‹ Manuel de matière médicale [microforme]Chapitre 9 sur 39 · I.— Les organes circulatoires · texte numérisé non relu

I.— Les organes circulatoires

Les organes circulatoires sont constitués par un muscle creux, le cœur, qui est l'agent de propulsion, et par des vaisseaux élastiques, les artères et les veines, qui se ramilient dans toutes les parties du corps pour y conduire un liquide essentiel à la nutrition et à la vie, le sang, Nous étudiecrons donc sucevssivement les médicaments qui agissent sur le cœur, sur les vaisseaux et sur le saner.

Le cœur.

Les médicaments cardiaques se divisent en trois groupes ? 17 les /oniques ; 2° les sfimutants: 3° les SÉdelifs.

1” TONIQUES. - Digitale. Strophantus .

Spartéine. Convallaria (muguet) Adonis vernalis.—Adonidine. (Caféine, scille), O

1) Les médicaments placés e parenthèse appartiennent en principe À une autre classe, Leur actit - l'orvarne cité n'2-t que secondaire.

L'ACTION PHVSIOLOGIQUE DES MÉDICAMENTS Cr!

Tous les toniques du cœur ont la propriété commune d'ag dontils rendent les contractions 4 Ta fois plus lentes et

ir directement sur le muscle cardiaque lui-mème,

plus fortes. Le principal médicament de cette classe

csi la oral: Me tonifie le cœur en activant la circu-

lion intra-muscculaire de l'organe ; on l'a surnommée le p Hi cœur; elle agit aussi en stimulant es vasomoteurs &i lausant contracter les Vaisseaux, ce qui incite le cœur à une action plus Cnergique ; en mème temps, elle le ralentit par action sur les centres nerveux. L'élimination de la divitale est lente; c'est un médicament qui S'aceumule quand les doses sont trop rapprochées, Le s#rophantus, Va Spartoine, 1e muoucet lecuvallaria), l'adonis vernalis, l'adonidine ont une action analogue plus vive, mais moins soutenue que celle de Ta digitale. L'élimination se fait mieux et plus ranidement,

La cafeñne, par son action tonique sur les centres nerveux, stimule le cœur. La se///e est surtout un diuréque et un eXpectorant ; cependant elle ralentit et rend plus fortes les pulsations cardiaques.

2° STIMULANTS. {Strychnine, camplre alcool, chlorotorme, éther, ammoniaque, atropine).

Tous les médicaments de cette classe n'agissent sur le cœur que par l'intermédiaire du système nerveux Leur action s'exerce d'une manière vive, mais peu prolongee. On les emploie surtout dans les cas d'urgence. L'atropine corrige les effets dépressifs de la morphine.

9 SEDATIFS. Veratrum viride Aconit.

Aconitine.—Anémone pulsatile. ({Antimoine, colchique, pilocarpine, ergot).

Le veratriom viride est beaucoup plus actif que laronil; tous les deux ralentissent Le cœur en agissant directement sur le muscle et ses canghons. Par contre laconitine agit très rapidement. L'anémone pulsatile à

La procarpine, un diaphorétique, et l'exgo/ de seigle, un constricteur des vaisseaux, dépriment le cœur à

doses élevées. L'anfimorne et le colchique ne sont séda- Uts que par l'intermédiaire du système nerveux. [ls ont cependant leurs indications.

Les vaisseaux.

Les médicaments agissent sur les vaisseaux pour les dilater ou les contracter.

l” DILATATEURS. Nitrite d'amyle. Trinitrine ou mitro-glycerine. {Iodures, lohélie, liqueur d'acétate d'ammontaque, alcool, éther, antiphlogistiques).

Le nrtrite d'amvle produit une paralysie des tuniques musculaires des artères de petit calibre, ce qui amène la dilatation de ces vaisseaux, diminue la pression sanguine et par suite la résistance offerte au ventricule gauche durant les contractions cardiaques. Le cœur accomplit sa tâche avec moins d'effort, ce qui épargne son énervie, La nitro-glvcerine où frinitrine à une action analogue moins prompte, mais plus prolongée (45 minutes).

Les zodures dilatent aussi les VäiSSCAUX, augmertent la vitesse de l'écoulement sanguin et abaissent la pres- Sion artérielle, mais ce sont avant tout des médicaments altérants. L'a/coo/, l'é/her, a liqueur d'acétare d'animoniaque sont des stimulants diffusibles qui incidemment dilatent les petits vaisseaux et augmentent l'énergie cardiaque. La /obelre agit par son action dépresso-motrice. L'action des antiphlogistiques est mécanique et locale.

2° CONSTRICTEURS. — Ergot de seigle. — Cotonnier — Hydrastis. - Hamamelis __ Adrénaline. (Hémostatiques).

L'ergof de seigle a une action constrictive prononcée sur les vaisseaux de petit calibre : il facilite la coagulade

tion dans les cas d'hémorrhauwis intorne. La ra Cotonnier agit comme l'ergot, mais plus lentement. L'Avdrastis canadensis a une action beaucoup plus lente.

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L'Aamamelis virginica agit spécialement comme constriteur des veines. L'adrénaline est le plus puissant hémostatique connu ; son action est rapide et persistante.

Toutes les substances Zémosfatiques ont habituellement une action locale astringente et contribuent 4 res-

serrer les petits vaisseaux saiwnants.

Le sang.

Le sang est le stimulant naturel du cœur et la source de la vie. [va des médicameats qui agissent comme reconstituants du sang ; ce sont des foxiques par excellence. Dans certains cas bien déterminés, il est indiqué soit d'enlever du sang à un malade en lui ouvrant une veine (saignée), soit de lui infuser dans 1es veines du sang nouveau.

l? TONIQUES.-— Fer. Manganèse - Sérum artificiel —Transfusion sanguine.

Le /er fait partie intégrante des globules rouges du sang et leur permet de fixer l'oxygène de l'air pour le transporter dans tous les tissus. Le manganèse est ASSOCIÉ au fer en quantité minime. Le sérum artificiel Se rapproche beaucoup par sa composition du sérum sanvwuin normal. [Il sert à remplacer ce dernier (hémorrhagies) où à le renouveler (infections, intoxications). C'est un puissant tonique général qui stimule en outre les excrétions. La #ransfusion sanguine est une opération par laguelle on fait passer le sang de l'animal à l'homme ou de l'homme à l'homme.

2° ALTERANTS.-—Saignée.-Sangsues.

[l'est indiqué dans certains cas d'ouvrir la veine d'un malade et de laisser couler une plus ou moins grande quantité de sang ; c'est ce qui constitue une saignée, On veut : 1° soit arrêter les progrès d'une hémorrhagie interne (cerveau) ; 2° soit dégager un organe congestionné (poumon) : 3° soit enlever une partie d'un poison contenu dans le sang (intoxications). Les sungsues servent à pratiquer des saignées locales.

I1l.—Le umon.

Le poumon est un organe très vasculaire ét parcouru dans toute son étendue par des conduits aériens tapissés d'une membrane muqueuse, Cette membrane, à l'état normal, secrète du mucus en quantité modérée inflammée, elle se congestionne, et la secrétion devient muco-purulente. Les mouvements respiratoires sont dûs à l'action des muscles thoraciques, lesquels sont actionnés par certains ganglions localisés dans les centres nerveux, Les médicaments agissant sur le poumon Se divisent en s/mudants et sedul/ifs de Ta respiration, en EXpec/orants et en antiScpliques pulmonaires.

1° STIMULANTS. Ammoniaque. — Belladone. - Hyoscyamine. Datura stramonium.

{Strychnine, aconit).

L'ammonrague stimule tout te Système nerveux ; mais Son action s'exerce particulièrement sur les centres de la respiration et la moëlle épinière. De plus, en s'éliminant par la muqueuse pulmonaire, elle facilite l'expectoration, L'action de la be//adone <e fait sentir même sur les fibres musculaires lisses : c'est un stimulant res- Piratoire très actif : de plus, elle calme l'irritation des filets nerveux des bronches. Le slramonium agit de mème ; Son action calmante est encore plus prononcée. L'Avoscremine stimule à la fois le poumon et le cœur,

La svchnine et l'aconit facilitent l'action du poumon la première en stimulant le centre cérébro-spinal, la seconde en calmant l'irritation et l'état spasmodique nerveux.

2° SEDATIFS.- Acide hydrocyanique —Prunier de Virginie. ( Parégorique, chloral).

L'acide hvdrocyanique est un sédatif nerveux et un anti- Spasmodique ; il influence d'une manière spéciale les centres respiratoires. Les principes actifs du Prunier de Virginie, en solution aqueuse, donnent naiséance À de acide hydrocyanique.

Le parégorique, préparation opiacée, et le cAo/oral,

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un hypnotique, ont sur le poumon un action calmante par extension de Fi sédation générale,

5” EXPECTORANTS. (a) Palsamiques : — Tolu.—Benjoin.-—Sapin. (b).lmmonracaux: Carbonate. — Chlorhydrate. — Gomme ammoniaque -- (ce) Zércbenthinés : —Térébenthine.- Terpine — Terpinol. — Térébène. — E, calyptol. — Gomenol. — Goudron végétal. (d! Sénéga (Soufre, antimoine, ipéca, scille, iodures).

Les substances balsamiques contiennent de l'acide benzoïque, lequel s'élimine par la muqueuse pulmonaire, la congestionne légèrement et facilite ainsi ses sécrétions, pourvu qu'on ladministre à petites doses. Les sels d'ammonraque {carbonate et chlorhyärate) stimulent les centres nerveux, en particulier ceux du cœur et du poumon ; ils liquéfient les sécrétions bronchiques en se volatilisant par li muqueuse pulmonaire, La LOMme ammontique est moins stimulante, mais elle améliore la fétidité des crachats. La /érébenthine à la proprièté d'ozoniser l'oxygène et de déterger les voies respiratoires ; on lui prête, ainsi qu'à l'eucalvptol et au

£omenol, des propriétés antiseptiques qui sont contesta-

bles, Ce sont, avec le /érchène, la terpine et le {erpinol, des modificateurs de la sécrétion, quand on les donne à petites doses. Le térébène combattrait de plus Îles hémorrhagies en resserrant les vaisseaux. Le £oudron égélal est un liquéfacteur des sécrétions, ainsi que le sénega , celui-ci est de plus un stimulant de la respiration,

Le soufre est surtout un laxatif : le peu qui s'absorbe S'élimine par les poumons sous forme d'acide sulfhvdrique, et facilite la sécrétion muqueuse. L'antimorne agit surtout par l'état nauséeux qu'il produit. L'/péca, 4 petites doses, liquéfie les sécrétions et calme l'irritation nerveuse. La se//le est surtout diurétique ; cependant elle

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stimule ainsi les glandes. Les Zodures sont quelquefois précieux dans les affections pulmonaires : ils liquéfient

les exsudats visqueux et facilitent leur expulsion, ils activent la circulation intra-pulmonaire lorsqu'elle est ralentie, ce qui diminue la quantité d'acide carbonique, az qui excite les centres respiratoires et contribue à produire la dyspnée.

4” ANTISEPTIQUES.— Créosote.— Gaiacol.

—Thiocol. -Benzosol.

La créosote contient de l'acide phénique et passe pour ètre un antiseptique du poumon : elle facilite l'expectoration et déterse les sécrétions muco-purulentes. Le galacol est un dérivé de la créosote ; ilest moins irritant pour l'estomac et abaisse davantage la température. Le /Æroco/ est un gafacolate de potassium : il est Peu irritant. Le 4ensoso/ contient 50, de gaïacol.

[TT.—Le tube digestif.

Le tube digestif commence à li bouche et finit au rectum ; 11 parcourt toute la longueur du corps, est tapissé d'une membrane muqueuse qu'on appelle le tégument interne, et ess relié au foie, dans l'abdomen, par la veine porte et les canaux biliaires. C'est un appareil de digestion ; il élabore les aliments et fournit au sang les matériaux dont il a besoin. On le divise en trois parties principales : Ja bouche, l'estomac et l'intestin. La bouche sert A la mastication et à la salivation. L'estomac est un réservoir mobile et sécréteur qui décompose les aliments et les rend propre à l'assimilation ; ces aliments sont émulsionnés et absorbés par le petit intestin ; tout ce qui est impropre À la nourriture s'accumule dans le gros Intestin pour être rejeté au dehors. Le tube digestif réagit vivement sous l'influence des maladies.

La bouche.

Les médicaments qui agissent sur la bouche sc divisent en deux groupes, les topiques et les médicaments généraux. Les topiques servent à diminuer les sécré-

tons (antisepliques), favoriser la cicatrisation (as/rin-

vents), détruire les tissus malades (causliques) où sim-

plement rafraichir Ta bouche (/empérants). Les médicaments généraux ont une action stimulante (stalagovues) où sédative (antr-siulagogues) Sur les glandes salivaires.

|” ANTISEPTIQUES.-Myrrhe. (Borax, thymol, teinture d'iodc).

Ce sont des déterirents de la muqueuss: buccale, La nrrhe est plutôt excitante tonique qu'antiseptique. Le fm a une action identique à celle de l'acide phénique, mius plus faible, L'ode est un excellent microbicide.

2 ASTRINGENT.-Chlorate de potasse.

Le chorale de potasse Sümule l'activité de la membrane muqueuse et des surfaces uleérées : c'est un cicatrisant.

35” CAUSTIQUES.—{Acide chromique, nitrate d'argent, acide arsénieux, acide sulfurique).

L'acide chronique à une action cautérisante très nette et limitée au point d'application ; c'est un excellent topique. Le nwrfrate d'argent, en se combinant avec lalbumine, produit de larges eschares blanchâtres. L'acide sulfurique absorbe l'eau des tissus : il laisse une eschare noire. L'acrde arsénienx agit vivement : on ne l'applique que sur des tissus non absorbants.

4 TEMPERANTS. — (Acides diluës, boissons troides, jus de fruits, aphorétiques).

Les acrdes dilués, le jus des fruits acides, sont astringents, décongestionnent li muqueuse et soulagent la sensation de chaleur qui existe ; le jus des fruits a de plus un goût agréable dans la bouche. Les boissons froides non seulement humectent la bouche desséchée, mus encore absorbent du calorie. Enfin les diaphorcfrjues, en provoquant la sudation de la peau, ont sur le térument interne une action dérivative.

9 SIALAGOGUES.-\Pilocarpine, mercure),

La frlocarpine stimule d'une manivre spéciale les

hlaments nerveux des glandes salivaires et provoque

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une Salivation abondante. Le mercure fait aussi saliver EN eXErÇAnt Une action irritante spéciale sur Je périoste alvéolare et les LENCILES, 5 ANTI-SIALAGOGUES. —{A\iropine, opium).

L'aéropine ct loprn ont une action sédative prononcée sur le svstème nerveux : ils diminuent toutes les

sécrétions et assèchent les muqueuses, L'estomac.

L'estomac est à la fois une organe de motilité et un organe de sécrétion : suivant que Les médicaments agissent sur l'un ou l'autre de ces éléments, on les divise en deux groupes distincts. Dans le premier groupe, modificateurs de la MotUlité, Se rangent les 'omitifs, qui font contracter violemment l'estomac, les QHI-TOIMEUESS, qui ralentissent les mouvements péristaltiques, et Les Cars, qui calment lirritation nerveuse et facilitent l'expulsion des gaz. Le second Sroupe, modificateurs de la sécrétion, est constitué par les somachiques. qui activent les sécrétions et l'appétit, et par Les wodrficu- LUIS proprement dits, qui corrigent les sécrétions défectueuses,

1° VOMITIFS.-Tartre émétique (tartrate de pPotasse et d'antimoine, tartre SUbit, kermès minéral, émétique).—Ipéca. Apoimorphine. (Zinc, cuivre, alun, moutarde, sel, eau chaude),

L'action irritante du /urtre Cmélique et de l'épéca se fait sentir en Partie sur les parois de l'estomac et en Partie sur les centres vomitifs de la moëlle, Le second est moins déprimant que Île premier, L'apomorphin Porte son action directement sur les centres nerveux, Ce qui permet de l'administrer en iijection hypodermique.

Les s/juies de sine, de cuivre et d'alun sont des irritants directs de l'estomac. quand on les donne à hautes doses. Il en est do même de la Hioifairde, QU se7 de lable et de l'eau chaude. L'attouchement de la luette constitue un vomitif mécanique,

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