VI. — Cancer superficiel de la verge
Anatomie. — Lorsque le cancer attaque le prépuce seulement, le gonflement qu'il détermine dans ces parties lâches et extensibles suffit pour repousser fort loin le gland en arrière, en sorte -qu'on croit souvent avoir afl'aire à un cancer du corps de l'organe, tandis qu'il est borné à ses enveloppes. Lisfranc a reconnu en outre que, lorsque le cancer siège sur le corps de la verge, ou à sa racine, et même sur le scrotum, c'est par la peau qu'il débute, et les membranes fibreuses qui sont au-dessous lui opposent une barrière qu'il est très longtemps à franchir. De là cette conséquence importante, qu'en beaucoup de cas on peut conserver l'organe en n'enlevant que ses téguments.
Procédé de Lisfranc. — Quand le cancer siège à l'extrémité de la verge, on pratique sur la face dorsale de cet organe, parallè- Jement à son axe, une incision qui intéresse la portion carcinomateuse dans toute sa longueur : cette incision doit se faire avec un bistouri convexe tenu en cinquième position, à petits coups et avec une grande lenteur: une éponge sert à absterger la plaie, et l'on parvient ainsi sur l'enveloppe fibreuse des corps caverneux. Si elle est s;iine, on dissèque soigneusement le cancer, et la verge est sauvée; si elle est altérée en quelques points, comme «cela a lieu d'ordinaire vis-à-vis des ulcérations cancéreuses, on saisit avec des pinces et l'on excise avec des ciseaux courbes sur le plat tout ce qui paraît suspect; on peut même racler avec le tranchant (Ju bistouri porté perpendiculairement à leur axe la surface suspecte des corps caverneux. Si enfin l'altération était