‹ Manuel de médecine (volume 2)Chapitre 66 sur 104 · Liqueur de Boudin · texte numérisé non relu

Liqueur de Boudin

ACIdE ANSÉNIEUX ee =. etes eee 1 gramme.

Hauts lé e Reese . 1 litre.

Chaque gramme contient 1 milligramme d’acide arsénieux.

5. Eau de la Bourboule (chlorurée, bicarbonatée, arsenicale). Elle contient par litre 1 centigramme d’arséniate de soude et 3 grammes de chlorure de sodium.

D'un à quatre verres par jour.

l’administration des phosphates : chlorhydro-phosphates, lactophosphates , phosphates alcalins ?. Celle qui semble préférable est le lait phosphaté (Daremberg) provenant d'animaux (vache ou chèvre) nourris avec de la poudre d’os ou phosphate de chaux du commerce.

On a obtenu parfois une amélioration très réelle avec le fannin (1 à 4 grammes par jour).

La médication ferrugineuse doit être employée avec ménagements. Sans vouloir la rendre responsable des effets désastreux que lui attribuait Trousseau (fièvre, hémoptysies), on peut dire qu’elle irrite souvent le tube digestif et qu’elle est mal supportée. On pourra donner de 20 à 25 centigrammes d’iodure de fer par jour.

Si incomplète que soit l’énumération que nous venons de faire des médicaments appliqués au traitement de la phtisie, elle suffit à faire soupçonner que leur multiplicité même est un témoignage de leur imperfection. C’est qu’en effet il est impossible de. guérir cette maladie d’une façon prompte et radicale ; les médications intensives donnent parfois l’apparence d’une guérison rapide, mais « la guérison obtenue lentement par l'hygiène est seule solide » (Daremberg). Toutes les médications précédentes ne doivent donc être employées qu'avec une certaine modération; il ne faut leur demander que ce qu’elles peuvent donner, c’est-à-dire une simple amélioration, et les considérer seulement comme des moyens adjuvants du traitement hygiénique; car « la phtisie est curable quand on prescrit aux malades peu de médicaments et beaucoup d'hygiène » (Daremberg).

II. HYGIÈNE THÉRAPEUTIQUE. — Les moyens hygiéniques que comporte le traitement d’une maladie aussi longue et produisant des symptômes aussi multiples que la phtisie chronique sont extrêmement nombreux. Mais il importe de dégager les éléments les plus importants de ce traitement hygiénique; or ils visent les deux fonctions dont les troubles sont les principaux facteurs de la dénutrition qu’on observe à un degré si élevé dans cette maladie consomptive : ces deux fonctions sont l’alimentation et l’hématose.

Alimentation. — L'alimentation des phtisiques est le point capital

la Biphosphate de chaux............. ... 10 grammes. Acide chlorhydrique ou lactique ....... 3 — DER RO A A do NUS 300 —

Prendre chaque jour trois cuillerées à soupe de cette solution après les repas (Daremberg).

2? Phosphate de soude............ ‘nnoa doc 6 grammes,

Phosphate de potasse................. 3 — Vin defBanyulS ERP Re REC CCE 200, — Sirop d’écorces d’oranges ............. 50 —

Un verre à liqueur à la fin de chaque repas (Dujardin-Beaumetz).

du traitement; tant que le tube digestif fonctionne bien, l'espoir de la guérison est permis; si les fonctions digestives périclitent, la maladie reprend le dessus, l'organisme perd du terrain. (Nous savons tous, dit M. Debove, quel avenir est réservé à brève échéance au phtisique qui cesse de manger. Il est consumé par la fièvre, il a des pertes sudorales, intestinales et bronchiques. Sa recette est nulle, ses dépenses sont exagérées. »

L’intégrité des fonctions digestives a donc une importance exceptionnelle ; c’est la condition essentielle du traitement : c’est pourquoi « les voies digestives des tuberculeux ne sauraient être entourées de trop de soins, et on devra formellement proscrire tout procédé thérapeutique susceptible d’entraver leur fonctionnement ».

L'alimentation des phtisiques n’est pas toujours chose facile; car beaucoup d’entre eux, tout en digérant fort Bien les aliments qu’ils prennent, sont de tout petits mangeurs et ont quelquefois une anorexie invincible; c’est un cerele vicieux qu'il faut briser à tout prix. On y arrivera à force de patience, en variant à l'infini les menus des repas et en augmentant progressivement la quantité des aliments, jusqu’à dépasser de beaucoup la ration d’entretien. « Ge serait une erreur de croire que la nourriture qui convient à l'appétit moyen d’un homme bien portant suffit pour traiter un tuberculeux. Ce qu'il lui faut, ce n’est pas seulement l'alimentation qui entretient, c’est la suralimentation qui modifie, c’est, si l’on peut ainsi dire, l’alimentation à dose thérapeutique » (Debove).

Si, malgré tout, le malade n’arrive pas à s’alimenter, il faudra avoir recours à l’alimentation forcée, au gavage; car, ce qu’il faut à tout prix, c’est alimenter le malade de gré ou de force. D’ailleurs, comme l’a bien montré M. Debove, il n’y a aucune relation entre l’appétit d’un tuberculeux et la faculté de digérer les aliments; le suc gastrique est en effet normal chez la plupart des phtisiques apyrétiques. Tel malade qui ne peut absorber spontanément la moindre parcelle de nourriture, pourra digérer des repas extrêmement substantiels introduits par la sonde directement dans l’estomac. Chose curieuse, il arrive fréquemment que les malades soumis à ce régime forcé recouvrent l’appétit et se mettent à manger d'eux-mêmes: Pour pratiquer ce gavage, on se reportera aux règles qui ont été posées par M. Debove et on se servira, soit du tube mou de Faucher, soit, ce qui est préférable, de la sonde rigide de Debove!. On obtient quelquefois, avec l’alimentation à la sonde, de véritables résur-

-rections; mais, d’une façon générale, il ne faut y recourir que

4. Voir pour plus de détails : DEBOVE et RÉMOND, Lavage de l'estomac, Paris. 1892 (1 vol. de la Bibliothèque médicale Charcot-Debove)..

dans les cas de nécessité et tâcher d'obtenir l’alimentation normale du phtisique. |

Pour ce qui concerne la quantité des aliments, il n’y a pas de règle immuable et les efforts devront tendre à ce qu’elle soit la plus grande possible. Il y aura avantage à répartir l'alimentation sur un nombre de repas plus considérable que dans la vie ordinaire; le tuberculeux devra faire quatre ou cinq repas par jour, le plus substantiel devant être celui de midi. Si les phtisiques ont de la fièvre, il faut suivre une règle différente et, pendant toute la durée du processus fébrile, on devra les rationner au lieu de les suralimenter, en leur donnant seulement des aliments liquides (œufs, lait, gelées, alcool, etc.).

La viande est l’aliment par excellence du phtisique, car c’est elle qui introduit dans l’économie l’azote sous le plus petit volume et sous la forme la plus digestible. Toutes les viandes sont permises au tuberculeux (bœuf, mouton, charcuterie, volailles, poissons, crustacés) ; on pourra obtenir ainsi une grande variété dans l’alimentation. La viande crue peut rendre de très grands services à cause de son extrème digestibilité; l'inconvénient du ténia est insignifiant si l’on met en balance les avantages obtenus ; d'autre part, si la viande crue répugne au malade, on pourra la dissimuler dans un potage, dans des confitures, des purées de fruits, du punch, etc.

M. Debove a introduit dans l’alimentation des phtisiques l’usage des poudres de viande obtenues avec la chair musculaire privée de graisse et de tendons, puis séchée et pulvérisée; cette méthode rend chaque jour les plus grands services. En effet, la poudre de viande représente sous un très petit volume une grande quantité de viande normale : 300 grammes de poudre de viande correspondent à 1200 ou 1500 grammes de chair musculaire de bœuf. La poudre de viande conservée a souvent une odeur et un goût désagréables, qu’on peut lui faire perdre en l’étalant à l’air sur une feuille de papier. Pour la plupart des malades, la poudre de viande se prend dans du lait, du bouillon, des potages, avec l’alimentation normale‘; si le dégoût du malade est trop grand, on la lui administre mélangée à du lait par la sonde.

1. Voici comment M. Debove conseille de faire prendre la poudre de viande: «Je délaie une dose de poudre dans une petite quantité de lait, pour former une pâte bien liée (précaution nécessaire, sans quoi on aurait des grumeaux). Puis, j'ajoute la quantité de lait nécessaire pour que le mélange soit bien liquide, je le sucre, et j'ajoute une liqueur quelconque au gré du malade, en ayant soin de choisir de préférence les liqueurs les plus aromatiques et les moins alcooliques. On peut mettre 50 grammes de poudre dans un bol de lait, et il est facile de faire , rendre, dans les vingt-quatre heures, quatre ou cinq rations semblables, représentant 500 grammes ou un kilogramme de viande ».

Sous l'influence du traitement par la suralimentation on voit promptement le taux de l’urée s’élever considérablement et le poids des sujets augmenter d’une façon progressive. Il est très important de faire peser les malades régulièrement pour apprécier les résultats de la méthode.

Le jus de viande, le thé de bœuf, la marmite américaine, les extraits de viande sont des aliments déplorables; ils doivent être rejetés de l'alimentation des phtisiques auxquels ils ne procurent guère que des troubles digestifs et de la diarrhée. Il n’en est pas de même des peptones qu’on donnera sous forme de poudre sèche dans des cachets de 10 à 15 grammes par jour; les peptones administrées en lavement seront aussi utilisées chez les malades ayant des lésions du larynx et du pharynx qui empêchent l’alimentation par la bouche.

L'alimentation végétale doit être des plus modérées chez les phtisiques, Car elle est peu nutritive, même sous un gros volume, et souvent, en outre, fort indigeste. Il faudra donc la restreindre à la quantité nécessaire pour varier le régime alimentaire. On pourra conseiller les purées de féculents dans du lait. M. Debove a obtenu de bons effets de la fécule soluble administrée aussi dans du lait.

Le phtisique pourra absorber chaque jour un peu d’alcool, soit sous forme de vin, soit sous forme de cognac qu’il devra toujours prendre par petites quantités à la fois ; la bière est de toutes les boissons alcooliques celle qui doit être préférée pour l’alimentation du tuberculeux.

L'importance des matières grasses dans l’alimentation des phtisiques est considérable. On devra donc leur recommander le beurre, le jaune d’œuf, la cervelle, les œufs et les laitances de poissons, le caviar, le jambon, le lard, ete. Parmi ces aliments gras, l’un des meilleurs est sans contredit le Zait. Mais il devra toujours être un élément accessoire dans le régime des tuberculeux, car, pour obtenir avec lui seul une véritable suralimentation, il faudrait en faire absorber une quantité considérable, ce qui ne serait pas sans inconvénient pour les fonctions digestives et pourrait produire une dilatation très marquée de l’estomac. Le lait sera donc employé pour les petits repas et comme véhicule de la poudre de viande; on ne dépassera pas la quantité quotidienne d’un litre ou un litre et demi. On peut y mélanger un peu d’une eau minérale alcaline (Vichy, Vals). Les laits fermentés ont été beaucoup vantés dans le traitement de la phtisie. Ce sont : le koumiss de Tartarie, qui est du lait de vache ou de jument fermenté avec la levure de bière, et le kéfir du Caucase, qui s'obtient

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