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II. — Désarticnlation niétacarpo-phalangienne

Les articulations métacarpo-phalangiennes sont des énarthroses offrant ce caractère spécial, que c'est ici la cavité creusée sur la phalange qui roule sur la tête articulaire de l'os du métacarpe. Quand donc le doigt est fléchi à angle de 45°, toute la saillie osseuse qui soulève la peau appartient à la tête métacarpienne, et l'articulation se trouve à 1 centimètre environ plus bas que le sommet de cette saillie. Enfin une dernière donnée n'est pas

inutile. Ces articulations sont si lâches que si l'on tire directement sur la phalange, on peut l'écarter de 4 millimètres de son métacarpien ; et cet écartement est facile à reconnaître au doigt, et même souvent à la vue, par une gouttière transversale que partage en deux le tendon extenseur. Sans doute, on obtiendra rarement ce résultat sur les doigts malades; mais le chirurgien peut faire l'expérience sur les doigts sains de son opéré, et apprécier par le siège précis des articulations saines, celui de l'articulation qui ne l'est pas.

Je ne décrirai ici que l'amputation d'un seul des quatre derniers doigts, me réservant d'exposer à part celle de plusieurs

RÉSULTAT DES AMPUTATIONS MÉTACARPO-PHALANGIENNES.

Médius, amputation à lambeaux. — Auriculaire, amputation ovalaire.

doigts à la fois, et ensuite l'amputation du pouce, plus grave que les deux précédentes.

Lisfranc appliquait à l'amputation des doigts la méthode à double lambeau, qui a l'inconvénient de prolonger la cicatrice sur la paume de la main. Cornuau a proposé l'incision circulaire, qui accroît les difficultés sans avantages réels. On pourrait encore, au moins pour l'indicateur et le petit doigt, pratiquer un lambeau palmaire; mais l'incision en raquette est justement préférée.

Incision en raquette. — La main posée en pronation, les doigts voisins fléchis et écartés par un aide, le chirurgien embrasse le doigt avec sa main gauche, le pouce sur la face dorsale

AMPUTATION MÉTACARPO-PHALANGIENNE.

de la phalange, l'indicateur au-dessous, de manière à lui imprimer les mouvements nécessaires pour que l'indicateur puisse reconnaître le siège de l'articulation. Cette reconnaissance terminée, il fléchit la phalange à 45°, et pratique sur la ligne médiane une incision qui, commençant au sommet de l'angle formé par la flexion, se prolonge en bas dans une étendue de 1 2 à 1 5 millimètres, et divise d'un seul coup les parties molles jusqu'aux os. On met ainsi à nu le cartilage articulaire du métacarpien et le rebord articulaire de la phalange. Du niveau de ce rebord.

FiG. 279.

Index, procédé ovalaire. — Médius, incision en raquette.

on fait partir à droite une incision oblique qui aboutit à l'extrémité de la rainure digito-palmaire; on relève fortement le doigt pour continuer l'incision en avant en suivant exactement cette rainure, et, arrivé à l'autre côté, on fléchit le doigt de nouveau pour faire remonter jusqu'à l'incision médiane une incision oblique pareille à la précédente. Alors, avec la pointe du bistouri, on sépare légèrement de la phalange la lèvre gauche de cette incision, de manière à mettre à nu le ligament latéral de ce côté; on le coupe; on divise ensuite facilement celui du côté opposé, et l'on termine en détachant le doigt à sa partie anté-

rieure. Si le tendon fléchisseur faisait dans la plaie une saillie trop longue, on le couperait d'un coup de ciseaux.

On peut pratiquer d'un seul coup les deux premières incisions, en faisant descendre la première jusqu'au niveau de l'interligne, et tournant alors le bistouri du côté de la rainure digito-pal maire ; mais on n'ouvre pas aussi largement l'article, et l'on risque de commencer trop haut les incisions obliques et d'enlever ainsi trop

FiG. 280.

Désarticulation du doigt. — Incision eu raquette.

de téguments. Cette perte des téguments était inévitable après le procédé purement ovalaire ; et c'est encore aujourd'hui l'écueil des chirurgiens inexpérimentés. Quelques-uns dirigent les incisions obliques vers le milieu de la commissure interdigitale; c'est à tort : il faut que les téguments de cette commissure soient conservés en entier, pour recouvrir sans tiraillement la tête du métacarpien.

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