‹ Manuel de matière médicale. Ou, Description abrégée des médicamensChapitre 95 sur 128 · MÉDICAMENS PURGATIFS · texte numérisé non relu

MÉDICAMENS PURGATIFS

O\ désignait autrefois, sous le nom de purgatifs ( de purgare, nettoyer, purifier), tous les médicamens qui peuvent accélérer ou provoquer les éva-

cuations alvines; mais comme cette propriété est

commune à des substances dont le mode d’action est très-différent , on les a divisées en deux classes, savoir : les purgatifs, proprement dits, etles laxatifs,

dont nous parlerons plus tard. On donne mainte-

nant le nom de purgatifs ou de cathartiques ( de x0Üatcw , je purge), aux médicamens, qui déterminent, sur la surface interne des intestins, une irritation passagère, modérée et spéciale, d’où

- résultent des déjections alvines.

I] paraîtrait, d’après des expériences récentes, qu’il est des substances qui, portées dans le torrent de la circulation , déterminent les phénomènes de lapurgation, de même que lorsqu'elles agissent localement sur la membrane muqueuse intestinale ; mais on ne les emploie guère de cette manière ;

\ aussi est-ce de leur action locale que dépend, en

général, la médication prineipale qu'elles exercent,

Leur contact déteumii@t augmentation de la sensibilité, la rougeur et la tuméfaction de la membrane! muqueuse, qui tapisse les intestins ; la sécrétion, | dont elle est le siége, devient plus active ; Pexcitation se propage au foie, et occasionne un afflux plus abondant de bile dans le tube digestif; la tu nique musculeuse y participe aussi, ses mouvemens contractiles s’accélèrent , et enfin, expulsent au dehors les matières contenues dans les intestins.

Les purgatifs peuvent produire lroiaees , d'où dépendent ces phénomènes, successivement dans toute létendue du-canal intestinal, ou n’agir d’une manière bien marquée que sur une de ses parties; le colchique est dans le premier cas, l’aloës dans le second ; en effet, cette dernière substance affecte plus spécialement le gros intestin. Quoi qu’il en soit ; leur administration est en général süivie de dégoût pour les alimens, où même de nausées, d’une sensation de chaleur interne, de-douleurs plus ou moins vives dans l’abdomen, de borborygmes et même d’un léger gonflement du ventre. Ces phénomènes sont accompagnés de symptômes généraux, dont il faut également tenir compte ainsi, le Do qui devient petit et inégal lorsque les coliques commencent à être Vives, acquiert bientôt plus de force et de fréquence , la chaleur animale augmente et la peau devient sèche et chaude. Le nombre des déjections alvines, qui surviennent pendant la durée de leur action varie,

LME AE

. de même que la nature et la quantité des matières

évacuées,. | s

Suivant le degré plus ou moins grand d'énergie , avec lequel les purgatifs agissent , on les à désignés par les noms de Minoratifs ou Eccoprotiques (de &x, dehors et x0mæpès, excrémens), de Cathartiques He s, pargatif), dont l’action tient le milieu entre les minoratifs et les Drastiques (doactuxds , de dd , j’opère fortement), qui sont . des purestie dont l’action est violente.

Outre les effets dont nous avons parlé plus haut, les purgatifs peuvent déterminer d’une manière secondaire :

1° Le ralentissement de la circulation ; DOn-seu* lement en occasionant l'évacuation des. matières alvines accumulées dans Pintestin, et en faisant cesser ainsi une cause d’irritation générale , mais encore en diminuant la masse du sang en cireulation , par suite de l'augmentation de la sécrétion qu'ils déterminent, En effet, Robinson, qui a fait un grand nombre d’expériences sur la transpiration et les autres excrétions, a trouvé qu’une forte purgation peut diminuer de deux ou troislivres le poids du corps ; |

2° L’augmentation de l’absorption qui sé fait dans les cavités du corps. Ge phénomène est également une conséquence de laugmentation de la sécrétion , dont la membrane muqueuse intestinale est le siège; car, ainsi que nous avons déjà dit , Fabsorption parait toujours être d'autant plus ra-

VA

pide , que la masse des humeurs en circulation est

moins grande. L’on donnait autrefois le nom d'Hy- 4 s x

drogogues (de vd0p , Cau, et œyo , je chasse) aux

purgatifs que l’on admihistrait dans la vue de pro-

duire cet effet ;

5° L'augmentation de la sécrétion de la bile ; c’est à cause de ce phénomène , que l’on a donné à quelques purgatifs, le nom de Cholagogues ( de xo)ñ bile , et &yw, je chasse).

4° Enfin , une révulsion puissante , qui tend spécialement à diminuer limpulsion du sang vers la tête. | . C’est pour obtenir l’un ou lautre de ces effets , | que l’on administre les purgatifs dans certaines hydropisies , dans les maladies du foie, les affections catarrhales, certaines fièvres, apoplexie, Phystérie, les maladies de la peau, etc. |

Les purgatifs nous sont fournis par les règnes minéralet végétal. Les premiers sont des sels neutres, dont la plupart ont pour base la soude , la potasse ou Ja magnésie ; ils sont solubles dans l’eau, etont une saveur fraîche, et salée ou amère. Leur action sur l’économie est assez uniforme , ils déterminent une sécrétion abondante de sérosité, et agissent spécialement sur l’estomac et les intestins grèles, mais très-peu sur le gros intestin , aussi leur usage

nest-ilpas suivi de constipation, comme cela a lieu

pour certaines substances végétales. Enfin, lorsqu’ils sont absorbés, ils déterminent en général une sécrétion plus abondante d'urine. On les'admi-, ©

FC" F re où, & y Ü %. de 4 LA RS ( 345) , SA

mistre ordinairement dissouts dans Peau, ét à 14 4

dose de quatre gros à une once, :

Les purgatifs, provenant du règne végétal , agis-

» sent en général avec plus dé violence, et irritent

les intestins plus que les purgatifs salins. La plupart

d’éntre eux ont une odeur plus ou moins nauséa:"

bônde et une saveur amère ; enfin, ils sont formés

“principalement de résine, de matières gommo-

résineuses et de principes extractifs amers. Leur

mode d’administration et leurs doses varient. PurGATIFS sALINS.

3 L SULFATE DE soupe, Sulfus sodæ. Sel de Glauber ,

«se trouve dans plusieurs sources minérales.

P. P. Cristallise en prismes à 6 pans cannelés ,

blancs, transparens et efflorescens. Saveur amère , fraîche et salée.

P. G. Soluble dans 3 p. d’eau froide, ct1 p.

d’eau bouillante. Les cristaux contiennent plus de «moitié de leur poids d’eau de cristallisation , Mais lorsqu'ils tombent en poudre par efflorescence , ils

n'en renferment plus.

Suss. incowr. Les sels de baryte, de plomb, etc. Prér. En décomposant le carbonate de soude

‘par l'acide sulfurique.

à U. C’estun purgatif très-doux, et dont l’action est très-constante et peu irritante. On l’emploie beau Coup comme tel dans le cours des affections fébriles Pour évacuer les intestins. Administré à des doses

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