‹ Manuel de la navigation à la côte occidentale d'AfriqueChapitre 51 sur 143 · RIO-LONGO. 1G · texte numérisé non relu

RIO-LONGO. 1G

le cap liedo, qui, vu également du S., descend à la mer par une pente allongée. Le cap San-Braz est en outre entièrement dénudé e\, rocailleux. Ce cap est sain et accore, et on trouve 18 mètres ^ 3 milles dans TO.

La Ponta-Lpnga reste du cap San-Braz à la distance de Ponta-LoD§&j. 19 milles Va dans le S. 26° 30' E. Entre le cap San-Braz et cette pointe, la côte est formée partout de falaises de hauteur moyenne. La pointe elle-m^me est assez élevée et assez saillante sur la ligne de la côte. Elle est remarquable par une falaise à pic qui la domine. Sa couleur est aussi plus foncée que la teinte générale de la côte,

La Ponta-Longa est la pointe Nord d*embouchure du Rio- &io-Lon^. Longo, devant lequel la côte se creuse assez profondément, et iong^îno^ow. forme une baûe large de 8 milles environ entre ses deux pointes, et profonde de 3 milles sur la ligne qui les joindrait. C'est au fond de cette baie qa e&t Temboucbure du Rio-Longo. Cette rivière était le rendez-vous général des navires négriers de San-PhilippoKle-Benguela et de Saq^Paolo-de-^jOSUida» d'où les esclaves étaient envoyés par terre.

L'embouchure du Rio-Longo est au S. d'une f laine trèsbasse et boisée, qui, étant encadrée au N. et au S. par des terres relativement élevées la rendent facile à reconnaître.

Devant le Rio-Longo, te plateau des sondes s'étend assez loin piatemjdessona^. au large^ et le fond diminue très-graduellement lorsqu'oa s*approche de la terre. Aussi, peut-K)n avec la sonde venir facilement prendre ce mpuîllage de nuit ou de jour. On pourra jeter l'ancre par 24, 16 ou 14 mètres; à 3 milles de Tembouchure du Rio-LongQ» on trouve 11 mètres. Peu^ importe, au reste, la distance où l'on mouillCt^ parce qu'on ne peut communiquer avec la terre, et qu'on est partout également exposé aux roulis.

Il existe, cependaiit, sur ce point une factorerie, mais elle a beaucoup de peine à transporter ses produits, vu que la barre du Rio-Longo, bien que dans les grandes marées on y trouve

* Nommée pointe Npire par M. le commandant Simon, et pointe Longue par (e capitaine Maison. Nous avons préféré adopter ce dernier nom pour éviter qu'on ne la confonde avec la pointe Noire précédemment citée. Elle est d'aill^enrs nommée ainsi sut les anciennes cartes du Dépôt.

166 LE BENGUELA

1» 6, brise partout avec force. NéanmoÎDS, des chaloupes

pontées et des petites goélettes peuvent y pénétrer ; mais desi

embarcations ne doivent pas tenter de le faire sans pilote; elles

courraient le risque de s'y perdre corps et biens.

Cap du vieux-Ben- Lc cap du Vicux-Benguela reste au S. 26** E. de la Ponta-

B^ngueir-Head »" LoHga , à la distaucc de 33 milles *. C'est un promontoire

ungxi^Vo'so"'; ^l^v^ ^^ accore, dont l'extrémité est escarpée, et qui est trèsr

saillant sur la ligne de la côte. Il est bien tranché et taillé à

pic de tous les côtés. Sur son sommet, on voit un village con-?

sidérable, et quelques factoreries sont établies dans la baie qu'il

forme dans le N. avec la côte, baie qui, sur les anciennes cartes,

çaie Longa o^i cst uomméc Louga ou Praia-Longa. Le cap présente un aspect

pra^a-Longa. j^^^ remarquable, lorsqu'on le voit de l'E. à 8 ou 9 milles, et

quand on le voit du Sud. Il offre de ce côté quelques falaises

blanches.

En dedans du cap du Vieux-Benguela, la côte court à TE. sur une étendue de 6 milles, et forme le côté Sud de la baie ; elle remonte ensuite en courant vers le N. 39<> O., présentant parn tout des falaises assez élevées jusqu'à la pointe Sud d'embouppnta-Morcno. churc du Rio-Longo, nommée Ponta-Moreno (Pointe Noire), Cette pointe est peu saillante et taillée à pic.

La profondeur de la baie Longa sur la ligne qui joindrait ces deux pointes est d'environ 6 milles dans sa plus grande étendue. Cette grande baie est peu abritée; cependant, on peut y mouiller à 1 mille ou 1 mille Va de la côte, par 19 ou 24 mètres. A 3 milles de sa côte du N., on trouve 18 mètres.

Le mouillage indiqué par M. le commandant Simon est dans le N. E. d'un morne isolé, qui s'élève d'une manière trèsabrupte sur le bord de la plage, à 2 milles dans TE. du cap du Vieux-Benguela.

Du cap du Vieux-Benguela au Rio-Longo, la côte est saine, et partout inabordable. Le fond très-égal, diminue à mesure

Plateau des sondes.

* Nommé aussi cap des Trois-Bointes et Morro-de-Benguela-la-Velha sur quelques cartes.

* Le capitaine Matson le place, sur sa carte, par la longitude de ll^ 18'3(K'; dans son instruction il donne, pour la longitude, 11» 2(/ 5(y^ Le capitaine di\ ^)rick le Mondego donne 11<J 23' pour la longitude.

VILLAGE DE KÏNGO. 16T

qu*on s approche de la lerre. A 1 mille, on trouve de 19 à 21 mètres d'eau; à 2 milles V2 O" ^ milles, on a de 29 à 32 mètres, et on peut la prolonger sans crainte à cette distance.

A 9 milles dans le S. 20° E. du cap du Vieux-Benguela, se ^ ^ Rio-cubo. trouve la pomte Nord d entrée du Rio-Cubo (rivière au Seau), Long.E.n°3i'o"t, divisée à son embouchure par un îlot. Cette embouchure est commune à la rivière Moroa. Le Rio-Cubo est au N. de l'île, la rivière Moroa coule au Sud. La pointe Nord d'eutrée du Rio- mvière M<»rpai, Cubo est distante de 6 milles de la pointe Sud de la rivière Moroa, et l'îlot jeté entre elles a une étendue de 3 milles à peu près. Il est inhabité.

Du cap Benguela à l'embouchure de ces deux rivières, la côte se creuse assez profondément, et Ton peut mouiller par des fonds de 40 mètres dans le S. 0. de l'îlot qui les sépare.'Les négriers y mouillent quelquefois pour embarquer leurs esclaves.

Le Rio-Cubo est un grand fleuve, auquel on donne 100 lieues de cours environ. Il prend sa source dans un lac près de la ville de Sambos, passe auprès de Zamba et de Bailmodo en courant dans le N. 0., puis il tourne et vient se jeter dans lH)céan en courant à l'O. S. 0. sur un espace de 100 milles environ.

La côte ensuite continue à se creuser en arc de cercle jusqu'à Novo-Redôndo.

Du cap du Yieux-Benguela, les collines qui forment la côte s'éloignent un peu du rivage, et le suivent parallèlement à la distance de 9 milles environ dans l'intérieur. Aux environs de Novo-Redondo, elles paraissent sur deux plans.

A la distance de 7 milles dans le N. de Novo-Redondo, on vuiage de Kingo. trouve le village de Kingo *. Sept grandes factoreries y sont établies; le débarquement y est très-difficile, ce qui n'empêche pas des navires de commerce d'y aller quelquefois prendre chargement. Le mouillage est mauvais devant ce point, fort rapproché de la côte, et on y est sans abri pour la houle, qui est toujours assez forte.

Aux environs du Rio-Cubo, les terres sont moins élevées et

* Position donnée par le commandant du brick de guerre le Mondego. Rio- Çubo a été aussi nommé Rio-Curo, Rio-Cuba, Rio-Coubo, Rio-Cuevo.

* Quelques cailles donnent Quingo.

LE BENGUEU.

NoTO-JRedondo.

(Le fort.)

les falaises sont refnplsicëes par une plaine très-basse et boisée^ daqisî laquelle circulent le Rio*Cubo et la rivière Moroa* Plus dans le S., les falaises reparaissent à 1» côte, et régnent presque sans interruption jusqu'à la baie de Lobito» située un peu aulf . de San-Philipperde-Benguela.Dans ce$ falaises, on remarque de grandes taches jaunes^ occasionnées par $}es éboulements du terrain, (.orsquç le temps est clair, et particulièremeirt en décembre, janvier et février, on voit, fort au loin dans l'intérieur, les sommets de hautes montagnes, dont là obaine parait courir à peu près parallèlement à la plage.

Novo-Redondo est facile à reconnaître du large à son fort Lat.s!'^li^"2'0'^ blanc, à trois ou quatre maisons blanchies à la chaux , con-r Long.E.ii«30'6 gJp^i|ç^ s^p ]^ haulçur, et quand on est à une grande distajace au large, à de haute$ montagnes qui la dominent.

I^ ville est considérée comme la troisième des possessions portugaises pour Timportance et la grandeur. Cependant, le fort parait dans un complet état de délabrement. C'est un pre^ sidio (préside) autour duquel §e sont établies quelques facto" reries, qui lui donnaient autrefois une certaine valeur^ Mais la difSculté des communications est cause que le commerce légal se rejette, d'une part, sur Manikicongo ou Quicombo, qui e^t d'un accès plus facile, et que le commerce illégal de la traite se porte à Kingo, comme étant moins surveillé parles autorités. Novo^^Redondo est le point le plus à TË. de toute la côte, entre le cap Negro et le cçip Lope?:.

La rivière de Novo-Redondo, qui prend sa source à 60 milles environ dans les montagnes d^ Tintérieur, donne naissance sur ses bords à une riche végétation, dont on ne peut juger du large ; on aperçoit seulement le9 premiers palmiers d'une belle forêt, qui fait la principale^ richesse des habitanta.

Une nombreuse population est répandue dan$ la plaine et sur les hauteurs qui entourent Novo-Redondo ; elle est soumise à des chefs indigènes nommés Sauvas, qui ne reconnais^ sent point l'autorité portugaise et qui sont fort souvent un çujet de gène pour le presidio; le commandant du fort n'a pas toujours les moyens de résister à leurs exigences.

Devant le fort de Novo-Redondo, il existe un banc qui s'é-^ tend à 3 milles dans l'Ô., et, si l'on veut mouiller devant le fort,

Rivière de Noto- Redondo.

Bonc de 'Novo-Ke dondo.

BAIE DE QUICOMBO.

il faut s'ôn tenir à cette distance. Dans cette direction, on p^t mouiller devant ce point par des fonds de 16 ou de 19 mètres *.

Les communications se font au moyen de bimbas, bateaux de forme particulière pour franchir les barres. Malgré cela, elles sont encore fort difficiles, car la mer brise toujours avec beaucoup de force sur la plage.

De Novo-Redondo, la côte court presque en ligne droite Fespace de 9 milles jusqu'aux factoreries de Quicombo ou de JUanâLicongo ^, car ce nom se trouve également sur les anciennes cartes et dans les anciennes instructions. Les factoreries s'élèvent sur les bords d'une petite rivière nommée Quicombo ou ManikicongO; se jetant à la i^er à la partie Sud d'une baie peu profonde et point abritée qui porte le même nom qu'elle. De l'embcnichure de la rivière, la côte court l'espace de 3 milles à TO. 31° S. environ, formant le côté Sud de la baie dont la pointe S. 0. se nomme aussi pointe de Quicombo. En face de cette poipta est un banc de roches situé dans le N. N. O. à la distance de 1 mille ^ et sur lequel la mer brise quelquefois. Il reste 4^ 2 d'eau sur ce banc. De son extrémité on relève la pointe Rouge au S. 18° 0., et le bas d'un sentier par les cases le plus à l'E. du village ^^ S. 46° ]E.

Il faudra donc, en venant au mouillage, se défier de ce banc et tenir la partie Est du village au S. 22^ E. ou au S. 11° E., puis jeter l'ancre dans cette direction où il conviendra.

Au mouillage ordinaire intérieur, par 5 mètres d'eau, on

Baie de Quicombo ou de Manikicon-

Factoreries.

Rivière Quicombo ou Manikicongo.

Pointe de Quicombo.

Lat.S.H'lBMS".

Long.E.H^'lT'SO".

Var.N.O.22»50'.

Mouillages.

* Le banc signalé ici, mais sans que rien en fixe la position, est indiqué par le capitaine Rouxo de Rosencoat. Le capitsiine Matson et le commandant Simon n*ên parlent pas. M. le capitaine Rouxo de Rosencoat ditqu*un brick, qui s*est échoué sur oe banc, s*egt yu contraint de jeter ses canons à la mer pour se renflouer.

M. Simon indique le mopillage que nous avons donné plus haut; le capitaine Matson dit, dans son instruction, 4]ue le meilleur mouillage est par 7» 2 ou t^n 6, relevant le fort à TE. S. C

{Nautieal Magazine, volume XIII, page 132, 1844 ; ^{Annaiu hydrographiquesy 1850, !'« partie.)

* Sur quelques cartes on trouve aussi KyeofnJbo,

3 Le capitaine Matson donne 1 mille pour la distance du banc à la pointe; je commandant Simon don^e i/s "aille.

LE BENGUELA

Ressources.

Marques de reconnaissance.

tiendra le village au S. 11^ E., la pointe de Quicombo au S, 33*> 0., et au N. 10° E., la grosse pointe Nord de la baie dans Talignement du fort de Novo-Redondo *.

Un autre mouillage est encore indiqué : on y relèvera la pointe Rouge au S. 18° 0., et le bouquet d'arbres apparent marqué sur le plan du portulan au S. 66° E. ; on sera par 9°» 7 d'eau *, Ce bouquet d'arbres est un peu au N. E. de l'entrée de la rivière.

Lorsqu'on quittera la baie de Quicombo, en partant du premier mouillage, il ne faut pas gouverner au N. O., et il est nécessaire de se tenir au N. de ce rhumb jusqu'à ce qu'on soit certain d'avoir paré le banc qui se trouve dans le N. N. O. de la pointe de Quicombo.

Il y a un bon mouillage dans la baie, excepté durant les ras de marée ou pendant la calema. Il est alors nécessaire de mouiller en dehors de la pointe de Quicombo. La houle, néanmoins, est toujours fatigante à ce mouillage et les . ras de marée s'y font plus sentir qu'ailleurs.

Sous le rapport commercial, Quicombo est le point le plus important de la côte après Benguela. On s'y procure de bons bœufs, des provisions de table et d'assez bonne eau dans la jolie rivière de Quicombo dont l'entrée est barrée, ce qui force à débarquer les pièces à eau et à les rouler jusqu'à la rivière. Mais, quand la mer est belle, on peut faire Teau à lemboucbure de la rivière même assez facilement.

La baie est très-poissonneuse et la pèche se fait à la ligne, et non à la seine ^.

La baie de Quicombo est d'autant plus importante à reconnaître que ce point est le seul, depuis Little-Fish-Bay^ où Ton puisse se procurer facilement de l'eau *. Elle est facile à reconnaître en venant du S. par la pointe Rouge, qui se trouve a 3 milles au S. S. 0. delà pointe de Quicombo, poinle Sud de la baie; en venant du large ou du N. par un sentier ou une route

« Instructions du capitaine Maison, s Instructions du commandant Simon.

3 Renseignements fournis par le commandant Gabet (manuscrit du Dçpét de la Marine).

* Le capitaine Rouxo de Rosencoat.

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