‹ Manuel de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 21 sur 307 · I. — Du ptérygion · texte numérisé non relu

I. — Du ptérygion

On a conseillé, contre le ptérygion, l'incision, la ligature, l'excision et la transplantation. Ce premier procédé étant reconnu insuffisant, je ne m'occuperai que des trois autres.

1° Excision. — On saisit le ptérygion avec des pinces à dents de souris à 3 ou 4 millimètres de sa pointe, et on l'attire à soi comme pour le détacher; puis on l'incise et on le dissèque, soit de la pointe à là base, soit de la base à la pointe, avec le bistouri ou des ciseaux courbés sur le plat. 11 serait plus expéditif encore

de le soulever avec une érigne et de l'exciser d'un coup de ciseaux.

Lorsque le ptérygion a été excisé, il faut, pour éviter la récidive, ràinir par la suture les bords de l'incision conjonctivale,

2° Transplantation. Procédé de Desmarres. — Le ptérygion est d'abord saisi et disséqué de la pointe à la base de A en BC (fig. 411, 412) comme dans le procédé qui précède. On fait

Fie. 411.

Procédé de Desmarres. — A, sommet du ptéi^gion ; B, aile supérieure du ptérygion ; C, aile inférieure, i, ponctué indiquant la forme et la longueur de l'incision à faire sur la conjonctive pour y fixer le ptérygion pour la dissection.

ensuite sur le bord inférieur de la plaie conjonctivale une incision courbe parallèle à la circonférence de la cornée, à i millimètres de celle-ci, et d'une étendue de 6 à 8 millimètres. Au besoin on excise un petit lambeau de la conjonctive, de manière à faire une plaie assez large pour y loger le sommet du ptérygion (G) et on l'y fixe par quelques points de suture. On réunit ensuite par la suture les lèvres de la plaie conjonctivale (AD, fig. 413) résultant de la dissection du ptérygion.

Knapp a modifié le procédé de Desmarres en divisant en deux suivant sa longueur le ptérygion et en insinuant les deux lam-

DU PTÉRYGION.

beaux dans deux incisions faites à la conjonctive au-dessus et audessous de la cornée.

FiG. 412.

Même procédé. — A, plaie dans laquelle était le sommet du ptérygion ; B, pi de la conjonctive destinée à recevoir le ptérygion; C, ptérygion renversé

aie

du

côté du nez.

Ligature. — Szokalski pratique la ligature de la façon sui-

FiG. 413.

Même procédé. — A, conjonctive; B, base du ptérygion renversé; C, sommet du ptérygion fixé dans l'angle de l'incision de la conjonctive; D, conjonctive.

vante : avec deux aiguilles enfilées au bout d'un même fil, lequel

forme à ses extrémités deux longues anses, il traverse le ptérygion près de sa base et près de son sommet (fig. 4.14). Les aiguilles enlevées par la section de Fanse à leur niveau, on a deux anses de fil aux extrémités et une à la partie moyenne. 11 suffit de les serrer pour étrangler le ptérygion dans toute sa longueur (fig. 415) et amener sa chute.

Appréciation. La suture des lèvres de la plaie conjonctivale crée des conditions plus favorables à la guérison, elle rend pos-

FiG. 414.

Procédé de Szokalsld.

Fig. 415.

Même procédé.

sible ou probable laguérison après l'excision simple, et bien que Desmarres ne la croie pas utile, elle assure davantage le succès après son opération si l'on réunit par la suture les bords de l'incision conjonctivale résultant de la dissection du ptérygion. L'excision, plus facile et plus simple, doit être tout d'abord pratiquée. Ce n'est qu'en cas d'insuccès qu'on aura recours à la transplantation. Quant à la ligature, elle me paraît inférieure aux deux autres procédés.

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