‹ Manuel de la parole [microforme]Chapitre 149 sur 222 · L’OURS ET LES DEUX COMPAGNONS · texte numérisé non relu

L’OURS ET LES DEUX COMPAGNONS

Deux Compagucns, pressés d'argent,

À leur voisin fourreur vendirent La peau d’un ours encor vivant, Mais qu'ils tueraient bientôt, du moins à ce qu'ils dirent, C'était le roi des Ours, au compte de ces gens. Le marchand à sa Peau devait faire fortune ; Elle garantirait des froids les plus cuisants ; t tirer plutôt & 1x robes qu’une, sait moins ses moutons qu'eux leu Ours :

ompte, ct non à celui de la bête.

S'offrant de la livrer au plus

ent de prix et se

pas ; il fallut le résoudre :

D'intéréts contre l'ours, on n’en dit pas un mot.

L'un des deux compagnons grimpe au faite d'un arbre; L'autre, plus froid que n'est un marbre, $e couche sur le nez, fait le mort, tient son vent, Ayant quelque part oui dire Que l'ours s'acharne peu souvent Sur un corps qui ne vit, ne meut ui ue respire. Seigneur ours, comme un sot, donna dans ce panneau : [1 voit ce corps gisant, le croit privé de vie; Et de peur de supercherie, Le tourne, le retourne, approche son museau, Flaire au passage de l'haleine.

“ C'est, dit-il, un cadavre ; Otons-nous, car il sent. À ces mots, l'ours s’en va dans la forêt prochaine. L'un de nos deux marchands de son arbre descend, Court à son compagnon, Jui dit que c'est merveille Qu'il n'ait eu seulement que la peur pour tout mal. “Eh bien! ajouta-t-il, la peau de l'animal?

Mais que t'a-t-il dit à l'oreille?

Car il t’approchait de bien près, Te retournant avec sa serre.

11 m'a dit qu'il ne faut Jamais Vendre la peau de lours qu'on ne l'ait mis par terre. ” La FONTAINE

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