survenir dans l'embouchure de Sand-Bar et de Mud-Bar *, et modifier la forme et l'étendue des bancs. Il est donc prudent de se procurer des pilotes locaux^

Le Rio-Pongo offre peu de ressources ; l'eau est difficile à faire et de mauvaise qualité. Le village de Bengalong, situé à environ 10 milles dans l'intérieur, est habité par les Vagres ou Bagas, population répandue entre le Rio-Nunez et le Rio-Pongo.

Del'ile Moroora, la côte présentelemémeaspect : terre bâsseet boisée courant du N. 0. au S. E. jusqu'à la rivière Dembia, distante de 20 milles, signalée par une chaîne de montagnes rejetée dans l'intérieur, dont les deux principales qui sont les extrémités de la chaîne sont le mont Bira-Maya au N., le mont Soumba au Sud. Cette chaîne décrit à peu près une demi-circonférence dont la concavité regarde l'Ouest. Toute cette côte est garnie d'un banc de petits fonds dont plusieurs parties brisent, et qui s'écarte de 5 milles de la côte etde 6 milles Vs ^ 1^ hauteur de la rivière Dembia. On trouve 6°'4 à son accore.

Le mont Soumba (518 mètres), formé de deux montagnes nommées lesMamelles de Soumba, reste au N. 75° E . de l'embouchure de Dembia. Cette rivière, fréquentée seulement parde petits caboteurs, est divisée près de son embouchure en deux bras par une petite île. Elle n'offre que f^ 2 ou 0'»8 de profondeur.

De la rive gauche, il part un grand banc de sable qui décou-* vreà basse mer et s'avance à 6 milles au large, en contournant

Village de Bengalong.

Lat N.10°10' 0".

Long.O.lb*'20'5i".

Rivière Dembia.

Mont Bira-Mova.

Lat.N. 10<»4'0".

Long. 0.16® 3' 0".

Mont Soumba.

Ut.N.9"53'0".

Long.O.i5<»55'20".

Banc de Konobomb«>.

« SaiUng Direetiom for the Western coast of Afriea.

LES BISSÂGOS.

Ile de Koneboinbe

Mont KakuUmah LongO.45"46'10".

Rio-SangareBh.

la cufjc Ouest de Tile Konebombe qui forme la rive droite de la rivière Sangareah, et dont la poiote Sud se nomme pointe Alligator.

L'entrée de cette rivière est facile à reconnaître par la chaîne des monts Sooasees, dont le plus élevé se nomme* Kakolimah (884 mètres). C'est un pic conique à pentes rapides et d'une forme régulière jusqu'aux trois quarts de sa hauteur, excepté du côté du Sm où il présente un appendice assez saillant. Cette montagne, isolée à l'extrémité Sud de la chaîne, tranche parfaitement par sa masse sur les terres voisines, et se reconnaît facilement par sa hauteur» Elle est surtout apparente dans la saison pluvieuse, car lors de la saison sèche, comme nous Tavons dit, les brumes sont si épaisses et si fréquentes qu'on voit rarement, d'une manière distincte, les terres du continent, même à petite distance, sur tonte la côte que nous avons décrite.

L'embouchure du Rio-Sangareah est fort large, de 12 milles environ entre la pointe Konebombe au N. et la pointe Tumbo au Sud. Les deux rives sont garnies de bancs de vase considéi*ables où les fonds varient depuis 0"8 jusqu'à 3" 2. Dans le chenal, la moindre profondeur est de 2 mètres au N. de la pointe Crick. Dans les autres parties, elle varie de 3» 2 à 3» 6. La nature du fond est généralement vase.

La partie Sud du canal est indiquée dans plusieurs parties par des brisants situés à l'accore du banc qui longe la rive gauche. Le premier et le plus Nord reste au S. 6^ 30' E. de la pointe Konebombe, extrémité Sud de l'île du même nom, et il en est éloigné de 3 milles. On doit le laisser par tribord en entrant. On relève de ce brisant le mont Soumba au N. 21° E., le mont Kakulimafa au N. TO^ E.

A 4 milles plus S. et dans le même relèvement de la pointe Konebombe, il existe un second brisant dont un plateau de roches considérable reste découvert, même dans les plus grandes marées. Il est éloigné de 3 milles de ta rive gauche qui, depuis la pointe nommée Crick jusqu'à la pointe Tumbo de l'île de ce nom,- est coupée par plusieurs marigots et garnie de grands plateaux de sable ou de sable vasard , parsemés de roches qui découvrent à basse mer. Quelques-unes sont même presque toujours découvertes.

RIO-SANGARËAH. 95

La pointe Tumbo, en face des Iles de Los, est une pointe Pointe. ir« h rniaffe sablonneuse avec une belle plage blanchâtre, terminée à la mer par des roches d'une élévation médiocre, présentant un grand nombre de déchirures. Un petit plateau de roches isolées, découvrant à basse mer, l'entoiire. Entre cette pointe et la pointe Crick, quelques hauteurs s'élèvent dans Tintérieur. La côté court de Tune à l'autre dans une étendue de 15 milles N. N. E. et S. S. 0.

L'île Tumbo est séparée du continent par un étroit canal rempli de roches qui est guéable à basse mer. Elle est couverte d'une riche végétation. Un petit village, portant le nom de Tumbo, est établi un peu dans l'E. de la pointe.

Devant la rivière Sangareah, ou Debreka, le plateau de vase qui garnit toute la c6te se prolonge bien au large, et l'on trouve des fonds de 4°^9 à 11 milles de la c6te. On devra rectifier sa position souvent par des relèveioients en donnant dans la rivière, et sonder constamment. Le flot y porte £• N. E., le jusant 0. S. 0., avec une vitesse de 2 milles à 2 milles Vs à l'heure, à l'entrée. 11 suit plus loin la direction des rives. Quelquefois, dans les ras de marée, les canots ou pirogues ne peuvent franchir la limite des fonds de ô^^S ; car, alors, les brisants se font voir partout dans cet espace et sur cette ligne. De nombreux changements ont lieu aussi dans l'embouchure » de cette rivière, et par suite on ne devra y donner qu'avec les plus grandes précautions.

On fera route pour arriver avec mi-Qot par les fonds de 7" 3; rouu» pour donei, lorsqu'on relèvera le mont Soumba au N. 43° E., le mont "onga«aV* "'"^ Kakulimah au N. 70° E. par des fonds de 7°^ 3 à 6*» 1, on gouvernera directement sur ce dernier en Ramenant un peu sur la droite de la pointe Crick, qui présente alors l'aspect d'une Ile. Les fonds à cette route diminueront graduellement de ^5 à S'^e, abstraction faite de la marée. Lorsqu'on relèvera à cette route la pointe Alligator an N. 31<' 0., on gouvernera sur la pointe Crick, la mettant par l'extrémité Sud de la chaîne de montagne qui est un peu à FO. du mont Kakulimah et le prolonge vers le Nord. On laissera ainsi par tribord le banc le pIusNorddela rive gauche dont on passera assez près. Dèsqu'on Taura doublé, le fond augmentera un peu, et l'on gouvernera

LES BISSAGOS.

au N. 37<»^E. à peu près à égale distance des deux rives, mais de préférence vers la pointe Crick, qu'on doublera avec lo secours de la sonde, et dans l'E. de laquelle on roouillera à i mille Va* On sera à l'ouvert de Rio-Sangareah ou Debreka entre deux grands bancs de vase qui assèchent à basse mer. Pour chenaler alors, il suffit de se maintenir au milieu du canal par des fonds de 1° 6, si on veut entrer dans la rivière Debreka.

Ticcoperah. Ou parviendra peu après en face de Tîle Ck)perah qui divise

en deux le Rio-Sangareah. On en contournera la partie Sud. Le Sangareah est très-étroit dans cette partie, et, comme toutes les rivières de ce littoral, présente un grand nombre de marigots qui lui appartiennent ou se jettent dans son cours. Le long de cette côte, depuis Dembia jusqu'aux îles de Los, le fond au-dessous de 18 mètres est de vase bleue molle, dans laquelle le plomb enfonce profondément. Lorsqu'un navire venant du large atteint les fonds de 9 mètres, l'eau est tellement épaisse à la surface qu'on est porté à croire que le navire remue le fond. Cependant, la teinte vaseuse qui couvre les hautsfonds parait beaucoup plus légère ^ Maréc9. Sur la partie de côte que nous venons de décrire, les marées

se font sentir ainsi qu'au S. de Tarchipel des Bissagos, dans les environs du canal Oriental où elles sont régulières. Le flot porte en général au N. E. ou au N. N. E., le jusant au S. 0. ou au S. S. 0., avec une vilesse de 1 mille à 1 mille Va» quelquefois plus, suivant les localités, et près de l'embouchure des grands fleuves, où la direction du courant subit parfois des modifications légères.

Étabuwment. Sur la côtc du Rio-Pongo, l'établissement est 7 heures 30 minutes.

Il m'est arrivé, étant an mouillage dans les mois d'octobre et de novembre devant le Rio-Pongo, de remarquer que, pendant plusieurs jours consécutifs, le courant fut constamment dirigé au N. E. et au N. N. £., bien que la sonde indiquât parfaitement la marée par des augmentations ou des diminutions graduelles. Le courant ne renversait pas. Ce phénomène singulier

* Sailing Directions for the West&m eoast of Africa.

ILE COPERAH. 97

se reproduisit plusieurs fois dans rintervalle de ces deux mois.

Les brumes sont journalières dans l'arrière-saison sur la côte Brume». du Rio-Pongo, comme dans l'archipel des Bissagos. Elles sont très-épaisses et ne se dissipent que vers dix heures et demie ou onze heures du matin. On doit toujours naviguer la sonde à la main dans ces parages et consulter Tespèce du fond.

La belle saison, sur toute la côte que nous avons décrite de- saisons puis le cap Roxo, dure depuis le milieu de novembre jusqu'au commencement de mai ; la saison pluvieuse, depuis le milieu de mai jusqu'au commencement de novembre.

Dans la belle saison, on trouve beaucoup de calme dès qu'on vonts passe au S. du parallèle Sud des Bissagos et qu'on s'avance dans l'E., surtout le matin où l'on a quelquefois de petites brises de l'E., du N. £. et du N. N. E. près de la côie, brises qui s'élèvent avant le lever du soleil et durent jusque vers neuf ou dix heures.

La brise du large, variable du S. O. au N. 0. par 1*0., ne commence guère que vers midi ou une heure, et fraîchit jusque vers le coucher du soleil.

Cette dernière est généralement mieux établie et plus continue an N. et dans l'O. de l'archipel, où elle tourne souvent au N. 0.9 au N. N. 0., et même quelquefois au N.

Dans la saison pluvieuse, la brise souffle constamment du S. O. au N. 0. par l'Ouest. Elle est souvent très-forte et parfois dégénère en coups de vent. La mer alors devient très-dure et très-courte, et , par suite, dangereuse pour les petits bâtiments. La pluie est presque continuelle et tombe avec une remarquable abondance, surtout en juillet et en août. Les tornades, qui donnent à la fin de mai ou en juin, cessent durant ces mois et reprennent depuis le milieu de septembre jusqu'à la fin d'octobre. 11 est rare cependant d'en avoir une chaque jour.

Dans le mois d'octobre, il y a toujours de l'orage sur la chaîne des monts Sonmba et Kakulimah, comme sur les hautes terres du cap Verga. Il pleut parfois jusqu'en novembre, mais seulement par intervalles. L'harmattan souffle sur cette côte, de décembre à février ; il est parfois violent.

MAKUEL, — T.II. 7

08 LES BISSAGOS.

La fréquentacion de la côte de Rio-Pongo durant les nfioiV de juillet et d'août n'est pas sans danger, parce qu'elle ne pré^ sente aucun abri contre les vents du S. 0., sauf le mouillage aux îles de Los. Nous en parlerons ckiprès. Les grands navires peuvent mouiller partout, et il est rare qu'ails ne le puissent faire sans danger. Les remarques précédentes sont miles pour les bâtiments qui ont à fréquenter cette partie de la côte d'Afrique.

Haut-fond du Rio- gur la carlè à petit point des Bissagos, publiée en 1830 par le Dépôt général de là' marine, on a marqué, sur le méridien du cap Verga, et sur le parallèle de 10® de latitude N., im baut-fond composé de deux plateaux séparés par une fosse de 10 milles d'étendue de TE. à l'O.

Sur le plateau de l'O., on indique un fond de 9°* 7 ; sur le plateau de l'E., des fonds variables depuis 9"* 7 jusqu'à 3™ 2. j'ai voulu vérifier l'existence de ce banc. Je partis pour cela du mouillage de Sand-Bar, et je vins, en déterminant ma position par des relèvements des hautes terres, croiser sur l'emplacement signalé. Je mouillai même sur laf position marquée , par des fonds de 3°^ 2. Dans cette exploration , je" n'ai pas trouvé moins de 13 mètres partout aux environs de ce banc et sur son emplacement. J'en conclurai donc qu'il n'existe pas où qu'il ne doit pas être placé sur la carte d'une manière exacte , d'après la configuration de la côte et des hautes terres qui m'ont servi. La nature du fond dans la partie oii est signalé le banc fut constamment sable gris ou rouge.

Je n'ai pu retrouver non plus un autre haut-fond marqué sur la même carte et portant 4*° 9 de profondeur dans le S. 25<> O. du mont Mayondee, à 22 milles de distance.

Les îles de Los, nommées par plusieurs anciens navigateurs lies Idolos, sont le point extrême de la côte que nous avons à décrire dans ce chapitre.

Elles forment un groupe de six Iles , tant grandes que petites; ce sont : à l'O., Tamara; à l'E., l'île de Los ou Factory, l'ile Cra^ford ou Rooma entre les deux premières, l'Ile Corail, l'Ile Blanche et l'îlot aux Cabris. Les trois dernières ne sont que des rochers inhabités.

Iles do Los»

ILE TAMARA. 99

L*ile Tamara est la plus grande des iles de Los. On peut, du ne Tamara. large, l'apercevoir à 18 ou 20 milles. Elle se présente alors comme une suite de collines très-^boisées et de moyenne hauteur, dont la plus élevée est celle du Nord. Elle a 155 mètres d'élévation. Ûétendue de Tile est de 5 milles en longueur sur 1 mille en largeur.

La pointe Nord de File, nommée pointe de TAréthuse, se pro- Pomte Aréthuse. longe à 74 de mille par un banc de roche, assez haut sous 1 eau. Long. o. m^* s' o". nommé banc de TArélhuse, du nom de la frégate anglaise qui Banc et plateau de s'y échoua en 1811. Ce fut sur ce même banc que se perdit, l'Aréthuse. en 1813, la frégate française le RubU, Il est accore, et Ton trouve tout près de lui 6°^ 7 de fond.

Au N. 6<> 30' 0. de cette même pointe, à 3 milles de distance, il existe un plateau de peu d'étendue sur lequel on trouve de 4'° 9 à 5°^ 3, fond de vase, lors de la basse mer. Je mouillai sur ce plateau dans l'intention de chercher le danger signalé sur la carte française de 1830 et porté sur la carte an*glaise de William Woodville, à la date de 1777.

Cette recherche a été inutile. Je ne voudrais cependant pas affirmer que ce danger n'existe pas; aussi, lorsqu'on viendra attaquer les Iles de Los par le N., devra-t-on passer à plus de 3 milles au N. de la pointe Aréthuse, ou à 1 mille Vs àe cette pointe, pour éviter ce danger qui, s'il existe réellement, serait une roche de forme conique , et par cela même plus redoutable.

Du plateau, je relevais le mont Kakulimah au N. 59° 30' E.; la pointe Nord de l'ile Factory au S. 25<» 30' E.,' la pointe Ouest de l'île Tamara au S. 2lo 30' 0.

La partie Est de ce petit plateau est sur le méridien de la pointe Barrette. Il a 2 milles de TE. à l'O., et l'on trouve, à ses accores, des fonds de vase de 6°^ 5 à 8°* 1. Il peut se faire que, sous la couche de vase qui le recouvre, il existe un plateau de roche. Ce fait a lieu fréquemment dans l'es* pace au S. des Bissagos et dans les parages des îles de Los, où, sous le sable qui forme la qualité dominante du fond, on rencontre peu après une couche de roche volcanique blanch&tre où la lance de sonde n'entre qu'avec peine et ne tient pas.

LES BISSAGOS.

Pointe Topsail.

Pointe Barrette.

M luillof^e entre Craw Tord et Tamara en venant

du N

La forme de l'Ile Tamara ^ est une courbe iifégolière dont la concavité , tournée vers i'E. , offre plusieurs bons mouillages, où Ton trouve de 4 mètres à 8"" 1 d'eau. Le fond de 4 mètres est le plus faible que Ton rencontre dans le canal qui la sépare de rile Crai^ford. Toute la côte Est présente un plateau peu étendu où les fonds sont de 1"' 6 à 3™ 2, et qui la contourne à quelques encablures.

Au centre de Tiie dans TE. et à la pointe Sud nommée Topsail, il existe quelques pâtés de roches très-rapprochés de la côte. L'une de ces rochesest couverte et brise à haute mer. Dans l'E^^ de la pointe, on voit aussi deux ilôts rocheux à la distance de Vio de mille ; ils sont élevés et de forme conique.

La pointe N. E. de Tamara se nomme pointe Barrette. Près de cette pointe il existe un village.

La côte Ouest de Tile est saine, et Ton peut sans danger la prolonger à t mille de distance. Elle présente quelques pointes de roches où la mer brise. Sa nature rocailleuse rend diflicile le débarquement de ce côté. La hauteur de la pointe Nord de Tamara est de lôô mètres.

On peut venir au mouillage de Tamara en passant dans le N. on dans le S. de cette île. Avec le jusant on prendra la passe du N., avec le flot celle du S.

Lorsqu'on viendra du N. O., on gouvernera de manière à se mettre sur le méridien de la pointe de TAréthuse, à 2 milles de cette pointe. De là, on courra le cap directement sur la montagne à pic de la pointe Nord de Tile Factory, la maintenant au S. £. et veillant bien le jusant qui porte au S. O. avec une vitesse de 2 milles au moins. On continuera cette roule jusqu'à ce qu'on ramène à l'O. la pointe de TAréihuse, ou, Tune par Tautre, les pointes Nord et Sud de l'Ile Factory à sa côte de l'Ouest. On gouvernera alors sur le milieu de la

1 L'Ile Tamara fut, en 1813, le théâtre d'un bnllant fait d'anne». L'amiral Beuyet, alors capitaine de vaisseau, commandant la ft'égate VArithuse, y livra un sanglant combat à la frégate anglaise VÀtnelia, supérieure en force, et la contraignit à se retirer après des pertes considérables dans cette affaire, qui dura trois heures et demie, et à laquelle le Rubis ne put prendre part, tu Técbouage qui entraina sa perte.

ILE TAMARA.

passe formée par la pointe Topsail et Tile Corail, pour venir jeter l'ancre en relevant la plus grande des hauteurs de Crawrord, celle de FO. au S. Z2^ E., par un fond de vase de8»l.

Dans cette route, pour éviter tout danger, il faudra ne pas fermer la pointe Ouest de Grawford par la pointe Est de Tile Corail et se tenir un peu dans l'O. de cet alignement.

Deux passes s'offrent pour atteindre le même mouillage par le Sud. Elles conviennent à des bâtiments au«Hlessus de 4 mètres de tirant d'eau. La première est celle entre la pointe Topsail et la pointe Ouest de l'ile Corail ; elle est large de 1 mille. Les fonds y varient de 15 à 11 mètres entre ces deux pointes.

On viendra ranger de près l'ile Corail, le cap sur la grande hauteur Ouest de Crawford, dans l'alignement de la hauteur Nord de l'ile Factory. On continuera cette route jusqu'à ce qu'on se trouve sur la ligne qui joindrait la pointe Barrette à la pointe Ouest de Tile Corail, et l'on courra sur cette ligne jusqu'à ce qu'on atteigne le mouillage indiqué précédemment. A ces routes, le moindre ^nd sera de 8°» 1.

La deuxième passe est celle formée entre l'ile Corail et l'Ile Blanche. Pour y donner, on se maintiendra à Va de mille plus au Sud que l'ile Corail,afin d'éviter un plateau de roche qui marque d'ordinaire, et reste au S. 65^ E. à Va de mille de la pointe Est de cette ile. Les deux Ilots à l'E. de la pointe Topsail , l'un par l'autre, dans leur côté Est, donnent le gisement de ce plateau qui brise le plus souvent. Dès qu'on aura dépassé dans l'E. cet alignement et qu'on arrivera à mettre dans le même alignement la pointe S. 0. de Cravirford par la montagne Nord de Tamara, on courra dans cette direction jusqu'à ce qu'on ouvre l'un par l'autre, mais très-peu, les deux Ilots situés à TE. de la pointe Topsail. On courra alors dans celte direction, en les tenant ainsi, jusqu'à ce que l'on vienne se placer sur la ligne qui joindrait la pointe Barrette à la pointe Ouest de l'ile Corail. On tiendra alors le cap sur cette première pointe» ainsi qu'il a été déjà dit pour atteindre le précédent mouillage.

J'ai passé plusieurs fois dans le canal entre Tamara et l'ile Crawford, mais je n'y suis jamais resté au mouillage. Celui que

Mouillage entre Crawford et Tamara en venant du s.

Première pawe.

Deuiilme paatt.

l\e CraïKford ou Rooma.

Fort oDgIais.

Aiguad».

Banc de Crawford.

Roches de Ctvkford.

Houillage ' Crawford lies de l'E.

entre et les

lie B'.archp et l!e aux Caliris.

je crois préférable est dans TE, de l*ile Factory, à cause des ressources qu'il présente.

L'île Crawford, située au centre du groupe, était, il y a quelques années, occupée militairement par les Anglais. On voit encore sur cette île les ruines d'un fort et de casernes assez remarquables, ainsi que celles des logements destinés aux officiers et au commandant. Plusieurs pièces d'artillerie gisent encore aujourd'hui au pied des murailles écroulées, et les noirs de Factory et de Tamara viennent chercher dans les démolitions du bois et du fer à leur usage. Son étendue est de 1 mille environ de TE. à TO.

Un puits, qui servait à la garnison, offre une aiguade abondante et d'un puisement facile. Il est creusé dans le roc à une profondeur de 5 ou 6 mètres ; son ouverture a 3 mètres de circonférence ; l'eau en est de bonne qualité.

L'île Crawford est prolongée, dans sa partie du N. E., par un banc de sable qui découvre en grande partie^ lors de la basse mer, et par un plateau où l'on trouve 2*» 4 à 3°> 2, qui s'étend jusqu'à la côte Ouest de Factory, et ne laisse de passage qu'aux embarcations près de la partie Nord de cette Ile.

Vis-à-vis de la grande hauteur, à l'O. de Crawford, qui a 91 mè^ très d'élévation, il existe dans le N. un petit rocher toujours découvert éloigné de 131 mètres de la plage. Dans le S., en face du fort, il en existe un second distant de 70 mètres.

La roche couverle qui brise d'ordinaire à la pointe S. 0. de cette île en est éloignée de 215 mètres dans le S. 45^' 0.

On peut encore mouiller dans l'espace compris entre Crawford et rtle Blanche, l'ile aux Cabris et Factory. Dans cette espèce de baie, ouverte au S. 0., et que, pour cette raison, il ne faudra pas prendre dans la saison où régnent les vents de cette partie, mais qui abrite bien des tornades, il n'existe aucun danger et la route, pour s'y rendre, est des plus faciles. On observera seulement de ne pas s'enfoncer dans le N. au delà du parallèle .de la grande hauteur de Crawford. Jusque-là les fonds seront de 6" 6 à 8" 1.

L'ile Blanche et l'Ile aux Cabris sont toutes deux boisées et à rives rocailleuses et volcaniques. Les pointes en sont

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