‹ Manuel de littérature françaiseChapitre 129 sur 514 · L'ANE VÊTU DE LA PEAU DU LION · texte numérisé non relu

L'ANE VÊTU DE LA PEAU DU LION

De la peau du lion l'Ane s'étant vêtu,

Était craint partout à la ronde;

Et, bien qu'animal sans vertu,8

Il faisait trembler tout le monde.

Un petit bout d'oreille échappé par malheur,

Découvrit la fourbe* et Terreur:

Martin5 fit alors son office.

Ceux qui ne savaient pas la ruse et la malice

S'étonnaient de voir que Martin

Chassât les lions au moulin.

Force gens font du bruit en France Par qui cet apologue est rendu familier.

Un équipage cavalier Fait les trois quarts de leur vaillance.

1 Prouesse, acte de bravoure, ne se dit plus aujourd'hui qu'en plaim*™' k'a4}jectif preux se dit encore en poésie, p. e. dans le Cor Alfred de Vigny, v. paçe 571 et 572 de ce Manuel. Commines; voyez Y Introduction p. XXXI.

j Vertu; v. page 16, note 5. * Pour: fourberie.

1 Martin, valet de meunier, ordinairement armé d'un bâton.

c n«K JfaMM/ dé Littérature français. 10e éd. 9

130 LA FOXTAIXE (1621-1695)

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