MALADIES DE LA FACE
96. L'aspect général de la face peut suffire pour en démontrer les principales altérations, et pour faire soupçonner l'existence d'affections qu'un examen plus complet constatera définitivement. Une laideur extrême, résultant, soit d'une vicieuse conformation des traits ou d'un défaut de proportion entre eux, soit de l'atrophie d'une partie de la face, soit enfin, d'un manque de symétrie entre les deux côtés du visage, peut motiver Vexemption.
97. La. protubérance, la difformité, les exostoses du front, ne permettant pas l'usage des coiffures militaires, exigent Vexemption.
98. Les mutilations de la face consécutives à des fractures ou à des opérations chirurgicales, suivant leur étendue, la gêne qu'elles apportent aux fonctions et l'aspect qu'elles donnent à la physionomie, peuvent entraîner Vexemptioii et la réforme.
99. La face est fréquemment le siège de kystes de diverses natures, de tumeurs érectiles, d'exostoses. Ces affections, quand elles sont considérables, entraînent Vexemption, mais ne motiveraient la réforme qu'après avoir résisté à un traitement rationnel.
100. Les ulcères siégeant à la face entraînent Vexemption s'ils sont d'une nature grave ; ils n'exigent la réforme qu'après avoir résisté à un traitement convenable.
iOl. Les fistules de la face, autres que les fistules dentaires, constituent toujours des cas d'exemption.
103. La prosopalgie faciale, ou tic douloureux de la face, doit entraîner Vexemption ; elle ne motivera la réforme qu'après un traitement infructueux.
104. Les paralysies partielles ou récentes de la face, pouvant tenir à des causes essentiellement passagères, ne motivent pas l'exemption. L'hémiplégie faciale ancienne ou syropiomatique d'une affection cérébrale entraîne Vexemption et la ré' forme.
Maladies des slnus de la face. — 105. Les sinus frontaux ou les sinus maxillaires, peuvent être déformés, oblitérés, perforés, à la suite de plaies, de fistules, d'ulcères ou de fractures avec enfoncement ; des corps étrangers y pénètrent quelquefois ; très rarement il s'y développe des polypes. Ils peuvent être le siège d'hydropisie, de phlogose et de suppurations chroniques, d'exostoses, de carie, de nécrose avec ulcération fistuleuse. La plupart de ces cas entraînent Vexemption et la réforme.
Maladies DES os maxillaires, — 106, Ces os peuvent être atrophiés ou hyper-
trophiés et constituer une difformité de la face incompatible avec le service militaire.
108. Les fractures non ou mal consolidées, les pertes de substance des os maxillaires, suites de coups de feu ou d'une opération chirurgicale, sont incompatibles avec le service militaire. On y observe souvent des ostéites, des exostoses, des caries, des nécroses, particulièrement la nécrose phosphorée, des kystes osseux, qui doivent presque toujours entraîner {'exemption,
109. Varticulation temporo-maxillaire peut être le siège de diverses maladies qui rendent inapte au service ; telles sont la luxation mal réduite, qui apporte une gène considérable à la mastication, et la luxation survenant avec une grande facilité et même volontaire, état qui s'observe chez quelques sujets. — La constriciion ou le resserrement des mâchoires, qui peut être congénitale, accidentelle ou symptomatique, est un motif d'exemption; Vankylose, d'ailleurs très rare, en est le degré le plus élevé.
L'examen des yeux exige que le sujet, placé en face de l'observateur, ait le visage bien éclairé. On doit recourir à l'éclairage oblique pour les lésions de l'hémisphère antérieur de l'œil : opacités de la cornée, du cristallin, exsudais de la pupille, qu'on n'apprécie pas bien à l'œil nu. Les altérations plus profondes nécessitent l'emploi de l'ophthalmoscope. Pour déterminer le degré des troubles de réfraction, on se servira de l'optomètre. Les médecins familiarisés avec l'ophihalmoscope pourront, s'ils le préfèrent, recourir à cet instrument, qui permet également de déterminer les anomalies de réfraction d'une manière précise. Ces méthodes d'exploration donnent non seulement des résultats exacts, mais elles ont, en outre, l'avantage de ne pas laisser autant de prise à la fraude que l'examen avec les verres correcteurs.
L'acuité de la vision doit toujours être appréciée avec l'échelle typographique dont les tableaux seront fixés, à hauteur d'homme, sur un des murs de la salle des séances, de manière à être bien éclairés.
L'exploration de la pupille, de l'appareil cristallinien et du corps vitré, nécessite la dilatation de la pupille avec l'atropine.
L'examen avec l'éclairage oblique et avec l'ophlbalmoscope, qui exige un cabinet spécial et demande un certain temps, ne sera fait qu'à la fin de chaque séance, et, dans les cas oii le local manquerait, l'examen aura lieu au chef-lieu de département avant la clôture des opérations préalables du conseil de révision.
On doit toujours s'assurer de l'état de la vision de chaque œil. Lorsqu'un sujet se plaint d'affaiblissement de la vue, le médecin commence par mesurer l'acuité de la vision de loin et de près, à l'aide de l'échelle typographique; il examine ensuite l'état de la réfraction, sur lequel l'épreuve précédente a pu déjà lui fournir quelques données. S'il constate que les yeux sont emmétropes, qu'il n'y a ni myopie, ni hypermétropie, ni astygmatisme, il recherche, à l'éclairage oblique d'abord, et ensuite avec l'oplithalmoscope, s'il n'existe pas de défauts de transparence des milieux de l'œil ; des opacités de la cojnée ou du cristallin ; des exsudats dans le champ pupillaire ou, plus profondément, des altérations de la rétine, de la choroïde ou du nerf optique.
Les lésions des yeux, quelles qu'elles soient, lorsqu'elles réduisent l'acuité de la vision au-dessous de 1/4 des deux côtés ou de l'oeil droit ; ou de 1/2 de l'œil gauche ; ou qu'elles occasionnent une diminution de la moitié environ de l'angle temporal du champ visuel, rendent imp7'opre au service militaire, à moins que l'amblyopie, dépendant d'une altération de la réfraction, ne puisse être corrigée par des verres.
Maladies des paupières. — Les paupières peuvent présenter plusieurs maladies ou infirmités qui déterminent l'inadmissibilité dans l'armée, telles sont :
110. La destruction, la division (coloboraa), plus ou moins étendues de Vane ou de l'autre des paupières, lorsqu'elles compromettent la protection du globe oculaire. — 111. Les cicatrices vicieuses, les adhérences des paupières soit entre elles (ankyloblépharon), soit avec la conjonctive oculaire (symblépharon). — 112. Le renversement des paupières en dedans (entropion), s'accompagnant de frottement des cils sur la cornée ; le renversement en dehors (ectropion), assez prononcé pour déterminer du larmoiement ou nuire à la physionomie. — 113. Les tumeurs assez volumineuses pour être gênantes et pour produire une difformité. Les chalazions, petits kystes qui se montrent au niveau du cartilage tarse et dont la guérison s'obtient à l'aide d'une opération facile et sans gravité, ne sont pas une cause d'exemption. — 114. La blépharite ciliaire, avec atrophie ou perte des cils, épaississement et déformation du bord palpébral qui laisse l'oeil sans protection contre les corps étrangers.
115. Le trichiasis, assez développé pour entretenir une irritation constante de la cornée, est une cause d'exemption.
116. La chute de la paupière supérieure, ou ptosis, ou blépharoptose, s'oppose à V incorporation dans l'armée. — Le prolapsus produit par un gonflement inflammatoire, ['œdème ou toute autre affection passagère, ne donnent pas droit à Vexemp' tion.
117. La paralysie de l'orbiculaire des paupières, si elle existait isolément, ne serait une cause d'exemption que dans le cas oti l'on constaterait l'impossibilité de l'occlusion des paupières.
118. Le blépharospasme est le plus souvent symptomatique d'une affection oculaire et subordonné, comme motif d'exemption, aux lésions qui l'occasionnent. Il est alors compliqué de photophobie. Lorsqu'il se rattache à une névrose du nerf facial, qu'il soit continu ou intermittent, il ne crée Vincapacité de servir que s'il trouble la fonction visuelle. Les lésions des paupières motivant l'exemption ne donnent lieu à la réforme que dans le cas où leur incurabilité a été reconnue.
Maladies des voies lacp.ymales. — 119. Les tumeurs de la glande lacrymale rendent impropre au service militaire.
120. Le larmoiement, ou épiphora chronique, est un motif d'exemption s'il est suffisamment développé pour constituer une infirmité. Les affections principales qui le déterminent : la déviation et l'obstruction des points lacrymaux, l'oblitération ou la coarctation des conduits lacrymaux ou du canal nasal, sont susceptibles de guérison et n'entraînent qu'exceptionnellement la réforme. — 121. La dacryocystite chronique, la tumeur et la fistule lacrymales, qui sont aussi la conséquence de l'oblitération ou de l'obstruction du canal nasal, présentent les mêmes condi-
lions A'inaptitude au service. L'admission à la réforme doit être réservée aux malades réfractaires à tout traitement.
Maladies de la conjonctive. — 122. La conjonctivite aiguë grave, Vophtalmie purulente ou blennorrhagique nécessitent le renvoi de l'examen à la fin des opérations du conseil de révision, en raison des accidents sérieux qui peuvent être la suite de ces affections. — 123. La conjonctivite chronique dépend souvent de causes professionnelles et guérit d'elle-même lorsque le sujet vient à changei" de manière de vivre. Elle ne doit être admise comme cause d'exemption que lorsqu'elle est sous l'influence d'une constitution strumeuse. — 124. La conjonctivite ou ophtalmie granuleuse, affection contagieuse, longue et difficile à guérir, fréquente en Algérie, motive toujours Vexemption, mais n'entraîne la réforme que si elle est compliquée d'altérations incompatibles avec la vie militaire. — 125. Le ptérygion n'exempte du service que quand sa pointe s'avance vers le centre de la cornée et menace de compromettre la vision. La réforme n'est admise qu'après une ou plusieurs opérations restées sans succès. — 126. Les tumeurs de la conjonctive seront prises en considération, comme causes d'exemption, suivant les troubles qu'elles apporteront dans le fonctionnement oculo-palpébral.
Maladies DE LA caroncule lacrymale. — 127. L'hypertrophie (encan this) et la dégénérescence de la caroncule motivent Vexemption. La réforme est subordonnée au résultat du traitement.
Maladies de la cornée. — 128. Les plaies de la cornée qui sont de nature à laisser des troubles importants de la vision déterminent Vexemption. — 129. Les kératites vasculaires, panniforme, interstitielle ou profonde, celles qui sont compliquées d'abcès ou d'ulcérations, rendent im.propre au service. — 130. En général, les opacités périphériques de la cornée, à moins d'être étendues, gênent peu la vision, tandis que les opacités centrales, même légères, amènent une diffusion plus ou moins grande des rayons lumineux. Elles sont des causes d'exemption lorsque, le sujet étant exposé à une grande lumière venant de face, elles abaissent l'acuité de la vision au-dessous d'un quart. — 131. Les staphylômes pellucide (cornée conique et globuleuse) et opaque nécessitent Vexemption, et la réforme en raison des troubles de la vision qu'ils déterminent.
Maladies de la sclérotique. — 132. Le staphylôme antérieur de la sclérotique entraîne Vincapacité de servir.
Maladies de l'iris. — 133. Les vices de conformation congénitaux ou accidentels de l'iris ; son absence, sa division (coloboma), son décollement, sa déchirure, la multiplicité des pupilles, déterminent Vexemption et la réforme, suivant le plus ou moins de troubles qu'ils apportent dans la vision. Un décollement limité, une division peu considérable du bord iridien, sont sans influence sur la fonction visuelle. — 134. Les adhérences de l'iris avec la cornée, les adhérences avec la capsule cristalline, compliquées d'atrésie ou d'occlusion de la pupille, sont comprises au nombre des causes de Vexclusion de l'armée. — 135. Le myosis est la conséquence de diverses affections dont quelques-unes peuvent rendre impropre au service militaire, mais par lui-même il n'est un vi\o\.\î d' exemption que si la pupille est immobilisée par des adhérences. — 136. La mydriase est fréquemment le résultat d'affections oculaires graves : glaucomes, atrophie de la papille, etc. ; elle se lie assez souvent à la paralysie de la troisième paire de nerfs ; d'autres fois elle
est traamatique ou succède à un refroidissement, etc. Dans les deux premiers cas, Yincapacité de servir est déterminée par la maladie principale ; la mydriase idiopathique n'est pas une cause d'exemption. — 137. Le tremblement de l'iris a peu d'importance par lui-même, mais il se rattache à des affections qui sont des causes d'exemption. — 138. VijHtis chronique, toujours compliquée d'adhérences avec la capsule du cristallin, nécessite l'exemption et la réforme.
Maladies du cristallin. — 139. La luxation du cristallin, son extraction ou sa résorption à la suite d'une déchirure de la capsule cristalline, sont des motifs d'exemption. Elles n'entraînent Isl réforme que si elles atteignent l'œil droit. — 140. Les opacités du cristallin rendent impropre au métier des armes. — Les exsudais, les dépôts uvéens sur la capsule cristalline, qui obstruent le champ pupillaire de manière à réduire l'acuité visuelle à un quart, motivent l'exclusion de l'armée.
Maladies du corps vitré. — 141. Les corps étrangers logés dans le corps vitré, les opacités fixes flottantes proveoanl d'hémorrhagies ou d'affections oculaires qui peuvent être aggravées par la vie militaire, le ramollissement du corps vitré (synchysis) et le synchysis étincclant sont compris dans les cas d'exemption.
Maladies de la choroïde. — 142. La choroïde offre quelques anomalies congénitales qui peuvent en traîner Tmcapacif^ de servir :le coloboma, s'il est assez étendu pour produire des troubles fonctionnels importants ; l'absence de pigment de l'iris et de la choroïde.
143. Les différentes formes de choroïdite : l'irido-choroîdite, le glaucome, les choroïdites exsudative, spécifique, etc., sont des affections graves qui allèrent le plus souvent la vision et empêchent l'admmtoji dans l'armée. Mais toutes n'exigent pas la réforme, et l'on en obtient quelquefois la guérison.
144. Les tumeurs de la choroïde, bénignes ou malignes, kystes hydaliques, sarcomes ou mélano-sarcomes, etc., ont une marche progressive d'où résulte l'affaiblissement ou la perte de la vision, et l'impossibité de servir.
Maladies de la rétine et du nerf optique. — 145. Les affections de la rétine et du nerf optique entraînent généralement l'exemption, et souvent la réforme. Parmi elles se rangent les diverses variétés de la rétinite : séreuse, parenchymaleuse, pigmeniaire, les rétinites symptomaiiqnes de l'albuminurie et delà syphilis, qui produisent presque constamment une altération delà rétine et un trouble fonctionnel important. — 146. Le décollement de la rétine, même très limité, qui a beaucoup de tendance à s'étendre ei aucune à se guérir. — 147. La névro-rétinite et la névrite optique, l'atrophie du nerf optique, qui laissent presque toujours à leur suite un affaiblissement plus ou moins grand de la vision.
148. Indépendamment des affections précédentes, qui déterminent des altérations matérielles des milieux et des membranes de l'œil faciles à reconnaître, il existe des troubles de la vision, amblyopies par inioxicaiion, par action réflexe, etc., dans lesquels l'ophthalmoscope ne révèle aucune lésion anatomiqueDans ces cas, plus que dans tout autre, on ne doit pas négliger, après avoir déterminé l'acuité de la vision, d'examiner l'étendue du champ visuel, qui est souvent rétréci, et le sens des co"uleurs.
(Tout individu qui a une acuité visuelle inférieure à 1/4 des deux côtés ou de l'œil droit doit être exempté ou réformé. — Tout individu qui a une acuité vi-
suelle inférieure à i/ii à gauche, ou bien une diminution dé la moitié environ de l'angle temporal du champ visuel, doit être exempté ou réformé.)
140. Vhéméralopie épidémique est de courte durée et n'exempte pas du service; mais il y a des héméralopies qui sont symptomaliques de la rétinite pigmenlaire, et qui, comme celte affection, rendent impropre à la vie militaire.
Anomalies de la réfraction. — 150. La myopie ivrégulière, connue aussi sous le nom de fausse myopie, est une cause d'exemption et de ré forme. Lamyopie vraie ou régulière ne rend impropre au service qu'autant qu'elle est supérieure à un sixième, ou compliquée soit d'insuffisance musculaire ou accommodative, soit de lésions du fond de l'œil. La mesure du degré de myopie doit être faite avec l'optomètre ou avec l'ophthalraoscope.
151. L'hypermétropie doit être considérée comme une cause d'ambiyopie permanente irrémédiable; elle moiive V exemption et ]a. réforme toutes les fois que l'acuité visuelle est inférieure à un quart à droite ou à un douzième à gauche. La constatation de l'hypermétropie suffit sans qu'il soit besoin d'en préciser le degré.
15à. L'astigmatisme, qui complique habituellement la myopie et l'hypermétropie, confère l'exemption et la réforme lorsque, comme cette dernière affection, elle ramène Vacuité visuelle au-dessous d'un quart h droite et d'un douzième à gauche.
Maladies du globe oculaire. — 153. La perte et la désorganisation de l'œil, son atrophie, si elle s'accompagne d'une diminution notable de la vision, déterminent l'exemption et la réforme. Uatrophie congénitale est compatible avec la vie militaire lorsqu'elle est peu prononcée, mais elle donne lieu ordinairement à l'hypermétropie, qui peut être une cause d'exemption. — 154. Les affections hydrophthalmiques, les tumeurs inlra-oculaires amènent parfois un développement considérable de l'œil, désigné sous le nom de buphthalmie, constituant une difformité choquante jointe à une altération considérable de la vision, qui entraîne Vexemption et la réforme. — 155. Vexophthalmie, qu'elle soit produite par la présence d'une tumeur de l'orbite ou par une maladie générale (goîire exophthalmique), motive Yexemption et exige la réforme lorsqu'elle est au-dessus des ressources de l'art.
Maladies des muscles de l'œil. — 156. La paralysie et la rétraction des muscles de l'œil se confondent, au point de vue de l'aptitude au service militaire, avec le strabisme, qui en est la conséquence. — 157. Le strabisme motive l'exemption et la réforme lorsqu'il détermine à droite une acuité visuelle inférieure à un quart ; à gauche, inférieure à un douzième ; ou une diplopie permanente ou une diminution de la moitié environ de l'angle temporal du champ visuel de l'œil dévié. — 158. La diplopie résulte d'un dérangement dans la symétrie des axes visuels et s'observe le plus souvent avec le strabisme paralytique. Elle est quelquefois l'annonce de l'ataxie locomotrice. Dans les deux cas elle détermine l'inaptitude au service militaire. — 159. Le nystagmus léger gêne peu la vision, mais si les oscillations de l'œil sont précipitées, elles s'opposent à la vue fixe des objets et constituent une infirmité qui entraîne Vexemption.
Maladies de l'orbite. — ICO. Les affections intra-orbitaires, corps étrangers, tumeurs diverses (abcès, épanchements, kystes, lipomes, tumeurs érectiles, etc.), qui déterminent l'exorbitisme ou une altération de la vue, sonides causes d'exemption. La réforme s'impose lorsque ces affections ne cèdent pas à un traitement
suffisamment prolongé. L'ostéite, la carie, la nécrose, Vexostose de la paroi orbitaire motivent Vexemption si elles causent une infirmité gênante pour le malade et compromettante pour les organes voisins. Vostéosarcome rend, d'une façon absolue, impropre à tout service militaire.
Ce que nous avons dit pour les maladies des oreilles s'applique à fortiori aux maladies des yeux. L'instruction fournit à cet e'gard des détails précis qui serviront de guide au médecin militaire.
L'héméralopie et l'amblyopie sont les maladies des yeux le plus souvent simulées.
Pour Vhéméralopie il n'existe que des signes opthalmoscopiques très incertains. On conseille, pour déjouer la fraude, d'administrer un purgatif qui oblige le simulateur à se lever pendant la nuit. Ce moyen est bon à la condition d'exercer une surveillance qui permette non seulement de découvrir la fraude si elle existe, mais aussi d'empêcher tout accident.
Il n'existe un petit nombre d'amblyopies sans lésions appréciables qui peuvent tenter les simulateurs. La plupart se rattachent à des intoxications ou à des états morbides complexes : hystérie, alcoolisme, saturnisme, etc. C'est par une surveillance attentive et un examen de Tétat général qu'on arrivera à établir le diagnostic.
Les beaux travaux de Perrin, de Poncet et de Chauvel sur l'examen de la vision ont réduit à leur minimum les chances des simulateurs.