‹ Manuel de littérature françaiseChapitre 138 sur 514 · M»* DE SÉVIGNÉ · texte numérisé non relu

M»* DE SÉVIGNÉ

MAEIE DE RABUTIN CHANTAL, marquise de SÉVIGNÉ, naquit à Paris, le 5 février 1626. Orpheline de père dix-huit mois après sa naissance, elle perdit sa mère à l'âge de sept ans et demi. Son aïeul maternel et plus tard son oncle, l'abbé de Coulanges, se chargèrent de son éducation. Les dispositions précoces de la jeune orpheline furent soigneusement cultivées: Chapelain2 et Ménage lui enseignèrent le latin et lui donnèrent les premières leçons de littérature. Depuis, elle apprit l'italien et perfectionna son goût par la lecture continuelle des bons auteurs. ^

A Tâge de dix-huit ans, M1Ie de Rabutin épousa le marquis de Sévigné, maréchal de camp, homme fastueux et dissipé, qui fut tué dans un duel au bout de sept ans de mariage. Restée veuve à l'âge de vingt-cinq ans avec un fils et une fille, Mme de Sévigné se consacra à l'éducation de ses enfants. Cependant, dès 1651, elle vint à Paris. Elle se fit précieuse et alla dans le monde, aimée et recherchée pour son esprit et son amabilité. En 1669, elle maria sa fille à François Adhémar, comte de Grignan, qui fut, deux ans après, nommé lieutenant-général du roi au gouvernement de la Provence.

Ce fut pour Mme de Sévigné une vive douleur de voir s'éloigner cette fille qu'elle aimait tendrement. Elle chercha dans une active correspondance un dédommagement à son absence et lui écrivit de nombreuses lettres, qui furent publiées après sa mort avec celles qu'elle avait adressées à divers amis. Les Lettres de Mme de Sévigné sont, encore aujourd'hui, regardées comme le modèle du genre. Elles sont écrites avec une grâce inimitable, dans un style facile et naturel, qui rencontre toujours l'expression propre, et avec un talent de description remarquable. Beaucoup de ces lettres offrent un grand intérêt historique; la plupart renferment des traits caractéristiques sur la bonne société d'alors et sur la cour de Louis XIV; quelques-unes parlent de personnages qui ont joué un rôle dans l'histoire; toutes portent au plus haut degré le cachet de la vérité et de la sincérité.

Mm6 de Sévigné mourut de la petite vérole le 17 avril 1696. Elle était alors en Provence, auprès de sa fille, qui, neuf ans plus tard, fut emportée par la même maladie.

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