‹ Manuel de littérature françaiseChapitre 157 sur 514 · IL ORAISON FUNÈBRE DE LOUIS DE BOURBON, PRINCE DE CONDÉ · texte numérisé non relu

IL ORAISON FUNÈBRE DE LOUIS DE BOURBON, PRINCE DE CONDÉ

Le prince de Condé, dit le grand Condé, connu d'abord sous le nom > due aEnphien,* naquit à Paris en 1621, et mourut en 1686. 11 montra dans la carrière militaire un génie précoce. Nommé général en chef à r*g* de 22 ans (1643), il défit entièrement à Rocroi (près des frontières éa Luxembourg) les Espagnols, bien supérieurs en nombre et redoutables al*» par leur infanterie. L'année suivante, il battit l'armée impériale à Fribouig (en Brisgau); en 1645, il gagna, avec les Hessois, la bataille de Stodlingen (en Bavière). Il fut moins heureux en Catalogne et ne put ;rtodre la ville de Lénda; mais il remporta bientôt après sur l'archiduc

1 Joint que est un archaïsme. On dit aujourd'hui: outre que.

2 Cest-à-dire: et de mœurs plue agréables. * Prononcez: a«-gan.

Léopold la victoire de Lena (en Flandre), qui contribua beaucoup à la conclusion de la paix de Munster (1648). Fendant les troubles de la Fronde,. Condé, qui avait d'abord défendu la cour, prit ensuite parti contre Masarin. Arrêté en 1650, il subit une détention de treize mois. Remis en liberté, il ne songea qu'à la vengeance, leva des troupes, marcha sur Paris et défît l'armée royale dans la bataille de Gien, sur la Loire: mais il fut battu luimôme par Turenne, dans le faubourg St- Antoine (1652). Après cette défaite, il passa dans les rangs des Espagnols et ne rentra en France qu'après la paix des Pyrénées (1659). En 1668, Condé conquit la Franche-Comté en trois semaines. Il prit une part glorieuse à la guerre de 1672 en Hollande. La bataille de Senef (dans le Hainaut), qu'il livra au prince d'Orange, et où les deux partis s'attribuèrent la victoire, fut son dernier fait d'armes. Condé vécut dès lors dans la retraite, à Chantilly, près de Paris, cultivant les lettres et conversant avec Racine et Boileau.

L1 oraison funèbre du prince de Condé est la dernière et la plus célèbre de celles que Bossuet a composées. L'héroïsme n'est rien sans la piété; commander aux hommes n'est qu'illusion, si l'on n'est pas soumis à Dieu, telle est la thèse que l'orateur développe dans ce magnifique discours. Nous en reproduisons Vexorde, le passage sur la bataiUe de Eocroi et la péroraison,

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