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IV.—Le système nerveux

Le Système nerveux est le grand régulateur de l'orsanisme humain ; il est en rapport plus ou moins direct avec les organes, les cellules, les tissus : il préside et à leur nutrition, et à leurs fonctions diverses. L'intelligence, la sensibilité, les mouvements sont liés essentiellement au cerveau et A la moëlle ; même les actions réflexes en dépendent, Nous étudicrons successive ment les médicaments qui agissent Sur le cerveau, sur la moëlle épinière, sur les nerfs périphériques, sur le système nerveux en ténéral

Le cerveau.

Le cerveau est le centre de l'intelligence, le point de départ des mouvements, le point d'arrivée des sensations. On divise les médicaments qui agissent sur cet organe en trois classes : 1° Les aneslhésiques, qui le rendent insensibles à la douleur ; 2° les lvpnotiques, qui produisent le sommeil ; 3° les stimulants, qui donnent à l'organe une activité plus grande.

1° ANESTHESIQUES. — Chioroforme. — Ether. Bromure d'éthyle.— Protoxyde d'azote.

Le chloroforme suspend les fonctions du cerveau par action directe sur les cellules nerveuses. La connais- “nice est d'abord abolie, puis la sensibilité, puis le Mouvement. Quand le bulhe est atteint, le cœur et la respiration s'arrêtent. L'é/her donne une période d'excitation plus longue et une anesthésie moins prolongée que Le chloroforme ; il ne contracte pas autant la circulation périphérique, ce qui ménage davantage le civur : Par contre il est plus irritant pour les poumons. Le romure d'éthyle produit une anesthésie rapide et fusace.

L'insensibilité que donne le profoxvde d'azote est dûe à un commencement d'asphyxie.

2° HYPNOTIQUES. (a) PVrrects : Paraldéhyde. -- Uréthane. - Hypnone. — Sulfonal. - Trional. -- Tétronal. — Véronal., — Méthylal. — Hydrate d'amylène. (b) /uwirecis : Chloral. -Chloralose.— Chloraiamide.- Hypnal.- Bromure. — Opium. — Morphine. Codéine, Dionine -- Héroine. - Narcéine.— Chanvre indien.— Hyoscine. -Duboisine.

Les hypnotiques directs produisent un sommeil naturel en anémiant le cerveau. Le plus actif d'entre eux est le su/fonal, dont l'action est lente (2 ou 3 heures) mais prolongée (S heures et plus). Le trional, le létronal et le véronal agissent au bout de 30 à 60 minutes, La paraldéhyde et V'urcfhane, en mème temps qu'elles anémient le cerveau, ralentissent Ja respiration. L'Arpronce favorise le sommeil plutôt qu'il ne le provoque.

Les hypnotiques indirects déterminent un sommeil artificiel en diminuant l'irritabilité directe ou réflexe des centres nerveux. Le chora/ à une action qui lui est propre, indépendante du chloroforme : le pouls est ralenti, la pupille contractée ; on peut réveiller le patient, le faire boire, le faire manger, et il se rendort ensuite. L'action dure sept heures. L'Avpual, la chloralose et le cAloralamide sont dérivés du chloral. Le éromure, la duboïsine, V'hvoscine et Ve chanvre indien sont des hypnotiques sédatifs. Enfin l'opium et ses alcaloïdes sont de véritables narcotiques : leur action est à la fois hypnotique. analyésiante et stupéfiante.

3” STIMULANTS.-- Alcool.--Café. Thé — Vins.—Bières. Kola. Cacao. Maté. Guarana

Les ctimulants du cerveau portent aussi le nom de modificateurs intellectuels ; ils stimulent d'une manicre passagère l'intellience, la rendent plus prompte et plus vive ; employés à trop fortes doses, ils laissent à leur

suite une dépression prononcée. Le café est le meilleur

stimulant cérébral ; Le Zola et le £LuuFrandt contiennent aussi de la caféine. Le /hé et le maté sont moins actifs que le café et plus stomachiques. L'a/cool est un stimulant actif, mais dépresseur ; il vaut mieux le donner sous forme de /#s ou de bières. Le cacuo mélangé au sucre (chocolat) n'est guère stimulant ; cest plutôt un aliment anti-déperditeur.,

La moëlle épinière.

La moëlle épinière préside aux fonctions de la vie de relation, c'est-ä-dire aux actes réflexes. Les médicaments qui agissent sur la moëlle ou bien excitent ce pouvoir réflexe (s/mulants) ou bien le diminuent (4e- PrESSCUrS Où dépresso-moteurs). 1 faut Y joindre un troisième groupe, les anlispas 'odiques, qui font disparaître, en tonifiant les centres nerveux, l'irritabilité spinale anormale et les convulsions qui en résultent parfois.

1° STIMULANTS. - Noix vomique.— Fève de St-Ignace.-—Strychnine — Coque du Levant.

Picrotoxine.-Cimicifuga. (Fève du Calabar, ammoniaque, acide acétique).

La voix romique et Surtout son alcaloïde la srychnine constituent les stimulants par excellence des centres nerveux médullaires, du cœur et du poumon. La /cve de St-lenace contient trois fois plus de strychnine que la noix vomique ; elle forme la base des gouttes amères de Beaumé, La prorotoxine (coque du Levant) agirait plutôt sur le bulbe rachidien. Le CONUCULA agit surtout sur les centres cardiaques.

La Jéve du Culabar, à qui nous devons l'ésérine, contient un deuxième alcaloïde, la calabarine, qui est un Sümulant de li moëlle. L'ammonraque et Vacide ac lique produisent une augmentation considérable de l'excitabilité réflexe quand on les donnent à doses suffisantes.

z° DEPRESSEURS. Gelsémium Lobélie.

-Pyridine.—Jusquiame.— Ciguë (conium).— Cicutine (conicine). — Homatropine. - Belladone.

Atropine.—Fève du Calabar.——Esérine. (Hromure, datura stramonium),

Le ge/séminm et la lobélie sont des substances très actives et très déprimantes, qu'il faut employer avec Prudence. La prridine agit surtout en inhalations. La ciguë et la cicutine, très toxiques, sont peu emplovées, L'Aomatropine est un alcaloïde artificiel moins irritant et aussi actif que l'atropine.

Le éromure, un hypnotique, est un bon dépresseur de la moëlle. La be//adone et l'afropine agissent aussi très bien dans certains cas. On emploie la }usquiame et le datura Stramontum comme modérateurs des centres res- Piratoires. L'ésérine est surtout précieuse pour son action locale (mvotique).

3° ANTISPASMODIQUES. — Valériane .— Asa fœtida —Cistoréum --Musc —Camphre(bromure). — Boldo. - Tilleul. — Oranger. - Lauriercerise,

La vériane et Vasa fotida sont considérés comme les meïlleurs antispasmodiques ; elles agissent par leur essence. Le bromure de camphre est aussi un excellent médicament, L'action du castoréum et du use est contestée. Le bo/do, le tilleul, Voranger, Veau de laurrercerise sont des remédes populaires contre les états nerveux.

Les nerfs périphériques.

Les nerfs périphériques sont surtout des conducteurs de la sensibilité. La plupart des médicaments qui agissent Sur eux sont des anesthésiques locaux. Cependant certaines interventions locales non médicamenteuses ont un retentissement sur l'état général des centres nerveux, et l'on a classé ces interventions SOLS une dénomination générale en les appelant #odrficateurs LÉNÉFAUX.

1° ANESTHESIQUES LOCAUX.-Cocaine —Eucaine Nirvanine. Exaigine.— Menthol.— Chlorure de méthyle. Chlorure d’éthyle.Col-

chique.--Orthoforme. (Morphine, belladone, antithermiques).

La cocaïne paralyse les nerfs sensitifs et contracte les petits vaisseaux, produisant ainsi une anesthésie et une anémie locales ; l'anesthésie dure une heure. L'eucaïne détermine une anesthésie avec hyperémie qui dure à peine 25 minutes. La »irvanine donne une anesthésie plus lente que la cocaïne, mais elle est moins toxique. L'exalgine supprime la douleur névralgique, et de mème localement le wenthol. Le chlorure de méthvle et le cÆlorure d'éthyle agissent par le froid qu'ils produisent en s'évaporant, Le co/chique, qu'on emploie surtout dans la goutte, est aussi un analgésiant ; il paralyse les terminaisons périphériques des nerfs sensibles, L'orfhoforme est aussi un analgésique local.

Il est à remarquer que la plupart des antithermiques sont aussi des analgésiants. [Il en est de même de la morphine, et localement de la be/ladone.

2° MODIFICATEURS GENÉRAUX.

Les modificateurs généraux n'entrent pas dans le cadre de la matière médicale proprement dite, Ce son: des manœuvres locales qui ont pour but, soit de faire cesser un état nerveux existant (compression du phrénique, compression des ovaires), soit de modifier la nutrition du tissu nerveux (élongation des nerfs, suspension, massage),

Le système nerveux général,

La fièvre est le résultat d'un accroissement des oxydations par suite d'une action irritante sur le système nerveux. Les médicaments antithermiques n'enlévent Pas simplement de la chaleur au COrps, ce que fait, par exemple, la réfrigération; ils diminuent lirritation nerveuse et agissent quelquefois sur la cause déterminante de la fièvre. C'est ce qu'on obtient avec les antifhermiques Proprement dits où antipyrétiques, qui sont presque tous des dérivés plus où moins directs du pi’ 51 Leur action sur le

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