ORAISON FUNÈBRE DU PRINCE DE CONDÉ
M les généreux sentiments, les sages conseils et tontes les bonnes pensées; mais il veut que nous sachions distinguer entre les dons qu'il abandonne à ses ennemis et ceux qu'il réserve à ses serviteurs. Ce qui distingue ses amis d'avec tous les autres, c'est la piété: jusqu'à te qu'on ait reçu ce don du ciel, tous les autres non-seulement ne sont rien, mais encore tournent en ruine à ceux qui en sont ornés: ans ce don inestimable de la piété, que serait-ce que le prince de Coudé avec tout ce grand cœur et ce grand génie! Non, mes frères, s U piété n'avait comme consacré ses autres vertus, ni ces princes ne trouveraient aucun adoucissement à leur douleur, ni ce religieux pontife. lacune confiance dans ses prières, ni moi-même aucun soutien aux bauges que je dois à un si grand homme. Poussons donc à bout la gloire humaine par cet exemple: détruisons l'idole des ambitieux; qu'elle tombe anéantie devant ces autels. Mettons ensemble aujourd'hui (car aons le pouvons dans un si noble sujet) toutes les plus belles qualités •l'une excellente nature: et, à la gloire de la vérité, montrons dans un prince admiré de tout l'univers que ce qui fait les héros, ce qui porte a gloire du monde jusqu'au comble: valeur, magnanimité, bonté naturelle, voilà pour le cœur; vivacité, pénétration, grandeur et sublimité 4e génie, voilà pour l'esprit, ne seraient qu'une illusion si la piété ne 2 y était jointe, et enfin que la piété est le tout de l'homme. C'est, messieurs, ce que vous verrez' dans la vie éternellement mémorable de tré6 haut et très puissant prince Louis de Bourbon, prince de Condé, premier prince du sang.