II. — DeiS déviations racbitîqnes
Mayer (de Wurzburg) est le premier qui ait eu l'idée de remédier à ce genre de difformités par la division des os. Il mettait l'os à nu au niveau de la saillie de sa courbure, appliquait une couronne de trépan, ou un trait de scie, et opérait de vive force le redressement. Langenbeck, en adoptant la méthode, voulut ménager les parties molles autant que possible, et manifesta son intention dans le nom ambitieux et inexact qu'il a donné à son procédé, ostéotomie sous-cutanée. Voici comment il l'a appliqué sur la jambe, cbez deux sujets rachitiques dont il a donné l'histoire.
11 commence par faire sur la face interne du tibia une incision verticale de 15 à 20 millimètres, divisant à la fois la peau et le périoste. Au centre de cette incision, il applique un foret en forme de gouge mu par un vilebrequin, avec lequel il traverse l'os de part en part à sa partie moyenne. Dans cette ouverture, il introduit une scie à main, très étroite, d'environ 3 millimètres de largeur, au moyen de laquelle il divise successivement chacune des moitiés du tibia, ayant soin toutefois de laisser de chaque côté un petit pont osseux qui maintienne la direction de l'os jusqu'à ce que les premiers accidents soient conjurés ; ces ponts doivent être assez faibles pour être facilement rompus plus tard par le chirurgien.
La suppuration ne tarde pas à s'emparer de la plaie. Lorsque toute fièvre a cessé et que des bourgeons ont recouvert les surfaces osseuses dénudées, on achève de rompre l'os ; et alors, en réalité, la fracture se trouve, à très peu près, dans les conditions des fractures simples. Ses petits opérés étaient des enfants de neuf et de cinq ans. La fracture des ponts osseux s'opéra accidentellement chez l'un le quinzième jour, et fut provoquée le dix-huitième jour chez l'autre; il n'y eut aucun accident, et les plaies étaient cicatrisées, l'une au bout de six semaines, l'autre au bout d'un mois.
On pourrait sans doute rompre les ponts osseux immédiatement, Langenbeck l'a fait en appliquant son procédé sur un cal
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anguleux du tibia ; seulement, pour éviter que les fragments ne perforassent la peau, il ne redressa complètement le membre qu'au bout de quinze jours.
Il va sans dire qu'on appliquerait aussi bien ici le procédé de Wasserfuhr pour le cal anguleux ; et que, si la courbure était très forte, il serait nécessaire de pratiquer une excision en coin sur sa convexité, selon le procédé de Clémot; mais il faudrait autant que possible , dans ces cas, ne pas pénétrer jusqu'au canal médullaire et achever le redressement par la rupture de la portion d'os répondant à la concavité de la courbure.
Dans ces quinze dernières années l'ostéotomie a été souvent employée pour redresser les déviations. Elle a été surtout vantée par Gussenbauer, J.Bœckel, Billroth, etc., et elle a été pratiquée tantôt avec la scie, tantôt avec le ciseau et le maillet. On me paraît avoir un peu abusé de ces opérations. En effet, chez les jeunes enfants et jusqu'à l'âge de huit à dix ans, les appareils de redressement suffisent pourvu qu'ils soient bien conçus, bien appliqués, et qu'on emploie en même temps un traitement général approprié. Au-dessus de cet âge le redressement par les appareils est plus difficile à obtenir et l'ostéotomie peut alors être appliquée avec avantage.