‹ Manuel de littérature françaiseChapitre 16 sur 514 · FABLIAUX, LAIS · texte numérisé non relu

FABLIAUX, LAIS

Dans le temps même où les longues épopées chevaleresques brillaient de tout leur éclat, d'autres poèmes, qui tiennent à la fois du renre épique et du genre lyrique, partageaient avec elles la faveur oblique: c'étaient les fabliaux et les lais. Les fabliaux sont des récite courts, familiers, souvent badins et moqueurs, racontant une utedote, un bon mot, et ne respectant pas toujours la décence. Beau- 1 wp de fabliaux sont des œuvres anonymes, mais nous connaissons *ksî le nom d'un grand nombre de trouvères qui en ont versifié. I un des plus hardis et des plus habiles fut Rutbbéuf, contemporain '* saint Louis. Les fabliaux sont ce qu'il y a de plus précieux et ''e mieux réussi parmi les œuvres des trouvères. Les lais sont des <mtee en vers dont le fond est romanesque. Les lais les plus célèbres sont ceux de Mabis de France, née en Bretagne ou en Flandre, K*is dont la personne et la vie nous sont entièrement inconnues.

ROMAN DE BSNABT.

Le plus connu et le plus curieux des poèmes satiriques du moyen to c'est le Roman de Renartfqui est, sous la forme d'un apologue iomense, la satire burlesque du monde contemporain. Ce n'est pas 'at composition une et homogène, c'est une suite de poèmes commen-

1 Vojeas page 84.

t s Le surnom de Renart ou Renard (Reginhard) donné au goupil

/ri?*; a acquis une telle popularité qu'il s'est, dans la langue française,

^tàtivunent substitué au mot générique. Parmi les autres personnages,

''•* î«rincipaux sont: le roi Noble (le lion), Isengrin (le loup), Brun (l'ours),

"Qntrdair (le coq).

XXTV INTRODUCTION.

ces vers la fin du 12e siècle et achevés au 14e. Le premier Roman de Renart est l'œuvre collective de plusieurs trouvères, parmi lesquels on cite de préférence Pierre de St. Cloud, auteur d'une des meilleures parties de cet ensemble poétique formé d'épisodes distincts. Il n'en est pas de même de Renart h Nouvel, œuvre personnelle de Jaquemabt Gelée de Lille, composée dans une intention morale et satirique sous les auspices de Philippe le Bel, prince également hostile au pouvoir temporel du clergé et à l'indépendance des seigneurs féodaux.

Dans le genre lyrique proprement dit, il faut mentionner Qtosnes de Béthune, un des héros aventureux qui, en 1204, allèrent fonder l'empire latin à Constantinople, et surtout le comte Thibaut de Champagne (1201 — 1253), qui imita dans ses chansons les chants harmonieux des troubadours provençaux.

Sur la limite du 14° et du 15e siècle nous remarquons les poètes suivants: Christine de Pisan1 (1363—1420), qui a composé une foule de ballades et de poésies légères où Ton trouve de la noblesse et de la grâce. Elle a écrit, en prose, le Livre des faits et bonnes moeurs de Charles V. Eustache Deschamps (mort en 1422), poète fécond et plein d'élévation, a appliqué à des sujets de haute morale et de politique nationale les rythmes de la ballade et du rondeau. Olivier Basselin, chansonnier et foulon, né et mort à Vire, petite ville de Normandie, a composé des chansons bachiques qui pétillent d'esprit et de franche gaieté et qui ont reçu le nom de vaux-de-vire*

Le 15e siècle compte parmi ses poètes lyriques Charles d'Orléans, fils du duc d'Orléans assassiné par Jean-Sans-Peur. Fait prisonnier à la bataille d'Azincourt en 1415, il passa vingt-cinq ans en Angleterre, et il y charma par la poésie les tristes loisirs de sa captivité. Ses vers, où Ton trouve de la grâce et de la délicatesse, sont un des derniers reflets de l'esprit chevaleresque qui va disparaître.

Le 156 siècle et le moyen âge sont clos par le poète Villon (1431 — 1500), dont le principal ouvrage a pour titre le Grand Testament. 11 est novateur dans les idées et dans la forme: on rencontre dans ses poèmes une foule d'expressions neuves et pittoresques. Charles d'Orléans écrit le français de la cour, Villon, le français du peuple. C'est un véritable enfant de Paris, espiègle, tapageur, libertin, toujours gai, railleur et spirituel, passant sa vie entre le cabaret, la prison, la faim et la potence. La misère l'ayant poussé au larcin, il fut deux fois condamné à être pendu; deux fois il obtint sa grâce, d'abord du parlement, ensuite du roi Louis XI.

P0É8IE DRAMATIQUE

Page 1