‹ Manuel de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 2 sur 232 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

« Un (raitc de médecine opératoire, pour répondre aux besoins

)) de la science actuelle, devrait, ce me semble^ répartir sous trois

» chefs ce qui concerne les opérations. La première partie, en

» quelque sorte préliminaire, comprendrait l'étude des indications

» et contre-indications, un tableau rapide des procédés qui se sont

» succédé depuis l'origine de l'art et surtout les i lées qui leur ont

» donné naissance ; puis l'ensemble des données acquises par

» l'anatomie, la physiologie et l'observation clinique, qui ont fait

» rejeter les uns et conserver les autres. Après ce premier et in-

» dispensable triage, viendrait ce qu'on peut appeler la partie pra-

» tique, savoir : la description du manuel opératoire éclairé par

» l'analomie chirurgicale et l'anatomie pathologique; les divers

» modes de pansement, le traitement des opérés, et lorsque le cas

)) le requiert, l'élude des appareils propres à alléger l'infirmité

1) consécutive; enfin l'opération conduite à son dernier terme, la

» guérison ou la mort. Il faudrait, dans une partie complémen-

)> laire, établir la statistique des succès et des revers : pour ceux-

» Cl, rechercher la part qu'y ont prise les causes intérieures pro-

» près à l'individu, âge, sexe, constitution, lésions organiques, et

» les causes exf'rieures ou générales, climats, saisons, localités,

VI l'IlÉFACE.

» régions, de. ; pour les succès, distinguer les guérisons réelles

» cl durables des cures incon^plètes et suivies de récidives ; et en-

» fin, pour les guérisons les mieux assurées, rechercher les der-

» nicres conséquences de l'opération, soit sur les organes et les

» fonctions, soit sur la vitalité générale. Alors seulement on se-

» rait en mesure d'établir des appréciations sérieuses, et sur les

» procédés, et sur le pansement, et sur le traitement, et sur la

» gravité réelle de chaque opération ; tandis qu'aujourd'hui, sur

!) presque tous ces points, nous flottons encore au hasard, rem-

» plaçant l'observation absente par des préjugés d'école ou de fri-

» voles imaginations.

» Ce n'est pas à un manuel qu'on peut demander de remplir un

» tel cadre... »

J'avais cherché à remplir le programme que traçait Malgaigne dans ces hgnes, extraites de la préface de la dernière édition de sa Médecine opératoire, et depuis plusieurs années je travaillais à la rédaction d'un traité de thérapeutique chirurgicale conçu dans cet ordre d'idées, lorsque les circonstances m'ont forcé d'interrompre ce travail pour me consacrer à la publication d'une nouvelle édition du Manuel de médecine opératoire. Je n'ai pas voulu que ce livre, qui avait été le compagnon d'études de plusieurs générations médicales, dispanât des mains de la génération actuelle, et une simple réimpression n'était pas suffisante en raison des progrés incessants réalisés depuis douze ans en médecine opératoire. Bien que ce manuel porte à un haut degré l'empreinte de Malgaigne , ce n'est pas une de ces œuvres essentiellement originales que le respect pour l'auteur empêche de modifier. J'ai cru, au contraire, que les liens qui m'unissent à lui m'imposaient comme un devoir filial envers la mémoire de celui qui fut aussi mon maître l'obligation de ne pas laisser périr un livre qui ne peut vivre qu'en restant au courant de la science.

Il n'en est pas de même de VAnatomie chirurgicale et du Traité des fractures et des luxations.

Ces livres sont des œuvres absolument personnelles, et il faut

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