LA CHANSON DU VANNIER
Brins d'osier, brins d'osier, + Courbez-vous assouplis
8 d’un vieux couplet :
blanche de lait, couche légère,
Brins d’osier, brins d’osier, Courbez-vous assouplis sous les doigts du vannier. Vous serez le panier plein de fraises vermeilles Que les filles s'en vont cueillir dans le taillis. Elles rentrent le soir, rieuses, au logis,
Et l'odeur des fruits mûrs s’exhale des corbeilles.
Brins d’osier, brins d’osier, Courbez-vous assouplis sous les doigts du vannier. Vous serez le grand van où la fermière alerte Fait bondir le froment qu'ont battu les fléaux, Tandis qu'à ses côtés des bandes de moineaux Se disputent les grains dont la terre est couverte,
Brins d'osier, brins d’osier, Courbez-vous assouplis sous les doigts du vannier. Lorsque s'empo automne,
Brius d'osier, brins d'osier, Courbez-vous assouplis sous les doigts du vannier. Brins d’osier, vous serez la cage où l'oiseau chante, Et la nasse perfide au milieu des roseaux, Où la truite, qui monte et file entre deux eaux, S'enfonce, et tout à Coup se débat frémissante.
Brins d’osier, brins d’osier.
Courbez-vous assouplis sous les doigts du vannier. Et vous serez aussi, brins d’osier, l'humble claie Où, quand le vieux vannier tombe et meurt, on Vétend, * Tout prêt pour le cercueil. — Son convoi se répand, Le soir, dans les sentiers où verdit l'oseraie.
Brins d’usier, brins d'osier, Courbez-vous assouplis sous les doigts du vranier. ANDRIÈ THEURIET