DES CORPS ÉTRANGERS DANS L'OREILLE
qui encore laissent à désirer. Quant à l'oblitération par une simple membrane, décrite par Paul d'Egine avec l'opération nécessaire pour y remédier, elle est des plus rares. Steinmetz et Cooper ont chacun observé un cas dans lesquels il y avait absence des deux pavillons, oblitération des deux conduits par la peau et cependant l'ouïe était bonne. Bonnafont, dans un cas d'oblitération, a perforé la membrane avec le trocart et agrandi l'ouverture par la cautérisation.
L'oblitération acquise est le plus souyent irrémédiable; Sonrier toutefois a réussi à rendre l'ouïe au malade en excisant en partie sa membrane obturatrice. C'est donc seulement aux rétrécissements du canal que s'adresse la médecine opératoire.
Or, il y a aussi des rétrécissements congénitaux; Gressy en a réuni quatre ou cinq exemples, où le conduit s'ouvrait à l'extérieur par un petit pertuis, admettant à peine une aiguille ou une tête d'épingle; mais ils sont beaucoup plus souvent le résultat d'une inflammation chronique. Dans tous les cas, ou agrandira l'orifice extérieur, au besoin avec le bistouri ; puis on y placera une tente, une bougie, une canule, jusqu'à ce que le conduit ait à peu près recouvré son cahbre. Mais il faut savoir que le rétrécissement a une tendance presque invincible à se reproduire, et qu'on ne maintient le conduit ouvert qu'en y plaçant une canule d'ivoire ou de métal laissée en permanence, ou renouvelée lorsqu'il en est besoin. Il est même très difficile d'y maintenir une canule, car si elle est ouverte elle se remplit par la procidence des bourgeons charnus; si elle porte à son extrémité profonde un grillage, les bourgeons charnus repoussent la canule à l'extérieur.