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CHAPITRE V

MÉDICAMENS EXCITANS.

On donne le nom d’excitans ou de stimulans aux médicamens dont l’effet immédiat est d’augmenter la rapidité et l'énergie de toutes les fonctions vitales; c’est principalement par l'influence qu’ils exercent sur la circulation et sur la chaleur animale, ainsi que par la promptitude et le peu de Mie de leurs effets que les e excitans diffèrent des toniques.

Les phénomènes que ces substances produisent sur l’économie animale sont de deux ordres: les uns résultent de leur action locale sur le canal digestif et des effets sÿmphatiques qui en sont la suite; les autres dépendent de Pabsorption de leurs molécules, et de l'influence qu’elles exercent sur tous les organes; en effet, aussitôt qu’un médicament stimulant entre en contact avec la membrane muqueuse gastro-intestinale , il réveille l’activité de l’appareil digestif, et occasionne une sensation de chaleur plus ou moins vive à la région épigastrique. Bientôt il est absorbé, et lon voit alors, sous son influence , les contractions du cœux

devenir plus fréquentes et plus fortes, et par conséquent, le pouls présente plus de rapidité.et d’énergie ; la respiration s’accélère; la production de Chaleur animale augmente; la circulation capillaire devient plus active; Je teint s’anime; les yeux deviennent plus brillans; les facultés intellectuelles s’exhaltent ; la force musculaire augmente et les mouvemens deviennent plus faciles et plus prompts; l’appareil génital, les sécrétions urinaires et cutanées, en un mot toute l’économie participent à l’activité insolite qui caractérise la médication stimulante. Cette excitation peut même être portée à un si haut degré qu’il en résulte tous les symptômes d’une fièvre inflammatoire ; souvent l’état de sur-excitation occasioné par ces médicamens est suivi d’un affaiblissement plus 6u moins marqué et qui, en général, est d’autant plus grand que la substance stimulante a à avec plus d'énergie et de promptitude.

Dans la itees des ouvrages modernes de matière médicale, on sépare des autres médicamens excitans, les substances qui excitent les tissus d’une manière très-passagère et qui réagissent promptement sur le cerveau; on leur donne le nom de diffusibles (diffundere, répandre en divers sens); mais comme ces différences nous paraissent souyent peu marquées, et que d’ailleurs cette division sépare des substances dont les ‘effets sont très-analogues, nous n’avons pas cru devoir nous y arrêter.

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Parmi les substances qui possèdent à un plus üw moins haut degré les propriétés que nous venons d'indiquer, comme appartenant aux stimulans en ‘général, il en est plusieurs qui semblent en même

‘temps agir d’une manière plus spéciale sur un ou plusieurs organes; l’iode , par exemple, suscite un

. trouble dans toute l’économie , maïs porte spécialement son influence irritante sur le système glandulaire. Ces différences nous serviront de base pour établir des subdivisions parmi les médicamens excitans.

Les stimulans nous sont fournis par les trois règnes. La plupart des substances végétales qui jouissent de cette propriété, sont en général remarquables par leur odeur forte et aromatique ; elles doivent leurs vértus à la présence d’une huile essentielle, d’une résine, d’un baume , de l’acide benzoïque ou du camphre. Les substances animales stimulantes sont aussi ordinairement douées d’une odeur caractéristique ; quant aux excitans minéaux, ils ne présentent aucune propriété qui les distingue à cet égard.

Les huiles essentielles ou volatiles sont toutes àcres, caustiques, très-odorantes ct-non visqueuses; en général leur pesanteur spécifique est moindre

| que celle de l’eau ; elles s’enflamment facilement et brûlent en répandant une épaisse fumée. L'eau peut en dissoudre une petite quantité et devient alors une eau aromatique ; elles sont très-solubles dans l'alcool; ces dissolutions portent le nom d’es-

prits, eb sont décomposées par l’eau, qui leur donne un aspect laiteux, en précipitant l’huile essentielle: elles sont-composées de carbone, d’hydrogène en grande quantité, d’un peu d’oxigène et peut-être d’azote. Ce sont elles qui donnent aux plantes dites aromatiques l’odeur et la saveur chaude et piquante qui les distinguent ; elles sont le produit de la sécrétion d’une multitude de petites glandes qui existent dans la plupart des organes de ces plantes. On les extrait en général par la distillation. Leur action sur l’économie est ordinairement très-énergique.

Les résines diffèrent beaucoup entre elles , mais: sont toutes solides, cassantes , inodores lorsqu'elles sont pures, insipides ou âcres, plus ou moins transparentes et un peu plus pesantes que l’eau; elles sont pour la plupart solubles dans l’alcool, Péther, les huiles fixes et volatiles , les alcalis, etc.; l’eau n’a aucune action sur elles, et les précipite de leurs dissolutions. Les gommes-résines ne sont point des principes immédiats, mais sont formées en général de gomme , de résine, d’une matière extractive et d’une huile essentielle ; leur saveur est âcre et leur odeur forte ; elles sont en partie solubles dans l’eau ét dans l’alcool; du reste leurs propriétés varient comme nous le verrons par la suite.

Les baumes sont également des substances composées, on y trouve toujours de la résine, de l’acide benzoïque et quelquefois de l'huile essentielle ; chauffés , ils se décomposent et une partie de l’a-

( 106 ) cide benzoïque se volatilise ; l’eau [eur enlève une partie du même principe ; enfin ils sont solubles dans l’alcoo! , l’éthér et les huiles volatiles. Quant à l’acide benzoïque et au camphre noùs én traiterons en particulier. .

__ D’après ce que nous avons dit plus baut, il est clair que les médicamens excitans sont contre-indiqués dans les cas d’inflammation aiguë ; on en rétire au contraire les, meilleurs effets dans beaucoup de phlegmasies chroniques, et dans les affections causées et entretenues par l’atonie des organes, tels sont les catarrhes chroniques, les : hémorragies passives, les affections gangréneuses , les fièvres adynamiques, les maladies scrophuleuses, scorbutiques, etc. Quant aux médications que ces substances sont appelées à remplir, en raison de la spécialité d’action de plusieurs d’entre elles ; elles sont si nombreuses et si différentes que nous ne pouvôns en donner ici une idée générale ; mais nous les ferons connaître dans les généralités que nous donnerons sur chacune des divisions ps nous établissons parmi ces substances.

Des EXCITANS GÉNÉRAUX.

Nous rangeons dans cette division ceux des mé-

dicamens excitans qui ne paraissent pas agir d’une

manière spéciale sur un organe en particulier, mais dont l’action stimulante se fait également sentir dans toute l’économie.

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