VILLE ET POPULATION DE GEORGES-TOWN
poisson est aussi très-abondant dans la baie de Clarenee.
Le sol de l'Ascension ne produit ni fruits, ni légumes qui lui soient propres, il ne donne que ceux qu'on y a transportés d'Europe, et qu'on cultive dans les jardins des noontagnes Vertes. Le pourpier croît en abondance dans les interstices des k*ocbers, dans les crevasses des falaises, et sert de nourriture au bétail.
Une des principales ressources d'alimentation de l'île consiste en tortues de mer, donc la chair est excellente ; elles appartiennent à l'espèce verte, désignée sous le nom de testudo viridis, à cause de la couleur de sa graisse ; elle fait la base de la nourriture de la garnison et des habitants. Les bâtiments en relâche en achètent d'ordinaire un grand nombre, ces amphibies pouvant vivre deux ou trois mois et s'abtenir de nourriture. Quelques-unes de ces tortues pèsent jusqu'à 500 kilogrammes, mais ne produisent en chair mangeable que 90 ou 100 kilogrammes.
Les tortues visitent l'Ile depuis la fin de décembre jusqu'au milieu de l'été, et durant cette période, chaque femelle fait trois ou quatre nids, qui contiennent chacun cinquante ou soixante œufs; elles opèrent généralement leur descente à terre depuis dix heures du soir jusqu'à quatre heures du. matin. C'est soixante-trois ou soixante-dix jours après la ponte que les jeunes tortues éclosent et se dirigent immédiatement vers la mer.
On peut acheter les tortues, mais il est défendu, sous une peine sévère, de les tourner sur la plage pour s'en emparer, lorsqu'elles vont faire leur ponte.
Ce fut en 1815 que les Anglais prirent formellement posses- vuie et population sionde l'île de l'Ascension. A cette époque, on établit un sim- deGeorgevTown. pie poste militaire, composé de quelques soldats, commandés par un officier, et les seules constructions faites furent des casernes. Depuis lors, l'établissement de George' s-Town a pris de l'accroissement. Des maisons en bois se sont élevées, et la maison du gouverneur est un assez grand édifice, construit en pierre. En 1833, la garnison se composait de 270 soldats de marine, commandés par 4 officiers du grade de lieutenant et par 1 capitaine gouverneur, de 2 chirurgiens, de 1 agent des vivres
et de 50 noirs; une vingtaine de femmes et des enfants ont dà^ depuis 1833, augmenter la population.
L'Ascension est devenue nn point de ravitaillement pour les <Toiseurs de la côte d'Afrique, et par suite on a dû accroitre les ressources qu'elle offrait déjà. Il y existe, pour les bateaux à vapeur anglais, un dépôt de charbon. Les différents objets d'armement sont tous livrés aux navires qui en ont besoin, à des prix fixés à l'avance par l'amirauté anglaise, et ils leur sont donnés immédiatement, sans qu'il y ait à débattre ces prix.
Cependant, on ne peut regarder cette fie que comme un lieu de relâche offrant fort peu de ressources aux navires étrangers. Climat, saisons, CoHime uous l'avous dit déjà, le climat de l'Ascension est très-sain.
Le thermomètre varie dans le jour et à l'ombre, de 29 à 33 degrés centigrades, durant la période où le soleil a une déclinaison Sud, époque des grandes chaleurs, qui dure de septembre à mars. Il est rarement au-dessous de 28 degrés durant la nuit.
Le baromètre ne monte jamais au-dessus de ?64 millimètres, et ne tombe pas au-dessous de 757 millimètres. La moyenne pour toute l'année est de 759 millimètres. Durant la saison chaude, le baromètre se maintient habituellement à 762 milli'mètres; et, dans la saison froide, il est le plus généralement audessus de ce chiffre. Dans la saison froide, de mars à septembre, le thermomètre varie le jour de 24 à 28 degrés centigrades, et il tombe alors quelquefois un peu de rosée le soir.
L'époque des pluies dans l'île est à peu près de mars à avril, et qqelquefois ce ne sont que des ondées légères, tandis que d'autres années sont remarquables par la quantité de pluie qui tombe à la même époque.
La saison la plus froide de l'année est aussi la plus sèche. Pendant les mois de mars et d'avril, on voit quelquefois des éclairs dans le K. et le N. O., et l'on entend accidentellement un coup de tonnerre; mais cette circonstance est rare.
En mai, les nuages ont fréquemment un mouvement de i'O. à l'E., ou du N. 0. au N. E., opposé aux vents adisés,.et l'oa éprouve aussi quelquefois des brises soutlant vers TE. et le N. E., mais elles sont de courte durée.
RAS DE MÂUÉE. 209
Ce qne nous disons ici du climat de l'Ascension ne s'applique pas au groupe des montagnes Vertes, où, comme nous l'avons dit, la température est bien plus agréable. Le pic est généralement plus ou moins couvert de nuages durant la journée, et la condensation produit une quantité d'eau assez considérable pour alimenter les sources dont nous avons parlé.
Le matin, la chaleur dans les parties inférieures de Tîle est insupportable par la nature même du sol, qui réfléchit les rayons du soleil, et aussi parce que d'ordinaire la brise est faible. Mais, v€rs neuf ou dix heures, la brise du large s'élève fraîche, et vient tempérer l'ardeur des rayons solaires, en activant la circulation de l'air échauffé.
Les ras de marée sont assez fréquents à l'Ascension ; l'époque r^s de marée. où Ton a remarqué qu'ils se produisaient le plus fréquemment est de décembre à avril ; on en éprouve au reste à toute autre époque de Tannée; ainsi, des navires en ont rencontré en juillet et en janvier. C'est sur la côte, sous le vent de Tile, c'est-à-dire à la côte Nord, que se produit ce phénomène. Les navires au mouillage n'ont rien à en craindre , sauf le cas où ils se trouveraient dans le brisant même, par leur proximité du rivage ; seulement, les communications avec la plage sont quelquefois rendues impossibles pendant plusieurs jours. Les ras de marée ont lieu dans la saison la plus calme de l'année, lorsque les vents alises du S. £. sont souvent très-légers, et lorsqu'une grande masse d'eau a été poussée dans une direction constante; il y a alors, de la part de cette masse, une tendance à revenir en sens opposé; par suite, une lame tumultueuse est produite partout où elle trouve un obstacle de la part des îles ou des bancs sur lesquels elles sont assises, comme il arrive également sur les continents ^
Le côté du vent de l'île présente une côte élevée, rocheuse et inaccessible dans tout son contour, malgré les nombreux enfoncements qu'elle présente. Aucune partie de cette côte ne
* Webster, Description de V Ascension. La cause des ras de marée est encore à trouver. On a fait, sur ce phénomène, beaucoup de suppositions, et quelques savants l'attribuent à Tinfluence de la lune ; mais jusqu'ici on n*a encore rien donné de bien satisfaisant pour l'expliquer.
Atterrage par le NO.
peut être Tréquentée depuis Sowtb-West-Bay (la baie du S.O.) jusqu'à North-East»Bay (la baie du N. E.), en contournant Ja pointe South-East-Read (la pointe S. E.) de l'ile. Partout, sur cette partie de l'île, on trouve près de la côte de très-grand* fonds. Elle est saine, et ne présente que quelques rochers apparents très*rapprochés d'elle.
De la pointe Portland^ en remontant THe du côté de FO. et sous le vent, il y a, sur une étendue de côte de 6 milles, un excellent mouillage dans des fonds variables de 18 à 36 mètres d'eau, sable et vase, jusqu'à Englisb-Bay (la baie Anglaise). Car, quoiqu'un banc de roche s'étende devant la pointe Sud de la baie de Glarence, à une distance de 1 mille, le fond partout est excellent, quand on mouille par 18 mètres d'eau.
Lorsqu'on vient atterrir sur l'Ascension par le N. O., on peut voir la terre le plus souvent à 30 ou à 40 milles de distance. On s'en approchera dans cette direction, et à 9 milles de distance, on reconnaîtra facilement le pic des montagnes Vertes, dominant un grand nombre de hauteurs qui paraissent à sa base ; lorsqu'on le relèvera au S. 56® E., il présentera à gauche un appendice assez saillant. Le pic des Voyageurs moins élevé que lui sera à peu près dans l'alignement de son sommet, et reconnaissable par sa forme arrondie. Uâ peu à gauche, on verra le pic des Sœurs à double sommet, et plus à gauche encore, le cratère de TE. qui se réunira au précédent par une terre basse. Sur la droite du pic des montagnes Vertes, on verra la hauteur des Dames, et un peu en arrièreplan, ta montagne Rouge.
On continuera à s'approcher de Hle, et l'on pourra longer de fort près la côte, qui est parfaitement saine dans cette partie. Pointe sabinp sauf Ic banc de la pointe Nord de l'île, nommée pointe Sabine, écueil qui s'écarte de cette pointe à Ve de mille. On suivra la côte de très-i)rès, à la distance de V* ou de Va de mille, jus^ qu'à ce que Ton ramène le mont de la Croix , sur lequel il y a un mât de pavillon, par le milieu de la plage de sable, qui forme le fond de la baie de Glarence, et l'on pourra jeter l'ancre dans cette direction par le fond qui conviendra et à la distance de la terre qu'on jugera nécessaire.