‹ Manuel de la navigation à la côte occidentale d'Afrique (volume 2)Chapitre 38 sur 136 · BANC DE SAINTE-ANNE · texte numérisé non relu

BANC DE SAINTE-ANNE

parlalaruudeN.cle7<» 66' 30" et la longitude 0. de 15^ 44' 24". Jl reste de la tête N. E. du plateau précédent au S. 52° E. à 6 milles, largeur du chenal à son embranchement avec le fleuve Sherboro^dont ces deux tètes signalent le côté Est et le côté Ouest.

Le sommet Sud a une étendue, du N. au S., de 2 milles, et au- t^ic au s. tant de TE. à l'Ouest. Le plus petit fond y est de ô^ 8. Il est situé par la latitude N. de T"" 46' 52" et la longitude O. de i ô"» 49" 24". Il reste de la tête Sud de l'autre plateau au S. 48<> E. a 3 milles Va* largeur du chenal à sa partie du Sud. La nature de tous les sommets du banc de Sainte-Anne est en général sable noir ou brun.

La direction du canal est du S. S. O. au N. N. E. , tenant ouverts l'un par l'autre, mais très-rapprocbés, le pic Tagrin et le pic Link des montagnes de Sierra-Leone. Quand on pourra voir ces deux hauteurs, on pourra donner sans crainte dans le canal en question en les tenant ainsi au N. i2P ou 9u N. 24° 0. Le plus petit fond qu'on trouvera à la route qu'on maintiendra soigneusement en les gardant à ce relèvement ne sera pas au-dessous de 16 mètres , même entre les deux tètes du S. où le fond est le plus petit.

Nous n'engageons à donner dans ce canal avec un navire (l'un certain tirant d'eau que lorsqu'on aura les terres bien docouvertes et bien en vue. On peut encore rectifier sa position au moyen du cap Shilling, des Oreilles-de-Mule, hauteurs au S, de la chaîne de Sierra-Leonc, comme nous l'avons dit, et des Iles Banane quand on pourra les voir. En général , il vaut mieux doubler dans le N. le banc de Sainte-Anne, dont les sommets indiqués brisent fort souvent, surtout avec les vents de N. 0., de l'O., ou dans les ras de marée.

Il est, en outre, dangereux de s'engager dans de pareils ca^ naux avec de forts courants, comme on les rencontre parfois M l'entrée du fleuve.

La limite Mord du banc de Sainte- Anne est, comme nous l'avons dit, le parallèle de 8° 1' de latitude N-, dans le S. 70*» 0., et à 15 milles de la plus Ouest des îles Banane. C'est la largeur du Sherboro dans cette partie.

De la tète du N. E. jusqu'aux îles Tortue, la direction de l'accore intérieure du banc de Sainte-Anne est le S. 6i*> E. en-

ment.

lies Tortue.

158 COTE DE SIERUA-LEONE

viron. L*accorc extérieure, en parlant de la têle de 1*0., serait une li^ne arrondie dans la direction du S. 58° E. La largeur moyenne de ce banc est de 13 milles.

*'"^j.iî*^^***'^" Sur le banc de Sainte-Anne, rétablissement est 6 heures ; la mer marne de 3«» 5. Dans les grandes marées d'équinoxe, les courants de marée en dedans et en dehors portent en travers du banc avec une vitesse variable de V4 de mille à 1 mille */« dans la saison sèche, mais , dans la saison pluvieuse, le jusant doit être beaucoup plus fort.

Ues et plateau de» A l'exlrémîté Oucsl dc l'île Sherboro, sur un vaste plateau de sable vasard, découvert à sa partie Est lors de la basse mer et présentant à sa partie Ouest une innombrable quantité de hauts-fonds formant des canaux étroits, difficiles, mais praticables cependant à la haute mer pour de grands navires, pour des canots ou de petites barques seulement à la basse mer, se trouve le groupe nommé îles Tortue.

Les lies Tortue, au nombre de huit, sont basses, boisées, sablonneuses et assises sur des bancs de sable qui assèchent principalement dans le Sud. Ces Ilots ont été ou séparés de Tile Sherboro, ou formés, ce qui est plus probable , par les vases charriées dans les eaux du fleuve, qui, en s*accumulant, ont été consolidées par des palétuviers auxquels elles ont donné naissance. L'île la plus élevée n'a pas plus de 41 mètres, hauteur des arbres qui la couvrent.

L'île du Nord n'est qu'un bouquet d'arbres entouré de bancs P'* ^.; VJ?ll%',' de sable qui assèchent en totalité à la basse mer, de sorte qu'on peut alors communiquer avec celle beaucoup plus grande qui i:e Mcot. se trouve au S. E. et qu'on appelle île Moot. Elle e;5t boisée et olïre quelques pointes saillantes. Celle du S. E. est garnie do roches ferrugineuses qui en sont détachées. Les arbres les plus hauts de Tile Moot ont 22 mètres d'élévation.

Au S. E. de la pointe S. E. de l'île Moot, on trouve une troisième île située au N. d'un petit enfoncement formé par le banc Havre d Ovcn. ^c sablc qui découvre et qu'on a nommé havre d'Owen-Tudor. On peut, en venant du S. ou de 1*0., jeter l'ancre dans ce havre par 12 mètres, fond de sable vasard, très-près des îles.

Une quatrième île sur laquelle existe un village, entourée aussi de bancs qui assèchent, forme la partie Est de ce havre.

lie du Nord.

ILE SHËRBOUO.

qui, par le fait, n'e&l qu'un passade entre les deux îlos, parce que les plateaux qui les environnent présentent une coupée dans laquelle les fonds varient depuis 5™ 4 jusqu'à 0™ 9.

Au S. de cette île, on. trouve, dans le plateau de sable, des sources d*eau douce et bonne, qu^on peut utiliser à la basse mer.

Deux autres îles appartenant au même groupe se voient en-' suite.

Là plus considérable est la plus rapprochée du cap Sainte^ Anne, dont elle n'est séparée que par un étroit passage. Ce cap est la pointe Ouest de Tile Sherboro.

Toutes les îles dont nous venons de parler sont placées sur une ligne dirigée du N. 40** 0. au S. 40° E. à peu près. Quelques autres ilôts, petits et boisés, existent encore dans le N. de celles-ci; l'un d'eux se nomme l'ilot au Bois.

On peut contourner au large les bancs des îles Tortue par des fonds de 10 & 14 mètres. Us brisent d'ordinaire à leur accore, mais dans le fleuve Taccore Ae ces bancs ne doit pas être approché par des fonds moindres que 16 à 18 mètres, parce qu'ils sauteraient brusquement dans certaines parties à 2 mètres et d^» 6 dès qu'on quitterait ce sondage. Le banc des îles Tortue rétrécit considérablement avec les bancs de la rive droite le fleuve Sherboro dans cette partie.

L'île Sherboro est considérable; elle a 28 milles de TE. à rOuest. Sa côte Nord, qui forme la rive gauche du fleuve dans cette partie, court du cap Sainte-Anne, son extrémité Ouest, à Te. 5° N. environ l'espace de 20 milles jusqu'à la pointe Jamaica, pointe N. E. de l'île près de laquelle se trouve un village du même nom, sur une plage basse et sablonneuse. Le cap Sainte-Anne est une terre boisée terminée par une pointe basse, sablonneuse. L* étroit passage qui le sépai'e des îles Tortue e»t entièrement ensablé.

Entre ce cap et la poin te Jamaica, on remarquera sur cette rive, boisée et assez élevée, un premier groupe d'arbres à 4 milles V* du cap Sainte-Anne. Deux de ces arbres sont remarquables par leur hauteur; on les nomme arbres de Pullum (Poïlon). Plu* sieui*s marigots existent aux environs dans l'O. et dans l'E. A 8 milles ^/^ dans l'E., un second groupe, nommé Petit-

Ai^uad^

Ile Sherboro.

Cap Sninte - AniM".

1M. N. T^WW.

Long.O.iS'iS'î^".

Yar. N. 0.20° 18'

Arbres Pullum.

Arbres de Petit Pogrnnd.

COTE DE SIEKRA-LEONE

Arbre d« Pogratid.

Arbres de Sftmo.

Village Jcukins.

tUvière YAUHktf.

Arbre Fry.

Bonc de Yaltuka.

Pogrand, offre ua arbre fort remarquable. A 3 milles V4 àù celui-ci, un troisième^ nommé Pogrand, présente trois arbres très* élevés.

Un autre, composé de deux arbres, se troute à quelque distance à rO. du village Jenkins , éloigné do Pogrand de 4 milles Va- On les nomme arbres de Samo.

Le village Jenkins est bàli sur la plage sablonneuse et dénudée formant une pointe arrondie qui est la plus Nord de l'ile. Les groupes d'arbres que nous avons indiqués sont placés également près de villages du même nom et servent de points de reconnaissance ou d'amers pour la navigation du fleuve. C'est au village Jenkins que mouillent d'ordinaire les navires. Il est éloigné de 20 milles du cap Sainte-Anne.

Toute cette rive est coupée par de nombreux ïnarigots et garnie de grands bancs de vase qui assèchent à basâe mer et s'en écartent fort irrégulièrement.

Nous avons dit précédemment que, depuis la pointe Tassa, la rive droite courait sur une étendue de 12 milles Vs environ au S. 50^ E. jusqu'à lembouchure de la rivière Yaltuka, garnie de bancs de vase asséchant en partie et laissant voir çà et là des plateaux de roches ferrugineuses. L'accore de ce banc est fort irrégulière et Ton ne devra pas s'en approcher par des fonds moindres que 1 1 mètres à basse mer, parce que peu après le fond manquerait tout à coup.

La rivière Yaltuka présente une embouchure large de 1 mille Vs ; ^s deux rives sont garnies de bancs de vase noi-^ ràtre qui assèchent dans une assez grande étendue. Sa rive droite se termine par une pointe basse et sablonneuse, et, un peu dans l'intérieur, on remarque sur cette rive un grand arbre nommé arbre Fry. Les bords de cdtte rivière sont trèsboisés et plus élevés que la côte depuis la pointe Tassa qui, presque partout, est sablonneuse et ne présente que quelques touffes de broussailles ou de palétuviers croissant à quelques mètres du rivage sablonneux.

L'embouchure de la rivière Yaltuka est barrée et obstruée par des bancs sur lesquels il reste fort peu d'eau ; mais la barre franchie, elle est profonde, du moins près de son embouchure. Dans le jS. de celle-ci, à la distance de 3 milles Va» »" voii

POINTE UMBUËLLÂ.

découvert à basse mer un banc de sable qui trace dans celte partie la limite extérieure du banc qui longe la rive, et près de rextrémité S. 0; duquel les fonds varient de 7 à 9 mètres. Un petit îlot boisé se trouve fort près de sa pointe du N. £. ; cet îlot est à 1 mille V4 de la rive. Ce banc de sable recouvre un plateau de roches qui lui sert de base ; il reste de l'arbre Fry au S. 6° O. dans sa partie du S. O.

Dans la même direction et dans le milieu du fleuve, on trouvera tout à coup une assez brusque diminution dans les sondes lorsqu'on y entrera ou qu'on en sortira ; elle sera occasionnée par deux plateaux assez étendus qui offrent pour moindre profoudeur 5™ 4 et 6^ 3 ; à l'accore de ces plateaux on a des fonds de 11 a 9 mètres. On arrivera à l'accore Ouest du premier plateau lorsqu'on relèvera au N^ la pointe Ouest d'entrée de ta rivière Yaltuka. On sera à l'accore Est du second , lorsqu'on mettra Tilot Yaltuka par la pointe de la rive gauche de cette rivière, les relevant au N. 8^ O. C'est le premier banc qa'on rencontre dans le fleuve loi*squ'on y entre, et il est peu dangereux» vu la profondeur qu'on y trouve, pour la plupart des navires qui peuvent, même à basse mer, le traverser.

De la rivière Yaltuka , la rive droite du Sherboro court en s'arrondissaut au S. 42^ E., prolongée par des bancs de vase qui assèchent sur une étendue de 8 milles ; elle est boisée et coupée par un grand nombre de marigots.

A 3 milles ^4 de la pointe Est de la rivière Yaltuka, on remai*quera un groupe d'arbres élevés nommé Mendo, dont quatre ou cinq forment des sommets saillants plus élevés que les arbres de la côte.

Plus loin et à la distance de 3 milles V4 du précédent, un arbre isolée d'une forme commune sur la côte d'Afiique et formant le parasol, a reçu le nom d'Umbrella ; il est sur le méridien de Pogrand et tous deux sur celui de la pointe Umbrella, pointe que forme la rive droite du Sherboro dans cet endroit, où le fleuve se resserre considérablement et n'a plus que 4 noiilles de largeur d'une rive à l'autre.

L'alignement de la pointe Umbrella par Tarbre de ce nom et celui de Pogrand indique l'amer de l'extrémité Ouest du Middie-Grounddont nous parlerons ci-après.

Ilot Yaltukn.

Plateaux de Yal luka.

Arbres Mebdc^

Arbi* Umbrella.

Pointe Imbrelln.

Lot. N. 1" Ai' 0".

Long O.iZ'^rn".

COTE DE SIERRA-LEONE

IUkIios ('iiibreUa.

RJvUVe Biiirr^o.

Middlc-G round.

Mnrécs, courants.

La pointe Umbrella est prolongée dans TO. par un banc dé vase qui assèche à basse mer et par plusieurs pâtés de roches ferrugineuses noirâtres qui s*on écai^ent à un peu plus de 1 mille dans cette direction.

De là pointe Umbrella, la côte court à l'E. 12° S. l'espace de 6 milles Vs jusqu'à celle de Bagroo, pointe Nord d*embouchure de la rivière de ce nom qu*on voit se diriger vers l'E.N.E., etdans le S. de laquelle ou remarque, un peu dans Tîntérieur, une haute terre boisée. La pointe Bagroo est presque sur le méridien de la pointe et du village de Jamaica, et près d'elle^ dans ro., on remarque l'entrée d'un assez large marigot. C'est sur la ligne qui joindrait la pointe Jamaica à la pointe Bagroo que se termine le vaste banc nommé Hiddle^Ground ou banc du Milieu» qui s'étend de l'Ë. à l'O. sur un espace de 8 milles 74* et qui occupe le milieu du fleuve, ne laissant au N. et au S. qu'un étroit Chenal tortueux par lequel on peut pénétrer* dans le fleuve Shébar; celui-ci contourne la côte Est de l'Ile Sherboro.

1^ Middle-Ground est un grand banc dont quelques parties assèchent k sa partie centrale , et qui, dans les autres points, ne présente que des profondeurs de 3°> 6 à 1" 6; il se termine en pointes aiguës à ses deux extrémités et atteint sa plus grande largeur dans son milieu, où il a 1 mille ^/^ d'étendue.

Dans les environs de ce banc et dans 1*0., le plateau qui prolonge la rive gauche s'étend beaucoup au large, et sur ce plateau, auprès des Ibnds généraux de 7 à 6 mètres qu'on trouve sur sa partie le plus au large , on rencontre irrégtdîè' ircroent des fonds isolés de 3"" 6 et 4"" 5.

L'établissement près du Middle-Ground est 6 heures; la mer marne de 2™ 6 dans les grandes marées. Les courants suivent la direction du fleuve avec une vitesse de i mille Vio ^ 2 milles dans la belle saison.

Dans le fleuve et en ohenalant bien, les sondes seront variables, mais pas au-dessous de 9 mètres à basse mer jusqu'au Middle-Ground, sauf le cas où l'on traverserait, en raison du tirant d'eau , les plateaux de Yaltuka dont nous avons parlé; les plus grands fonds sont de 24 a 25 mètres. Lorsqu'on louvoiera, il faudra ne pas rallier la rive droite par des fonds au-

FLEUVE SHERBORO. 161

dessous de 11 à 12 mètres en général, et la rive gauche, surtout par le travers du cap Sainte-Anne et des fies Tortue, par moins de 16 à 18 mètres, puis une fois dans l'E. de la rivière Yaltuca. par 8 à 10 mètres.

Après cette description du fleuve Sherboro, nous allons donner les routes à suivre pour y entrer, engageant toujours néanmoins à prendre un pilote dans la localité ou à Sierra-Leone.

Pour venir du large chercher l'embouchure du fleuve Sher- Route* pour donner boro, il sera prudent de venir reconnaître la terre par le parai- boroeu^tt^o^er lèle de 8® 20' de latitude Nord. On trouvera sur ce parallèle les fonds de 126 mètres à 60 milles de la terre; ils diminueront d'abord assez rapidement, puis se maintiendront irrégulièrement, variant de 57 à 27, à 38 mètres et réciproquement, lorsqu'on fera roule à l'Est. Le plateau des sondes dans cette partie présentant des sillons dirigés du N. au S. ou du N. E. au S. 0., ce n'est qu'à 15 milles de terre, par les fonds de 27 mètres, que la diminution jusqu'au rivage devient assez faible et assez graduelle jusque par ceux de 9 mètres.

On viendra, à cette route, reconnaître le pic de Link et celui de Tagrin, ainsi que les hautes terres de Sierra-Leone. Dès qu'on les aura en vue et qu'on aura rectifié sa position , on fera route pour reconnaître les lies Banane , sans s'écarter de la côte qu'on devra prolonger par des fonds de 15 à 16 mètres, et sans aller plus au large. On viendra ainsi reconnaître les lies Banane dont on devra passer dans l'O. à 6 milles, par des fonds de 27 à 29 mètres, fond de vase. Dès qu'on sera sur le parallèle de celle de ces îles le plus au S.O. et à cette distance, on mettra le cap au S. 54° E., veillant bien les courants et rectifiant sa position par des relèvements; on viendra ainsi reconnaître les lies Plantain.

La route indiquée fera passer dans le S. 0. à 2 milles Va des roches Bengale. Il ne faudra pas, aux environs du parallèle de celles-ci, les rallier par des fonds de 9 mètres, et l'on devrait porter plus vers le S. dès qu'on trouverait ce fond. Il faudra, en outre, veiller avec soin pour la basse que nous avons indiquée à 1 mille V« dans l'O. des roches Bengale et, par prudence, à l'approche des îles Plantain, on fera bien de se tenir par des fonds de 16 mètres. Los fonds seront variables dans le

flonUiin.

162 COTE DE SIERRA-LEONE

trajet des lies' Banane aux ties f^lantain , mais pas aa-dessous de 11 mètres. fiaiêaiiaus dénie Après avoîr dépassé le parallèle de ces lies, il fandra porter au S. 50^ E. dès qu'on relèvera au N. E. les roches Bengale, pour éviter et laisser dans le N. un plateau de petits fonds situé à 6 milles au S. de Ftle Plantain, et sur lequel on trouve quelques fonds de 4 mètres. Sa partie Onest eàt sur le méridien de Gilmoris, sa partie Est sur celui de la pointe Tassa; il a 2 milles Vs de TE. à TO., et les fonds y varient de 4 à 6 mètres. Il ne faudra pas s^approcher dé ce banc par moins de 1 6 mètres, suivant le tirant d'eau du navire, et surtout s'il tirait 4 mètres d'eau. Ce plateau est séparé du vaste banc qui garnit la rive droite par un canal large de Va mille, où les fonds sont grands, mais très-variables.

Dès qu'à la route précédemment indiquée on relèvera au N. la pointe Tassa, on pourra revenir an S. 64° ou 66<» E. jusqu'à ce qu'on mette Tune par Tautre la pointe Ouest de l'embouchure de la rivière Yaltuka et le massif d'arbres nommé Fry, relevant l'arbre Umbrella à IT). 4° N.

On gouvernera alors droit sur l'arbre Umbrella, le tenant au même relèvement ; à ces routes, les fonds ne seront pas audessous de 14 mètres.

Dès qu'à cette dernière route on relèvera au N. l'arbre Fry,. on portera immédiatement sur celui de Pogrand, le tenant au S. AO^ E., s'il y a flot; au S. W E., s'il y a jusant, conservant cet arbre à ce relèvement.

Quand, à cette nouvelle route, on relèvera au S. l'arbre du Petit-Pogrand et celui de Mendo au N. 7° E., on gouvernera sur la pointe Jenkins, pointe Nord de l'Ue Sherboro , la tenant au S. 68° E., et Ton jettera l'ancre sur la ligne qui joindrait l'arbre Umbrella à celui de Petit-Pogrand , relevant le premier au N. 14° E.

On sera à 1 mille V^ de la tête Ouest du banc du Middle- Ground et en bonne position pour passer au S. de ce banc pour se rendre au village de Jenkms.

La route que nous venons d'indiquer fait passer au S. du banc de Yaltuka dont nous avons parlé précédemment, à '/^ de mille, par dos fonds de 14 mètres; mais ce banc est dange-

PASSE AU SUD bu MIDDLE-GKOUND. 1G3

k*eux, ainsi que Taccore du plateau 8ur lequel il est as^îs et qui prolonge la côte. On trouve à le toucher 8"* 4 et 10 mètres, puis le fond tombe brusquement à 5 mètres et au-dessous. Il ne faut pas s'en approcher par moins de 14 mètres à basse mer.

Si le tirant d'eau du navire et la marée permettent de passer sans crainte sur le plateau plus au S.» nommé plateau de Yaltuka, où le plus petit fond à basse mer est de 5 mètrds à ô'» 4, on pourra modifier la route précédente. Dès que Ton mettra la pointe Ouest de la rivière Taltuka par l'arbre Fry, on pourra gouverner droit sur la pointe Umbrella à TE. 9® S. jusqu'à ce qu'on arrive sur la ligne qui joindl*ait Pogrand à l'Ilot Yaltuka, situé près de la pointe N. £. du banc de ce nom, et à la pointe Ouest de la rivière Yaltuka.

On n'aura pas moins de 5™ 4 à cette route, abstraction faite de la marée ; on courra alors sur Pogfând, se tenant sur la ligne indiquée au S. 34^ E., jusqu'à ce qu'on relève à l'E. la pointe Bagroo, pointe Nord d'embouchure de la rivière ainsi nommée.

On fera alors l'E. jusqu'à ce qu'on relève l'arbre Umbrella au N. 14° E., et on mouillera si on veut passer au S. du Middle- Ground.

J'engage à mouiller à ce point, car il est important, si l'on n'a pas de pilote, de dépasser le Middle-Ground, soit par le N., soit par le S., à la basse mer, car ses accores sont beaucoup plus faciles à reconnaître, comme aussi celles des bancs qui garnissent les rives; on pourra, en outre, se faire précéder d'une embarcation.

Deux passes se présentent pour remonter le fleuve, celle du S. est généralement adoptée, etlesimvires se rendent le plus ordinairement au village de Jcnkins situé sur cette rive du fleuve.

Les sondes près de l'extrémité Ouest du Middle-Ground dimi-^ nuent assez graduellement pour faire pressentir son approche, mais il n'en est pas ainsi partout, et parfois les fonds sautent de 9 mètres à 3" 6 brusquement.

La passe pour donner au S. du Middle-Ground est fort étroite ?»£<« du s. et formée au N. par la pointe Ouest de ce banc, et au S. par le plateau qui garnit la rive gauche. Ce plateau présente une pointe

COTE DE SIERRA-LEONE

Banc (le Jamoico.

Vt-i'o au N du Middle-G round.

sailldnie sur laquelle, à ba&se mer, il ue resie que 4™ 5, à cùlé de 11 et 15 mètres; on fera donc bien de baliser un des côtés de cette passe pour le moins. En quittant le mouillage avec le commencement du flot, on mettra le cap au S. 58° E., tenant le village de Jenkins bien ouvert par bâbord , de 6"" environ, jusqu'à ce qu on mette la pointe Umbrella par Tarbre de ce nom situé au N.; on aura alors doublé le banc du S., et dès lors on pourra rallier en dépendant la rive gauche, dont on se mettra à */* de mille dès qu'on relèvera au N. q. N. O. la pointe Umbrella, ou l'arbre de ce nom. Ensuite, on n'aura plus qu'à suivre cette rive, qui est très-accore, par des fonds de 9 mètres au moins ; car de 7*° 2 les fonds sauteraient à 2 et 3 mètres brusquement à Taccore du banc de vase qui prolonge cette rive. L'on viendra ainsi jeter l'ancre par 1 1 mètres devant le village de Jenkins, centre commercial du fleuve, le relevant au S. 25° E. La largeur du canal en cet endroit est environ de Vi mille.

Dans l'E. de Jenkins, entre ce point et le village de Jamaica, il existe un banc séparé de la rive gauche par un canal large de un peu plus de Vi d^ mille. Sur ce banc, le fond varie de 1™ 8 à S*" 4 ; il a 1 mille d'étendue de l'E. à rO.,qui est sa direction générale. Si l'on veut se i*endre de Jenkins à Jamaica, il faudra laisser ce banc dans le N. et longer de très-près la rive gauche; on trouvera dans ce passage de 6 à 7 mètres. Le banc dont nous parlons est aussi séparé du Middle-Ground par un canal étroit, mais fort dangereux par la difficulté d en reconnaître les limites mal tracées par l'accore des deux bancs. On mouillera relevant Jamaica au S. par 7°^ 2 d'eau, fond de sable vasard ou de vase.

Bien peu de navires donnent dans la passe formée par la rive droite et l'accore Nord du Middle-Ground. Cette passe cependant est plus large; mais elle conduit seulement dans la rivière Bagroo et dans le fleuve Shebar qui s'embranche à la pointe Jamaica avec le fleuve Sherboro. Il faut, pour atteindre les villages de Jamaica et de Jenkins, contourner toute l'extrémité Est du Middie-Ground, ce qui allonge la route et complique les difficultés de cette navigation dangereuse.

Du mouillage indiqué à l'O. du Middle-Ground, poor donner

ILE RENDALL. - ILE BOBS.

dans cette passe , on portera avec le commencement du Hot droit sur les roches situées dans l'O. de la pointe Urabrella, ou plutôt on devra venir prendre mouillage près d'elles dans le S. lorsqu'on aura Tintention de passer au N. du Middie-Ground. On rangera ces roches de près par des fonds de 11 à 12 mètres» puis on contournera la pointe Umbrella de près par des fonds de 9 à 7 mètres. On rangera alors la rive droite à petite distance , se maintenant par les fonds de 7 à 8 mètres , un peu au S. de la ligne qui joindrait la pointe Umbrella à la pointe Nord de l'île Rendall, Ue qu*on apercevra devant soi au confluent des fleuves Shebar et Sherboro. Lorsqu'à cette route on sera par le travers du large marigot situé à l'O. de la pointe Bagroo , on se mettra sur la ligne qui joindrait la pointe Est de ce marigot à la pointe Nord de l'ile Macauley, située dans le fleuve Shebar. L'on gouvernera sur cette pointe au S. 36° E., traversant le fleuve Sherboro dans un étroit canal compris entre la pointe Est du Middle-Ground et les bancs d'embouchure de la rivière Bagroo , bancs sur lesquels sont assises les îles Bobs et Rendall dont nous allons parler. On pourra, en suivant cette route, atteindre le village deJamaica vers lequel on se dirigera après avoir doublé dans le S. l'extrémité du Middle-Ground, ou venir mouiller au village de John-Cazelli , situé à la pointe viH««e de John-c*- Nord de l'Ile Macauley, en contournant de près la pointe N. E. de cette lie. Elle est séparée de l'île Sherboro par un marigot assez large à son entrée , mais étroit dans son cours qui embrasse la côte Ouest de l'ile Macauley. On sera ainsi à l'affluent des deux fleuves Shebar et Sherboro. A la route que nous venons d'indiquer les plus petits fonds ne seront pas au-dessous de 5«^ 4.

La rivière Bagroo a une embouchure large d'environ 2 milles. Ruièr^ Bagn». Il faut, pour donner dans ;cette rivière qui n'a pas été étudiée encore, ranger la rive droite de préférence, depuis la pointe Bagroo, pour doubler les bancs qui prolongent dans le N. les iles Bobs et Rendall. Cette dernière île est fort considérable et a une étendue de 3 milles environ dans la direction du N. N. O. au S. S. E.

L'Ile Bobs est dans l'O. de Tlle Rendall à la distance de Vs mille- ne boi». ïllc a ^4 de mille du N. N. 0. au S. S. E., et elle est pro-

Ilc Rendall

COTE DE SIERRA-LEONE

Baie de l'Ouest.

Fleuve Shebar.

Pointe Manna.

Lat.N.T?22'8".

Long 0.i2O5ri9".

Var. X. 0. 20O.

Village Aubem.

PrefquIIe Turner.

Ppinto d'Argylr.

Banc du S.

longée dans le N. par un banc qui s'en écarte à 1 mille ^4, et dont une partie assèche à la basse mer.

Ces bancs et ces Iles obstruent le confluent des deux fleuves et ne laissent qu'un chenal étroit situé près de la rive droite du Shebar, fleuve qui se jette à la mer après un cours de 18 milles.

Du cap Sainte-Anne à rembouchure du fleuve Shebar, il y a 28 milles de distance. Lu côte court à TE. 19° S. l'espace de 22 milles Vs- La elle s'arrondit et tourne au S. en formant la petite baie» nommée baie de l'Ouest, distante de 3 milles Vs àe la pointe Ouest d'embouchure du fleuve Shebar. Un grand lac existe aux environs de cette baie , et il n'est séparé de la mer que par une étroite langue de sable.

La côte, entre ces deux points, est formée par une belle plage sablonneuse, parfaitement saine et fort accore, car on trouve h la toucher 9 mètres de profondeur, sur un fond de sable fin ; la côte est très-boisée et les arbres s'avancent jusqu'à la distance de quelques mètres de la plage.

Les pointes qui forment l'embouchure du fleuve Shebar, sont prolongées par de longs plateaux sur lesquels la mer brise avec plus ou moins de violence suivant la force du vent et l'état de la marée.

La pointe Manna, pointe de TE., est l^ pointe extrême d'une longue presqu'île, nommée presqu'île du général Turner.

La pointe Manna est basse et sablonneuse; quelques arbres isolés et rares paraissent çà et là aux environs. A I mille dans l'intérieur du fleuve, on trouve le village d'Aubern situé dans 1^ presqu'île Turner, près d'un petit lac.

La pointe Manna , étroite à son extrémité, court dans la di-? rection de TE. à l'Ouest. Elle est à un peu plus de Vs inîll^ dans le S. E. de la pointe d'Argyle, pointe de la rive droite du fleuve. C'est à peu près la largeur du capal d'entrée. La pointe Manna est prolongée, dans l'O. 15° S., p^r \\n plateau ayant 3 milles de longueur et fort peu de largeur. Il se termine par un banc , nommé tête sablonneuse de l'Est, qui découvre à basse mer et qui, à haute mer, sera toujours facile à reconnaître par la plus grande violence de ses brisants, qui le distingueront des autres parties du plateau formant le côté Sud du chenal d'embouchure.

FLEUVE SHEBAR. 167

De la baie de l'O., comme nous l'avons dit, la .côte court •au S. l'espace de 2 milles V4 en faisant quelques ondulations, puis au S. 4Q9 E. sur une étendue semblable. Là elle se coude brusquement et courantsur une étendue de 2 milles à TE. IS^'I^., jusqu'à la pointe d'Argyle, elle forme la rive droite d'embou* chure du fleuve. Elle est boisée, et parmi les arbres on re^ marque un grand nombre de palmiers.

Du point où la côte court au S. 40^ £., elle est prolongée Banc du n droit vers le S. par un long banc qui brise sans découvrir, et dont l'extrémité Sud est au S. 18° O. de la pointe d'Argyle. Il forme le côté Nord du chenal d'embouchure.

Entre les deux banc indiqués, la largeur de la passe est de V4 de mille au plus et la profondeur sur la barre de S*» 6. On voit cond[)ien cette entrée est difficile et dangereuse, et Ion a de fortes raisons de croire que ces bancs sont changeants, il sera donc indispensable, si l'on est contraint d'entrer dans le fleuve Shebar, de faire baliser l'extrémité de chaque banc.

La passe que nous venons d'indiquer est la seule praticable. Pour y donner, il faudra gouverner, au N. 40° E., sur les plus grands arbres de la pointe S. O. de l'Ile Sberboro , et courir sur cette pointe jusqu'à ce qu'on ait doublé au N. la tète de sable de l'Est. On fera alors route à TE., quelques degrés N., sur la pointe Manna , par des fonds variables de 5°^ 4 à 7 mètres.

Lëtablissement à l'entrée du fleuve Shébar est 6 heures Marées et étubuss»- 45 minutes, la mer marne de 1°" 6. La vitesse des courants est ""^"^ fort variable, dans la saison sèche, au mouillage extérieur. Le flot a été trouvé de V4 de mille, le jusant de 1 mille Va ; mais les deux courants sont fort influencés par les vents, et, par suite aussi, par les saisons. Le flot porte de TE. au N. E., le jusant en sens opposé.

On mouille en dehors des bancs, en face du fleuve, par 16 à 18 mètres à 1 mille V4 environ de distance; le fond est vase noire. On attendra , pour donner sur la barre , à peu près la tti-marée de flot, parce qu'elle est alors plus belle.

La barre, dangereuse pour les navires, ne l'est pas moins pour les embarcations.

Nous n'indiquerons que rapidement la navigation dans ce

COTE DE SiËRRÀ-LEONE.

Routes dans le fleuve Sliebar.

Rivière Broomguittttin.

Ho Tucker.

lie Robinson.

Ile Vpitp

fleuve peu fréquenté, et nous nous bornerons à quelques indications générales.

Quand la route vers la pointe Manna permettra de ramener au N. la pointe d'Argyle, à TE. la pointe Manna, on fera route au N. 40^ E., jusqu'à ce qu on soit sur le méridien de la petite île Bullens, située au milieu du fleuve et à peu près sur le méridien de la pointe Manna. Puis on fera route au N. sur cette ite.

On aura alors à sa droite la vaste embouchure de la rivière Broom-Quittam, large de 3 milles entre la pointe Manna et la petite île Tucker, située près de la pointe S. O. fort décou^ pée du continent, que la rivière Broom-Quittam sépare de la péninsule Turner.

L'embouchure de cette rivière est enttèremenc barrée par des bancs sur lesquels on ne trouve que 1°^ 8 à 2'° 7. Elle n'est navigable que pour des caboteurs, et, pour y pénétrer, il faut longer de très-près la rive formée par la péninsule Turner. Cette rive est très-peuplée et l'on y trouve un grand nombre de villages, jusqu a l'ile de Warwhoop» distante de 11 milles de la pointe Manna. Toute cette rivière est parsemée d'Uots dont le plus à rO. a reçu le nom d'Ile Robinson.

On verra à sa gauche la côte de l'île Sherboro se dirigeaut à peu près an N . , sablonneuse depuis la poin te d'Àrgy le l'espace de 2 milles environ, et sur laquelle on apercevra successivement trois villages dont le plus au N. , nommé village Shebar, est le plus considérable.

On (erat^ comme nous l'avons dit, route au N. sur TUe Bullens, jusqu'à ce qu'on relève à TO. l'ile Tucker. Les fonds varicront de 1 1 mètres à ô°* 4 dans cette route.

Il faudra dès lors, ou même plus tôt si le fond diminuait, rallier ta rive droite , garnie d'un long banc assez accore courant (lu N. au S. et s'avançant de V2 niilie au large, puis le conserver à V4 de mille de distance, pour éviter celui qui s'étend à ^4 de mille au S. de l'île Bullens et la prolonge de la même quantité dans le N.

Un petit îlot boisé, nommé Tile Verte, se trouve sur ce bancqui garnit la côte de l'ile Sherboro, et à sa partie du N. on pourra le ranger à Vi A^- mille par des fonds de 7 à 8 mètres. On conlinuera à suivre la côte de l'île Sherboro de préférence à l'au-

ILE BULLENS.

in9

ire bord pour évher le banc qui prolonge dans le N. l'île BuUens , et dont une partie assèche ; sur d'autres points on trouve 1" 6 d'eau.

Or dépassera à cette route un grand nombre de villages répandus sur la rive droite ; te plus important est le village de Yong. II est à 5 milles au N. à peu près de la pointe viuage de vong. d'Argyle.

De ce village, la côte de Sherboro prend la direction du N. 50<^ E. l'espace de 2 milles. On continuera à la prolonger à V4 de mille au large.

Devant le village de Yong, il faudra se défier d'un petit banc de sable qui assèche à basse mer, et qui est très-accore ; on trouve à le toucher 8,0 et 11 mètres à sa partie du N. ; il s'écarte de Vio àe miUe de la plage. On évitera en môme temps les bancs qui s'étendent de la rive gaudie occupant les % de la largeur du fieave; Tan d'eux, assez considérable, assèche à basse mer* Il est à 3/4 de mille dans le N. £. de Tile Bnllens, iie BuUens. îlot boisé dont nous avons déjà parlé.

Après avoir couru l'espace de 2 milles au N. 50<>£., comme nous l'avons dit, la côte prend la direction du N. et forme une pointe assez saillante, au N. de laquelle se trouvent trois marigots. Cette pointe est couverte de grands arbres et se nomme pointe Barrette. PoùiieBarroitc.

En foce d'elle, on remarque à la rive gauche les villages con* sidérables de Bendo , reconnaissabLes à trois touffes d ar- ^'^^«e^*"' '^'' "<'"<i'' bres séparées et plus élevées que les autres. La rive gauche du fleuve Shebar, depuis l'île Tucker, court sur une direction qui est à peu près le N. 33<> £. Elle est très-boisée et coupée par plisieurs marigots qui en détachent quelques îles. De celle de Tucker au village de Bendo, il y a 4 milles Va- La côte est inabordable en raison des bancs qui lavoisinent et qui rétrécissent le fleuve, large de 3 milles à la hauteur du village de Yong, des % de cette largeur. Entre la poiole Barrette et le village de Bendo, le fleuve n'a que 2 milles V4 d^ largeur.

En outre, à la hauteur de la pointe Barrette, le chenal devient tortueux. Dans le N. E. de cette pointe, 00 remarque un groupe composé de onze îles ou îlots. Les trois principales iles et les plus éloignées de la rive droite du fleuve sont : au S.,

170 COTE DE SIERRÂ-LEONE

ne Barrette TUe Barrette; au centre, Tile d'York, la plus grande de toutes; MO au N., lile Hutchinspo.

Toutes ces îles sont assises sur un plateau commun qui, commençant à la pointe Barrette, court d'abord dans le S. 52^ £, de cette pointe sur une étendue de Ve de mille. Son aecore de ce point court au N. 55° E, l'espace de 1 mille Vs» ®t de là remonte au N. jusqu'à la pointe Sud de l'île d'York.

Ce banc forme le côté gauche du canal ; lorsqu'on remonte le fleuve, le fond y est variable de 1°" 8 à 3°" 6, et il faut, en chenalant, éviter de couper les pointes avancées qu'il forme dans ses sinuosités.

Les bancs de la rive gauche du fleuve décrivent à peu près parallèlement les mêmes contours que ceux du banc précédent. • Il sera donc prudent, avant de tenter le passage, de faire baliser l'une des accores et de se faire précéder d'un canot pour piloter dans la passe difficile dont il s'agit. Sa largeur varie de Vs mille à V4 de mille ; sa profondeur, de 9 mètres à 5'° 4. A l'accore des bancs, on trouve 3" 6 et 2"> 7.

Voici quelques indications pour suivre cette passe ; mais, comme nous l'avons dit déjà plusieurs fois, les bancs de tons, les fleuves et des rivières d'Afrique sont fort changeants, et on. fera bien de les explorer à l'avance.

A la hauteur du dernier village qu'on remarquera sur la côte de rUe Sherboro et à V2 ^nille de distance de la pointe Barrette, la relevant au N. 52° E., on coupera en courant à l'E. sur la rive opposée, jusqu'à ce que cette pointe reste au N.

On fera alors le S. 58° E. jusqu'à ce qu*OR ramène au N. la pointe S. E. de l'ile la plus voisine de la pointe Barrette. Dès lors, on courra sur la partie la plus Nord du villlige de Bendo, la tenant un peu par tribord, au N. 55° E., jusqu'à ce qu'on ramène au N. la pointe Sud de l'île Barrette. On mettra alors le cap au N. 44° E., et quand on aura dépassé le village de Bendo, on ralliera de près la rive de ce côté, et l'on vienda se mettre sur la ligne qui joindrait le village ou les arbres de Bendo à la rive Est de l'ile d'York. On se maintendra sur cette ligne jusqu'à ce qu'on soit à Va ^iH^ de la pointe S. £. do celte lie.

UMiôrpjong On traversera ainsi rcmbouchurc de la rivière Jong, large

ILE MAGÂULEY.

d'environ 3 milles, et on laissera cette rivière sur ia droite. Elle se dirige dans TE. l'espace de 6 milles, et elle est obstruée par des bancs ne laissant entre eux qu'un canal peu large et peu profond de ô°>4 à 4°>5, qui n'est exploré qu'en partie.

A l'entrée de cette rivière , sur la rive gauche, on remarquera plusieurs villages au N. d'un assez grand marigot, distant de 1 mille du village de Bendo.

A Va mille de la pointe S. E. de Tile d'York, on longera l'aceore du banc qui la prolonge à V4 de mille, et dès qu'on sera sur le parallèle de la pointe S. E., on rangera à plus petite distance, à 1 encablure, la c6te Est de l'île, surtout^à sa partie du N.E., pour éviter les petits bancs qui forment l'autre côté du chenal.

On contournera également de très-près sa côte Nord, puis la côte Est de l'île Hutchinson. Quand on aura dépassé cette dernière, on fera route au N. 59° E. sur la pointe S. E. de Tîle Macauley qui restera par tribord à cette route et qu'on y maintiendra de quelques degrés. L'on viendra mouiller en la tenant ainsi par 9 ou 11 mètres à Vs mille de cette pointe. On relèvera à ce mouillage, au S. 69^ O., le village de Kildare, vuiage de Kiidnre. situé près de la pointe S. 0. de l'Ile Macauley, et remarquable à deux touffes isolées d'arbres élevés.

De ce mouillage, on verra, un peu au S. du village indiqué, ia rivière on le marigot de Bunt qui sépare l'île Macauley de RuièrcBum rsie ^erboro, et qui, après un grand nombre de sinuosités, en remontant vers le N., revient se jeter dans le fleuve Sbebar à 1 mille au S. de la pointe Jamaica. La pointe S. 0. de Tile Macauley, pointe Nord d'entrée de cette rivière, se nomme pointe Guckolds.

Le village de Kildare est considérable ; il s'élève sur la rive gauche d'un petit marigot, et les arbres signalés plus haut le font seuls reconnaître de la rivière; il est à Va de mille dans l'intérieur.

L'île Macauley, qui forme la rive droite du fleuve Shebar dans ne Hacauiry. cette partie de son cours, a 5 milles de sa pointe S. E. à sa pointe N. 0. La côte, en s'arrondissant légèrement, court de l'une à l'autre au N. 57° O. Elle est saine et accore, très*boisëe et coupée par deux marigots; près de l'embouchure du plus Sud

COTE DE SIERRA-LEONE

Village de John- QizeUi.

Populalion.

VillaKC «le Menlro, Ut N.7«18'0".

ioDg.O.iraS'O".

des deux, on voit un petil tlôt boisé. A ia pointe N. O. de cette lie et sur le bord du fleuve, se trouve le village de John-Cazdii. En face de ce village et au N., on voit la petite Ile Bobs» et, plus à TE., la grande lie Rendall.

La rive en face de l'Ile Macauley est formée par une terre très-boisée dont plusieurs îles se détachent et qui est prolongée fort au large par des bancs. Plusieurs même de peu d'étendue se trouvent çà et là dans le chenal. L*un d'eux assèche à basse mer.

La mdlleure route à faire» pour éviter tous ces bancs, est de ranger de très-près la côte Est de l'ile Macauley. On trouvera à cette route, pour pins petit fond, 4*" 6, et l'on atteindra le village de John-Cazelli sans peine. Devant celui-ci , le chenal devient plus large ; il est profond entre la côte de l'Ile Bobs et la pointe Jamaica. Les fonds varient de 15 h 16 mètres à 8 mètres; il faudra, si l'on veut pénétrer dans le fleuve Sherboro, ranger, à moins de Vs mille, la rive droite de préférence à rile Bobs, prolongée par des bancs très-accores. Malgré les détails qui précèdent, nous n'avons pu donner qu'une idée générale de la navigation des fleuves Shebar et Shcrboro ; il sera donc nécessaire, pour entrer dans ces fleuves dangereux, en raison des changements qui peuvent survenir dans les bancs, d'avoir un pilote local.

Ces deux fleuves sont excessivement peuplés, et l'on pourrait y faire un grand commerce de bois et d'huile de palme principalement, comme aussi d'arachides.

Les peuplades qui habitent les rives du Sherboro et la rive droite du Shebar, appartiennent à la tribu des Boolms. Celles de la rive gauche du Shebar sont de la race des Kitlangs.

De la pointe Hanna, la côte, jusqu à Gallinas, court à TE. S. E. environ l'espace de 58 milles. C'est une côte basse et boisée, à plage sablonneuse, blanche et tellement uniforme, qu'un arbre un peu plus élevé que les autres est d'ordinaire un bon point de reconnaissance. La côte, saine partout, peut être prolongée sans crainte par 11 mètres de fond à moins de 1 mille.

Le premier village que l'on roncontrc, depuis la pointe Manna, est le village de Menlro.

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