L’ÂNE
L'âne est de mes bons amis; j'aime sa société, «on commerce me récrée, et il y à dans son affaire je ne sais u10i qui excite ma sympathie et mon sourire. Je n’aurai point à me reprocher en mourant de ne m'être pas, en tout temps, arreté dans les foires, sur les places pruliques, partout où s’est rencontré un âne à regarder.
Je parle ici de l'âne des champs, de cet âne flâneur et laborieux, esclave sans être asservi, sobre et sensuel, dont l'oreille reçoit le bruit dans tous les sens, sans que l'esprit bouge, dont l'œil mire tous les objets sans que l'âme se soucie.
Il lui manque, c’est vrai, de la noblesse ; mais aussi point d’orgueil, point de vanité, nulle envie d’être regarde... Ceci m'a fâché quelques fois ; je m’étonnais désagréablement d’être le senl des deux qui trouvât du charme à regarder l’autre. En y réfléchissant mieux, j'ai reconnu qL.2 l'avantage est tout du
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