DES SCIES
manche, toutefois toujours à pleine main, de manière à ne pas vaciller. On commence par lui tracer sa voie sur l'os en en faisant agir la dentelure obliquement, et en la dirigeant avec l'ongle du pouce de la main gauche ; la voie étant bien assurée, on relève la scie de manière à porter sa lame perpendiculairement, ou dans le sens indiqué par la maladie. On la fait agir à grands coups, dans presque toute l'éfendue de la lame, en évitant toutefois de heurter l'os avec les bouts de l'arbre fixé à cette lame. On appuie sur le tranchant en poussant la scie en avant : on l'abandonne à son propre poids en la retirant. Dans ces mouvements alternatifs, on pousse avec le bras même, de façon que le coude avance et recule avec la scie. A mesure que la division de l'os avance, on agit plus légèrement et à plus petits coups. Il importe beaucoup alors, quand on divise un os long, que les aides chargés de maintenir ses deux extrémités aient soin de les tenir bien parallèles ; pour peu qu'elles s'inclinent d'un côté ou de l'autre, ou
FiG. 207.
Scie de Larrey.
bien on rétrécit la voie de la scie et on l'empêche de marcher, ou bien on la fait bâiller outre mesure, ce qui expose à faire éclater la portion d'os qui reste à scier.
Plusieurs chirurgiens recommandent une autre manière d'agir,, qui consiste à maintenir le bras immobile ou presque immobile auprès du tronc, et à exécuter le mouvement de va-et-vient par la flexion et l'extension alternatives de l'avant-bras. La pose de l'opérateur paraît ainsi plus gracieuse et moins gênée ; un avantage plus sensible est d'occuper moins de place, quand on a besoin d'aides nombreux pour contenir le malade. Il faut donc s'exercer d'après ces deux procédés.
La scie de Larrey (fig. 207), qu'on appelle à tort scie de Langenbeck, est réduite à une lame étroite, mais d'une certaine épaisseur, supportée par un manche. Elle sert surtout dans les résections.
La scie à crête de coq est une lame large, convexe et dentelée sur sa convexité. Elle est destinée à permettre d'agir sur des os
légèrement cachés par la saillie des parties molles voisines. Elle est du reste fort peu employée et d'un maniement difficile.
La scie versatile de Scultet, à peu près oubliée, a reparu avec diverses modifications depuis la vulgarisation des résections. La lame peut être tournée dans tous les sens.
Butcher a imaginé une scie spéciale laissant entre l'arbre et la lame un espace assez grand pour que l'on puisse, dans la résection
FiG. 208.
Scie en crête de coq.
du genou, passer le fémur ou le tibia dans le centre de la scie et scier d'arrière en avant, les dents de la scie regardant du côté de l'arbre.
La scie articulée ou à chaîne offre cet avantage, que sa dentelure peut prendre toutes es courbures désirées, et qu'on peut la passer sous l'os pour le scier de dedans en dehors. Ce pas-
FiG. 209.