DON LOUIS
Je vois bien que je vous embarrasse, et que vous vous passeriez fort aisérient de ma venue, A dire vrai, nous nous incommodons étrangement l’un st l’autre; et, si vous êtes las de me voir, je suis bien las aussi de vos dépcrternents. Hélas! que nous savons peu ce que nous faisons, quand nous ne laissons pas au ciel le soin des choses qu'il nous faut, quand nous voulons être pl'.s avisés que lui, et que nous venons à l'importuner par ncs souhaits aveugles et nos demandes inconsidérées! J'ai soul aité un fils avec des ardeurs nonpareilles ; je l’ai demandé sais relâche avec des transports incroyables ; et ce fils, que j'obtiens en fatiguant le ciel de vœux, est le chagrin et le supplice de cette vie même dont je croyais qu'il devait être la joie et la consolation. De quel œil, à votre avis pensez-vous que je puisse voir cet amas d'actions indignes” dont on a peine, aux yeux du monde, d’adoucir le mauvais
s vous s nous tes las \Télas !
Jus ne quand nons à inconreilles ; rables ; est le s qu'il re avis, dignes auvais
MORCEAUX CHoIsis 273
visage: vol, suite continuelle de méc réduisent à toute heure à lasser ,e ont épuisé auprès de lui le mér de mes amis? Ah! quelle bass Vous point de mériter si pen votre naissance? E
droit, dites-moi, d'en tirer quelque vanité!
fait dans Je monde pour être gentilhomme
Sufl se d'en porter le nom et Jes armes, et q
glorre d'être sortis d’un sang” noble lorsque nous vivons en infâmes ? Non, ‘0n, la naissance n'est rien où la vertu n’est pas, Aussi, nous v'avons part à la gloire de nos ancêtres qu'autant que nous nous efforçons de leur ressembler; et cet éclat de leurs actions Qu'ils répandent Sur nous, nous impose un enga- &ement de leur faire Je même honneur, de suivre les pas qu'ils nous tracent, et de ne point dégénérer de leur vertu, si nous voulons être estimés leurs véritables descendants Ainsi vous descendez en vain des aïeux dont vous êtes né; ils vous désa- Vouent pour Jeur Sang, et tout ce qu'ils ont f.
ait d’illustre ne Vous donne aucun avantage ; au contraire, l'éclat n’en rejaillit
Sur Vous qu'à votre déshonneur, et leur gloire est un flambeau qui éclaire anx Yeux d’un chacun Ja honte de vos actions, Apprenez enfin qu'un gentilhomme qui vit mal estun monstre dans la vature ; que Ja vertu est le premier titre d
que je regarde bien moins au nom « qu'on fait, et Que je ferais plus d'ét:
qui serait honnête homme,
vivrait comme vous,
hantes affaires, qui nous S bontés du Souverain, et qui ite de mes Services, et le crédit esse est la vôtre! Ne rougissez.
Mozrère.