C. Évolution dentaire. — M. Magitot a communiqué à
l'Académie des sciences (27 avril 1874) le résultat des recherches qu'il a entreprises su?" la détermination de Vâge de Vembryon humain par l'examen de l'évolution du système dentaire. Cet auteur a pu suivre l'évolution folliculaire depuis la septième semaine à partir de la conception, alors que l'embryon n'a que trois centimètres de longueur jusqu'à la fin du neuvième mois. Le travail de M. Magitot est trop étendu et trop technique pour être reproduit dans ce Manuel. On y trouvera
• AGE DE l'enfant. ^153
exactement indiqué le moment d'apparition des difTe'rentes parties qui concourent à la formation des dents temporaires ou permanentes.
Pour la dentition temporaire, on voit qu'à la septième semaine, il n'existe encore que le bourrelet épithélial et la lame de Kœlliker, mais que les cordons épithéliaux (organes de l'émail) commencent à apparaître. La première trace du bulbe se montre dans le cours de la neuvième semaine. L'apparition du chapeau de dentine a lieu vers la dix-septième semaine pour les incisives et les canines. A partir de la vingtième semaine, lesdimensions verticales du chapeau de dentine croissent régulièrement avec Tàge du fœtus.
Pour les dents permanentes, on ne trouve aucune trace de follicule avant la quinzième semaine. Le bulbe apparaît de la dix-septième à la vingtième semaine ; le chapeau de dentine se montre pendant la vingt-cinquième semaine pour la première molaire. Pour les autres dents, il ne se développe qu'après la naissance.
Il n'est pas nécessaire d'insister sur l'importance des recherches entreprises par M. Magitot dans le cas où l'expert n'aurait entre les mains que la tète de l'embryon ou du fœtus, dont il importe de déterminer exactement l'âge.
Après avoir recherché l'âge de l'enfant au moment de la mort, il importe de ssiwoir depuis combien de temps la mort a eu lieu.
La détermination de l'époque de la mort, basée, en grande partie, sur les signes fournis par la putréfaction, sera étudiée un peu plus loin. Nous ferons seulement remarquer que la putréfaction est plus active chez le nouveau-né que chez l'adulte, qu'elle a lieu plus vite au contact de l'air que dans tout autre milieu, moins vite daris le fumier qu'à l'air, mais plus vite dans ce dernier milieu que dans le liquide d'une fosse d'aisances. Si le corps de l'enfant a été retiré de l'eau, il faut savoir que la putréfaction, lente lorsque le corps est submergé, marche très rapidement lorsqu'il est placé au contact de l'air. S'il a été enfoui dans la terre, il faut tenir compte de la nature du sol, s'il est argileux, humide, sablonneux. Le cas que nous avons cité plus haut (p. 143) et dans lequel la présence de larves d'insectes fit découvrir l'époque de la mort montre que l'expert peut quelquefois tirer parti des circonstances les plus inattendues. Enfin, nous dirons que la déter-