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SCHELTEMA (Centralbl. f. med. Wiss

3. JorFRoY, Des différentes formes de lu broncho-pneumonie (Thèse d’agrégation, 1880).

La forme anatomique ordinaire est la spléno-pneumonie de Joffroy (broncho-pneumonie à forme pseudo-lobaire de Damaschino, pneumonie lobulaire généralisée de Barrier).

Tuberculose. — I1 semble qu’à l’égal de la rougeole la coqueluche appelle la tuberculose pulmonaire.

« La tuberculisation, disent Barthez et Rilliet, est loin d’être rare à la suite de lacoqueluche; c’est d'ordinaire dans sa troisième période qu’elle se développe. Dans la grande majorité des cas, elle est concentrée dans les poumons ou dans les ganglions bronchiques, ou tout au moins elle prédomine dans ces deux organes. » La tuberculose aiguë est plus rare et elle affecte de préférence la localisation méningée.

Rougeole et coqueluche. — Un grand nombre d’auteurs anciens ont noté la réunion ou la succession des épidémies de coqueluche et de rougeole. Ils ont vu (Rilliet) des sujets atteints de coqueluche à la convalescence de rougeole, ce qui est le cas le plus fréquent; ils ont vu plus rarement la coqueluche précéder l’exanthème rubéolique ou se déclarer en même temps que les prodromes de rougeole. Toutes ces coqueluches rubéoliques ont une fâcheuse tendance aux complications broncho-pulmonaires qui présentent en général le caractère d’être très précoces et d’éclater dès la période de début et non pas tardivement comme dans la coqueluche isolée.

Diphtérie et coqueluche. — Tout coquelucheux est, dans les hôpitaux d'enfants surtout, exposé à la diphtérie. Mais il n’y a pas entre la coqueluche et la diphtérie cette relation d’appel si intime, accusée par les nombreux cas d’angine diphtérique dans la scarlatine et de croup dans la rougeole. Le croup déclaré au cours de la coqueluche est, en outre, loin de présenter l’extrême gravité du croup rubéolique !.

Pronostic.-— La coqueluche n’est pas, en général, une affection grave ; la mort n’y survient guère que par le fait de complications, et ces complications à pronostic fâcheux sont surtout les complications pulmonaires. Or ces complications sont d'autant plus probables et d'autant plus dangereuses que le sujet est plus jeune. L’âge du malade est donc l’élément primordial du pronostic.

On meurt dans la coqueluche : a. neuf fois sur dix, par bronchopneumonie subaiguë ou chronique ; — beaucoup plus rarement par :

1. Les belles recherches de Prudden, M. Raskin, Wurtz et Bourges nous ont montré que l’angine scarlatineuse précoce n’était qu’une pseudo-diphtérie, une infection streptococcique. 11 n’a été, croyons-nous, fait aucune recherche pour élucider la nature de la diphtérie compliquant éventuellement la coqueluche : s'agit-il de diphtérie légitime ou, ici encore, de pseudo-diphtérie? Nous l'ignorons.

b. spasme de la glotte ; — c. éclampsie ; — d. tuberculose méningée développée au cours de l'affection et se traduisant par une éclampsie mortelle ; — e. cachexie dans les coqueluches violentes à vomissements incoercibles amenant l’inanition.

La période la plus sujette aux complications est la période d'état : c’est pendant cette période qu’il faudra le plus réserver le pronostic. |

La coqueluche terminée, il reste à compter avec ses suites : | tuberculisation pulmonaire ou adénopathie bronchique spécifique, emphysème (chez les adultes), dilatation bronchique et sclérose pulmonaire.

Il faut savoir aussi que, longtemps après la guérison de a coqueluche, la toux de la plus simple trachéo-bronchite peut reprendre le timbre et les caractères de la toux coqueluchiale.

Diagnostic. — Le diagnostic de la coqueluche n’est possible qu’à la seconde période ; la quinte si caractéristique avec la succession de ses divers éléments constituants l’impose alors sans hésitation. La quinte est bien connue des parents, et ils savent en faire la description au médecin de façon à l’éclairer si le hasard veut qu’il ne puisse être témoin lui-même de cette quinte. On se rappellera aussi qu'au-dessous de sept ans, chez tout enfant qui crache après un accès de toux, le diagnostic de coqueluche s'impose presque absolument : c’est là un excellent élément d'appréciation si l’on ne peut obtenir de parents intelligents une description suffisante de la quinte.

Il n’est guère qu’une affection où la toux prenne un caractère qui rappelle celui de la coqueluche : c’est l’adénopathie trachéo-bronchique, et nous dirons ci-dessous quelle théorie cette remarque amena N. Gueneau de Mussy à donner de la nature de la coqueluche. Mais, en écartant même toutes les autres considérations qui suffisent à établir le diagnostic différentiel (marche spéciale de la coqueluche, signes particuliers à l’adénopathie trachéo-bronchique), on peut dire que la quinte de l’adénopathie trachéo-bronchique n’est pas une vraie quinte de coqueluche : elle est le plus souvent très courte, sans sifflements, sans expectoration filante, ni vomissements : c’est, on l’a dit, une toux coqueluchoïde.

Le diagnostic des complications est des plus importants et les complications broncho-pulmonaires — de beaucoup les plus fréquentes et les plus considérables — se développent ordinairement sans grand bruit. Il faut toujours les craindre et les rechercher par une auscultation de tous les jours. On se rappellera que, dans la coqueluche, fièvre veut dire complication pulmonaire d’une façon presque absolue, et que toute modification en pleine période d’état dans le caractère des quintes, etc., relève presque toujours du même ordre de complications.

Étiologie et nature. — La coqueluche frappe surtout l’enfance : c’est là un fait avéré. On peut assurément prendre la coqueluche à tout âge ; mais, la coqueluche ne récidivant guère, on n’en court le risque aux périodes plus avancées de la vie que si l’on à pu échapper à ses atteintes pendant l’enfance, ce qui est exceptionnel !.

Au-dessous d’un an, la coqueluche est exceptionnelle : on a vu cependant des nouveau-nés en être atteints, mais ils l'avaient contractée de leur mère atteinte elle-même de coqueluche ?.

La coqueluche n’a qu’un facteur étiologique : la contagion, dont nous ne pouvons d’ailleurs actuellement préciser les voies et moyens. Épidémique surtout au dix-huitième siècle, elle est devenue, au dix-neuvième, endémo-épidémique dans nos contrées.

En règle presque absolue, la coqueluche ne récidive pas : une atteinte donne l’immunité pour toute la vie.

Tous ces caractères : contagion, endémo-épidémicité, non-récidive impliquent l’idée de maladie infectieuse, de germe vivant facteur de l'infection.

Ce germe vivant, ce microbe, il ne semble pas qu’on l'ait véritablement isolé jusqu'ici. Les recherches anciennes de Letzerich, Tschamer, Birch-Hirschfeld, Henke, Poulet, Bürger doivent être tenues pour nulles à l’heure actuelle. Celles d’Afanassjew® doivent, au contraire, être rappelées, encore qu’elles n’aient pas entraîné la conviction générale.

Dans les crachats des coquelucheux, Afanassjew a vu des bâtonnets courts de 0u,6 à 2u,2 de longueur, bâtonnets isolés ou en petits chapelets. Ces bâtonnets, il les a isolés sur gélatine et a pu les cultiver sur gélose, sérum et dans le bouillon où il les a vus animés de mouvements nets. En introduisant des cultures pures de son bacille dans la trachée des chiens et des lapins, il a vu chez quelques animaux la fièvre se déclarer aussitôt et la mort survenir avec des ilots de pneumonie; les bronches présentaient dans leur intérieur une culture presque pure du bacille injecté. D’autres animaux survivaient, présentant un catarrhe des voies respiratoires, de la conjonc-

1. Voici comment, d’après les statistiques d'auteurs autorisés, se répartissent dans l’enfance les cas de coqueluche : sur 70 cas, Cadet de Gassicourt en compte 64 de deux à cinq ans, et 6 seulement au-dessus de cinq ans; Blache, sur 130 cas, en compte 106 d’un à sept ans et 20 de huit à quatorze ans; West, sur 1367 cas, note 11 cas seulement au-dessus de dix ans, et plus de la moitié des 1156 cas restants avant la fin de la troisième année.

2. Quelques auteurs ont cru pouvoir se fonder sur ces cas exceptionnels de coqueluche congénitale pour admeïtre que la maladie est générale d'emblée. On la considère plutôt aujourd’hui comme une maladie infectieuse primitivement locale, à la manière de la blennorrhagie : comparaison déjà faite par Erasme Darwin en 1840.

3, St-Petersb. med. Wochensch., 1881.

tivite et une toux fréquente. Ces recherches intéressantes appellent un contrôle sévère.

Trousseau a donné de la nature de la coqueluche la définition qui semble encore la plus vraie : Ccatarrhe spécifique avec névrose! ».

Ces deux éléments, catarrhe spécifique et névrose, N. Gueneau de Mussy à ingénieusement cherché à les relier l’un à l’autre. L’inflammation broncho-pulmonaire, le catarrhe coqueluchial retentit sur les ganglions bronchiques et ceux-ci, hypertrophiés, compriment le pneumogastrique : la compression du pneumogastrique se traduit par le caractère spécial de la toux. On sait, en effet, qu’un des principaux symptômes de l’adénopathie trachéo-bronchique, c'est le caractère coqueluchoïde de la toux. Mais, nous l'avons dit plus haut, la toux de l’adénopathie bronchique n’est qu’analogue et non identique à la toux de la coqueluche ; de plus, la constance de l’adénopathie trachéo-bronchique et la réalité de la compression du pneumogastrique sont encore à prouver dans la coqueluche.

Herff? a rapporté la quinte de coqueluche à un réflexe laryngé. Il a constaté, au laryngoscope, que, pendant la maladie, les régions inter-aryténoïdienne et aryténoïdienne présentent une rougeur marquée, plus vive encore que celle des parties avoisinantes. Or, pendant l'accès, les mucosités s'accumulent dans cette région. Vient-on à les enlever, on fait cesser la quinte; vient-on, en dehors des accès, à exciter mécaniquement cette région, on détermine la quinte caractéristique, tandis que l’attouchement des autres parties du laryrx reste inefficace. Cette région serait donc le point de départ du réflexe de la quinte.

La physiologie pathologique, le mécanisme des complications tenant à la quinte même se conçoit facilement ; il est inutile d’y insister.

La nature de la broncho-pneumonie — que nous avons classée dans les infections secondaires — est encore, à vrai dire, indéterminée. Mais ce qu’on observe dans la rougeole, la diphtérie, la fièvre typhoïde, ete., où la broncho-pneumonie se montre constamment l'œuvre d’un microbe étranger à l'affection primitive (pneumocoque, streptocoque, staphylocoque, bacille de Friedländer), autorise, jusqu'à plus-ample information, à assigner à la broncho-pneumonie de la coqueluche pareille origine.

Traitement. — Il n'existe pas de traitement spécifique de la

1. Certaines théories, attribuant au catarrhe le principal rôle, supposaient que le mucus sécrété par la région supérieure du larynx et venant à tomber sur les lèvres de la glotte en provoquaient le spasme (Beau). D’autres ont fait de la coqueluche une névrose du laryngé supérieur (Jaccoud) ou du pneumogastrique tout entier (Peter).

2, Deutsches Archiv f. klin. Med., Bd. XXXIX.

coqueluche; mais cela ne veut pas dire qu’à l’exemple de J. Franck il faille renoncer à traiter les coquelucheux.

Il n’y a pas dans la pratique de véritable prophylaxie de la coqueluche. Cette affection, comme la rougeole, paraît contagieuse en effet dès la première période, et par conséquent avant que le véritable diagnostic ait pu être posé : c’est dire combien il est difficile aux parents d'éviter à leurs enfants le contact des coquelucheux. Soustraire les enfants sains à l'approche de coquelucheux avérés est tout ce qu’on peut faire, et c’est assurément insuffisant, comme pour la rougeole.

Nous passerons en revue les diverses indications thérapeutiques aux différentes périodes de la coqueluche normale; nous dirons ensuite un mot du traitement des complications.

1"° période. — Le malade semble être atteint de catarrhe simple, de trachéo-bronchite vulgaire : il sera donc traité comme tel jusqu’à l’apparition des quintes. -

2° période. — Dans le traitement de la période d’état on a recours aux vomitifs, aux calmants, aux antispasmodiques. Les vomitifs s’adressent à l'élément catarrhal, les deux autres catégories de médicaments à la quinte.

On pourra administrer les vomitifs (sulfate de cuivre, ou mieux ipéca et même tartre stibié chez les enfants au-dessus de huit ans) au début, et pendant le cours de la maladie, à chaque menace de complication pulmonaire, chaque fois que l’auscultation révélera l’engorgement des bronches. I faut se rappeler que les vomitifs sont dangereux et doivent être proscrits quand il y a tendance au spasme glottique, aux accès de suffocation.

Des calmants et des antispasmodiques, c’est encore la belladone qui paraît le plus efficace. Trousseau voulait qu'on administrât en une seule fois la dose quotidienne ; la plupart des médecins préfèrent agir à doses fractionnées. Employez soit l’extrait de belladone (de 1 à o centigrammes par jour suivant l’âge), soit le sulfate d’atropine (4 milligramme au plus), ou mieux enfin le sirop de belladone à la dose d’une cuillerée à deux cuillerées à café par jour. Il faut surveiller attentivement l'enfant quand on fait usage de la belladone, et cesser au premier signe d’intolérance.

Le bromure de potassium à la dose de 1 à 5 grammes en vingtquatre heures, le chloral à la dose de 3 à 4 grammes en vingt-quatre heures dans les coqueluches violentes, sont encore d’excellents calmants. Le sulfate de quinine, l’antipyrine (10 centigrammes par jour et par année de l'enfant) ont été employés pour répondre à la même indication.

On a vanté la teinture de drosera (trente à soixante gouttes par

jour) qui est entrée dans la thérapeutique de la coqueluche, mais ne semble pas avoir donné de meilleurs résultats que la belladone, le bromure de potassium, etc.

L’anesthésie du larynx par les badigeonnages à la cocaïne (solution de chlorhydrate de cocaïne à 2 pour 100) a été plus récemment introduite dans le traitement de la coqueluche et a donné, comme on devait s’y attendre, de bons résultats : elle diminue les quintes en nombre et en intensité, en supprimant ou en modifiant le réflexe laryngé.

Les inhalations de gaz d'éclairage, moyen très recommandé autrefois, ont été abandonnées. On a conseillé aussi les bains d’air comprimé.

3° période. — Ici l'indication thérapeutique capitale est le changement d'air, le déplacement du malade : tous les médecins d’enfants sont unanimes à constater le bon effet qu’on obtient de cette méthode.

Les complications de la coqueluche seront traitées suivant le mode qui convient à chacune. Il en est, telles que la chute du rectum, qui réclament des soins bien simples. D’autres au contraire : le spasme de la glotte et la broncho-pneumonie, exigent un énergique traitement qu’on trouvera exposé aux articles qui traitent de ces affections. On évitera soigneusement toute cause provocatrice de broncho-pneumonie, telle que le refroidissement. Les sorties des coquelucheux — qui devraient être évitées dans l'intérêt général — seront donc attentivement surveillées.

Les vomissements feront l’objet d’une attention spéciale : s’ils sont fréquents et opiniâtres, ils peuvent amener l'enfant à l’inanition absolue. On donnera peu d'aliments à la fois, et on renouvellera fréquemment les repas.

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