CORPS MOBILES ARTICULAIRES
deux procédés, l'un par une incision à ciel ouvert, l'autre par une incision sous-cutanée.
1° Procédé ancien : extraction directe. — L'opération ne doit être tentée qu'au moment où Ton a pu attirer le corps mobile sur les côtés de l'articulation. A ce niveau, on pratique une incision de 3 à k centimètres, qui intéresse la peau et la capsule, et 1 on cherche à faire sortir le corps étranger, soit par la pression du doigt, soitcnle poussant avec une curette introduite derrière lui. Si l'incision est trop petite, on l'agrandit avec le bistouri boutonné. *
L'extraction achevée, on laisse revenir sur elle-même la peau, qu'on a eu soin de déplacer avant de faire l'incision : l'ouverture de la capsule se trouve ainsi fermée et à l'abri du contact de l'air; et l'on réunit la plaie extérieure par des bandelettes agglutinatives.
Bromfield faisait tirer les téguments en bas; D. Bell, en haut; Desault, en devant, du côté de la rotule ; le choix est assez indifférent. Mais le procédé en lui-même expose beaucoup trop à la suppuration de la synoviale, et il a été avantageusement remplacé par le suivant.
ïRtDENT DE JOBERT.
A. Ouvertures an travers desquelles passeat les tiges B. G.
— C. Pointe du troeart canalieuiô. — Plaque servant à fixei le trident au moyeu de lacs. — E. F. vis de ju^ession.
2° Incision sous-cutanée. Procédé de Goyrand. — Au lieu d'extraire directement et immédiatement le corps mobile, on pratique l'opération en deux temps. Dans le premier temps on ouvre la capsule sur le corps étranger, par une incision sous-cutanée, et l'on cherche à le pousser dans le tissu cellulaire péri-auculaire. Dans un deuxième temps et quelques jours plus lard, lorsqu'on suppose la capsule cicatrisée, on extrait le corps étranger qui est alors extra-articulaire. L'incision de la capsule est faite avec un long ténotome très-étroit, qu'on introduit aussi loin que possible du point où se fera l'incision de la synoviale.
On se trouve ici en présence de deux difficultés. Quelquefois le corps mobile fuit devant la pression du bistouri ou du doigt qui veut l'expulser et rentre dans l'articulation. D'autres foison ne parvient pas à le chasser hors de la synoviale. On évite ces inconvénients en fixant momentanément le corps étranger avec une forte et longue aiguille droite, et en exerçant sur elle une légère pesée. Mais il faut, autant que possible, éviter d'avoir recours à ces manœuvres qui peuvent amener l'introduclien de Tair dans l'article.
Cette opération est loin de réussir constamment: sur 39 cas relevés par M, H. Larrey, il n'y eut que 15 succès; mais s'il y eut quelques cas de mort, ils sont bien autrement rares qu'après l'extraction directe, méthode qu'il faut abandonner ou tout au moins n'employer qu'à la dernière extrémité, lorsque les tentatives d'extraction sous-cutanée ont échoué.