VII. — Aspiration
L'opération de l'écoulement conduisait naturellement à l'idée de la succion. Ce nouveau moyen d'extraire la cataracte remonte à Antillus, qui paraît l'avoir transmis aux Arabes, et il a été remis en honneur par Laugier.
Procédé de Laugier. — Il se sert d'un instrument terminé comme une aiguille à cataracte, qui lui permet de traverser la sclérotique et d'abaisser au besoin le noyau dur du cristallin comme dans l'abaissement ordinaire. Mais la tige de cette aiguille est creuse, traversée par un canal qui aboutit d'une part à la concavité de l'aiguille, de l'autre à un corps de pompe qui figure le manche. Dans ce corps de pompe joue un piston qu'un ressort fait mouvoir à volonté, et dans une étendue dont le chirurgien est le maître. Un levier placé sur le manche, à la portée du pouce de la main qui tient l'aiguille, permet de faire jouer le piston sans perdre de vue l'aiguille introduite dans l'intérieur de la capsule cristalline (fîg. 4.43).
Le procédé est des plus simples. Le. chirurgien pénètre dans la capsule cristalline comme avec une aiguille ordinaire ; arrivé là,
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il presse sur le levier qui fait mouvoir le piston, et aspire ainsi les couches molles qui constituent tout ou partie de la cataracte. Si la première aspiration n'a pas tout extrait, une seconde pression sur le bouton fait reculer le piston davantage. Si, enfin, après l'aspiration des parties semi-liquides, il reste un noyau dur, on l'abaisse à l'ordinaire.
FiG. U3.
Aiguille à pompe de Laugier.
Bowmann a repris l'opération de Laugier et la pratique avec une pompe spéciale terminée non plus par une aiguille mais par une sorte de canule dont le bec aplati ressemble à une curette. Teale de London ophthalmic hospital se sert d'un simple tube de verre effilé et à l'extrémité duquel est attaché un tube de caoutchouc, l'aspiration se fait avec la bouche.