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No. 2.—Térébenthine, 3ss Sel d'Epsom (ou de la Rochelle), 3] Savonnage chaud, O)
Pour un lavement.
(b) Lavement nutritif.—Le lavement nutritif ne doit pas ètre donné plus souvent que toutes les quatre heures, ou six fois en vingt-quatre heures. La quantité de liquide injectée ne doit pas dépasser six onces. La muqueuse rectale absorbant peu, le lavemert nutritit doit être porté aussi haut que possible, avec un tube rectal de caoutchouc durci ayant !£ de pouce de diamètre et dont huit pouces au moins pénètrent dans le rectum. Le tube est introduit bien huilé ; à son extrérité externe on fixe un entonnoir pour verser doucement l'aliment liquide sans laisser entrer d'air. On place pres du siège une serviette autour du tube pour recevoir les wouttes de liquide qui peuvent s'échapper du rectum ainsi que le tube lui-même quand on Île retire de l'anus. Après chaque injection, on lave le tube en y faisant passer de l'eau chaude, puis on le conserve dans une solution boriquée faible. Quand le lavement nutritit doit ètre renouvelé fréquemment, il est bon, avant chaque injection, si l'on veut éviter d'irriter l'intestin, de l’irriguer avec de Peau chaude simplement bouillie. Après le lavement, le malade doit rester tranquille une vingtaine de minutes. Autant que possible, on emploie pour les lavements nutritifs des aliments concentrés. La dose du jus de bœuf pur est de 14 172 once par vingt-quatre heures ; celle de l'essence de bœuf est de 6 onces répétés une fois dans la journée. Le lait doit toujours ètre peptonisé (20 grains de pepsine préparée par chopine de lait) ; on laisse le vaisseau quinze minutes dans l'eau à la température de 100° F.; puis on tient le lait sur la glace jusqu'au moment de le réchauffer pour le donner en lavement. Le brandy et le wisky sont très irritants pour la muqueuse intestinale on ne les donne généralement qu'à chaque second lave
ment, et on les remplace dans chaque lavement alter-
RARE PV ENEER :L
natif par une once de lait. Quand on donne un lavement pour calmer la soif, une chopine d'eau suffit généralement. Les lavements astringents s'administrent avec la seringue fontaine. Nous donnons pour terminer quelques formules :
NO. 1. --Blanc de 2 œufs
Lait peptonisé 3i
No. 2 —1 œuf entier, Sel de table grs XV Lait peptonisé — 3ii] Brandv -— 3ss
NO. 3. -Carbonate d'ammoniaque, AT RS Brandy 3ss Sérum artificiel chaud Oi;
Ce dernier laivement n'est pas à proprement parler un lavement nutritif : on le donne dans les cas de shock Post-opératoire pour stimuler le patient.
l1.—L’alimentation des malades
Un malade peut se priver de médicaments, il ne peut Pas vivre sans nourriture. Le médecin, qui prescrit les remèdes et en dirige l'administration, qui de plus formule la diète, ne saurait se charger de la Préparation où de l'administration des aliments ; il n'en a ni le temps ni les aptitudes. Quand il s'agit d'alimenter les malades, personne ne Saurait égaler la dextérité d'une femme pour qui la cuisine est un terrain familier. Elle seule peut apprendre A Préparer les aliments d'une manière convenable, à les conserver, à leur donner un aspect appétissant, je dirai plus, à les servir avec art ; elle seule surtout saura faire manger un malade capricieux sans enfreindre les ordres du médecin concernant la diète. Le rôle de la garde-malade devient donc ici de premier ordre, et nous n'aurions pas jugé ce manuel complet sans des notiois générales sur les aliments et leur administration.
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L'alimentation des malades ne doit pas ètre routinière ; il faut qu'elle soit raisonnée précisément parce qu'il s'agit de malades, c'est-à-dire d'êtres vivants anormaux, dont les fonctions vitales sont dérangées, l'est impossible d'alimenter un malade d'une manière rationnelle si l’on ignore ce qu'est la nutrition, ce que l'on entend par aliments, quel est le degré de digestibilité des substances alimentaires, et surtout quelles sont leS précautions à prendre pour les administrer aux malades. On trouvera dans ce chapitre : 1° des notions générales sur la nutrition considérée au point de vue chimique ; 2° une revue des aliments au point de vue de leur digestibilité ; 3° ges notions générales sur l'administration des aliments.
1° NOTIONS GENERALES SUR LA NU- TRITION. — Pour entretenir la vie, le corps humain a besoin de quatre éléments essentiels sans lesquels il ne saurait exister : l'oxygène, l'hydrogène, l'azote et le carbone. L'oxygène nous est fourni par l'air, et sa voie de pénétration est le poumon. L'azote, l'hydrogène et le carbone nous viennent des aliments ;: ils sont absorbés par le tube digestif et apportés avec le sang dans les tissus. On donne aux aliments contenant de l'azote le nom de substances albuminoïdes : ces substances servent à former de la chair, à réparer l'usure du COrps ; elles se combinent avec les tissus et les empèchent d'être consumés par la chaleur que dégage l'oxygénation des hydrates de carbone. Les hydrates de carbone, ou aliments contenant de l'hydrogène et du carbone, se combinent dans l'organisme non pas aux tissus, mais avec l'oxygène, et dégagent de la chaleur et de l'énergie ; ce sont des aliments de combustion. Comme cette dépen. de chaleur et d'énergie est beaucoup plus con- Sidérable ou si vous voulez beaucoup plus rapide que l'augmentation des tissus ou la réparation de leur usure, il s'en suit que la somme de matière azotéce nécessaire à lä conservation des tissus est moins grande que la quantité d'hvdrates de carbone exigée par la combus-
tion. Pour que l'équilibre nutritif ne soit pas rompu, il faut que l'organisme reçoive chaque jour la quantité de substances alimentaires nécessaire pour satisfaire à l’une et l'autre demande, et dans la proportion voulue.
Voit à calculé que la ration d'entretien d’un adulte €
normal est de 118 grammes d'albuminoïdes et 356 wrammes d'hydrates de carbone; c'est-à-dire qu'un
adulte doit manger à son repas cinq fois plus de féculents que de viande. Mais dans certaines circonstances ces conditions peuvent varier ; chez les malades, par exemple, la dépense de chaleur et d'énergie est quelquefois réduite à son minimum ; chez les enfants qui grandissent, chez les convalescents, quand la maladie a causé une perte anormale des tissus, la demande pour les albuminoïdes devient pis grande que pour les hydrates de carbone.
Naturellement, la garde-malade n'a pas à s'inquiéter de ces problèmes biologiques. Mais elle doit savoir que l’on a classé les aliments en trois groupes :
1° Les substances azotées ou albuminoïdes ;
2° Les hydrates de carbone ;
3° Les matières grasses, et que chaque groupe d'aliments correspond à un besoin de l'organisme. Les matières grasses sont des hydrates de carbone ; on en a fait un groupe à part pour les besoins de l'alimentation et en tenant compte plus spécialement de leur digestibilité.
2° DIGESTIBILITE DES ALIMENTS.— C'est en effet ce point de vue, la digestibilité des aliments, qui importe en premier lieu dans leur administration aux malades. C'est un point sur lequel la gardemalade doit ètre bien informée ; elle doit savoir à quelle classe appartient tel ou tel aliment, et si la «gestion en est facile ou difficile. Voici sur ce chapitre spécial les notions générales que nous pcssédons, tant au point de vue de la digestibilité des substances alimentaires qu’au point de vue des variations que la cuisson peut faire subir à cette digestibilité.
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ÀA.— Substances albuminoïdes ou asotées. —Les substances albuminoïdes ou azotées employées dans l’alimentation sont les viandes, les poissons, les crustacés, les mollusques et les fromages. Comme pour les substances médicamenteuses, la qualité des substances alimentaires varie suivant leur provenance,
(a) Les viandes. —Les Viandes de bœuf, de poulet, de mouton et d'agneau sont de digestion facile ; il en est de même du gibier à plume en général, du maigre de jambon et, parmi les viscères, des riz de veau et de la cervelle. La viande blanche est moins excitante que la viande rouge et mieux tolérée. Les viandes grasses en général, la viande de porc, sauf le maigre de jambon, sont de digestion difficile ; de même, parmi les viscères, le foie, trop riche en graisse.
La viande rotie où grillée, quand elle est saisie devant un feu vif, a beaucoup de saveur et se digère facilement. La viande cuite à l'étuvée, dans une marmite close, avec peu de liquide, devient très tendre et facile à digérer. La viande bouillie augmente de densité, ce qui la rend moins digestible, et ce qui oblige à la bien diviser pour en faciliter la digestion.
Le bouillon est peu nutritif par lui-même, mais il est peptogène et constitue un véhicule agréable pour les pâtes, le riz, les œufs, la viande crue. Les extraits de viande, les bouillons concentrés, les thés de bœuf ne sont pas plus nourrissants que la viande elle-même et fatiguent davantage l'estomac : de plus, ils contiennent beaucoup de matières extractives et deviennent facilement toxiques dans le tube digestif.
(b) Les poissons. —Les poissons renferment de ro à 13 % de substances albuminoïdes et sont moins nourrissants que les viandes à poids égal. [ls sont aussi digestibles que la viande à l'état frais ; mais leur chair s'altère facilement et devient toxique. On les mange cuits au court bouillon, ou griilés, ou frits : on les sert au naturel, ou avec une sauce très légère. Il faut distinguer entre les poissons maigres (brochet, morue,
doré, achigan) et les poissons gras (saumon, anguille, sardine, carpe) ; la proportion de graisse chez ceux-ci peut aller jusqu'à 20 %, et naturellement leur digestion est plus difficile.
(c) Les crustacés et les mollusques. — L'huître est nourrissante, de digestion facile, et passe pour eupeptique: une douzaine d'huîtres renferme environ 15 grammes de matières azotées. Comme le poisson, l'huître doit être très fraiche ; cuite elle ne se digère pas aussi bien. Les moules, les crustacés (homards, écrevisses) sont très nourrissants, mais beaucoup plus indigestes, et parfois dangereux, les moules surtout.
(d) Les fromages. —Les fromages équivalent la viande au point de vue de la richesse en a!buminoïdes, mais la proportion de matière grasse égale celle de matière azotée, ce qui les rend moins digestibles. Les fromages mous se digèrent mieux que les fermentés, mais tous sont des aliments très fermentescibles dans l'intestin, et par conséquent le plus souvent contre-indiqués chez les malades.
B.—Substances graïsseuses ou f’culentes (hydrates de carbone).—Les hydrates de cartone alimentaires comprennent les huiles, les graisses, le beurre et les féculents. Ces derniers sont nombreux ; il v a les céréales (blé, riz, orge, maïs, avoine, seigle, sarrazin}), puis les pommes de terre, les pois secs, les haricots secs, les lentilles.
(a) Les corps gras.—Les graisses, le beurre, les huiles sont indispensables à la nutrition, mais de digestion assez difficile. Le climat froid cependant les fait mieux tolérer par l'estomac. C'est sous forme de beurre cru, et frais, que la graisse est le mieux supportée On le donnera en quantité modérée, avec le pain ou les biscuits secs. Le beurre absorbe les odeurs ; on le conserve sur la glace, et couvert.
(b) Les féculents. —Ce sont les féculents qui nous fournissent les. rines alimentaires, dont la valeur nutritive est très inégale. D'une manière générale, les fari-
neux exigent un travail considérable de l'estomac et donnent lieu à des fermentations gazeuses.
Le pain (farine de blé) est très nourrissant ; il forme la base de l'alimentation et renferme 7 % d'albumine et 55 % d'hydrates de carbone : mais il séjourne longtemps dns l'estomac, dégage de l'acide chlorhydrique libre et est un bon milieu pour les fermentations anormales ; il faut donc en restreindre l'administration chez les malades, surtout chez ceux qui digèrent mal. Plus le pain est cuit, plus il est rassis, mieux il se digere ; la croûte est plus digestible que la mie ; le pain chaud est particulièrement indigeste. Le pain complet (mouture du blé entier) n'est pas supérieur au pain ordinaire ; il laisse plus de résidus, ce qui le rend laxatif, mais aussi moins digestible.
Les autres féculents doivent être donnés de préférence en purées, en potages, en soupes au lait, La pornme de terre est un aliment léger, mais qui n'acquière toute sa valeur nutritive que si on l'associe aux aliments 470tés où gras : viande, lait, œufs, fromage. Les pâtes alimentaires, comme le macaroni, sont de digestion relativement facile et de valeur nutritive suffisante, Les POIs secs sont assez digestibles ; les haricots secs (fèves) provoquent des fermentations.
C.—Aliments complets. —Le lait et les œufs sont des aliments complets, c'est-à-dire qu'ils renferment en Proportion suffisante tous les éléments essentiels à la nutrition et peuvent suffir. seuls à l'alimentation de l'homme. Aussi leur usage est-il fréquent chez les malades. Ce sont des aliments qui donnent fort peu de résidus.
(a) Le lait. — On considère que quatre litres de lait représentent la quantité nécessaire pour maintenir l'équilibre nutritif. On doit donner le lait de préférence, Si l'on veut en faciliter la digestion, froid, houilli et écrémé ; en le donnart froid, on évite le sucras-e ; bouilli et écrémé, sa digestion est plus rapide que non éerémé et cru. On peut aussi ajouter du chlorure de
chaux en petite quantité, une cuillérée à soupe d'une solution à 1% par litre. Pour éviter la satiété, on l'additionne de thé, d'eau de Vichy, d’eau de fleurs d'oranger, où d'un peu de kirsch, de cognac, d'anisette. Le lait à l'habitude de constiper. [Il se conserve mal et prend vite les odeurs ; il faut le conserver sur la glace dans un pot fermé.
(b) Les œufs. — Un œuf contient environ 6 grammes d'albumine et 7 grammes de graisse et correspond à 25 grammes de viande ; de plus, la lécithine qu'il renferme est un tonique cérébral et nerveux ; l'œuf frais ne contient pas de toxines ; c'est donc un excellent aliment. Les œufs sont d'autant plus faciles à digérer qu'ils ont moins subi l'action de la chaleur. On les absorbe sous forme d'œufs à la coque, d'œufs sur le plat peu cuits, d'œufs pochés dans les potages, d'œufs bouillis à la crème, au bovillon. L'eau albumineuse se prépare en battant les blancs d'œufs dans un litre d'eau bouillie et aromatisée.
D.— Eau, légumes, fruits el condiments. —On ne peut pas dire que l'eau, les légumes, les fruits, les condiments soient à proprement parler des aliments. Ce sont plutôt des hors-d'œuvre, mais dont l'emploi est général ; quelques-uns même sont très utiles.
(a) Æau.—L'organisme a besoin d'eau pour dilueries déchets de la nutrition. La meilleure boisson est l'eau de source bien aërée. On admet que deux verres d'eau par repas constituent une dose suffisante. L'eau glacée congestionne l'estomac et doit être rejetée ; l'eau tiède à 38° C. est calmante et tonique pour l'organe. Le filtrage de l'eau est une précaution qui n'est jamais inutile, et souvent nécessaire.
(b) Aacrnes. Les raves, les navets, le céleri, les carottes ont une valeur nutritive très faible et n'aident guère à l'alimentation.
(c) Legumes verts. - Les légumes verts sont peu nutritifs, mais ils sont utiles comme laxatifs. Ceux qui représentent des organes jeunes (petits pois, haricots
verts) sont bien tolérés : la laitue l'est également, Les épinards, le chou sont indigestes. On fait cuire Îles légumes verts à la vapeur, on les Passe au tamis, puis on les accomode avec du jus, du bouillon, des jaunes d'œufs, de la crème de lait, IIS se digrèrent mieux de cette manière qu'en salade.
(d) Fruits. —Les fruits murs (pèches, raisins, prunes, oranges, petites fraises) sont généralement bien tolérés ; on enlèvera avec soin les pepins, les novaux, les pellicules. Les fruits acides et le melon sont indigestes, Les fruits secs (noix, amandes) se digèrent mal à cause des huiles grasses qu'ils contiennent. Les figues, les bananes sont à conseiller. La cuisson enlève du sucre aux fruits et les rend plus digestibles encore. Les compotes, les conlitures trop sucrées sont à interdire, D'une façon générale, le sucre ne convient pas aux malades, pas plus qu'aux enfants d'ailleurs.
(e) Condiments —Te sel est indispensable à l'entretien de la vie, mais il importe de n'en faire usage qu'à doses modérées, Toutes les autres épices sont irritantes pour l'estomac ; on doit autant que possible les mettre de côté. Les sauces sont également difficiles à digérer, à cause de la graisse émulsionnée, des épices, des vins qu'elles renferment.
3 NOTIONS GENERALES SUR L'ADMI- NISTRATION DES ALIMENTS. Nous ne aurions mieux faire ici que de reproduire les excellents conseils que donne miss Clara S. Weeks dans son Zext-book of Nursing :
‘* Renseignez-vous autant que possible sur les goûts du malade, mais ne lui demandez pas à chaque fois ce qu'il aimerait à prendre. Souvent un met inattendu rt accepte, tandis que l'obligation d'y songer d'avance en aurait fait disparaître tout désir. Ne préparez pas les aliments en présence du malade, et si c'est possible ne laissez pas les odeurs de cuisine pénétrer jusqu'à lui. Ne prenez PAS Vos propres repas dans la chambre : cela vaut mieux pour le malade et pour vous, Servez jies
mets d’une manière agréable, avec une nappe toujours propre, de la vaisselle immaculée, de l’argenterie et des verres qui reluisent, Vovez à ce que le dehors des plats soit sec ; surtout avez bien soin que rien ne renverse de la tasse dans la soucoupe ; ce dernier point mérite une attention spéciale.
‘* Servez les mets chauds très chauds, et les mets froids réellement froids. Les malades en général demandent dans leurs aliments plus de sel et moins de sucre que les personnes en bonne santé. On écartera ies mets trop assaisonnés, peu désirés d'ailleurs ; maïs les aliments devront être savoureux et de bonne qualité, les œufs sans reproche, le lait très doux, le beurre toujours frais. Tout aliment le moindrement suspect devra être mis de côté aussitôt. On goûte aux mets avant de les apporter au malade, mais jamais en sa présence ni avec sa propre cuiller. Il vaut mieux apporter trop peu qu'une trop grande quantité. On ne laisse jamais près d'un malade ce qui reste de ses aliments, dans l'espoir qu'il les prendra plus tard ; tout doit être enlevé immédiatement après le repas.” Ceci s'applique également au lait, qui retient si facilement les odeurs.
‘Un estomac faible ne peut pas venir à bout d'une grosse charge d'aliments ; on donne peu à la fois et plus souvent. Ce n'est pas bien de surcharger l'estomac d'un malade parce qu'on est anxieux de lui voir prendre beaucoup de nourriture; ce n'est pas ce qu'il avale, mais ce qu'il digère, qui lui fait du bien. Quand il ne peut supporter qu'une petite quantité de nourriture, malade est nourri avec des aliments concentrés. Quand il y à nausée ou diarrhée, donnez peu à la fois, et toujours froid. Demandez au médecin quelle quantité d'aliments le malade doit prendre dans les vingt-quatre heures ; divisez cette quantité en portions convenables et donnez à intervalles réguliers. On ne saurait trop insister sur l'importance de la régularité dans les repas Nos fonctions les plus automatiques sont influencées
LES NODIONS GENERALES
par l'habitude ; un malade à qui on donne ses aliments ponctuellement à une heure fixe s'accoutume non <eulement à les prendre, mais à les digérer. Ce n'est que dans es cas exceptionnels, et lorsqu'on a reçu des ordres à cet effet, que l'on éveille un malade pour l'alimenter ; mais il est bon de sarder des provisions de bouche pour la nuit, car il est commode de les avoir sous la main en cas de besoin ; on placera les aliments dans l'endroit le plus froid et on les couvrira pour les préserver de la poussière, Souvent un peu de nourriture légère avant de commencer la nuit aide au patient à dormir." Quelquefois aussi un patient qui S'éveille à bonne heure le matin se rendort après qu'on lui a fait prendre quelque chose. La glacière où l'on conserve les aliments doit être très propre, bien aérée et sans aucune odeur. On peut pour la nuit conserver les aliments de la manière suivante, conseillée par miss Iampton de l'hôpital Bellevue : au milieu d'un grand plat à vaisselle on renverse un plat plus petit, sur lequel on pose la glace, et autour duquel on range le lait, les fruits, etc ; le grand plat est ensuite recouvert d'une serviette propre et tenu près d'une fenêtre ouverte. ‘Quand on fait manger un malade qui ne peut S'aider lui-mème, on doit donner la nourriture lentement, en quantité facile à prendre, et laisser avaler chaque morceau avant d'en offrir un autre. Sile malade avale difficilement, on réussira davantaswe en présentant les bouchées pendant les mouvements d'inspiration du thorax. Vovez à ce que la tête ne penche ni d'un côté ni de l'autre ; même si F'inclinaison est faible, le liquide Peut couler au coin de li bouche au lieu de descendre vers l'arrière-gorge. Protégez les vêtements en nouant une serviette autour du cou, On peut emplover une tasse de malade munie d'un bec : l'inconvénient, c'est que là garde-malade ne voit pas le hquide et ne peut rer Sicile le fait boire rapidement ou non. Dans la plupart des cas, c'est avec un tube de verre recourbé que les aliments liquides s'administrent le mieux : très
o 1 MANUEI, DE MATIERE MÉDICAL
souvent de cette manière les malades prennent une quantité plus grande de nourriture. Le repas terminé, n'oubliez jamais d'essuver li bouche, surtout le coin des lèvres, si le malade ne peut le faire luisméme : souvent faute de ce petit soin les lèvres deviennent sensibles. ‘La fièvre s'accompagne souvent d'une grande soif. D'habitude il n'y a aucun danger à donner au malade toute l'eau qu'il désire, Sinon rappelez vous bien qu'un petit verre f/e/n, surtor hez les enfants, donne beaucoup plus de satisfaction que li mème quantité d'eau dans un grand verre. Les boissons légèrement mères ou acidulées étanchent mieux la soif que les autres ; de méme, à ce point de vue, l'eau chaude est muilleure que l'eau froide ; cependant les petits morceaux de glace dans la bouche sont très rafraichissants. Pour arrêter les nausées, on les fait avaler tout ronds ; quand ils fondent dans la bouche, ils font plus de ral que de bien. Des goruées d'eau très chaude rendront aussi service, On sépare aisément la ulace avec une épingle, si l'on a soin de la planter dans la direction du grain, Si lon veut que la glace se conserve bien, il faut la disposer de manière que l'eau s'égoutte 4 mesure que la glace fond. Ainsi on pente aserve! longtemps des petits morceaux de glace dans un verre si on les suspend dans une flannelle percée d'un où deux trous pour laisser l'eau s'écouler ; on maintient la flannelle sur les bords du verre avec une bande de caoutchouc. Quand on laisse une cuiller de métal dans le verre, cela fait fondre la glace plus vite. Si l'on enveloppe le pot qui contient la glace dans un journal, celle-ci se conservera mieux, parce que le papier est mauvais conducteur de la chaleur. La glace que l'on fait prendre aux malades doit être non seulement propre à sa surface, mais pure dans toute son épaisseur ; c'est une erreur de croire que la glace détruit les wermes. [va sans dire que l'eau de boiseon doit être irréprochable comme pureté. et que l'on doit être absolument certain de sa provenance ; on la fera bouillir si l'on a le moindre doute à cet Cgard.”