‹ Manuel de la parole [microforme]Chapitre 184 sur 222 · L’EXISTENCE DE DIEU · texte numérisé non relu

L’EXISTENCE DE DIEU

Qu'il est grand, qu'il est beau, le spectacle que présente la nature! Et qui de nous peut rester indifférent à cet ensemble de merveilles dont elle ne cesse de frapper nos regards? Même parmi les athées, en est-il un seul qui n’en soit quelquefois profondément ému, et qui, dans ces moments où les passions sont plus calmes, où la raison semble briller d’une lumière plus pure, ne soit effrayé de ses propres systèmes, et, par un sentiment plus fort que tous les sophismes, ne soit, comme malgré lui, rappelé à l'Etre souverain, qu’il n’est pas plus en notre pouvoir de bannir de la pensée que de cet univers? Nous bornant à parler ici de ces choses qui, pour être senties, ne demandént ni science, ni pénibles efforts, et qui malheureusement nous frappent d'autant moins qu’elles nous sont plus familières, quel enchaînement de phénomènes merveilleux, si propres à nous élever jusqu’à la Divinité, n'offre pas le monde planétaire auquel nous appartenons{ ces globes lumineux qui, depuis tant de siècles, roulent majestueusement dans l'espace, sans jamais s’écarter de leur orbite, ni se choquer dans leurs révolutions; ce soleil suspendu à la voûte céleste, comme une lampe de feu, qui vivifie toute la nature, et se trouve placé à la distance convenable pour éclairer, échauffer la terre, sans l’embraser de ses ardeurs; cet astre qui préside à la nuit avec ses douces clartés, ses phases, sor cours inconstant et pourtant régulier, dont le génie de l'homme a su tirer tant d'avantages; cette terre si féconde, sur laquelle on voit se perpétuer par des lois constantes une multitude d'êtres vivants, avec cette proportion de morts et de naissances, qui fait qu’elle n'est jamais déserte ni surchargée d’habitants; ces mers immenses avec leurs agitations périodiques et si mystérieuses ; ces éléments qui se mélangent, se modifient, se combinent de manière à suffire aux besoins, à la vie de cette multitude prodigieuse d'êtres qui sont si variés dans leur structure et leur grandeur; enfin ce cours si bien réglé des saisons qui reproduit sans cesse la terre sous des formes nouvelles ; qui,

MORCEAUX CHOISIS

nte La S se ! Î TE 8 8 confusion, etsem- {| $ de le “t-il pas un concert, “| ie ' 8, dont vous ne Pouvez détacher une LA REA i et, de là, comment | | es Conservateur de cette {} mn prit immortel qui, embrassant tout dans L st it, sa vaste prévoyance, fait tout marcher à ses fins avec autant | “ Le de force que de sagesse || tips FRAyssINous. || et uni- {| ur être | , et qui Î es érà PHOSPHORESCENCES 1 merveilre pas le Un vieux matelot m'a conté es lumi- Cette histoire, une nuit d'été ent dans Que nous voguions sous les étoiles.

choquer Assis sur le gaillard d'avant, céleste, Tous deux nous écoutions le vent ss se Chanter sa chanson dans les voiles, échauffe i préside Tout à coup la mer s’embrasa.

3 incons- Chaque vague se divisa , su tirer En d’incalculables parcelles uelle on Brillantes comme un firmament ; le d'êtres Ce fut un éblouissement 1issances, De myriades d'étincelles, e d'habi- s diques et Matelot! mon bon matelot !

nodifient, Un

moi donc Pourquoi le flot

e de cette Soudain vient se changer en flamme ? ne Dis-moi donc Pourquoi la mer

es À fait place au grand feu d'enfer?

. : qui, Dieu prenne bitié de notre âme!”

Et je tremblais, tont éperdu.

Le matelot m'a répondu :

# Va, petit mousse, Dieu nous garde ; Ne tremble pas, mon pauvre gars, Car ce feu-là ne brûle pas.

Ne crains rien, enfant, et regarde.

“ À ce que m'a dit un savant,

Avec qui je causais souvent,

Du temps que je faisais la pêche,

Tout ça, ce sont des animaux.

Même, il avait d’étranges mots

Pour les nommer : mais, ça n'empêche,

“ Ma mère, je crois, m'a conté,

Bien mieux que Ini, la vérité,

Et sans chercher trente-six sortes ; Croire sa mère, c’est vertu.

Ces feux-là, moussaillon, vois-tu, Sont des morceaux d'étoiles mortes.

“ As-tu va, parfois, dans la nuit, Passer une lueur qui fuit,

Rayant le ciel, comme une bombe?

Et même, à ce que l'on prétend,

Il est des moments qu’on l'entend.

Eh bien ! c’est un astre qui tombe.

“ Mais le bon Dieu n’a pas voulu Qu’après sa mort, il fut exclu

De son paradis de lumière ;

I1 le fait revivre pour nous, L'astre dont le rayon si doux Berça longtemps notre paupière.

“ Puisqu’il aime les matelots,

Le Seigneur a donné les flots Comme cimetière aux étoiles ; Aussi, parfois, quand il fait beau,

MORCEAUX CHOISIS

Elles brillent dans leur tombeau, Sous les clartés du ciel sans voiles.

“ Et sur ce, mousse, assez causé !

J'en ai déjà trop dégotsé ; Va te remiser dans tes toiles, Car notre Quart est achevé, ” Et, cette nuit-là, j'ai rêvé Que nous voguions sur des étoiles, À. VERCHIN.

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