‹ Manuel de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 186 sur 307 · IX. — Du rétrécissement de l'anus · texte numérisé non relu

IX. — Du rétrécissement de l'anus

11 est quelquefois la .suite des opérations déjà décrites; cependant il peut être aussi congénital, et Boyer en rapporte deux exemples.

Quelle qu'en soit l'origine, Boyer conseille défendre l'anus par

deux incisions latérales assez profondes, et d'y introduire de grosses mèches dont on continue l'usage pendant longtemps, même après que les plaies se sont cicatrisées. Pour ne pas voir le rétrécissement se produire, il est besoin de passer dans l'anus, durant longues années, un corps dilatant plus consistant que les mèches.

Les rétrécissements du rectum sont de plusieurs sortes. Tantôt c'est une cloison transversale occupant un côté seulement du rectum, ou bien toute sa circonférence, comme une sorte de dia-

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Bougies rectales.

phragme percé d'une étroite ouverture centrale; tantôt c'est une coarctation de toutes les tuniques de l'intestin, dans une étendue de 1 à 3 centimètres et même au delà, qui réduit son calibre au diamètre d'une plume ordinaire. Les premiers siègent en général entre 3 et 6 centimètres de hauteur, et s'expliquent par l'induration des valvules muqueuses du rectum ; les autres remontent plus haut, quelquefois même au delà de la portée des instruments, et sont trop souvent compliqués de dégénérescence cancéreuse.

Les rétrécissements simples ont été quelquefois traités par la cautérisation, à l'imitation de ceux de l'urèlre ; mais, de même que pour ceux-ci, on s'en tient généralement à la dilatation et aux incisions.

1° Dilatation. — On a particulièrement cherché à dilater le rectum à l'aide de mèches portées dans l'intestin, tantôt avec un simple porte-mèche, ou bien à l'aide d'une sonde munie d'une chemise de toile, que l'on remplit avec des mèches quand elle a franchi le rétrécissement; ou enfin avec des instruments encore

plus compliqués, tels que ceux que Beylard, de Huguier, de Nélaton.

J'estime que ce qu'il y a de mieux en ce genre sont des sondes

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Bectotome de Tillaux.

FiG. 617.

Dilatateur de Beylard.

dégomme élastique d'un calibre proportionné, ouvertes à Textrémité pour laisser passer les gaz au besoin; et employées d'ailleurs comme les sondes uréthrales, soit en les laissant à demeure

soit en les passant simplement une fois par jour et en augmentant progressivement leur calibre.

2" Incisions. — Le malade couché sur le dos, les cuisses écartées et fléchies comme pour la taille périnéaîe, le chirurgien commence par introduire son doigt indicateur gauche dans le rectum, jusqu'au rétrécissement; il glisse ensuite le long de sa face palmaire un ténotome mousse, qui ne coupe que dans une étendue de 12 à 18 millimètres, l'engage dans l'orifice du rétrécissement, en tourne le tranchant contre la bride, et la divise en retirant la lame. Pour un rétrécissement latéral, il suffit d'une incision; pour une cloison circulaire, il en faut au moins deux aux extrémités du même diamètre, et l'on peut en faire davantage. On engage ensuite une sonde ou une forte mèche jusqu'au delà du siège du rétrécissement, unissant ainsi la dilatation à l'incision.

Amussat, Tillaux ont imaginé pour la rectotomie interne des instruments spéciaux. Verneuil et Panas sectionnent le sphincter en même temps que le rétrécissement et pratiquent ainsi la rectotomie externe. Panas fait l'incision en arrière et sur la ligne médiane. Il glisse sur l'index^gaucheintroduit jusqu'au rétrécissement un bistouri boutonné et divise les parties molles, le sphincter, la peau de l'anus; le rétrécissement mis ainsi à découvert est attiré en bas et sectionné.

Verneuil enfonce jusqu'au delà du rétrécissement un trocart introduit par la peau des environs de l'anus, passe par la canule une chaîne d'écraseur et sectionne ainsi le rectum depuis le rétrécissement jusqu'à l'anus.

Ces procédés sont pour la plupart dangereux et ne sont guère applicables qu'aux rétrécissements placés vers la fin de l'intestin au voisinage de l'anus. Une méthode beaucoup plus sûre, nullement dangereuse et ne causant au malade aucune douleur, m'a donné dans les deux cas où je l'ai appliquée de très-bons résultais. Elle est basée sur l'action chimique de l'électricité.

3° Electrolyse. — J'ai montré que les courants continus, faibles et permanents dont j'ai imaginé l'emploi en 1871, amènent la production d'escliares lorsqu'on laisse les plaques métalliques constituant les rhéophores en contact immédiat avec la peau, bien que l'extrémité du courant soit si faible que son application est à peine perceptible pour le malade. Mettant à profit cette cir-

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