‹ Manuel de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 19 sur 232 · Gnlvanncnnstiquc tlicrmîqiKP · texte numérisé non relu

Gnlvanncnnstiquc tlicrmîqiKP

La possibilité de faire rougir un fil de platine traversé par un mrant devait donner l'idée de se servir de l'électricité pourfaciter la cautérisation des parties profondes ; mais le problème était 5sez difficile à résoudre dans la pratique chirurgicale, pour qu'on î doive pas s'étonner que les essais tentés par Davy, Récamier,

FiG. 3G. .

ipparcil GrPMOl modifié par Trouvé. — A, ])oigiK'0 de la pile. — E E'. tiges supportant les rliéophores. — R R', contacts moliilos. — X N', plarjiies do cnontchonc (Inrci formant la cage. — T. t'ilip insnllatcnr.

'ravaz, Heider, Crussel et Marshall soient restés sans résultat apilicablc. Ce n'est qu'à partir dos tentatives heureuses faites par Middeldorpf (do lîrcslau) que la galvanooausliquc est entrée dans a pratique chirurgicale ordinaire.

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Il fallait, pour rendre la méthode applicable, réaliser deux ce ditions indispensables : avoir une source facile et abondante d'éil Incité, avoir des instruments maniables. Voyons d'abord q« sont les principes.

Pour arriver à obtenir l'incandescence d'un fd de platine, mieux, pour obtenir avec une pile électrique des effets thermiqui il faut des piles à grande surface, donnant un courant intense : faut de plus que l'action électrique soit d'une assez longue durf l'opération pouvant durer quelque temps. Middeldorpf a su monté cette première difficulté. La pile dont il se sert est une jj de Grove, c'est-à-dire une pile de Bunsen dans laquelle le charU est remplacé par une lame de platine. La batterie se compose; quatre éléments envoyant leurs rhéophores dans un commutate placé au centre de la boîte et constitué par des godets pie» de mercure. Suivant qu'on veut obtenir tel ou tel effet, en ternant les éléments ou en réunissant les surfaces de mê^ nom, on déplace de petits cylindres métalliques qui plongç dans le mercure et l'on combine tous les éléments comme onj désire, avec une très-grande facilité et avec une rapidité non moi) grande. Toutefois^ la difficulté du chargement et du nettoyage la pile, le poids de l'appareil, l'inconvénient des émanations i treuses ont fait à peu près renoncer, du moins en France, à l'ep ploi de la pile de Middeldorpf ; c'est pourquoi je ne crois p[ nécessaire delà décrire en détail. Aujourd'hui elle est remplaa par la pile de Grenet au bichromate de potasse. La pile delîreno modifiée et améliorée par M, Trouvé (fig. 36), se compose d'un cage de caoutchouc durci, formée d'un fond et de deux parois lat raies N, entre lesquelles sont placées des plaques alternées de zi: et de charbon. Ces plaques sont quelque peu tranchantes à le< partie supérieure pour recevoir les contacts. Ceux-ci (R R') sa formés par des pinces de cuivi'e qui emboîtent la partie supi rieure des plaques. Aux deux extrémités se trouvent les monlaii métalliques E sur lesquels se placent les rhéophores. Une poignée* sert à soulever l'appareil et à maintenir l'écartement des plaqui latérales de caoutchouc, au moyen des vis qu'elle porte à ses « trémités. Le liquide excitateur est une solution de bichromate potasse additionnée de 100 grammes environ d'acide sulfurique p) litre. Suivant que la pile plonge plus ou moins dans le liquide, obtient plus ou moins d'effet calorifique, et lorsque l'acciimulalii de gaz sur la surface du zinc diminue ou arrête le développemet de l'électricité, quelques mouvements imprimés à la pile, O' mieux encore , l'agitation du liquide que traver.se un courant d';

-ojolé au moyen d'un soufflet à travers un tube T ouvert sous la le rend à l'appareil toute son efficacité. La seconde difficulté à surmonter était celle de faire rougir un mtère ou un couteau de forme appropriée. Pour obtenir la con- ^ntrationdu calorique sur un point donné, on s est appuyé sur ce dncipe que si le circuit électrique est formé par un conduc eur omooène, ce conducteur s'échauffe également dans toute sa lonueur"; tandis qu'il ne s'échauffe que sur un seul point, si sur un oint limité il y a obstacle plus ou moins grand au passage du ourant. En employant un fil conducteur volumineux et en plaçant ans le circuit un fil plus mince et surtout un fil de platine , c es ce ,1 seul qui s'échauffe. C'est d'après ce principe que Marshall onstruisit, en 1851, son cautère électrique. Un fil de platme fi<^ 37) s'enroule autour d'un bouton de porcelaine de forme et

FiG. 37.

:autère électrique formé par un fil Je platine enroulé auloiu- d'un boulon de porcelaine.

Je volume variables. Aussitôt qu'il est traversé par le courant, il rougit et échauffe puissamment le fragment de porcelaine qu'il entoure. La communication des deux pôles ou la fermeture du circuit sont obtenues à volonté au moyen du bouton que porte le manche, et par un mécanisme que montre la ligure 38. Ce manche, formé d'une

FiG. 38.

Couteau électrique formé par nn fil de platine recourbé et aplati.

substance isolante comme le buis, 1 ébène, l'ivoire, renferme deux tiges de cuivre : l'une continue ; l'autre, interrompue au niveau du boulon ovi elle est taillée en biseau, est disposée de manière à s'écarter de l'autre extrémité qui porte le cautère lorsqu'on cesse de presser sur le bouton. On peut donc porter le cautère tout à

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fait froid sur le col de l'utérus, au fond du pharynx, le mettre en place avec précision et le faire rougir instantanément en fermant le circuit par une pression exercée sur le bouton ; lorsque l'on veut retirer 1 instrument, il suffit de cesser la pression pour que le cautère se refroidisse presque immédiatement.

La galvamcmistïque thermique aurait eu beaucoup plus de peine a pénétrer dans la pratique, si elle n'avait eu d'autre porté, que de donner un moyen d'appliquer plus facilement la cautérisation actuelle. Heureusement elle peut être employée avec grand avantage comme méthode de diérèse. Un fil de platine aplati, ou plutôt une lame mince de platine, portée sur un manche, constitue un véritable couteau électrique avec lequel on pratique des opérations comme on le ferait avec le bistouri. La peau et les partie, molles sont sectionnées avec une grande netteté, une très-grande rapidité, et si l'on a soin de ne pas employer une température trop élevée, sans effiision de sang.

Ce rapport entre Fhémorrhagie et la température de la lame galvanique ne doit pas être perdu de vue quand on applique la méthode. On peut presque dire avec M. Nélaton, qu'à im degrés le couteau galvanique est hémorrhagique, tandis qu'à 6 ou bUO degrés il est hémostatique.

On a cherché à modifier de plusieurs façons le couteau galvanique de manière à imiter plus ou moins une lame de bistouri. M. Sen-é

FiG. 39.

Couteau galvnulque de Sorré.

a imaginé un de ces instruments (fig. 39).

Jusqu'à présent le meilleur appareil est encore celui que représente la figure 38. 11 ne faut pas, en effet, que la partie qui doit rougir soit trop volumineuse, et cela pour deux raisons. La première est que si son volume est très-grand, la résistance au passage de l'électricité diminue, et l'on risque de voir s'échauffer le conducteur, ou même de fondre la partie de la lame sur laquelle se concentrerait le calorique, puisqu'il faudrait alors employer un courant très-intense. La seconde est que si la partie

rougie est considérable, elle abandonne aux supports une quantité de chafeur telle que le chirurgien, pour ne pas se brûler, est obligé de temps en temps de plonger le manche du cautère dans l'eau froide.

J. Marshall, Amussat, se sont servis d une anse de platine jetée à la base de la tumeur, pour sectionner et détacher des tumeurs comme on le ferait avec l'écraseur. Ce moyen est assez souvent infidèle, car le contact des tissus baignés de liquide refroidit incessamment le fd et l'empêche de revenir à la haute température qu'il aurait eue ou qu'il avait dans l'air, et si l'on dépasse certaines limites pour combattre ce refroidissement, on est exposé à voir se fondre le fil de platine. D'après les expériences de M. Regnault, le diamètre du fil ne doit pas dépasser un demi-millimètre, trois quarts de millimètre au plus sur une longueur de 6 à 8 centimètres. ■ La pile Grenet modifiée par M. Trouvé et le couteau représenté figure 38, constituent toute l'instrumentation nécessaire pour pratiquer les opérations chirurgicales, telles que les extirpations de tumeur, les incisions de parties très-vasculaires. C'est de cet appareil dont je me sers habituellement, et je l'ai toujours trouvé d'un emploi assez commode. Quelques précautions sont nécessaires pour retirer de ce galvanocautère toute l'utilité désirable. Son principal avantage est de mettre à l'abri de l'hémorrhagie, à la condition, comme je l'ai déjà dit, de ne pas donner à la lame de platine un excès de chaleur, et de ne jamais l'amener jusqu'au rouge blanc. On a dit quelquefois qu'un des grands avantages du cautère élec ■ trique, c'est qu'il pouvait én quelque sorte cautériser indéfiniment, puisqu'il puise constamment à la source électrique la chaleur qu'il perd en détruisant les tissus. Rien n'est moins exact, surtout quand il s'agit d'opérer des sections. Le cautère chauffe, il est vrai, mais comme il est incessamment refroidi par les liquides au milieu desquels il est plongé, il n'arrive pas à une chaleur suffisante et s'il détruit quelque peu les tissus avec lesquels il est en contact, il chauffe les tissus environnants aune grande distance et compromet ainsi h vitalité des parties qu'on tient au contraire à respecter. Il faut donc, quand on se sert du couteau électrique, procéder par petites sections, retirer l'instrument, le laisser revenir au rouge, faire une nouvelle section et continuer ainsi jusqu'à la fin de l'opération,

11 est à peine utile de dire qu'on ne peut obtenir la réunion par première intention des plaies faites avec le couteau électrique; lorsqu'il s'agit par exemple de l'extirpation du maxillaire supérieur, j agis de la manière suivante : je fais au bistouri les incisions qui portent sur la face et la lèvre supérieure, et c'est avec le couteau électrique que je détache le lambeau par sa face profonde et que

je sectionne la muqueus'j palatine. J'agis de môme quand il s'agii du maxillau-e inférieur, et dans tous les autres cas où je veux réu nir la plaie des téguments. Le grand avantage de la galvanocaustique thermique est de permettre l'extirpation relativement facile des tumeurs très -vasculaires; combinée avec l'écrasement linéaire, elle rend dans certains cas de très-grands services. On dissèque avec le couteau électrique, quand on a pris l'habitude de le manier, presque aussi facilement qu'avec le bistouri. Verneuil s'est servi dernièrement de ce moyen pour pratiquer la trachéotomie, et il a pu terminer son opération sans que le malade eût perdu une goutte de sang, résultat précieux pour celte opération dans laquelle une hémorrhagie, quelque légère qu'elle soil, constitue toujours une grave complication en laissant craindre l'introduction du sang dans la trachée.

La galvanocaustique est relativement une méthode toute nouvelle, elle rend déjà de très-grands services, et l'on peut prévoir que des perfectionnements apportés aux appareils actuels la feront entrer de plus en plus dans la pratique chirurgicale ordinaire.

IL — Galvanocaustique chimique ou éleelroljse.

L'idée d'employer l'action chimique des courants électriques à la destruction des tissus appartient k Ciniselli (de Crémone); les recherches de Nélaton, ses opérations, les premières pratiquées en France, en faisant connaître dans notre pays la nouvelle méthode, l'eussent rapidement vulgarisée, si elle n'avait contre elle, aussi bien que la galvanocaustique thermique, l'inconvénient d'exiger l'emploi d'appareils spéciaux. Cette diflicullé toutefois ne doit pas être exagérée. On a cru dès l'origine qu'il fallait employer des courants à forle tension et d'assez nombreux éléments ; c'est une erreur partielle. On peut suppléer à la force du courant par la durée, et au lieu d'employer des courants énergiques, ce qui a l'inconvénient de causer au malade des douleurs très -vives à l'ouverture et à la feriTKiture du circuit, on peut n'employer que des piles d'une faible intensité et laisser les électrodes en place pendant plusieurs heures. C'est à peine si le malade éprouve une légère douleur. Je me suis assuré en faisant usage des courants continus et permanents dans le traitement des paralysies ou des contractures, que deux ou trois éléments de Callot et même un seul suffisaient pour amener la formation d'eschares, lorsqu'on mettait les rhéophores métalliques en contact direct avec la peau. Toutefois cette cautérisation n'est pas immédiate, elle ne se produit qu'après

CAUTÉUISATION.

riioptrnlv<;p ne trouve réellement sa grande

quelques heures el l^^f^^ ["'y^^^^^^^^^^ à atteindre par les

utilité que lorsqu il s agit des unieuis „ar exemple, les

moyens ordinaires de cautérisation : tels sont, pai exempu,

Ptr:SS- chimique a presque toujours été employée au moyŒuilles^nfoncées dans les parties a détruire, aiguilles

FiG. 40.

Piles Callot, modifiées par Trouvé.

en rapport avec les rhéophores d'une pile électrique Les piles dont on peluaire utilement usage sont celles de Damell, de Marie Davj de Callot, ou la pile à colonnes de Cimselh I n'est pas be.oin dans ce cas de courants d'une grande intensité, la constance d action est surtout ce qu'il faut rechercher. ^

La cautérisation produite par l'électricité na pas les mêmes caractères aux deux pôles de la pile, et les eschares ont quelque analogie avec celles qui sont produites par les divers agents chimiques. Au pôle positif, là où se rendent les acides les eschares sont sèches, circonscrites comme on les obtient avec le chlorure de zinc. Au pôle négatif (galvanocaustique alcahne), les eschares ressemblent à celles produites par la potasse caustuiue ou 1 ammoniaque, c est-à-dire qu'elles sont molles et moins bien circonscrites que celles du pôle positif . Lorsqu'on veut obtenir une cautérisation des parties profondes, comme le canal de l'urèthre, on peut y arriver en employant une sonde de gomme portant une armature métallique correspondant à la partie à cautériser, ot communiquant avec l'un des pôles de la pile, le second rhcophore peut être constilue

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