RÈGNE VÉGÉTAL
Fanulle des Apocynées.
C. B. Dicotyl., monopét.; étam. hypogynes; feuilles opposées ou verticillées ; cal. monosép. à 5 div; cor. régulière ; 5 élam. libres ou monadelphes; 1 style; stygmate capilé ; ovaire double ; fruit, follicule ou baie.
Noix vomique. VNuæ vomica. Strychnos nux vomica. L. Arbre qui croît dans l’Inde. P. U. Les graines.
C. B. Feuilles entières, ovales, lisses; cor. tubuleuse ; étamines libres et distinctes; ovaire simple, uniloculaire ; fruits ovoïdes,. de la grosseur d’une orange et contenant plusieurs graines éparses dans une pulpe aqueuse.
P. P. Graines rondes, aplaties, ombiliquées sur une de leurs faces, larges de 6 à 8 lignes , dures et
( 260 ) comme cornées ; recouvertes, dans toute leur étendue, de poils très-courts et très-serrés ; d’une couleur brune claire; d’une saveur extrêmement amère et désagréable.
P. C. D’après MM. Pelletier et Caventou, elles.
contiennent : 1° de la Strychnine ( Voy. page 262) unie à l’acide igasurique ; 2° une matière colorante jaune ; 3° une huile concrète; 4° àc la gomme; 5° de l’amidon ; 6° un peu de cire ; 7° de la bassorine , et 8° du ligneux. On y a depuis peu trouvé aussi de la Brucine. ( Voy. page 263). Les principes actifs sont peu solubles dans l’eau , mais se dissolvent très-bien dans l’alcool.
U. Cette substance agit avec une grande violence sur le corps vivant. À la dose de quelques grains, elle donne lieu à des contractions spasmodiques des muscles, au tétanos, et si la quantité est un peu plus considérable , elle occasionne la mort, Elle paraît porter son action sur la moëlle épinière seulement; car, la section de cet organe, derrière l’occiput et même la décapitation, n’empêchent pas les effets que nous avons indiqués d’avoir lieu, et de se continuer pendant quelque temps. On a profité de l’action énergique de la noix vomique sur le cordon rachidien, pour combattre certaines paralysies, la contracture et l’atrophie des membres, certaines amauroses, etc. Il est digne de remarque que les contractions spasmodiques que produit ce médicament, se font sentir, de préfé-
rence , dans les parties paralysées, [
Le
D. er M: D'AD. Poudre, g'ivà xv, peu employée. Extrait
aqueux , 8" à x, Æxtrait alcoolique , beaucoup plus éner: gique, g'jàx progressivement. Teinture. F. de Mag. (Ext. alcooliq. de noix vom. g' üij, alcool Z 2 1) gouttes xv à xx. A l'extérieur, en frictions sur les Arte o4alN ee
Fève De sainT-1GNACE. Faba sanctilgnatii. Stryehnos Ignatia. Ignatia amara. Lx Arbre très-voisin du précédent , qui croît aux îles Philippines. P. U. Les graines. ;
. P. P. Grosses comme des olives, arrondies et convexes d’un côté, anguleuses de l’autre ; d’une couleur brune pâle à lextérieur; d’un brun verdâtre à l’intérieur ; leur substance est dure , compacte et comme cornée; odeur nulle; saveur excessivement amère.
P. C. Les principes constituans , sont les mêmes que ceux de la noix vomique , mais en proportions différentes. La strychnine y est environ trois fois plus abondante , et il s’y trouve moins de brucine.
U. Les mêmes que ceux de la substance précédente ; elle est seulement plus énergique encore. Rare dans le commerce , et peu employée.
D. ET M.p’Ap Poudre, g' ij à iv. nn Et alcoolique , !
La RACINE ET LE BOIS DE COULEUVRÉE , Strychnos colubrina. D. , et l'Uras-ricuré , dont ‘on ne fait pas usage en médecine doivent leurs propriétés
délétères à la strychnine qu’ils contiennent: et .
d’où on peut lextraire en assez grande quantité, | \
( 362 ) Srrycuxins. Alcali végétal; principe actif des : substances précédentes.
P. P. Poudre blanche, composée de cristaux très: petits; inodore ; d’une saveur excessivement amère; ni fusible , ni volatile ; inaltérable à l’air.
P. C. D’après MM. Pelletier et Dumas, la strychnine est composée de carbone 78, azote 8, hydro* gène 6, etoxigène 6; elle est HLolubte dans l’eau et dans l’éther ; très- soluble dans l'alcool et les huiles volatiles ; verdit le sirop de violettes et ramène au bleu le tournesol rougi par un acide ; se combine avec les acides affaiblis, et forme des sels neutres ; prend avec l’acide nitrique une couleur rouge très= foncée , lorsqu'elle contient de la brucine.
Prér, On traite la noix vomique par l’eau bouil: lante , et on évapore jusqu’à consistance de sirop , puis on ajoute de la chaux, qui sé combine avec Vacide igasurique , et laisse ia strychnine à nu ; on la sépare au moyen de l'alcool , et on la purifie par des cristallisations successives.
U. L'action de cet alcali est semblable à celle des substances dont on l'extrait, seulement elle est beaucoup plus forte On peut l’employer dans les mêmes Cas.
D. sr M. D’an. En pilules, g' 1/12 à 1/8 Ternture. F. de Mag. (strychnine g' äij, alcool 3 j ) gouties v à xx dans, une polion de % iv.
Fausse avcusrure. Cortex pseudoangusluræ,
Écorce apportée de PAmérique-Méridionale , et qui appartient , suivant quelques auteurs, au Brucœæa antidyssenterica ; maïs qui, très-probablement, ‘estfournie par un arbre du genre Strychnos.
P. P. Écorces roulées sur .elles- -mêmes, ou en plaques épaisses, compactes , pesantes ; d’une couleur grise rougeâtre à l’intérieur, variable à l’extérieur ; la poudre:est d’un blanc jaunâtre ; odeur analogue à celle de l’ipécacuanha faible; saveur très-amère, persistante , mais sans âcreté.
P. C. Elle contient de l'acide gallique combiné avec la Brucine, une matière grasse , de la gomme, une matière colorante jaune, du ligneux, etc. L'eau et l’alcool s'emparent des principes actifs.
U. Cette substance agit de la même manière que la noix vomique et les autres strychnos , mais elle est moins énergique. On pourrait l’employer dans les mêmes cas.
Brucixe. Alcali végétal; principe actif de lécorce de fausse augusture. 53
P. P. Substance solide, d’un blanc nacré, tantôt cristalline , tantôt en feuillets comme l'acide borique ; oder d’une saveur très-amère.
1 GC: Cora posés de carbone 55, azoté -; hydrogène 6, oxigène 11; peu soluble dans-l’eau; très soluble dans l'alcool. Elle fond à une température au-dessus de 100°, et se fige comme de la cire par le refroidissement ; verdit le sirop de violettes, et forme des sels avec les acides affaiblis.
( 264 ) Prir. On fait un extrait alcoolique de faussé augustnre préalablement traitée par l’éther , et on le dissout dans de l’eau; puis on précipite la ma tière colorante par Pacétate dé plomb; on‘précipite ensuite l’excès de ce sel par l’acidehydro-sulfurique, et on fait bouillir la liqueur avec de la magnésie; on filtre, et on obtient là brucine en dissolution, mais contenant encoreun peu de matière colorante:
U. À peu près le-même mode d'action que la strychnine,; mais beaucoup moins énergique. Il faut environ 6 grains de cette substance pour produjre les effets d’un grain de strychnine. M. Andral fils la employée avec succès dans la paralysie:
‘D. er M. D’An. g' 1/2 à v.
ARNiQuE. Arnicæ flores, radix. Arnica montana. L. Plante vivace qui croît dans les Vosges, les Alpes, les Pyrénées, etc., et fleurit au mois dé. juillet. P. U. Les fleurs et la racine.
C. 8. Tige simple, pubescente ; fenilles sessiles, ovales entières, d’un vert clair en dessous ; fleurs grandes, d’un
e L 4 e beau jaune ; fruits allongés, surmontés d’une aigrette plu-| meuse. Ê
P. P. Odeur agréable’, faiblement arcmatique,! qui excite l’éternuement ; saveur des fleurs un peu aromatique , amère et piquante ; celle de la racine, est amère et âcre.
P. C. D’après MM. Lassaigne et Chevalier, les fleurs de cette plante contiennent : 1° une résine
“odorante; 2° une matière amère nauséabonde, analogue à la Cytisine ; 5° de l'acide gallique ; 4° une matière colorante, jaune ; 5° de l’albumine ; 6° de : la gomme et enfin des sels à base de potasse et de chaux. L’eau et l ao dissolvent les principes actifs.
Suss. ixcowr. Les sulfates de fer et de zinc , l’acétate de plomb et les acides minéraux.
U. Le premier effet qui résulte de l’ingestion de ce médicament est une irritation des voies digestives , caractérisée par un sentiment de pesanteur à
la région épigastrique , des nausées, quelquefois des vomissemens , des coliques et même des déjections
alvines ; mais ces phénomènes ne sont que passagers, et cessent promptement si l’on persiste dans l'emploi de cette plante à doses modérées; les organes paraissent s’habituer facilement à son action, Le ‘second effet se porte sur le cerveau et tout le système nerveux; ilse manifeste par une céphalalgie plus ou moins vive, des mouvemens spasmodiques, des picotemens et des fourmillemens dans lesmembres, etune sorte de contraction permanente des muscles respirateurs. On voit que ce médicament estun stimulant très-énergique, et qu’il peut convenir dans un grand nombre de cas.
On l’emploie ordinairement dans les rhumatismes chroniques, dans les paralysies , dans Pamaurose , : en un mot comme stimulant du cerveau. On la vanté comme fébrifuge ; mais quoiqu'il réussisse quelquefois , il ne peut, en aucune manière , rem-
( 266 ) placerle quinquina. Enfin, on le conseille dans les fièvres qui ont un caractère adynamique ou ataxique. La poudre des fleurs agit comme un violent sternutatoire.
D.zrt M. »’AD. Fleurs, poudre, g* x à 3 {. Infusion 3] à iv par D ij d’eau bouillante. Décoction, 3 ÿ à Zi par bij d’eau. Eau distillée, % j à ïij. Extrant, g" xij à Dj. Racine, moins usilée, poudre, 3 j à üij dans.les 24 heures; décoction et infusion, mêmes doses.
ALcooL. Alcool. Spiritus vini.
P. P. Liquide transparent ; incolore , d’une saveur brûlante , d’une odeur pénétrante et agréable. Pesanteur spécif. 0,792; entre en ébullition à 70° cent.
P, G. Les élémens de l'alcool peuvent être représentés par du gaz hydrogène bi-carboné et de la vapeur d’eau en volumes égaux. Exposé à l’air , il en attire l’humidité, ét s’évapore rapidement, I] peut se combiner avec l’eau en toute proportion. Le mélange de ces deux liquides est accompagné d’une élévation de température, et. détermine des changeniens dans la densité de l'alcool, Ainsi la pes. spécif. de 92 p. d’alcool et de 8 d’eau , est de 0,815 ; et de 99 d'eau et d'alcool, est de 0,999.
Pour reconnaître la proportion de l’alcool, on se sert en général de l’aréomètre de Baumé , dont le n° 10 correspond à l’eau distillée , et le n° 40 à l'alcool, contenant seulement 8 p. d’eau sur 100. L’eau-de-vie du commerce, qui contient en général
à peu près moitié alcool et moitié eau, marque de 18° à 22° degrés de l’aréomètre.
L’alcoo! s’enflamnie facilement, et brùle avec une flamme étendue et blanche , sans laisser de résidu. La plupart des acides minéraux le décomposent et le transforment en éther. Il dissout le phosphore, le soufre , liode, les alcalis minéraux et végétaux, ainsi que les sels déliquescens. Tous les autres oxides métalliques, les sels insolubles dans Peau et les sels efflorescens sont insolubles dans l’alcool ; il dissout les résines , les huiles , les baumes , les savons , etc. ,etc.
Prée. L'alcool est un des produits de la fermene tation vineuse , et on le sépare, par la distillation, des autres substances avec lesquelles il se trouve mêlé dans lPeau-de-vie , le vin , etc.
U. L'alcool est un des-stimulans diffusibles les plus énergiques ; concentré , il agit comme un poison violent ; affaibli, et pris en petite quantité , il occasionne une chaleur plus ou moïns vive à l’épigastre , l’irritation du système nerveux, l’accélération de la circulation, etc.; en plus grande quantité, il détermine l’ivresse, l’inflammation de lestomac, et peut même occasioner la mort. L’alcool à 36°, ou Esprit de vin rectifié, est employé pour préparer les élixirs, les teintures, et il semble augmenter l’activité de beaucoup de substances médicinales. Il n’est jamais employé seul en médécine ; à l’état d’eau-de-vie , l’on en fait un usage habituel, comme liqueur de table et comme cordial; à l’exté-
{ane J ;
( 268 ) rieur, On s’en sert comme rubéfiant , astringent, tonique, etc.
Vix. Vinum. Liqueur alcoolique produit par la fermentation du raisin, fruit du Vüitis vinifera L., arbre sarment‘eux de la famille des Vinifères.
Les vins diffèrent beaucoup, selon la nature du raisin qui les a produits, et la manière dont ils ont été faits. Ainsi, ils sont rouges lorsqu'on emploie du raisin noir avec l’enveloppe des grains ; et ils sont blancs, au contraire, lorsqu'on emploie du raisin blanc, ou même du raisin noir dépouillé de cette enveloppe : leur odeur et leur saveur varient aussi beaucoup et ne sont pas en rapport avec la quantité d’alcoo! qu’ils contiennent. Le vin de Bourgogne, par exemple, n’est guères plus spiritueux que celui de Surène, cependant il est d’une qualité bien différente. En général, ce sont les vins des pays chauds, qui ont le plus de bouquet : ceux des pays pis froids sont, au contraire ;! apres et souvent mênie très-acides. On attribue le bouquet du vin à un principe huileux très-fugace que jusqu'ici on n’est point parvenu à isoler. Tous les vins donnent à l’analyse chimique , les mêmes produits, savoir : de l’eau , de lalcool, un peu de mucilage, des principes colorans, du tartrate acide de potasse , du tartrate de chaux et de l’acide acétique. C’est à la présence de l'alcool qu'ils doivent principalement leurs propriétés stimulantes ct diffusibles. Ce principe, qu’on peut séparer par
Da
la distillation , s’y trouve en proportions trés-différentes, comme on peut le voir par le tableau sui-
vant , que l’on doit à M. Brande.
Noms des Vins.
Éissas € y Marsala. .
Oporto . .”.
Madère. . .
Xérès. . .. .
l'énériffé . .
Constance. .
Muscat du cap.
Roussillon. :
. Malaga. . .
Ermitage blanc. .
Malvoisie . .
Eunel. .. .
Bordeaux.
Sauterne . :
Bourgogne. .
Champagne.
Idem, mousseux
Grave. ., . .
Frontignan .
Côte-rôtie. .
DUPokai 1. 4
Comme nous lavons déja dit files 4 k #
Proportions d’alcool (p. sp. 0,825.) Sur 100 de vin en vol.
55,48 MARNE 29,09 25,39 22,27 19,17 19:79 19,7 90 18,25 18,13 17,26 17,45 16,40 15,92 15,10 14,22 14,57 15,80 12,61 13,37 12,89 150%
ualités des 29:
( 2#0 ) vins diffèrent beaucoup; on peut les diviser, 1° en
astringens ou secs, tels que ceux d’Alicante, de Bors
deaux, de Bourgogne , de Xérès, de Madère , etc.,
qui contiennent une petite quantité de tannin , qui
leur donne une saveur plus où moins austère, et qui occasionne la formation d’un précipité avec . la gélatine; 2° en vins sucrés, tels que le vin de Malaga, de Rota, de Rivesalte , de Lunel, etc. , qui contiennent une quantité assez grande de sucre ; qui n’éprouve pas la fermentation , et 3° enfin les vins mousseux , tels que celui de Champagne, qui ont été mis en bouteille avant que la fermentation ne se soit apaisée, et qui, par conséquent, contiennent une grande quantité de gaz acide carbo: nique en dissolution; en général, ces derniers vins ne sont pas très-alcooliques.
L'action des vins sur l’économie animale dé-
pend-principalement de la quantité d’alcool qu’ils”
contiennent ; cependant, une quantité donnée de vin n’agit pas de la même manière qu’un mélange d’alcool et d’eau , dans les mêmes proportions, et certains vins, qui donnent à l’analyse chimique à peu près la même proportion d’alcool, n’enivrent pas avec la même facilité. Il faut attribuer ces différences aux diverses, espèces de combinaisons dans lesquelles Pa lcool se trouve dans ces produits complexes; quoi qu’il en soit, tous ces phénomènes sont assez généralement conpus pour qu’il ne soit pas nécessaire de les décrire ici; nous dirons seu- Jement que Jes vins astringens agissent comme
(271) toniques aussi bien que comme excitans, et peuvent déterminer la constipation ; et que les vins mousseux , dont l’action sur le cerveau est très-prompte et très-intense, malgré la petite proportion d’alcool qu’ils renferment , exercent aussi une influence diurétique très-marquée. |
Les usages des vins comme médicamens sont trèsnombreux ; on les administre , avec avantage,
dans certains cas de fièvres adynamiques et ataxi-
ques, dans les affections scorbutiques et scrophuleuses , enfin , dans toutes les maladies asthéniques. Ils servent aussi de véhicule à beaucoup de médicamens. Leur usage est contre-indiqué dans toutes les phlegmasies aiguës.
A NTISPASMODIQUES.
Les antispasmodiques sont des médicamens exvitans qui exercent une influence spéciale sur le
système nerveux, ét qui tendent à calmer les con”
tractions musculaires irrégulières et désordonnées que lon nomme mouyemens spasmodiques. En général leurs effets, qui sont d’autant plus marqués que le malade est dans un état de faiblesse et d’irritabilité plus grandes, se manifestent très-promptement,maisné durentque peu de temps et leur action est bientôt émoussée par l'habitude. Ils paraissent exciter et fortifier le système nerveux, en même temps qu'ils régularisent, pour ainsi dire, son action; ils apaiscnt la douleur, et calment l’agitation sans
Fa
‘inflammation de quelque organe important.
vecasioner l’état d’assoupissement qui caractérise | la médication narcotique ; ils tendent à diminuer les mouvemens convulsifs des muscles, pourvu que linflammation du système cérébral n’en soit pas la cause. On voit donc que, sousce point de vue, ils différent essenticllément des autres médicamens excitans ; l’éther, par exemple, agit avec la même promptitude. que l'alcool, et, pour cette raison, a reçu, de même que ce dernier, le nom de diffusible , mais au lieu d’occasioner des mouvemens convulsifs comme lui, il tend plutôt à les calmer, et peut même être-employé avec avantage pour combattre les accidens de l'ivresse convulsive. "
La plupart des médicamens de ce genre sont remarquables par leur odeur et par la grande volatilité de leurs principes actifs; mais leur nature varie considérablement. On les emploie en général pour combattre les convulsions intermittentes où cloniques, et d’autres symptômes nerveux, comme nous le verrons en faisant leur histoire particulière . mais ,.de même que tous les autres excitans, leur usage est nuisible, toutes les fois qu’il existe une
Eruek. On désigne par ce nom une substance
qui est toujours le produit de Part, et quirésulte de
. Paction des acides sur l’alcool. M. Fhénard établit
trois genres d’éthers : 1° ceux qui sont formés d’hydrogène, d’exigène et de earbone, savoir, les
pu:
La
éthers sulfurique , phosphorique, arsénique et fluoborique, qui sont tous identiques; 2° ceux qui sont formés par de lhydrogène bi-carboné combiné à Pacide qui a servi à leur préparation; savoir, les éthers hydro-chlorique et hydriodique ; 3° ceux qui résultent de la combinaison de l’acoolavec l’acide employé pour les faire ; savoir, les éthers mit que, : acctique, tartarique, ete.
Les éthers du second genre ne sont pas employés en médecine.
Eruer suzrurique. Æther sulfuricus. Æ. vitriolieus. Ether du premier genre, produit par l’action d’un acide concentré ;, tel que l'acide sulfurique ou phosphorique sur l’alcool, et dans la composition duquel l’acide qui a servi à sa préparation n'entre pas.
P. P. Liquide incolore , limpide, d’une odeur forte et particulière, agréable; saveur chaude et
piquante, pesant. spécif. 0,711, extrêmement vo- | 2 entre en ébullition à 55°; en s’évaporant, àla Mempérature ordinaire, il produit un froid considérable.
P. C. D’après M. Gay-Lussac ses élémens peuvent être représentés par 2 volumés de gaz hydrogène bi-carboné et 1 volume de vapeur d’eau, d’où il résulte que pour transformer l’alcool en éther, il faut lui enlever la moitié de l’hydrogène et de loxigène qu’il contient dans les proportions nécessaires pour former de l’eau. Il brûle très-facile-
(274) ment avec une flamme blanche trés-étendue. 1 est soluble dans 10 parties d’eau; s’unit en toutes proportions avec l'alcool et Pammoniaque, dont il: est séparé par l’eau.
Prér. On mêle peu à peu parties égales d’ alcoi ;
et d'acide sulfurique concentré; on chauffe légèrement le mélange, et l’éther se volatilise.
U. Cette substance est un stimulant diffusible:
très-énergique. Prise intérieurement, à petites doses , elle produit une chaleur intérieure, et excite rapidement le système nerveux; mais elle ne paraît avoir d'influence bien marquée que sur l’appareil circulatoire : à hautes doses, elle peut déterminer lPinflammation de l'estomac, des éblouissemens et même l'ivresse. On s’en sert avec avantage dans la
missemens spasmodiques, les coliques nerveuses , l’hystérie , etc. On en retire des avantages marqués dans les fièvres typhoïdes, pour calmer les mouvemens convulsifs, Le hoquet, etc. On l’a vantée
comme fébrifuge et comme anthelmintique. 14
ministré en lavement, l’éther est souvent trèsutile dans la colique néphrétique: La vapeur qui s’en dégage continuellement est employée pour irriter la surface pituitaire dans les cas de syncope , etc. À l'extérieur, on se sert de l’éther comme réfrigérant; enfin ce liquide est employé
plupart des affections nerveuses, telles que les vo-®
comme dissolvant d’un grand nombre de médica-
mens. LS
D. Er M.n’an. À l’intérieur, gouiles vuj à x sur dw
Süere ou dans un véhicule froid ; 3 j à 1]. Ether sulfurique alcoolisé, Liqueur anodine d'Hoffmann. P. (contenant p. €. alcool et d’éther, et un, peu d’huïle douce de vin.) 3 f à Sirop d'éther. P. (éther sulf. 12 P-, sucre 250 el eau
175 p.) Z Ràj.
* Eruer nirrique: Æther nitricus. Ether du t:oisième genre.
P.P. Liquide d’un blanc jaunâtre, soh odeur, semblable à celle de l’éther sulfurique, est plus forte et occasionne même une sorte d’étourdissement; sa saveur est âcre et brûlante ; il entre en ébullition à 210 centig.
P. P. D’après M. Thénard, cet éther est Orne d'alcool et d’acide nitreux,. et contient toujours une petite quantité d'acide acétique. Il ne rougit pas la teinture de tournesol; agité avec de l’eau, il se décompose en partie, et un peu d’acide nitreux est mis à nu. Il se décompose spontanément avec ! la plus grande facilité.
Prée. En distillant parties égales ;, €n poids, d'alcool et d’acide nitrique.
U. Il agit de la même manière que l’éther sulfurique ; mais comme il est beaucoup plus volatil, son application sur la surface du corps occasionne an froid plus intense. L’Ether nitrique alcoolisé, P. je prépare en faisant arriver dE la vapeur d’éther
ritrique dans de l'alcool jusqu’à ce que son poids ioit doublé.
| p” TR
Eruer acérique, Æther aceticus, Ether u troisième genre.
P. P. Liquide incolore, d’une odeur agréable d’é ther et d’acide acétique, d’une saveur particulière, et de la pesanteur spécifique de 0,86; il entre ef ébullition à 71° centig.
P. C. Composé d’alcool et d’acide acétique : ne rougit pas le tournesol; se dissout dans environ 7 p. d’eau sans éprouver de décomposition. Il est décomposé par la potasse.
U. Est moins diffusible que les PC mais peut remplir les mêmes indications; on s’en est
aussi servi à l’extérieur en frictions dans des cas de douleurs rhumatismales.
Famille des Laurinees.