‹ Manuel de la parole [microforme]Chapitre 197 sur 222 · LA VIE AUX CHAM S · texte numérisé non relu

LA VIE AUX CHAM S

Le soir, à la Campagne, on sort, on se promène, Le pauvre dans son champ, le riche en son domaine ; Moi, je vais devant moi: le poète en tout lieu Se sent chez lui, sentant qu’il est partont chez Dieu. Je vais volontiers seul. Je médite ou j'écoute. Pourtant, si quelqu'un veut m'accompagner en route, Paccepte, Chacun a quelque chose en l'esprit, Et tout homme est un livre où Dieu lui-même écrit. Chaque fois qu’en mes mains an de ces livres tombe, Volume où vit une âme et que scelle Ja tombe. J'y lis. Chaque soir done, je m'en vais, j'ai congé, Je sors. J'entre en Passant chez des anis que j'ai. On pren le frais, au fond du jardin, en famille, Le serein mouille un peu les banes sous Ja charmille ; N'importe! je m'assieds, et je ne sais Pourquoi Tous les petits enfants viennent autour de moi, Dès que je suis assis, les voilà tons qui viennent. C’est qu'ils savent que j'ai leurs goûts ; ils se souviennent Que j'aime comme eux l'air, les fleurs, les Papillons, Et les bêtes qu'on voit courir dans ls sillons. Ils savent que je suis un homme qui les aime ; Un être auprès duquel on peut jouer, et même Crier, faire du bruit, parler à haute VOix ; Que je riais comme eux et plus qu'eux autrefois, Et qu'aujourd'hui, sitôt qu'à leurs ébats j'assiste, Je leur souris encor, bien que je sois plus triste ; Ils disent, doux amis, que je ne sais jamais Me fâcher ; qu'on s'amuse avec moi; que je fais Des choses en Carton, des dessins à la plume ; Qi je raconte, à l'heure où la lampe s'allume. Oh! des contes éhariniants ‘ni vous font peur la nuit, Et qu'enfin je snis doux, pas fier et fort instruit.

Aussi, dés qu'on m'a fa: le voilà! tous accourent. [ls quittent jeux, cerceaux et välles ; ils tn'entourent,

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