‹ Manuel de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 194 sur 307 · III. — De l'bydro-hciuatocèle · texte numérisé non relu

III. — De l'bydro-hciuatocèle

Quelquefois la tunique vaginale, même ne renfermant que du liquide séreux, est fortement épaissie ; quelquefois, le plus souvent même, elle contient un liquide brun, noirâtre, qui n'est que du sang altéré, et ses parois épaissies sont recouvertes de caillots fîbrineux, organisés en une néo-membrane d'une résistance parfois comme cartilagineuse.

On ne saurait dans ces cas songer à la ponction et à l'injection; il faut exciser la tunique vaginale altérée ou faire une opération encore plus radicale.

Douglas commençait par enlever un lambeau dans la peau du scrotum; puis il ouvrait la poche et disséquait la tunique pour l'exciser. Boyer se bornait à inciser la peau, imitant Douglas pour le reste. Dupuytren, pratiquant l'incision ou l'excision de la peau, suivant le besoin, en ramenait les bords en arrière en pressant dessus avec le pouce et l'indicateur gauches, de manière à faire saillir en dehors le testicule et l'hydrocèle par énucléation; après quoi, ouvrant le sac, il excisait avec des ciseaux jusque près du testicule.

Gosselin a vanté et pratiqué la décortication du testicule et son exemple a été fort suivi en France ; mais il faut bien le dire, les accidents n'ont pas été rares. Or, toutes les fois qia'on a affaire à ces vieux hémalocèles avec épaississementde la vaginale, le testicule est déjà compromis et il l'est bien plus encore quand la décortication a été faite et que l'inflammation s'est emparée de toutes ces parties. Quant à moi, je repousse cette opération; je fais, de crainte d'erreur de diagnostic, une ponction exploratrice et si le diagnostic est exact, je fais une incision sur le scrotum, j'isole par quelques coups de bistouri la vaginale que je n'ouvre pas, je fais la ligature en masse du cordon et j'enlève à la fois la testicule et la vaginale intacte.

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