CATHÉTÉRISME DE LA TROMPE D'EUSTACHE
appuie comme dans une cannelure : à l'extrémité du méat se trouve toujours une petite bride muqueuse, valvulaire, qu'il faut tourner lentement avec le bec, sans abandonner la paroi externe; et en continuant de le pousser dans cette direction, lentement et sans secousse, il tombe de lui-même dans l'orifice de la trompe.
Je ferai remarquer ici que le peu de longueur du bec de la
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Procédé d'A. Giiérin.
sonde lui défend d'atteindre le sommet du méat ; très heureusement d'ailleurs, car elle serait retenue par l'extrémité du cornet inférieur. C'est le long de la paroi externe qu'il faut la diriger; Triquet lui-même recommande avec raison de ne pas abandonner la paroi externe; et la figure qu'il a donnée, rectifiant sa description, montre la sonde suivant exactement la paroi externe. A. Guérin conseille d'introduire le doigt dans le pharynx et de le placer dans la fossette de Rosenmuller pour guider le bec de la sonde (lig 472). Ce procédé peut être bon sur le cadavre, mais sur le vivant la présence du doigt déterminerait des nausées qui gêneraient singulièrement le calhétérisme.
La sonde introduite ne peut servir qu'à pousser des injections dans la tron^ipe et dans l'oreille moyenne; mais elle est parfaitement apte à cet oflice, et l'on ne comprend pas pourquoi Deleau a voulu y substituer une sonde de gomme élastique, moins facile à conduire et plus exposée à s'échapper.
Deleau préfère aussi aux injections liquides les injections d'air qu'on pratique avec une poire de caoutchouc. Pour les injections d'air ou de vapeurs, comme la vapeur d'éther par exemple, le cathétérisme est inutile; il suffit d\ù remplir la poitrine par une large inspiration, puis d'expirer avec effort en fermant la bouche et les narines, pour que l'air ou la vapeur pénètre dans la cavité tympanique, à moins que le passage ne soit oblitéré .
Quelques-uns,^ pour combattre cette oblitération, ont imaginé de porter des sondes ou des bougies à travers la trompe, et ils sont venus raconter à l'institut qu'ils avaient ainsi pénétré jusque dans la cavité du tympan; bien plus, qu'ils avaient dilaté les rétrécissements avec des fragments d'épongé préparée. L'étroitesse naturelle de la trompe aurait dû mettre en garde contre de semblables illusions.
11 est des cas oii la déviation de la cloison nasale, ou le resserrement du méat inférieur par une cause quelconque, met obstacle au cathétérisme direct. Deleau a décrit un procédé pour porter la sonde par la narine opposée. 11 sert^it plus facile, à mon avis, de la diriger par la bouche, selon le procédé primitif de Guyot, en prenant la précaution de porter l'index au fond de la bouche et jusque dans l'arrière-narine, pour reconnaître la saillie formée par le bourrelet supérieur de l'orilice et conduire le bec de l'instrument. Sans doute on aurait à lutter contre les contractions du voile du palais et du pharynx; mais ces difficultés mises à part, le doigt arrive très aisément sur l'orifice et le reconnaît au premier abord.