II. — Désarticulation d'un seul orteil
Les articulations des orteils avec les os du métatarse sont de même nature que celle des doigts avec les métacarpiens ; notons seulement qu'il y a d'ordinaire trois os sésamoïdes pour le gros orteil, deux inférieurs et un interne ; quelquefois un pour le second, et un pour le cinquième orteil.
Les procédés sont d'ailleurs les mêmes qu'à la main, et l'incision en raquette est en quelque sorte en rigueur. Ce gros orteil même qui n a pas les mouvements d'opposition du pouce, doit être soumis à cette incision, qui écarte à la fois la cicatrice de la face plantaire et du côté interne, tous deux exposés aux plus fortes pressions. Seulement^ comme la tête du métatarsien est d un très-gros volume, les incisions obliques ne doivent commencer qu'à quelques millimètres au-dessus du niveau de la rainure digito-plantaire, et l'incision semi-circulaire inférieure doit dépasser celte rainure de 5 à 6 millimètres, afin de ménager assez de téguments pour recouvrir largement la tête de l'os.
Appréciation. — H faut établir une différence capitale pour le résultat de la désarticulation, entre le gros orteil et les quatre autres. Pour ceux-ci, d'après mon relevé, 26 opérations pathologiques
MALGAIGNE. — MÉD. OPÉR. 8^ édit. I. — 33
et trauraaliques n'ont donné en tout qu'une mort; pour le gros orteil, il y a 7 morts sur 43 amputations. j
Il y a même une très-grande distinction à faire entre les aaiputations pathologiques et traumatiques, déjà notée au reste pour le pouce. La mortalité des amputations pathologiques a été de 3 sur
FiG. 289.
Amputation du premier orteil,
29, environ un dixième; celle des amputations traumatiques, de ^ sur 1 4, ou plus du quart.
Dupuytren rejetait la désarticulation du premier et du cinquième orteil, et y substituait l'amputation dans la continuité de leurs métatarsiens. Selon lui, la tête métatarsienne, mal protégée après l'ablation de son orteil, était exposée à des pressions de la chaussure, à des chocs répétés contre tous les olDJets que rencontre le pied dans la marche; et de là une irritation incessante qui finit par amener des ulcérations et même la carie. Cela arrive, en efifet, quand la peau taillée trop court est tendue sur la tête de l'os par une cicatrice également tendue et adhérente, ou quand la cicatrice frotte directement contre Tempeigne ; mais cela accuse seulement ou le procédé ou l'opérateur. En ménageant une quantité de peau suffisante, on n'a rien de semblable à craindre; et la pratique de Dupuytren a été complètement abandonnée.