‹ Manuel de littérature françaiseChapitre 18 sur 514 · LITTÉRATURE DU MOYEN AGE, POÉSIE DRAMATIQUE. XXV · texte numérisé non relu

LITTÉRATURE DU MOYEN AGE, POÉSIE DRAMATIQUE. XXV

•if? saints. Ces deux genres naquirent du culte même de l'Église «tholique. Au moyen ftge, on avait introduit dans l'enceinte des ■asiliqnes et des cloîtres des représentations en quelque sorte scéniques, comme ornements de la liturgie. En mêlant, dans une intention pieuse, le divertissement d'un spectacle populaire aux pompes du olte, on arriva peu à peu à de véritables drames, composés de scènes liilognées et d'intermèdes de chant, exécutés dans le temple par les sinistres de la religion. Vers la fin du quatorzième siècle, ces représentations se détachent de la liturgie et passent des mains du >rgé aux membres des confréries qui les donnent hors des églises. La (dus célèbre, quoique une des plus récentes parmi les confréries destinées à la représentation des mystères, fut celle de la P<mion et Résurrection de Notre Seigneur, fondée par des bourgs de Paris, artisans de tout genre, qui se délassaient de leurs •rroux en jouant des scènes dramatiques de l'Ancien et du Nouveau Testament. Favorisés par l'Église, mais entravés quelque î*mps par la défense du prévôt de Paris, ils obtinrent, en 1402, in roi Charles VI des lettres patentes et s'installèrent dès lors xrès de la porte StrDenis dans l'hôpital de la Trinité.

MOBALITÉS, FARCES, SOTIES.

Peu à peu le théâtre qui était d'abord purement religieux, devint •lus mondain. Lies mystères et les miracles furent souvent remplacés par des pièces allégoriques qu'on nommait moralités, parce n'elles avaient pour but de mettre en action quelque vérité morale. <>s moralités devinrent quelquefois agressives et satiriques, comme elle de V Homme obstiné de Pibrbe Gbjngojrê1 (1475—1547), qui -t dirigée contre le pape Jules II.

B est probable que toutes ces pièces n'auraient pas longtemps «ptiré l'attention du peuple, si Ton n'y avait pas joint de bonne aeure l'élément comique qui, du reste, n'est pas non plus étranger n drame religieux tel qu'il avait été représenté dans les églises. Ainsi naquirent les farces et les soties. Ces dernières sont un ïrare intermédiaire où domine la satire.

Deux autres associations s'étaient formées à Paris, Tune composée fa clercs de procureurs et d'avocats de la corporation de la Basoclie, 'autre connue 60us le nom des Enfants sans souci, recrutés parmi «* étudiants et les fils de famille. Ces troupes dont la première ■mit sur la table de marbre dans la grande salle du Palais de Justice, l'autre sur des tréteaux publics, représentaient des moralités, &*is surtout des farces et des soties. Quelquefois on donnait une **ptee de trilogie, composée d'une moralité, d'une farce et d'une sotie.

l'avocat pathelin.

La plus célèbre des pièces de théâtre du moyen âge c'est la farce fc FAwccrf Pathelin. Elle est de la fin du 15e siècle, mais l'auteur ** ert inconnu.* Pathelin est un fourbe et un escroc, mais il amuse.

1 Ou Oringore ou Grégoire.

2 C'est sans fondement qu'on l'a longtemps attribuée à Pierre Buxchet (1459—1515). En 1706 V Avocat Pathelin a été remis en scène ï«r Bkckys (1640—1723) et pàLaprat (1650—1721) qui en ont fait une *ane très amusante sans atteindre à la naïveté et au naturel de l'ori- K*L Bd 1873 le véritable Pathelin a été représenté au Théâtre-Français.

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