‹ Manuel de médecine légaleChapitre 160 sur 353 · MALADIES DE LA BOUCHE · texte numérisé non relu

MALADIES DE LA BOUCHE

Maladies des lèvres. — Les lèvres peuvent être le siège d'affections diverses qui sont incompatibles avec le service militaire, tels sont : — 165. Le bec-de-lièvre congénital ou accidentel, à moins qu'il ne soit peu étendu et qu'il n'altère pas sensiblement la physionomie. — 166. Les difformités résultant de cicatrices vicieuses ou d'adhérences qui rétrécissent d'une manière notable l'orifice buccal ou gênent les mouvements des lèvres. — 467. Vhyperlrophie de la lèvre supérieure, lorsqu'elle constitue une difformité notable et une gêne pour la prononciation. — 168. Les tumeurs érectiles et les tumeurs épithéllales, fréquentes dans cette région. De ces diverses lésions ou difformités, celles qui peuvent être modifiées ou guéries par une opération ou par un traitement approprié ne donnent lieu à la réforme qu'après tentatives de guérison. — 169. La paralysie de V articulaire des lèvres doit être prise en considération pour Vexemption de service si elle est ancienne et ne paraît pas susceptible de guérison, — Il est une autre paralysie labiale qui se lie à la paralysie musculaire progressive de la langue et du voile du palais ; cette affection, beaucoup plus grave, à terminaison funeste, entraîne ['exemption et la réforme.

Maladies des gencives et de la muqueuse buccale. — 170. La stomatite ulcéreuse, la stomatite gangreneuse et la stomatite chronique avec décollement, gonflement et état fongueux des gencives, motivent Vexemption lorsqu'elles résultent d'un état scorbutique ou d'une altération profonde de l'organisme, ou si, les dents étant déchaussées et les gencives atrophiées ou détruites par l'ulcération, la guérison doit être longue à obtenir. Dans ces conditions, la réforme devient quelquefois nécessaire. — 191. L'épulis moiive Vexemption si elle envahit de grandes surfaces ; susceptible de guérison à l'aide de moyens chirurgicaux, elle exige rarement la réforme.

Maladies des dents. — i72. Le nouveau système de charger les armes à feu portatives ne nécessite plus, comme autrefois, l'intégrité des incisives et des canines ; cependant un militaire a besoin d'avoir de bonnes dents pour mâcher ses aliments qui parfois, comme le biscuit, sont durs à broyer. Un mauvais état des dents est donc incompatible avec le service militaire. L'exemption doit être prononcée toutes les fois que la mastication est difficile et incomplète, par suite de la perte ou de l'altération d'un grand nombre de dents, surtout si ce mauvais état des dents s'accompagne de ramollissement, d'ulcération et d'état fongueux de* gencives, ou si la constitution du sujet est faible et détériorée. La réforme sera prononcée dans les mêmes conditions. — 173. Les dents surnuméraires ou déviées ne peuvent que très rarement entraîner Vexemption. — 174. Les fistules dentaires qui s'ouvrent à la face sont généralement guéries par l'avulsion de la dent malade, et ne constituent pas une cause d'inaptitude au service militaire. — 175. La fétidité de l'haleine, qu'elle dépende du mauvais état des dents ou d'une autre cause, doit déterminer Vexemption lorsqu'elle est tellement prononcée qu'elle peut être insupportable pour les autres personnes.

Maladies de la langue. — 176. Les difformités de la langue : sb. perte partielle, son atrophie, sa division congénitale ou accidentelle, ses adhérences anormales.

lorsquelles sont assez étendues pour gêner la phonation et la déglutition, sont autant de causes d'exemption. Elles motivent également la réforme lorsqu'elles sont au-dessus des ressources de la chirurgie. — Le gonflement de la langue, suite d'inflammation, est généralement passager. Vexemption ne s'applique qu'à son hypertrophie qui, ordinairement, se complique de la procidence de cet organe. — Des engorgements partiels peuvent être entretenus par le frottement de dents cariées, qu'il suffit d'enlever pour obtenir la guérison. — Il est à peine besoin de citer, comme nécessitant Vexemption, la paralysie de la langue qui a pour effet d'entraver la mastication, la déglutition et la parole. — 177. he.s tumeurs cancéreuses et les ulcères de mauvaise nature sont des motifs d'exemption et de réforme . — 178. Le bégayement, quand il est assez prononce pour empêcher de crier qui vive o\x de transmettre intelligiblement 'une consigne, est incompatible avec le service militaire. — 479. Le mutisme, qu'il soit congénital ou acquis, exclut d\x service militaire.

Affection des glandes salivaires. — L'appareil salivairc est sujet à des altérations diverses : — i80. La grenouillette qui, lorsqu'elle a acquis un certain développement, exige l'exemption, mais ne nécessite pas la réforme. — 181. Les engorgements chroniques des glandes salivaires, augmentées notablement de volume, leur envahissement par le cancer, qui rendent impropre au service militaire. — 182. Les fistules salivaires qui ont leur siège à la face et qui motivent Vexemption, mais non la réforme, — 183. L'hypertrophie des amygdales qui n'est une cause d'exemption que dans le cas où elle est assez considéiablo pour gêner la respiralion et la déglutition, n'entraîne pas la réforme, l'excision des amygdales étant une opération généralement simple.

Affection delà voûte palatine et du voile du palais. — 184. Les vices de conformation de la voûte palatine et du voile du palais, divisions ei pertes de substances^ qui allèrent la voix et nuisent à la déglutition, motivent Vexemption ei \a. réforme. — 185. Les adhérences pharyngiennes du voile du palais offrant les mêmes inconvénients donnent lieu aux mêmes décisions. — iS<ô. ho. paralysie du voile du palais qui suit la diphihérie guérit en général prompternenl et n'est pas un obstacle au service militaire ; mais si elle dépend d'une autre cause et qu'elle nuise à la phonation et à la déglutition, elle entraîne Vexemption. — 187. Les tumeurs de la voûte palatine et du voile du palais, quelle que soit leur nature, déterminent Vexemption et même la réforme si la chirurgie ne peut en triompher. — 188. L'hypertrophie de la luette n'est une cause d'exemption que si elle est due à une affection cancéreuse.

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